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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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D E S S U P E R S T i T I O N S,

de Fouearmonf, de l'Ordre de Cisteaux. Elles onttoutes coulé de la même source : ont elles été toutesrépandues sur la mort de Lazare ?

En 3. lieu ils disent, Oue la Madelene L’apporta enFrance, lors qu elle y fut conduite au port de Marseille ,v avec son frere Lazare, fa sœur Marthe, S. Maximin& S. Célidoine. Mais outre qu’ils ne nous fixent pasle tems auquel ils prétendent que la Madelene est ve-nue en France, il n’y a qu’en Provence ou l’on eroitqu’elle y soit venue, & tous les Savans croiept aucontraire qu’este q’y est jamais venue, non plus quefpp frere Lazare, fa sœur Marthe, S. Maximin Sc S.Célidoiqc.

Ils disent f n 4. lieu, Oue qftatfd la Madelene sentitapprocher son bien-heureux trépas, elle fit approcher S,Maximin Epêque d'Aix, & lui laijfa la sainte Larme,qu'il gardu soigneusement tant qú’il vê,cut.. Mais commelis le disgnt sans fondement . & fans raison, ils ne de-vraient jamais savoir dit, suivant cette maxime d’Eu-gène ( a ) Evêque de Carthage 1 : Quod rationem nonhabet dici non debuitSc on les défie de. montrer pafles anciens Martyrologes, qu’il y ait eu un S. Maxi-rnain, Evêque d’Aijç., Ce n’est que depuis fan1576. que Galésinius l’a mis dans le MartyrologeRomain. ,

Ils disent en 5. lieu, Qu après la mort de.saint M*-%imin, la sainte. Larme demeura.en la ville d’Aix jusqu'après la persécution de /’ Eglise , qui finit pdr la mortde Diocletien & de Maximien. , Mais où font les preurves qu’ils en ont? N’en rapportant aucune,, scrost iljuste de les en croire sur-leur parole,?., • _ ,

En 6. lieu, ils disent, Que lès Grecs, l'e/mportcrentensuite a Confiantinogle, à qu', elle y demeura, jusqu'envi-ron l'on 1040. qui est le sems. de la fondation au Mo-nastère de Vendôme, Mais ni l’histoire de l’Ëglise, niles Martyrologes anciens, ne marquent nulle part cet-te translation, & on n’en a nulle preuve avant la findu il. siécle.

En 7. lieu ils disent, Ou en 1040. IcsSarazins é-tznt venus fondre^ en Sicile ,, /’ Empereur Michel Paphla-gyn, envoya des Ambassadeur^ d Henri Roi de Fr an*CC , pour. le. supplier- de le secourir dans cette nécessités cequ il fit fui envoyant du, secours sous.la conduite de GeofroiMartel , qui se joignant, avec les forces que V Empereuravoit a Mejfine,défit entièrement les Sarazins. Mais rienn’est plus faux que tous ces faits. Les Sarazins ont é-té chassez deux fois de la Sicile, fous l’Empire deMichel Paphlagon. La 1. fois en 1039. la z .en 1040.En xo 3 9. George, surnommé Maniaque , les en chassa,comme le témoignent Curopalate {b), Léon de Marfi, Cardinal & Evêque d’Ostie (c), Zonare (d), ScPierre Bizarre (e). En 1040. ayant repris toute la Si-cile, à la réserve de la ville de Messine , ils en furentchassez par Catacale, surnommé le Brûlé, selon Curo-palate (f) , Zonare (g) Sc Sethus Calvisius (h). Pourles,en chasser la 1. fois, Maniaque implora le secours,des peuples de la Pouille, & de la Calabre, & deGuaïmar, Prince de Salerne, qui lui, envoya 300.avanturiers Normans, commandés par Guillaume Dra-gon & Wïmsride, fils fi e l'illustre Tancréde de Fian-te-ville, ainsi que l’assurent Léon de Marsi (i ), Fa-zélius (kj, le P. Morin .CÒ , & Mezerai (m).

Catacale les en chassa la z. fois fans être assisté dequi que ce soit, que de ses troupes, suivant le témoi-

(a) Apud Victor. Vit. I. 2. de persecut. Wandal.

( b ) In Histor. ad an. io;8.

- (r) In Chronic. Cassm. 1 . 2. c. 67.

X<Ó,To. z.. Annal, in Mich. Paphlag.

■ P) L. 7.. Rer. Persiç.

(f,P Loc. cit, ad an. 1040,

(g) Loc. cit.

