DES SUPERSTITIONS.
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Í 1 ne laisse pas néanmoins d’y avoir quelques Introï-té , qui n’étant pas tirés des livres canoniques, sontautorisés dans l’Eglise par un long usage (a ), & quel-ques-autres sont dë ce nombre, quoiqu'ils ne se trou-Vènt point dans l'Antiphonal de saint Grégoire.
Je n’ai encore pû savoir jusqu’à présent, d’où esttiré celui du Dimanche de l’Octave de l’Epiphanie,& de la Fête dê la Transfiguration dans quantité deMissels, tant anciens que nouveaux, In excelso throno ,&c. Je íai seulement qu’il se trouve danS l'Antipho-nal de S. Grégoire, & qu’Amalaire, Diacre de l’E-glife de Mets, en fait mention (b) , comme d’une vi-sion dés Apôtres 8 c des hommes Apostoliques. Maisce double témoignage de l’antiquité n’a pas empêchéqu’on ne l’ait changé le jòur de la Transfiguration,dans le dernier Missel Romain, 8 c dans plusieurs au-tres , & substitué à sà place Illuxerunt còruscationes tua,&c, Ori l’a cependant laissé ce jour-là dans les der-niers Missels de Chartres, 8 c dans quelques autres.
II y a quantité d’autres íntroïte des Messes voti-ves, óu de dévotion, qu’on a changés dans beaucoupdé Missels modernes, comme l’íntroïte de la Messede S. Sebastien, Egregie Martyr Sebastìane , &c. celuide la Mésse de S. Roch, Congratulamini omnes in Do-mino , &c. celui de la Messe de sainte Marthe, Mar-tha pig memoriam agamus , &c. celui de la Messe dèsainte Genevieve, Veneremur omnes in Domino , &c. cè-hst dë la Messe de Si Claude, O R ex Regum gloria ,&c. & un grand nombre d’autres, qui fe lisoient dansles anciens Missels, & au lieu desquels on se sert main-tenant du Commun des Saints & des Saintes, qui sonttous de l'Ecriture sainte, ou approuvés de l’Église.Ainsi il suffit que l’Eglise approuve Un íntroïte, pourqu’il ne soit pas Superstitieux. Maïs je ne croi pasqu’elle approuve ceux àufquels la dévotion indiscrètedes Moines a ajouté cértàins Tropes, còfflme òn leshomme: car ce font les Moines ( dit le Cardinal Bo-na ) (c) qui ont inventé ces Tropes fous l’autorité deQuelques Abbés ; & on les a appelles de ce hom, du'Grec Tpóxoç , qui signifie conversion , ou rapport , parcequ’ils ont rapport avec les paroles dès Introïte, aux-qUels ils font inférés & ajoutés, & qu'ils n’en chan-gent point le sens; mais qu’au contraire ils l’expli-queht & le rendent plus étendu. Béleth ( d) eh parle encette maniéré: Dicitur Tropus k Gratis, quod nobìse fl cónversió, quoniam iftic quadam fiêri soient conver-fîones. Et Durand (e) : Efi autem propfi'e Tropus qui-darh verficulus qui in pracipuis Feflivitdtibus cantatur im-médiate ante Introitum , quasi quoddam praambulum , &'^wìnuatio ipfius Introïtus. ... Et dicitur Tropus dT Ppnót ;, qxod èjl converjio , quoniam quadam ìbisoient fie-conversants ad Introitum. Entre ces T r op es il y en3 fiui précédent immédiatement l'Intròïte, & d’autresq u i sont mêlés avec les paroles de l’Intròïte, en sortequ'un côté du Chœur les chante, & l’autre côtéc sonte l’Intròïte. Ecce adest de quo Propbeta cecinerunt,^écede immédiatement l’Intròïte, Puer nains est nabis,Les autres sont mêlées avec les paroles de l’In-juste, & on en trouve plusieurs de cette forte danss anciens livres de chant des Monastères. U y en aïl’fíì qui sont en prose, 8 c d’autres qui sont en vers.
Voici un de lai Fête de la Pentecôte en prose: Ho-!( Spiritus fianBi gratiâ repleantur corda nostra, dicite
jJ 4 ) Benedicta sit sancta Trinitas j Gàudeamus omnes in Domi-Salve sancta parens.
En ces termes : L. 4. de Offic. Ecclésjc. Primus In-^ est post Octavas Theophanisè, juxtà ordinem Antiphonariit r * > „ In excelso thfono vidi fédéré virum, quem adorai mul-*íl Angelorum Apostolorum 8c Apostolicorum virorum^Ui*' v ‘^°. hoc est, ut mente intelligant eumdem Dominum,adoratus est, quasi infans, 8c cujus prxsentatio isto*irh e exspectatur, usque ad quadragesimam dìem , gubernarelytes ccelorum 8c ab his adoran.
tyJ'. E- a. Rer. Liturgie, c. Z. n. 3. A Monachis privata quo-Put 0 aam Abb atum autoritate NLc addidamenta eriginem traxisse
‘ ** 4 - c. 5. Ration, n. 6.
