Buch 
Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
Entstehung
Seite
81
JPEG-Download
 

DES SUPE

C’est sans doute pour ces raisons que Durand (a)traite ces Messes de détestables : & que le Cardi-nal Bona (b) dit, que c’est un abus détestable. Quipourroit douter après cela qu’elles ne fussent Supersti-tieuses , puisque l’Eglise les condamne comme con-traires à son esprit & à ses usages ? Elles concernenttrès assurément le faux culte , le culte superflu , laVaine observance & l’observance des choses sacrées.

CHAPITRE IV.

Des Superstitions qui regardent quelquesMestès particulières.

R S T I T I O N S. ' 8 í

& de rites, est appellée par saint Bernard (c ), là mèrede la témérité, la sœur de la Superstition, & la fille dela legereté. De sorte qu’on peut dire avec le même S*Bernard (d) , à ceux qui ont été les Auteurs de cesMesses, qu’ils ne sont ni plus savans , ni plus dévotsque nos Pérès ; & que c’est une présomption dange-reuse de vouloir introduire dans l’Eglise des chosesauxquelles ils n’ont pas pensé , & qui certainementne leur auroient pas échappé, s’ils n’avoient cru qu’iln’étoit pas à propos de les établir. On peut encoreleur dire avec Raoul de Rivo, Doyen de l’Eglise deTongres (V), qu’il faut absolument éloigner des Of-fices divins toute sorte de nouveautés : & que les (/)Offices divins doivent être réglés , non par le capricedes particuliers, mais par l’autorité des Auteurs.

2. Par ce que la multiplication des Messes supposela multiplication des Fêtes. Car on ne diroit pointla Messe d'un Saint , d’une Sainte , d’un Mystère*d’un Miracle , &c. c’est-à-dire à l’honneur, ou enmémoire d’un Saint, d'une Sainte , d’un Mystère,d’un Miracle , &c. si on n’en faisoit point de Fête.

■" &

O-r a retranché des anciens Mijsels quantitéde Messes , parce qu'elle s paròijsoient a-, voir quelque air de Superjlition. Trois. raisons générales qui condamnent toutes

ces Messes. Examen de quelques-unes de Or il n’y a déja que trop de Fêtes dans’l’Egliseces Messes en particulier . Des Messes de ' ' ' ~ "

S. Amateur & de S. Vincent * de cellesdes xv. Auxiliateurs ; de celle du T èreéternel ; du Trentain , ou des xxx. Messesde S. Grégoire pour les vivans & pour lesmorts. Ces xxx. Messes font défendues parla Congrégation des Rites. Les xxx. Mes-

nous avons montré dans notre Traité Du Retranche-ment des Fêtes , De feflorum diemm imm'mutione ,qu’il y a long-tems que l’on s’en plaint , non feule-ment de celles qui sont chommables , mais même decelles qui ne sont que de dévotion ; & c’est des unescomme des autres que S. Bernard (g) dit encore,qu’elles sont plutôt du Ciel , qui est notre patrie,que de la terre , qui est le lieu de notre exil , &

se s , "ou le Trentain de S. Grégoire pour qu’ellés conviennent mieux aux bienheureux citoyensles morts, ne le sont pas. Ce grand Tape de l’éternité qu’à de malheureux exilés : Festivitatumordonna que l’on dit xxx. Messes pour le cives ^ ecet nbì f e xales. Nicolas de Clemangis, Archi-' '■ ’ ' ‘ diacre de Bajeux , combat la multitude des Fêtes par

d’autres raisons que l’on peut voir dans son livre danovis fefiivitatibm non instimendis. Ainsi le trop deFêtes tient quelque chose du culte superflu , qui estune espèce de Superstition.

z. Parce que le grand nombre des Messes donnelieu de les multiplier à l’ìnfini. Examinons mainte-nant en particulier les Messes dont nous parlons.

I. (h) Les Messes du Comte S. Amateur, que l’ondit être au nombre de trente, ou de trente-trois, cellesde S. Vincent, & d’autres semblables , que l’on cé-lébré avec une certaine quantité de cierges , Ou de. . . chandelles , placées en certains lieux d’une certaine

trouve dans les anciens Missels quantité de maniéré, & avec certaines couleurs , dans l’espéranceMeíìes Votives & autres , qui pour n’avoir d’obtenir de Dieu ce qu’on lui demande; ces Messes,

dis-je, sont défendues expressément , & sous peined’excommunication par le Concile Provincial de Me-xico (i) en 1585. D’ou l’on peut insérer deux cho-ses.

repos de ïame d’vn Moine propriétairenommé Juste. L'ordre selon lequel on doitdire ces xxx. Messes , & qui est prescritpar quantité de Missels n’est pas de S.Grégoire. II est contraire en bien des cho-ses à l’esprit & à la pratique de l’Eglise.Le Préambule qui est à la tête de ceTrentain sent le culte superflu , la vaineobservance , & l’observance des chosessacrées.

