DES SUPERSTITIO N S.
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quement reçues & approuvées. Celle de l’Eglise La-tine a été fixée dans le Concile de Florence (a) par lePape Eugene IV. à ces paroles: Signo teJigno crucis &tonjìrmo te chrifinate salutis , in mmine Patris , & Filii& Spiritus fiancti , Amen ; Et celle de l’Eglife Grec-que se réduit à ces mots dans FEuchologe (b) : Si-gnacalum doni, ou, donationis , Spiritus fineti. Etquoique ces deux formes ne soient pas conçûës dansles mêmes termes, elles ne laissent pas d’avoir le mê-Me sens & la même signification (c). Ainsi il y auroitde la Superstition à se servir dans l'Eglise Latine d’u-°e autre forme que de Signa te , &c. & dans l’EgliseGrecque, d’une autre que de Sìgnaculum doni,8c c. Ily en auroit même à se servir de l’une ou de l’autre,eu y ajoutant, en en retranchant, ou changeantquelques mots essentiels, parce qu'il n’est permis àPersonne (dit le Cardinal de Cusa) (d) d’ajouter quel-que chose de son autorité privée au culte de Dieu,ni d’en rien diminuer contre l’institution de l’Eglise.D'où il est clair qu’un Evêque Latin tomberoit dansk Superstition du culte superflu, si en administrantta Confirmation, il se servoit de la forme de l’EgliseGrecque; s’il omettoit ces paroles: Signa testgno Cru-Cís i s’il ajoûtoit celles-ci, ou quelques autres sembla-taies, m accipias Spiritum stanblum; & s’il disoit : Con-fittno te in nomine Dei ingeniti , Filii geniti , fr ab tttro-tjHe procedentis ; ou In nomine Patris omnipotentis , QrFilii fapientis , & Spiritus staníli Paracliti; ou In nomì-ne Patris qui te creavit , ér Filii qui te redemit , & Spi-T itus faníli qui te fanílificavit ; ou , In nominibus P a-Fris òr Filii & Spiritus stanBi ; ou, In nomine Paterni -tatis & Filiationis, & Spirationis; ou enfin, In nominetrium perfonarum Trinitatis.
Par une raison toute semblable un Evêque & unPrêtre Grec seroient coupables de la même Supersti-tion, sien donnant la Confirmation, ils se servoieritde la forme de l’Eglise Latine, de celle de l’OrdreRomain, de celle de Guillaume de Paris, & mêmede celle de Sévére d’Alexandrie, parce qu’ils font dans‘obligation de ne se servir que de celle qui est reçuedans leur Eglise, & de suivre la coutume de leur E*Stase. Mais ils n’en font nullement coupables, lorsqu’en confirmant ils répetent la forme, Signaculum do-n ‘ Spiritus faníli, à chaque onction qu’ils font au front,aux yeux, aux narines, à la bouche, aux oreilles, àta poitrine aux mains & aux piés, (quoique dans laPensée d’Arcudius il n’y ait que la premiere qui soitnécessaire pour la validité du Sacrement) (e) tant par-Ce que cette répétition est autorisée par leurs Eucho-tages & par leurs usages, qu’à cause que, moralement‘''"‘tant, toutes ces onctions ne font qu’une feule &même onction, un seul & un même acte compo-e de plusieurs actes particuliers, pour user des ter-^ du même Arcudius (/)-
ta) Decret. Union. Armen.
Tit. Offic, S. Baptis. p. Z56.
ty'y Ub, 2. c. 6 . Eundem plané sensum efficiunt (dit Arcudius)pjk Graca, quem & Latina. Nam vis formas Sacramentalisin seníiî non in sono, aut numéro litrerarum; Idemsei/P e est dicere, Stgno te Jigno crucis, & confirmo te chrïfinate
H
dii
:f' s j ac exhibendo sacrum chrisma in fronte per fignum crucis
t e C ^ re > Signaculum doni Spiritus faníli , quasi dicat , hoc , quomodum crucis inungo, est obsignatio largitionis Spiritus
^°- 2 - Exercit. I. 2. de Serm. Ibant Magi, Lee. Non licetq, , propria automate, addere vel subtrahere in divins cul-rj° instit “tis ab Ecclesia.
