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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

paroles > qu’ll est plus à propos de rapporter commeelles ont été originairement écrites, que de les tradui-re ici en notre langue.

: IV. Les Sorciers & les Melfaicteurs se servent en-core des Messes pour faire des maléfices amoureux,Sc ce font celles qu ils disent , ou qu'ils sont dire àdes Autels, fous les nappes, ou fous les pierres def-quels il y a, ou des mouches cantarides , ou un mor-ceau de pâte cuite ou crue en forme de gâteau , ouUne pierre précieuse, appellée en Latin calamìta. Maisces profanations sautent assez aux yeux, fans qu’il soitbesoin d'en découvrir davantage l’énormité.

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misse de Lamenai, voisine de Vibraie, par lequel Noblejíndré de Merderac , Seigneur des Terres & Seigneuriesde la Charbonnière & du Groz, , fonde quatre Messesà être dites & célébrées en la Chapelle dudit lieu de laCharbonnière , au diocèse du Mans , & a la fin de cha -cme defdites Messes, me Me fie sèche des Trépassés. CeTitre est passé devant Méri Des Bois, Notaire Royal auMans, le 29. Mai 1532. Et (ce qui est surprenant)l’acte du Décret de cette Fondation fait le 6. Juin déla même année, par Jérôme De Hangest, Docteur estThéologie, Scholastique, & Chanoine du Mans, &Grand Vicaire de M. le Cardinal de Bourbon , Evê-que du Mans , après avoir pris conseil des Savans :Peritomm virorum nobìficum super hoc commmicato con-silio: cet Acte, dis-je, au lieu de réformer la Fonda-tion des quatre Messes sèches, n’y touche en aucunemaniéré , mais il l’approuve purement & Ample-ment {b).

Le même Estius assure que la Messe sèche n'estAutrefois la Mejse sèche étoit sert ordinaire guéres plus ancienne que Gui de Mont-Rocher (c) ten Italie , en France , en Allemagne & wais elle me paroît plus ancienne d’un siécle. Caren Flandre. On faisoit des fondations de Mont-Rocher florissoit en 13 30. selon Tri-

CHAPITRE II.

Des Superstitions qui regardent laMeíîè sèche.

thème (d) ; 8 c Pierre , Chantre de l'Eglise de Pa-ris (e) , mort à Long-Pont en 1197. selon Vincentde Beauvais (f) & S. Antonin parlent de cette Mes-se. (g) Et le Concile de Paris 1212. défend (h) dela dire pour les morts , comme nous le rapporteronsdans la fuite : marque infaillible qu’on en difoit aupa-ravant. Mais combien de tems auparavant ? c’est cequ’il n’est pas aisé de fixer. En tout cas on ne fe

pour la dire. File ejl plus ancienne d?unsiécle qu'Esius ne l'a cru. Elle étoit enusage au moins dès le commencement du13. siécle. Four quoi elle ejl appellée sèche,navale, ou de navigation, de chaste, ou dechaíïèurs. Avec quels ornemens elle fe de-voït dire. 'Diverses maniérés de la dire.

Elle ne fe difoit pas seulement pour les trompera pas quand on dira que la Messe sèche étoitFélerìns , mais aufjlpour les morts , à la e , n u % e avant le commencement du 13 . siécle. Elle

Bénédiction nuptiale , & en d’autres oc - s ’ appel ! oit de ce , nom ’ P arce qu’elle fe difoit fans obla-- - ' - - - tion, fans consécration & fans communion.

Elle s’appelloit auffi Messe navale , ou de naviga-tion, Missa nautica , parce qu’elle fe difoit fur la mer& fur les rivières , dans les vaisseaux où il n’est pasordinairement permis de dire la vraye Messe , decrainte que le sang du Fils de Dieu ne fe répande, à

casions. II es défendu de la dire à la Fu-riscation de s femmes après leurs couches.Elle n'es autorisée par aucun Concile , nipar aucun Fape. Elle n’a été introduiteque par la smplicité , /’ignorance & le

faux zélé de quelques particuliers. Ces 1 agitation des eaux. Et c’est pour cela que

un phantòme de la vraye Mese, une hypo- s aun ? e Nan § ls > ^oine de S.-Denys en France ,

crise une Supersition dufaux culte , du c f K & * q UlS ’ ^ U£ ce P p ux pnn '

à 1 - ir j ce revenant de ion voyage d outre-mer en France , a-

, 1,1s A » de la vaine observance , sr voit fait mettre fort honotablement le corps de notre

de l observance des choses sacrées. FJle ~ ' ------ ... r

es condamnée par les Conciles & les Sy-nodes, par les Evêques , parFierreChan-tre , par Eckius, par Esius, par le Car-dinal Bona.

