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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

C H A P I T R E VIÎ.

Continuation de la même matière.

D? la Messe pour éviter ta mortalité. Onl'attribué à Clément 6. dans quelques Mis-sels > & dans d'autre s * à Clément 7 . Les‘Préambules en font Superstitieux. De laMesse de la sainte Larme. Cette Messe aété faite particulièrement pour l’Eglise dela Trinité de Vendôme , ou l'on dit qu'il ya une des Larmes que notre Seigneur ver-- fa fur la mort de Lazare. Mais m le ditcontre la vérité de Vhistoire. De la Mesedes onze mille Vierges. D'oh est venue l'er-reur populaire ^ qu'il y a eu ii ooo. Viergestnartyrizées toutes à la fois à Cologne ?

' De la Messe du nom de Jésus & de ses■ Préambules Superstitieux. De la Mes-se du Rosaire. 11 y en a deux particuliè-res. L'une n'est accordée qu'aux Jacobins.Si cette préférence est juste ì II y a deschoses dans cette Messe qui mériter oientd'être redressées , le titre de très sacré , quel'on donne au Rosaire , ó“ le parallèle quel'on fait de s mérites de Jefus-Christ avecceux de la sainte Vierge. On devroit aujst, reformer les Tableaux du Rosaire , quireprésentent la sainte Vierge donnant desChapelets a ' S. Dominique (J à sainteCatherine de Sienne.

XlII. T A Messe pour éviter la mortalité, pro vi-I f tanda mortalitate, est assez anciene. Cer-tains Missels l'attribuent à Clément VI. & d’autres àClément VII. Quoiqu’il en soit, les trois Oraisonsst u ’on y dit sont dans le Sacramentaire de S. Grégoi-íe > & les deux premières dans le Code desSacremensfublié par le P. Thomasius. Voici le préambulestu’elle a dans le Missel Romain imprimé à Paris ent î ï C). Mijfa pro vitanda mortalitate , quam DominusSiemens Papa VI. fecit & conflituit cum CardinaliumCollegjo , fervdto or dine infra notato, & concejjit omnibusP r *di£lam Mijfam audientibus 26o. dies ìndulgentiarum.omnes aadientes hanc Mijfam debent portare in mani-eorum candelam ardentem per quinque dies, quibuse bet Miífa celebrari : & debent per totam Missam (lareZ e nibíi S flexis.

. Mais ce préambule est superstitieux pour deux rai-0tlS - 1. En ce qu’il veut qu’en assistant à cette Messeait en main une chandelle ardente pendant cinqJ ° Ur s; ce qui est une vaine observance, une observan-c ? des jours, enfin une des Superstitions que le Con-Cl e de Trente (a) a condamnées. 2. En ce qu’il mar-qu’on doit entendre cette Messe toute entiere à|® n °ux; ce qui est un faux culte, un culte superflu,Une vaine observance. Car pourquoi ne se pas le-, er à l’Evangile, comme l’Eglise le pratique & l’or-Qo nne z

' ^a même Messe se voit dans le livre MS des Officesyfffige de l'Eglise de Rouen, qui se trouve dans la'“liotheque du Chapitre de cette Eglise, avec unfabule , qui est un peu différent de celui du Mis-n • JWnain, de 1516. mais qui n’est pas moins Super-ltle ux(£). C’est Clément 6. selon le préambule pré-

ccfe ^ ar ces paroles : Sess. aa. Decret. de obíêrv. 8c cavend. in• M.iss Ne Superstitioni locus aliquis detur, Ordinarii loco-Ujç E P*íc°pi quarumdam Missarum, 8c candelarum certum nu-’avent 1 ’ qui ma S is à superstitioso cultu, quàm à vera religione,

(4ì ’ OMNÍNO ab Ecclefia removeant.

> Missa pro evitanda mortalitate, quam Dominus Papa Cle-*mt II.

