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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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78 DES SUPERSTITIONS.

taux. Avec une étole , en lisant l’Epître 8 c l’Evan-gile, en récitant l'oraison Dominicale, & en donnantla Bénédiction. Avec tous les habits Sacerdotaux,en disant les prières ordinaires de la Me île jufqu’à lafin de l'Offertoire; en laissant ce qui se dit en secret,en disant la Préface, mais non le Canon , ni l’oraifonDominicale, ni ce qui fuit , & qui fe doit dire toutbas ; n’ayant ni calice ni hostie ; ne disant & ne fai-sant rien de ce qui se dit & se fait sur le calice & surl’hostie , avec la liberté néanmoins de dire Pax Domi -m,. 8 cc . & d’achever le reste de la Messe (a) , quoiqu’il íbit plus à propos de ne la pas Achever.

Gui de Mont-Rocher dans le Manuel des Curés (b),assure que le Prêtre qui la dit doit être revêtu deshabits Sacerdotaux , comme s’il vouloit dire une au-tre Meíîè ; qu'il doit dire la Messe de la Vierge, duS. Esprit, ou du Saint à l’honneur duquel le pèleri-nage se sait ; & qu’il ne doit ni réciter le Canon , niconsacrer , mais seulement , au lieu d’élever hostie,montrer quelques Reliques aux pèlerins.

Génébrard en parle avantageusement en ces ter-mes (c) : On lui a/. baillé le nom de Messe , d’autantque c'est une ejpéce de Meste de Catéchisés , st n’y a dif-firence , finon qu on la prolonge de l’Offertoire- , duSanctus , de l 'Agnus Del , de quelque ^Antiennest Colleéles , au lieu de la Communion st P'oflcommu-nìon , quand lefdites Communion st Poftcommunion n’yfont propres st convenables :, au reste, que-les folemnités :n'y font toujours st grandes. Car ilsuffit ici. que l’Ecclé -stàstique- prenne le Surplis , l Etole st de'l’em bénite , s’illa veut- célébrer en chambre. Can m l’Eglise il la peutstolemnizjr stw liAutel avec tous.bes autres ornement ac-coutumés même y. exhiber , élever st montrer avec iouthonneur st révérence le S. &tcremenr gardé dans le saintciboire potir ks nécessités qui peuvent survenir. La peutaujst chanter a Diacre st .Sous-Diacre -, st:yifaire. l'eaubénite,- le pain bénit st-.lìoffrande'* , comme mus vîmes kTurin P an i ; ‘iy-.-auX' obsèques d’un-Gentilhemme célé-brées fur les huit heures dufoir ,: pour. k- mettre en ter-re , en attendant que k lendemain ctus matin fon fetvioe

ftft entier st filemnel.,

Eckius, savant Théologien , qui a été tm des pre-miers qui ait disputé & écrit contre Luther en Alle-magne , marque (d) que le Prêtre qui doit dire laMesse sèche, fait comme s’il vouloit dire une Messeordinaire j qu’il dit l’Introite, la Collecte, l’Epître,l’Evangile, & les Cantiques , mais que comme il n’apoint de Communians, & qu’il ne veut pas lui-mêmecommunier à cette Messe , il n y consacre point ; &qu’elle s’appelle Mestè sèche , parce qu’elle est fansl’Euc.haristie , lans le corps & le sang de Jesus-Christ (e).

(a) Accipiat orones vestes Sacerdotales, 8c. Missam suo ordineceîebret usque ad finem Offercndx , dimittens sécréta , qu* ad.Sàcnfîcium pertinent. Prxfàtionem verò dicere potest , licet ineadem videantur Angeli invocari ad. coníecrationem corporis &íânguinis. Christi. De. Canone verò nihil dicat : iêd OrationemDominicain non prxmittat, 8c qu* ibi {êquuntur sub silentio di-cenda non dicat : calicem vel hostiam non habeat : nec de bisqu a: iuper calicem feu Eucharistiam dicuntur, vel fiunt , aliquiddicat vel faciat. Potest etiam dicere I 3 ax Domini fit fetnper ,. 8cc.Lc exinde Misse officium suo ordine peragat. Melius est tamenaliâ omittere.

ib) Tract. 4. c. 7. Ratione peregrinorum non debet quis trans-gtedi institutionem de unica Miífa eelebranda, in die. Salvo ta-rse, n meliori judicio , magis approbo circa ista, consuetudinemqu* obíèrvatur in aliquibus Eccîeiìis Gallicanis ; quando scilicetdictâ Missa superveniunt peregi-ini ad aliquam Ecclesiam ; si nonfit ad maoum abus Sacerdos paratus celfebrare , Sacerdos induitse , quomodo si deberet dicere Miíîàm , 8c dicit Missam de B.Viigine , vel de Sancto Spiritu, vel de illo Sancto in cujus bo-norem suscipitur peregrinatio ; non tamen dicit Canonem, necconsecrat: lèd ostendit eis Reliquias aliquas loco elevationis cor-poris Christi, 8c ista Missa voeatur Missa sicca.

(f) Chap. 50.

(st à"ot. ad lib. oblat. Csesari . art. aï.