éia: „ Spiritus Domini, mijfus k fede Patrìs , reple-,, vit orbem terrarum alléluia, igntis Unguìs, & hoC„ quod continet, penetralia intuendo , omnia; omnipo-„ tentia Patri atque Filio aqualis, scientiam habet vo-,, CÌS. Ottod dies testatur prafens & fidelibus & incredu-„ lis. Alléluia, Alléluia, Alléluia.
Les deux fuivans sont en vers. Le premier pour kFête de S. Etienne: Etenìmfédérant Principes & adver «sum me loquebantur. „ Nulli unquam nocui, neque,, legurn jura resolvij”. Et iniqui persecutì funt me.„ Christe tuus fueram tantum quia rite ministerAdyuva me Domine. ,, Ne tuus in dubio frangar cer-„ tamine miles”. Quiaservus tuus exercebatur in taisjustifieationibus. Le z. pour le Dimanche des Rameaux.Israël egregìfts Psaltes clarusque Poëta , sic quondam Chri-sto David cantaverat almo , „ Domine ne longé facias„ miferationes tuas à me ” ,sed celerem mihi confier opentrex inclite cceli. „ Ad defensionem meam aspice, líbe-„ ra me de ore leonis”, Qui cupit insontem morsu l a *cerare fierino. ,, Et à cornibus unicornium humilita-„ tem meam ”.
Le Cardinal Bona (f) dit qu’il n’a point vû de cesTropès dans les Auteurs qui ont traité des Offices di-vins avant le onzième siécle, & que Durand (g),auffi-bien que Jean Pierre Perrier (h) de Ravenne, neméritent aucune créance, lorfqu’ils en rapportent lapremiere institution à S. Grégoire le Grand. Aulîin’en voit-on rien ni dans fa vie, ni dans ses ouvrages.Mais quoiqu’il en soit, toutes ces additions Mona-chales, qui sont bonnes pour alonger les Messes, re-gardent le culte superflu, & elles sont directementopposées à cette judicieuse maxime du Cardinal deC usa (i) , Qu’il n’est perrîîis à personne, de son au-torité privée, de rien ajouter au culte de Dieu, nid’en rieh diminuer, sans l’aveu & le consentement del’Eglise.
II. On peut faire le même jugement des additionsdont les Moines du xm. siécle Ont assaisonné les Ky-rie eleïfiòn , & les Christì eleìson qui fe disent à lâ Mes-se, & qui fe voyent dans quantité de Missels., & en-tre autres dans celui de Paris de 1505. & dans celuîde Chartres de 1525. dans Josse Clictouë (k ), & dansla Liturgie du Cardinal Bònâ (/) : Pour les Fêtes fo-lernnelles, Kyrie fions bonìtatìs , écc. Pour les Fêtes dênôtre Seigneur, Kyrie cunEUpotefis , Pour les Fêtes de làíáinte Vierge, Kyrie Firgìnìtatìs amator inclite , &c. oúbien, Rex Virgìnum amator Deus Maria deem eleïfim.Pour les autres Fêtes, Kyrie rexgenitor, &c. Pourles Dimanches, Orbis faílor , rex aterne eleìson , &c.Pour les Fêtes des Saints, tlemens reElor aterne Paterimmense eleìson , &c. & Pour la Fête de sainte Cathe-rine, Kyrie lux claritatis, Sophia divina sons, 8 cc. carces assaisonnemens & ces broderies font encore de l’in-vention des Moines, félonie Cardinal Bona (m), quiassure qu’ils sont impertinens pour la plupart, Le qu’ilsn’ont ni fuite, ni liaison.
III. L’Hymne Angélique, Gloria in excelfis Deo,n’a pu se défendre de ces sortes d’assaisohnemensaux Messes de la sainte Vierge, après Domine fili uni-genite Jefii Chrìsti , on dit Spiritus & aime orphanoruntPar acide; après Domine Deus agnus Dti Filins Patrìs,on dit, Primogenitus Maria Virginie matri's ; après,Suscipe deprecationem nostram , on dit, ad Maria glo-
tiam;
(f) Loc. cit.
(fi) Loc. cit.
(h) L. 6. de mirific. vérb. libami, qui est MS. dans la Biblioth, 1du Vatican.
(i) Tom. 2. Ëxercit. 1 . 2. ex serm. íbant Magi & c . Non licetcuiquam propria autoritate addere, vel subtrahere in divins cul-tu, ab institutis ab Ecclesia.
(t) L. 3. Elucidât. Ecoles.
(/) L. a. c. 4- n. a.
(m) Ibid. In quorumdam Monasteriorum libris MS. ad uiumchori, vidi ipsum Kyrie, mterpositis quibusdam clausolis inter-polatum, quas privata autoritate introductas puto. Earum nullamentis ante feculum xm. reperitur. ïnsulsi funt ut plurimùm,nec bene sensui cohserent.
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