DES SUPERSTITIONS,
Si bien qu’il n’y a nulle Superstition à. faire boire dePeau benite aux hommes & aux bêtes malades, ni àen jetter dans les maisons & fur les terres des Chré-tiens, pourvu qu’on le faste avec une foi pure, &une confiance entiere en la bonté 8 c en la toute puis-sance de Dieu (a).
C H A P I T R E m.
Des Superstitions qui regardent la forme duBatême.
Les Hérétiques du dernier siécle soutiennentqu’il est indifférent de se servir de par oies ,ou âe ne s’en pas servir , en administrantle Batême , ou qu’on ne doit point du touts’en servir. L'Eglise enseigne le contrai-re. Le s Latins & les Grecs ne se serventpas de la méme forme en batizant. Laforme dont il est parlé dans les Canons A-postoliques , celle des Disciples de Marc tcelle d’Eunomine , celle des Bépuziens ,& plusieurs autres , font superstitieuses ,& pourquoi ? Une forme peut être bonnepour la validité du Batême , quoi qu’ellene soit pas exemte de Superstition. Exem-ples de quantité de formes qui font Super-stitieuses , par ce qu’on y change , on y a-joûte , ou on y retranche quelque chose ,contre la forme ordinaire. Le Batême se-roit nul & Superstitieux , fi en le confé-rant une personne versait seau t & une au-tre prononçoit Informe.
L A plupart des Hérétiques du dernier siécle assô-rent qu’il importe peu, pour la validité du Ba-tême, quelles paroles on employé en P administrant.Luther {b) dit qu’il est bon, de quelques parolesqu’on fe serve, pourvu qu’on ne le confère point aunom d’un homme, mais qu’on le confère au nom duSeigneur. Et il ajoute qu’il feroit valide, quand mê-me un, ministre impie le donneroit au nom du Sei-gneur (c).
Zwingle soutient (d) qu’il n’est nullement nécessairede se servir d’une certaine forme de paroles dans l’ad-ministration du Batême ; Et Brentius (e) déclare quenotre Seigneur n’a point fait consister le fondementde ce divin Mystère en certaines lettres, en certainessyllabes, ni en certains mots, & que c’est une vrayeMagie que de Panacher à une certaine forme de pa-roles, & à certaines cérémonies particulières (f). Maisl’Eglise en juge d'une maniéré toute contraire, & elleest persuadée que la forme du Batême consiste en cer-taines paroles essentielles qu’il faut de nécessité pronon-
rit., careat omni ïmmunditia, liberetur à noxa: non illic refideatIpiritus pestilens, non aura corrumpens : discedant omnes nequi-tise latentis inimiei : & si quid est quod aut incolumìtati habitan-tium invidet aut quieti, aspersione hujus aquse effugiat: ut salu-britas per invocatiònem íàncti tui nominis expetita, ab omnibusfit impugnationibus defensa.
(а) Mais comme les hommes font faits de telle maniéré qu’ilsdégénèrent bientôt de cette foi pure 8c de cette confiance enDieu, il vaudroit encore mieux s’abstenir de cet usage, 8c allertout droit à Dieu lui demander fa bénédiction.
(б) Lib. de captivit. Babylon. cap. de Baptís. Ratus est BaptiC-«ms, qualibufcunque verbis collatus, modò non in nomine ho-minis, sed in nomine Domini detur.
(c) Si suscipiatur in nomine Domini.
(d) Lib. de vera 8c fais. Relig.
(e) De BaptiC
(f) Catechisrn.incxplic.Bapt. Christus non collocavitfundamen-tum Baptiími super certis literis, fyllabis aut dictionibus; nec aíli-gavitnos ad certa verba. Non enim instituit Magiam ,quacad cer-tain verborum formam, aut ritus alligata est : fed instituit cselestiaSacramenta, qu* constant sua ipíius fententia 8c voluntate.
cer en conférant ce Sacrement. Cette forme n’est pâ 5tout-ì-fait la même dans l’Eglise Latine, que dansl’Eglise Grecque. Dans l’Eglise Latine elle consistedans ces paroles, Ego te baptiso ìn nomine Patris , &F*’Ui, & Spiritus fantli , mais dans l’Eglise Grecque, el-le consiste dans celles-ci: Baptisatur servus Dei N- &nomine Patris , & Filii , fi Spiritus fantli. Quelqu es 'uns veulent qu’au lieu de baptisatur , on doit dire bap-tiz,etur ; mais il y a BctiFtí^ettu , baptisatur , & non p^baptiz.etur dans leur Euchologe (g). Qp 01 'qu’il en soit, le Concile de Florence (ê), en déter-minant quelle est la forme de l’Eglise Latine, & quel-le est celle de P Eglise Grecque, approuve baptisatur t8c baptizetur.