\ e ) Minant siccam appellant , quando die Dominico, aut fe-sto j Sacerdos nmulat omnia qu* sunt celebrantis , cum Introi-tu, Collecta, Epi ola, Evangelio 8c Canticis -, tamen quia nonhpbet communicarnem , nec ipse vult communicare , ideo nonconsecrat ; íed ett MUia sicca, sine Eucharistia , sine corpore 8cíànguíne Christi.

Emmanuel Sa déclare (/), qu’elle se dit sans Cha-suble , avec les autres habits Sacerdotaux, ou avec unSurplis , ou une Etole , en forme de croix & avecdes cierges ; que le Prêtre qui la dit , ne se tournepoint vers le peuple; qu’il ne consacre point, Lequ'dne dit point ce qui concerne l’oblation.

Estius (g) rapporte qu'un Curé du Diocèse àtCambrai la lui a décrite de la sorte: lorsqu’une nou-velle épouse se présente à l’Eglise pour recevoir hBénédiction nuptiale, les Curés qui ont dit la Messe»ou qui ont pris quelque chose , ont accoutumé 6edire une Messe basse qu’ils appellent sèche. Ils n’yfont point de Confession, mais commençant par 1 ’!°'troite , ils~vont jusqu’au Canon , qu’ils omettent»puis ils récitent l’Oraison Dominicale & le reste de bMesse, sans communier, parce qu’ils n’ont point con-sacré.

Enfin M. Grimaud, Docteur en Théologie , &Théologal de Bourdeaux , nous la décrit dans fa U"turgie sacrée , en ces mots : La Messe sèche , ou la M e s"fi de navigation fe dit en cette maniéré. Le Pretï 6etant revêtu d’un Surplis feulement st d’une Etole ,autre chose , st ne mettant fur l Autel ni l’hostie , ni ^calice , prend le Mijfel en stes mains , dans lequel il $t Epître , l’Evangile, st le Pater, âpres quoi il donne ^Bénédillion au peuple. La pratique de telles Mejfes efiencore commune en quelques Diocéstes de France , st ° nsien firt en certains endroits aux enterremens qui stl'apres-dîné; ou lorsqu il n y a qu un- Prêtre en ces lieu#'là , qui a déja célébré la Mejse , st qu’il survient qtttî'que nécejstté qui oblige de recourir à Dieu par l’entre 0 í 'fi des personnes qki fimt spécialement vouees à fin fit'

vice.

Gui de Mont-Rocher (h) semble dire qu’elle n iété instituée qu’en saveur des Pèlerins. Cependant 1 JConcile de Paris de [l’an 1212. défend (i) de la disspour les morts ; ce qui fait croire qu’on la dis 0,tpour eux, car les loix font toujours postérieuresabus qu’elles condamnent. Le Curé du Diocèse ,Cambrai dont Estius vient de parler, témoigne qu’ £ 'le sert auffi à la Bénédiction des noces. Génétss ar “en marque plusieurs autres usages. L’Eglise (dit-iO idr este cet Office pour les Trépajfés qu’on ensevelit st reSmidi, ou pour les fidelles abstens, qui ne peuvent exhibéprésence corporelle à la sainte Liturgie , comme les mdfides , les femmes accouchées, les navigans , ceux qui p esl jgrinent parmi les deferts st les terres des inf déliés st 0 ecreans, ceux qui habitent trop loin des Temples st licpA »efquels ce Mystère st célébré , les serviteurs des cha 0 fj'qui ne fi peuvent trouver à la Parochiale, quand il 11 eily a pas d’autre en leur village. M. Grimaud ina'ss'»

qu’on s’en firt en certains endroits aux enterremens ^font l’apres-dîné , st en d’autres néceffités. Enfin ° n ,diíoit autrefois à la cérémonie de la Purification ^femmes après leurs couches, puisqu’il est défendu"’y dire par le Rituel d’Angers de 1626. (st) P ar C ìflui de Rouen, & par celui de Chartres de 1640. P.

de.

celui de M eaux de 1645. par celui de Malines ■1649. & par celui de Bourges de 1 666. qui dit :Curé prendra garde de ne faire en cette cérémonie p.prière que celles qui font ordonnées ; fur tout de ne p as ^

(f) In Aphoris. Confess. V. Missa, n. 39. Missa sicca stj^,

tur sine pîaneta, cum vestibus religionis sacris, vel íuperpe- 1 ^,.,cum Stola in modum crucis & candelis : non fit autem co 1 ^

fio ad populum , non consecratio , nec ea qu* ad oblatpertinent. p 0 leiit

(g) L oc. cit. Cùm nova nupta offert íè benedicendaffl > jPastores (vel quia antè sacroíàncta Mysteria peregerunt, v ce \ c *cibum sumpserunt) soient, inquam, submissa voce

brare, quam vocant siccam, hoc pacto. Non pr*mittun ^ uefessionem, sed incipientes ab Introitu , omnia perficiunad Canonem ; tu m Canone omiílò transeunt ad orationminicam , extera superaddentes ; sed non communica >non consecrarunt.

(h) Loc. cit.

(i) Can. 11. n.

( k ) Tit. de Benedict. muhens post part.