W. 1 - 2. c 7.
Wr j ^‘d. Qui actus ex multis partícularibus collectus, mora-‘°quendo unus ccnsendus est.
CHAPITRE III.
Des Superstitions qui regardent les effets dela Confirmation.
Le propre effet de la Confirmation est de don »ne r la plénitude du S. Esprit. Sentimentsuperstitieux de Georges Haloïn fur ce su-jet. Un autre efi et de la Confirmation , efidfimprimer car altéré , & de ne fie pointréitérer. Erreur & Superstition des Grecstouchant ce Sacrement réitéré aux héréti-ques ér aux Apostats. Erreur <& Supersti*t ion du Moine Job , qui veut qu’on le réi-téré aux Evêques , & aux Rois. Injustereproche de Jean Métropolitain de Rujfieaux Latins i qu’il accuse de le réitérer.Superstition de ceux qui le reçoivent plu-sieurs fois. Ce que les Lrelats de l'Egliseont fait pour empêcher que cela rì arrivât*Ils ont défendu aux Larcins des Confir-més de rien donner à leurs Filleuls. Ils ontordonné qu’on ne conféreroit la Confirma-tion qu'à ceux qui pouroient ste ressouvenirde l'avoir reçáe ; qu'on les fît souvenir dusoufflet qu'íls y reçoivent de l'Evêque 5§jue leurs Larens & leurs Tuteurs les a-vertiffent qu'ils ont été confirmés ; ffu'onles obligeât de porter trois jours durantleur bandeau: Ils ont enjoint aux Curésd'écrire fur un Registre leurs noms , &c.Ils veulent qu'ils ayent un certificat deleurs Curés qui témoignent qu'ils ne l'ontpoint été.
C E que les Apôtres reçurent par des signes visi-bles le jour de la Pentecôte, les Chrétiens lereçoivent d’une maniéré invisible dans la Confirmation,je veux dire, la plénitude du Saint Esprit, qui est lepropre effet de ce Sacrement, 8c qui leur donne uneforce intérieure pour confesser hardiment le nom deJesus-Christ, soit par leurs paroles, soit par leurs ac-tions.
C’est ainsi que s*en est expliqué le Pape EugèneIV. (g) De sorte que c’est une erreur 8c une Super-stition tout ensemble que ce que dit Georges Haloïndans un livre que Jolie Clithouë, Docteur en Théo-logal de Chartres a réfuté (b), savoir , qxe la Confir-mation est avantageuse an simple Peuple pour chasser lesterreurs qui naissent des songes , des esprits & des autresphantornes. Car c’est faire servir ce Sacrement à unusage pour lequel il n’a point été établi , ce qui ne sepeut faire sans Superstition , suivant la maxime duCardinal de Cusa, que nous avons déja alléguée plu-sieurs fois (i).
Un autre effet de la Confirmation, & qui luiest commun avec le Batême & l’Ordre, c est qu’elleimprime dans l’ame de ceux qui la reçoivent un cer-tain caractère & une certaine marque spirituelle, quila distingue des autres Sacremens ; qui ne s’efface ja-mais, 8c qui fait qu’on ne la doit recevoir qu’une
fois.
(g) In Decret. Unio. Armen. Effectus hujus Sacramenti est(dit-il) quia in eo datur Spiritus sanctus ad robur, sicut datus estApostolis in die Pentecostes, ut videlicet Christianus audacterChristi nomen confiteatur.
(h) In improbationè quorumdam articulorum Martini Lutheri,Lee.
(i) To. 2. Exercit. 1 . 2. de Serm. Ibant Magi, &c. Si rescort-sccrats ad aliud quàm proprium usiim applicentur > est Super*stitio.
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