5?

cedent, qui est l’aúteur de cette Messe; & c’est Clé-ment 7. selbn celui-ci. Il y a 260. jours d’índulgen-ces dans le précédent; & il n’y en a que 240. dansCelui-ci. II n’est point dit dans celui-ci, comme dansle précédent, que ceux qui assistefont à cette Messese tiendront à genoux pendant tout le teins qu’eíle sedira. Enfin le précédent ne promet point, commefait celui-ci, que ceUx qui assisteront T cette Messene sentiront point les effets de la mortalité pour laquel-le on la dirai

XIV. La Messe de la Larme, oii, comme l’on ditordinairement de la sainte Larme , a été originairementfaite pour le Monastère de la Trinité de Vendôme,ohl’on s’imagine qu’il y a une des Larmes de notre Sei-gneur. On l’a insérée ensuite dans plusieurs Missels*& entre autres dans ceux de Chartres, de Î555. &de 1552. & dans celui du Mans, de 1559. E]] e fetrouve même séparément imprimée à Vendôme & ail-leurs. S. Augustin (c) ne veut pas que nous nousfassions une religion de nos imaginations, parce ( dit-il) que la moindre chose réelle & véritable vaut mieuxque tout ce que nous pouvons nous imaginer à plai-sir. Sur ce principe, pour que la Messe de la sainteLarme sût authentique, il faudroit que l’objet de làdévotion que les Fidelles rendent à la prétendue Lar-me de Vendôme', fût véritable, & qu’il fût constantqu’il y eût effectivement à Vendôme une des Larmesde notre Seigneur. Les Peuples de Vendôme, Sc desLieux circonvoisins le croyent ainsi; les Bénédictinsde Vendôme en sont persuadez, & ils ont leurs raisonsde l’être. Pour en persuader le Public ils Ont fait im-primer à Vendôme un Livret intitulé, Histoire vérita-ble de la sainte Larme que notre Seigneur pleura sur tèLazare ; comme & par qui elle fut aportêe aù Monastèrede la sainte Trinité de Vendôme. Ensemble plusteurs beaux& insignes miracles arrivez, depuis 6zo. ans , qu’elle àété miraculeusement conservée en ce saint lieu. Mais lespreuves qui y sont étalées, & dont nous ayons parlédans la premiere partie de cet Ouvrage (d) sont extrê-mement pauvres. Ils disent en r. lieu, que cette Lar-me est me de celles que notre Seigneur versa sur la mortde Lazare. Mais de qui savent ils cette particularité ?Leur Larme ne pouroit-elle, pas aussi-bien être unede celles qu’il versa ou sur la ville de Jérusalem selonS. Luc (e), ou au tems de là passion selon S. Paul

(f) , soit en croix, soit au jardin des Olives? car lesInterprètes de cet Apôtre ne conviennent pas entreeux fur cela.

En r. lieu ils disent qu un dnge la recueillit, la mitdans le petit vaze où on la voit encore a présent, l'enfer-ma dans un second vaz.e un peu plus grand & la donna ala Madelene. Mais S. Jean qui a décrit si exactement

(g) la Résurrection de Lazare, ne dit point qu’unAnge y ait assisté. Les Conciles, les Peres, l’Histoi-re Ecclésiastique des quinze premiers siécles, les In-terprètes de l’Ecriture Sainte ne font nulle mention decette circonstance si remarquable, non plus que duprésent fait à la Madelene. Mais pourquoi cet Angen’en recueillit-il qu’une? Que devinrent les autres? IIy a des Larmes de notre Seigneur à Thiers, en Au-vergne, à saint Pierre le Puellìer, à Orléans, Sc dansl’Abaïe de S. Pierre de Selincour, de l’ordre de Pré-montré, au Diocèse d’Amiens; & j'apprens que de-puis 10. ou i r. ans on en montre une dans l’Abaïe

de

mens 7. conflituit 8c fecit cum DD. Catdinalibus, & conceflìtomnibus audientibus ducentos quadraginta dies de IndulgentiaQuilibet audiens Missam débet m manu sua tenere candelam u"nam donec Missa fuerit compléta, 8c per quinque dies continua"re dictant Missam, 8c tlla mors eis nocere non valebit

(c) L. de Ver. Relig. c. «. Non sit nobis religio inphan-

tasmatibus nostris melius est entm qualecumque verum auàn*quidquid pro arbitno fingl potest. * ' ^

(d) L. a.c. 1.

(e) Luc. 19. 41.

(?) Hebr. 5. 7.

(g) Au chap. n. de son Evang.

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