II s’ensuit par une conséquence ailés naturelle, < 3 uetoutes les autres formes dont on se sert en administréle Batême sont superstitieuses , puisqu’elles n’o ntpoint été établies ni de Dieu, ni de P Eglise, pou rproduire les effets que l’on en attend; & que c’est'^une des marques auxquelles le Concile Provincial &Malines en x6oy. 8c le Synode diocésain de Nam ulen 1659. assurent, qu’on peut reconnoitre les Super-stitions , ainsi qu’on l’a déja observé (»).
Telle est }a forme que le 49. des Canons attribué 5aux Apôtres condamne, selon les termes portés àfila note (k). Telle est celle des disciples de Marc, Hé-rétique & Magicien tout ensemble (/). Telle est f e *'le dont Eunonime, disciple d’Aëtjus (au rapport ^même S. Epiphane) (m) fe scrvoit en conférant le P â 'tême à ceux qui avoient déja été batizés. Tellecelle des Pépuziens, qui batizoient au nom du Pe re ’& du Fils, & de Montanus & de Priscilla, selon ^témoignage de S. Basile («), cité par S. Théodo^Studite, dans une Epître que Balfamon rapporte (°)'Telle est une autre que S. Thomas rebute & qst'^trouve dans la note (p). Telle est encore cette a^fque la Glose dp Canon Multi (q) , semble ne pas &saprouver.
Le Batême cependant ne feroit pas nul, avec cet gforme, Ego te baptizat , in nomine Patrìa , fi Eilid 1
- Ss
( z ) Offic. 8. Baptisin. ^
{h) Decreto Unio. Armen. Baptismi, ( dit-il ), forma est» ’fi,» go te baptizo in nomine Patris, 8c Filii, 8c SpiritusNon tamen negamusquin 8c per illa verba, „Baptizetur ta is f jvus Christi, in nomine Patris, 8c Filii, 8c Spiritus fànctj.» jj-, Baptizatur manibus meis talis, in nomine Patris, 8c Fils„ Spiritus sancti”, verum perficiatur Baptisma, cjuoniam fi,principalis causa, exquaBaptismus virtutern habet, sit sanct a finitas, instrumentalis autem sit minister qui tradit exterius .jpmentum, si exprimatur actus qui per ipíum exerceturtrum, cum sanctse Trinitatis invocatione, perficitur Sacraitum.
(/) C. 1. n. 1.
(k) Siquis Episcopus, vel Presbyter, ex Domini ordiD^^j,non baptizaverit, in nomine Patris, 8c Filii, 8c Spiritusíèd in trium principii expertium, vel trium filiorum, vel 1Paraclitorum > deponatur. ^lii
(/) Irenée en parle de la forte. Lib, i. adverf. híercs. c. *'ad aquam 8c baptizantes itadicunt : „In nomine ignoti„ omnium, in veritate matris omnium, 8c in nomine -fia 1-, dentis Jcfu adunctionem, 8c redemptionem 8c comna unl fi-, virtutum”. Alii autem 8c hebraïca nomina fuperfantur, u etí ypori sint, vel exterreant cos qui facrantur, sic; ,, Bify 0 * ^
„ basa eanaa , irraurista diarbada eaëtotaba fobor arnàfiHorum autem interpretatio est talis : „hoc quod est Í U P C L d', ? nem yirtutem invoco, quod vocatur lumen 8c spiri tuS , a uí*„ ta, quoniam in corpore regnasti”, S. Epiphane en p afde la même maniéré. L. i. contr. hxr. tom. z. haeref. 2 fi pu-(m) L. z. tom. r. hsref. 74. sub. fin. Ègo te baptizo- ^i-mine Dei increati, 8c in nomine Filii creati , 8ç in noi» 1ritus fanctificativi, 8c à creato filio creati.
(») Ép. ad Amphilo. nMifi'
(o) In Canon. 88. Apostol. Quamnam enim (dit s - "fi b»P'bent rationem ut Pepuzianorum Baptisma este judicetur, q fiq\ì etizant in Patrem 8c Filium 8c Montanum 8c Priscilla®’ ^ bnp'enim baptizati sunt, qui in ea, qu* nobis tradita non l u ’tizati sunt. . e Iflsl 3 '
(P) Z- P- q- 66. art. z. ad 7. Ego te baptizo, in p 0 r\i &scibilis 8c Genitoris, 8c Verbi, Imaginis 8c Gcrntt, .co 1 !'Amoris procedentis: „parce (dit-il) que la forme du Bat jjojn 1 '
„ siste uniquement dans ces paroles ” : Ego te baptizo,
ne Patris, 8c Filii, 8c Spiritus sancti. Cd 1 ^**
(q) De consecrat dist. 4- Ego te baptizo, in nomine8c Nati, 8c sancti Flaminis.