(b) In opéré chronol. ad an. 1040,

(z) Loc. cit. . T

W i? e , Reb ' Slcu '- L>ecad. posterio. c. i. & 2. (InterScript.R er. Sicul. r 1 r

(l) Hist. de la Délivrance de l’Egl. p . ,« c ,, n -, & 6

(m) Hist. de France, To. 1. Henri I. & Abreg. chronol. To.

i| Henri I. p. 314» '

gnage de Curopalate (n), de Zonare, de Bizarre SCde Calvisius, qui ne marquent en aucune maniéré, nique Michel Paphlagon ait demandé du secours à Hen-ri I. ni que Geofroì Martel ait été envoyé en Siestepar Henri I. pour secourir cet Empereur ; ni qu’il aitchassé les Sarazins de la Sicile.

En effet on ne voit nulle partqu’en 1039. & en1040. il y ait eu aucune liaison particulière entre BFrance Sc. la Grèce, entre Henri. I. & Michel P a *phlagon. En ces tems-là Henri I. n’étoit pas en étatde donner du secours à personne. Il en avoir lui-mêmebesoin pour se défendre des ennemis, qu’il avoit alors,

Sc qu’il eut presque continuellement sur les bras; SCNOS Historien; ne marquent point d’autre Prince àqui il ait donné dlî secours, que Guillaume le Bâ-tard, Duc de Normandie , pour lui assurer ce,Du-ché, qui lui ávoit été laissé par Robert son Pere, aLl.préjudice de l’Archevêque de Rouen & du Gointed’Arques, ses Oncle;. Enfin Geofroì Martel, fond*le Monastère de Vendôme en 1040. comme il .est claUpar le titre (0) de cette fondation. IÍ fit le voyage deRome, à ce qu’il dit lui-même dans ce titre, avantque de le sonder, c’est-à-dire, en 1059. ou en 1040*En 1040, il manda Théodoric, Evêque de Chartres»pour dédier l’Eglife du Monastère de Vendôme ; cn1040. il assista à cette Dédicace , selon ce qui est por-té par le Privilège, que cet Evêque donna ce jour-Bmême à ce Monastère, Sc en 1040. il signa les lettresd’açceptation que .fit Arnou, Archevêque de Tours»dé tout ce qui fut donné au même Monastère. O tsi en 1040. Geofroi'Martel étoit occupé à toutes ceschoses, & au, voyage de Rome, comment pouvoitil cette année-là mener du secours en Sicile, & com-battre les Sarazins ? Ce qui a trompé les Bénédictins,ç’est qu’ils ont pris Geofroì, l’un des fils de Tancre-de, pour Geofroì Martel. Car parmi les douze fil* »de Tancréde, il y avoit deux Geofrois, selon FlaviusBlondus (p); l’un, qui étoit f aîné, & qui ne p 3 ^ 3point en Sicile avec ses cadets ; Vautre qui y passa, &qui fut Comte de la Pouille, suivant le rapportPhilippe de Bergame (q) , de Blondus (f), deKra ot 'zius (s), de Raphaël de Voilette (t ), & de Fun c 'cius (v).

Et parce qu’il y avoit un Geofroì dans les troupesauxiliaires que Guaïmar envoya à Maniaque, Sc q uece Geofroì a été Comte de la Pouille, on en fait u®autre Geofroì, Comte d’Anjou & de Vendôme, ssj*est Geofroì Martel, contemporain du premier: "fur cette erreur les Moines de Vendôme ont feint q u fGeofroi Martel avoit rendu un service considérable. 3Michel Paphlagon, en chassant les Sarazins de la $ lCl 'le; que cet Empereur l’engagea ensuite à fairevoyage à Constantinople; qu etant à Constantin°R?il lui donna pour récompense la sainte Larme, qu Bapporter à. Vendôme- Voilà comment une erreur eílattiré plusieurs autres. . ,

Us disent en 8. lieu, Qu’après cette fignalée v$ 0 [ ^l'Empereur Michel Paphlagon invita le Comte Ge°f rotfaire un voyage a Constantinople, oû il alla ejsetliv e>)fe ■Mais ce voyage du Comte Geofroi n’est pasimaginaire que le secours qu’il mena à ManiaqueSicile. Pas un de nos Historiens n’en parle, non Pmême Foulques Comte d’Aujou son neveu, dansHistoire d’Anjou ( x), ni le Moine de Marmout^qui a compilé de plusieurs Chroniques les Geste*Consuls» ou Comtes d’Anjou (y). Ce Moine aU t ^ a jre

(«0 LOC. Cit. 1 l’Jyji-

(0) Ces Titres font, rapportés au 6 . To. des Concilestion du P. Labbe.

(p) L. ;. Decad. 2. histor. ab inclin. Ro. p. *90.

(q) Ratio. temp. p. i. 1 . 8. c. 17.

(r) In Suppl. Chrome- h >r. an.

(s) Loc. cit.

(t) In- Norvag. 1 . 4. c. 5-. 8c 6.

. (p) L. 6. Com. Urban. fol- 74 -

(*) In Chronol. ad an. 1049. . - . .. ,

(y.) II,y en a. un fragment au i c, To. du Spicileg„