N trouve dans les anciens Missels quantité de

_ Messes Votives & autres , qui pour n’avoir

Pas été approuvées , ou pour avoir été défendues,n °nt pas été mises dans les nouveaux Missels ; & sin °us recherchons la raison de ce retranchement, nousVer rons qu’il n’a été fait que parce que ces Messesc °ntenoient des prières Superstitieuses , ou qu’elles11 avoient pas la vérité pour objet & pour fondement,? u qu’elles étoient en trop grand nombre , ou qu’el-^ étoient de nouvelle invention , ou qu’elles se di-° lç nt pour des fins irrégulieres , ou qu’elles étoient® Cc ompagnées de cérémonies & de circonstances con-i a * r es à la véritable pieté. Je mets en ce rang cellesj. e 8. Amateur & de S. Vincent; celle des 15. Auxi-ateurs; celle du Père éternel; le Trentain de S. Gre-pour les vivans & pour les morts ; celles deç ^ace; celles des Playes , ou des ;. Playes de notre, e) gneur, de fa Paffion, de la Paffion de son Image,> e sts Clous , & celles de sainte Véronique & de S.

^gis , & quantité d’autres de même nature, quiJ Rissent avoir quelque air de Superstition pour troisa ssons génerales.

H *• Parce que ne fe trouvant point dans les anciensa ^ Cra mentaires , elles doivent passer pour contraires

(c) Ëpist. 174. Contra Ëcclesise riturri praesumpta noyitas, ma«'ter terneritatis, soror Superstitionis, filia levitatis.

(d) Ibid. Numquid Patribus doctiores aut devotiores estis? Pe-riculofè prsesumitis quidquid ipsorum in talibus prudentia prsetjer-ivit. Nec verò id taie est, quod, nisi pratereundum fuerit, Pa-trum quiverit omnino diligentiam prseteriiíîè.

(e) L. de Observât. Canon, propos. 6. & 7. In divino osticioest à novitatibtis omni mòdo abstinendum.

(/) Officium divinum majorum autoritate , non diversorumarbitrio régi debet.

(g) Ibid. Patrise est non exilii frequentia hxc gaudiorum , &numerositas.

{h) Un Saint ne doit être ni plus privilégié , m plus respecta-ble qu’un autre Saint, Le s’il y en a que 1 on distingue, c est oula bigoterie, ou l’interêt de quelque Communauté qui lui procu-re ce droit, & par conséquent c'est une fausse dévotion. L’abusdes Mestès en d’autres cas mérite encore moins d’indulgence.

(f) L. z. Tit. iy. §. io. Ne, ut Sacrosanctum Concilium Tri-dentinum decernit , Superstition! locus aliquis detur , q use eKignorantia, 6c quorumdam fidelium nimia facilitate irrepsit, prx-cipit hsec Synodus in virtute sanctx obedientias , ut nullus Sacer"

" U X anciens usines de l’Edffif & Dar consénuent dos sub pœna excommunicationis eas Missas celebret , quasvo-Pour« ,, S f , g ' , par coniequent sncti Amatoris Comitis, aut sancti Vincentii aliasve simi-

Ur nouvelles , & que la nouveauté en fait de piete f es , use ab aliquibus celebrari petuntur cum certocandekum

les

d,

'etest,v? Co cit - Sed hoc (dit-il Après les avoir dépeintes ) tanquam(i]n lle «probamus.

e teftabiii 3 ab usus.

Fom e II.

— . i ..... . ttnu Lauueiaruu»

numéro, certisque in locis candehs hujusmodi collocatis , certisetiam modis aut colonbus , existimantes ob Superstitions’ hujus-modi ceremomas , se quod volurtt , impetraturos ; Missas veròhujusmodi petentes moneánt, quis fit, 8c à quo potissimum pro-veniat sanctissimi hujus sacrificii tam preciosus ac vœlestis fru.

X ctusj