L A Messe sèche étoit autrefois en usage en biendes Eglises d’Italie , de France , d’Allemagness de Flandre. On faisoit même des fondations poura dire. Car Estius témoigne (a) qu’il a vû une Epi-

Seigneur Jefus-Christ dans un endroit de son vaisseau,où il faisoit célébrer tous les jours les Offices divins,& dire la Messe , à l’exception du Canon. Géne-brard (i) dit que Thomas Waldenfis (k) la surnommeMisse commemorationem vel memoriam , commémora-tion ou mémoire de la Messe, à cause qu’en sa mémoi-re elle fe célébré : Eo enim nomine ipshm in ipfis domi-bus, aut agris , vel saper mari dici sas efl.

Enfin elle s’appelloit Messe de chasse, ou de chasseurs ,venatìca , ou venatoria , parce qu’elle fe difoit assez,souvent pour les chasseurs , qui font ordinairement

tar\L t» 1 ^ i> n •« n Jouvent pour les cnaiieurb , c|ui

ss 1 ”™ r" j™ T ‘mV r- d‘ r pressés /aller à la chasse , & qui ont perne 1 trouverly fondatrors Messes ordinaires & trois Messes seches, y,r le tems qu’il faut pour entendre une Messe tntie-

tio , „ss, a ïï 1 ' Cm , e , nt a en :ssÚ S r™ T -'j T «• Guillaume Dnrand (/), Evêque de Mende, té

°d de la Chapelle de la Charbonnière, situee dans lapa- -------

ipfun hostiam super altari deposuerat , hoc est , super. CIq lapide consecrato , sub linteamine tamen altaris abscondi-.q 1 * 1 > & à quodam Sacerdote rotundse conscientia; super illa3 jnd°que Missas celebrari fecerat , certis rationibus ad ejus pro-superadditis: deinde hostiam ipsam sumpserat , quae ta-ass en non erat expresse consecrata , cujus partem alteram pro sefj^pserat , alteram verò partem personse maleficianda; tradide-citr ’ r ®dactam in pulverem , 8cc. A " J 1

jjY. non erat expresse consecrata^Pserat . alteram verò partem ,

_ _ Aliud exemplum à triennio &

pss a ssoipa; contigit : quòd qnxdam turpissima mulier acceperattjj tlcu lam cutis illius, qua infans indutus egreditur de utero ma-d fi S> ‘Juai'nprimùm venit in lucem , illamque íìmiliter super lapi-lo sacrato absconderat, & super illa plures Missas, nume-j>fJj Uln que celebrari fecerat , cutemque prsedictam postea aflûm-q u & baptizaverat sub nomme personae maleficiandte cum a-p u i «aptismatis , 5 c cxrimoniis consuetis , deinde eandem in1 , artf reni rndegit , ad essedìnm tradendi períòna: maleficiandae.Con? interim capta fuit, nec perficere potuit sortilegium , sed(tArf teeleris fui luit pœnas.

Piort ° rat - D- Théologie. Legi in Epitaphio cujusdam , quiÍVJiqp Uus est ante annos 128 fundationem ab eo factam triumy^ni, & trium Siccarum, utique pro refrigerio anima; su*.

re.

moigne qu’elle se difoit en deux maniérés : ou simple-ment avec une étole, ou avec tous les habits Sacerdo-

. ' taux.

(b) Laudamus , confirmamus & approbamus, Decretum no* ;strum pariter 6c aíïènsum interponentes ,. prout interponimus,6cc.

(c) Ibid. Si quseras (dìt-il) à quo tempore incœperit usus sic-carum Missarum ; arbitror non multò ante tempora Guidonis Ro-cheriani. Nam de ea consuetudine loquitur velut recentiori 6cparticulari. Scripsit autem ille suum Manïpulum Curatorum anteannos 27 p. quodex Epistola dedicatoria liquet.

( 4 ) L. de Scriptor. Eccles.

( e ) In Specul. histor. 1 . 29. vet. edit. c. 79.

(f) In Chronic. p. 2. Tit. 17. c. 9. §. 29.

(g) In verb. Abbreviat. c. 29.

(h) Can. 11.

\ï) Liturg. Apost. e. 30.

\k) Lib. 6 . contra Wicleph. c. 35. Tit. 4.

(/) L. 4. Rational. c. 1. n. 23. Potest accepta stolâ Epistólán*8 e Evangdium legere, 6c dicere orationem Dominicain , & darebenedicttonem.

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V.