DES SUPERSTITIONS,
parmi ceux dont le Fils de Dieu dit dans l’Evangi-le (a ), Que ce font des aveugles qui conduisent desaveugles.
CHAPITRE VIL
Des Superstitions qui regardent le teins au-quel on doit recevoir l’Eucharistie.
On peut communier en tout tems $ mais ceseroit être Superstitieux que de vouloir lefaire plutôt un jour que l*autre. Supersti-tion de ceux qui communient plufieurs foisen un même jour. Exemple de cette con-duite irréguliere tiré de Nider. Ne pasvouloir trvvailler le jour qu'on a commu-nié , c*est Superstition , ainfi que ne pasvouloir jeûner ce jour-là , st c'est un jourde jeûne. Superstition des Abijstns quicroyent que la Communion rompt le jeûne ,& que pour cela les Prêtres ne doiventdire la Messe en Carême qu'un peu avantle soleil couchant. Autre Superstition desmêmes Peuples , de ne pas vouloir cra-cher le jour qu'ils ont communié , depuisle matin jusqu'après soleil couché. C'estSuperstition ae ne point vouloir manger lesjours de Communion que les espèces sacra-mentelles ne soient consumées j & de nepoint vouloir marcher à terre les pies nudsces mentes jours-là éf les deux jours fui-vans .
Î L n’y a point de teins ou les Fidelles ne puissentrecevoir la divine Eucharistie, pourvu qu'ils ayent- dispositions nécessaires pour s’en approcher digne-ment. S. Ambroise le marque visiblement par ces pa-rlés (£): Prenés tous les jours (dit-il) ce qui vousPeut profiter tous les jours. Vives de telle forte que'nus méritiés de le recevoir tous les jours : car celuiHui ne mérite pas de le recevoir tous les jours , neMérite pas de le recevoir une fois tous les ans. SiNéanmoins on affectoit de communier un certain jour ,Plutôt qu'un autre, dans la pensée que la communionI e ce jour-là seroit plus avantageuse & plus abon-uante en grâces, que celle d’nn autre jour , ce seroit*• Une Superstition de l’òbservance des jours ,
qui est
^damnée par le S. Apôtre (c ), du culte superflu 8ce ’ a vaine observance.
Il- Outre qu’en communiant plusieurs fois en unséjour , hors les cas de nécessité que l’Eglise|| Ut permettre aux Laïques de le faire , on manquee Aspect pour le plus auguste de nos Mystères , &jy °u pèche contre la coutume de l’Egliíe, on repré-plusieurs fois en un même jour í'unité de la pas-sav ■ U ^ eu ’ n a souffert qu’une fois,
^ % le jour de sa mort: & par conséquent on tom-j a uans le faux culte, dans le culte superflu, & dansy.^ine observance. J’ai connu cependant quelques’'onnaires en matière de spiritualité & de dévotion,^ ye faisoient sans scrupule ; & le P. Nider rappor-W) qu’un Prêtre infâme conseilloit aux dévotes
î^ att h. Ijr. 14 - C*ci sent, 8c duces excorum.ti Pj r- 5 - de Sacram.c. 4. Accipe quotidie , quod quotidie tj-tetu, Sic v ^ ve ’ ut < î uot Ì die jnerearis acçipere. Qui «on mc-t \ y°tidìe accipere, non merctur post annum accipere,
(Vu Galat 4-
d' • * - ^ orm icari!, c. 6. Persualìt (dit-il) ut Eucharistie Sacramen-te j lvi nìssunum , quodsemel in die Sacerdos vix dignus est iume-lit', |j erna dmodum unica die Christus se Patn in ara crucfi obtu-búì’s Q a “soties à fœrnìnis semeretur , eo quòd gratia Sacramen-'juaiibet Communione (ut ajebat) augeretur, non advcrteos
qu'il avoir infatuées de ses impuretés & de ses erreurs,de communier plusieurs fois en un même jour , asm(disoit-il) d'augmenter par chaque Communion lagrâce Sacramentelle ; & qu’il avoit communié secret-tement trois femmes toutes nues , chacune plus decinquante fois en un même jour , & en une mêmeheure. Il y a cependant quelques exemples dans l'an-tiquité qui semblent autoriser la pratique de commu-nier plusieurs fois en un même jour, comme celui dela jeune fille Arabesque dont S. Prosper fait men-tion (r), 8c celui de Georges, Abbé du Mont-Sinâ,dont parle Jean Mosch (f) ; mais ces exemples nefont pas de réglé contre l’usage reçu dans toute !' Egli-se , selon lequel (dit le P. Dom Laurent Scupoli, (g)qui est le véritable Auteur du livre du Combat Spiri-tuel) on ne peut recevoir en un jour Sacramentellementnotre Seigneur plus dune fois ; ce que le P. Nider (h)témoigne aussi positivement.
III. Ne pas vouloir travailler un jour ouvrable,'fous prétexte qu’on a communié ce jour-là dans lacrainte de manquer au respect qui est dû à la sainteEucharistie , c’est une Superstition Judaïque , unculte pernicieux , & une vaine observance, qui estencore plus blâmable dans ceux qui font obligés detravailler par lëur état , que dans les autres. Néan-moins l’indifcretion scrupuleuse de certains petits es-prits les porte quelquefois jusqu’à cet excès de fauflepiété, fans Considérer que i’obligation ou ils font detravailler est de précepte , & que la cessation du tra-vail les jours ou il n’y a nulle nécessité de ne pas tra-vailler, n 1 est que de conseil ; que les choses de pré-cepte doivent toujours remporter fur celles de con-seil ; que le véritable moyen de bien célébrer les joursde communion, c’est de s’abstenir de péché , qui estune de ces œuvres serviles dont on doit particulière-ment s’abstenir lés jours de Fêtes , selon le sentimentdes Conciles & des saints Pérès.
IV. Ceux qui communient un jour de jeûne , &qui pour avoir communié ce jour-là , ne veulent pasjeûner , de peur (disent-ils) de trop tourmenter leurcorps , qui a été honoré de la présence de Jesus-Christ, ou de peur de faire jeûner Jésus-Christ lui-même , ne font pas exemts des mêmes Superstitions.Le jeûne est de précepte ce jour-là , & on supposeque la Communion n’est que de conseil. Et bien loinque le jeûne soit incompatible, avçc la réception del’Eucharistîe í , il est incomparablement plus agréable àDieu que la bonne chere. Et c'est par cette raisonque dans l’ancienne Eglise les Fidelles communioienttous les jours de Carême , qui étoient des jours dejeune , à la réserve des Dimanches, où il n’étoit paspermis de jeûner ; 8c que le Pape Nicolas I. (i) ex-horte les Bulgares d’en faire de même, pourvu qu’ilssoient bien disposes pour cela , 8c qu’ils n’ayent nulleaffection au péché,
V. Les Abissins font dans une Superstition touteopposée. Ils croyent que la sainte Communion romptle jeûne; & c’est ce qui fait qu’en Carême ils ne man-gent que fur la fin du jour & que les Prêtres ne di-
sent
esse contra geperalem consectudinem tqtius ZcckCix. E x indeL * «SiSu-o in loc„ fy»-I-Jg «Lr flectentes eenua coram praedicto perfido > Eucharim* bacra-entum“sent eademhora & die ultra qumquages.es.
In Dimid. tempar. c. fi.
(f) L. in Litnonar. c. 1*7.
(!) Non^dvertens id esse contra generalem conseetudínem ta-is Ecclesise. _ . „ r . . „
(j) Ad Coníult. Bulgar. c. 9. Corpon 8c íanguim Dominicottr dit-U) quotidie in Quadragestma majori fí deberetis commu-eare , consulitis quqd ut Hat Dominum omnipotente» sup-iciter'exoramus, 8c vos omnes vehementiffime exhortamur 5 &men mens in aífectu peccandi non .sit , vel si banc non de cri-inalibus pecçatis conscientia impenitens , vel non réconciliaisrtassis accuses , vel si fia tri diicordatlti quis vestrûm suo vitiocopciliatus minus existât .... lnteiim tantùm Quadragesimâ,ïam mos Ecclesia: majorem appellat, omni est die , servato su-:riori tenorc, coramunicandum.
P L