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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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I oo

DES SUPERSTITIONS.

riant', après, Ouoniam tu filas fanElas,or\ ajoûte, Ma-riant Sanïïificans; après, Ta filas Dominas, on ajoûte,Mariam Gabernarts; enfin après, Ta filus altijfimus ,on ajoûte, Mariam coronans.

Pamelius dans ses Liturgies (a ), rapporte deux au-tres assaisonnemens de cette Hymne j l’un est pour lejour de Noël, Laadamas te, Laus tua Deus resonetcoram te r ex. Benedicimas te, Qui venisti propter nosrex Angelorum Deus, 8 cc. L’autre est pour le jourde la Dédicacé de l’Eglise: Gloria ìn excelfis Deo,Quem cives cœlestes sanctum clamantes laude fréquen-tant. Et in terra pax , Quem ministri Domini verboìncarnatam terrenis promifirant , &c. Le Cardinal Bo-ira (b) rapporte auffi l’un & l’autre tout du long.

Celui des Messes de la Vierge a été trouvé si irré-gulier & si mauvais, que le Pape Nicolas V. a défen-du de le dire dans fa Chapelle, ainsi que le témoigneParis Crastus (c), Maître des Cérémonies du Pape.Le Cardinal Bona (d) dit de tous ces assaisonne-mens en général, qu’ils font superflus ; que la téméri-té , ou plutôt la simplicité & le zélé aveugle de quel-ques particuliers, les ont inférés dans cette Hymne ;qu’ils ne sentent point la gravité Eccésiastique ; & quebien loin d’augmenter le culte de Dieu, ils le dimi-nuent : ce qui est plus que suffisant pour faire voirqu’ils font superstitieux ; & qu’ainsi il y auroit de laSuperstition à les dire, de la même façon qu’il y enauroit à affecter de dire cette Hymne sans aucune bro-derie, lorsqu’on ne la doit pas dire, ou de ne la pasdire, lorfqu’on la doit dire, parce qu’anciennement iln’étoit permis qu’aux Evêques de la dire, comme ilest marqué au commencement du Sacramentaire de S.Grégoire, & dans le chapitre 2z. du livre des chofis Ec-clésiastiques de Walaíride le louche (e), & que les Prê-tres ne la dévoient dire que le jour de Pâques.

Mais puisque nous en sommes fur le Gloria in ex-celfis, ne feroit-ce point un culte superflu de le dire àdes Messes aufquelles l’Eglise n’ordonne pas qu’on ledise, comme, par exemple, en A vent, depuis la Sep-tuagesime jusqu’à Pâques, aux M estes votives, auxMesses des Féries, & aux Messes des Morts? L'Evê-que de Bethléem (dit M. de Thou Evêque de Char-tres ) (f) maintient de lai être loisble de le dire indiffé-remment en tout tems, voire e'sMeJfes desTrepajfe's, d’au-tant qu'il a été premierement chanté par les Anges (g), enfa région & contrée en la nuisance de Jefius-Chrifl , ceque l'on soutient être abusf. Durand (h) avoit dit lamême chose avant M. de Thou. Mais ce privilège estabusif, comme lc reconnoissent ces deux Prélats; &la Pratique de l’Eglise étant de ne dire le Gloria in ex-celss, qu’à certaines Messes qu’elle a marquées, onne le sauroit dire aux autres Messes, fans se rendrecoupable de la Superstition du culte superflu, suivantce que nous en avons dit dans la premiere partie de cejTraite (i).

IV. L’Hymne Angélique étant dite, si c’est unEvêque qui célébré la Messe, il salue le peuple en di-sant Fax vobis , cette premiere sois seulement ( parceque lorsqu’il le salue dans la fuite de la Messe, il ditDominas vobifium. ) Mais si c’est un Prêtre qui la cé-lébré , il salue le peuple en disant, Dominus vobifium.Et ces deux maniérés de saluer le peuple sont particu-

(a) To. ». in fini

(b) Loc. cit.

(t) In Cérémonial. MS. c. 67. apud Bonam loc. cit.

{d) Loc. cit. Ista íûperflua sunt, ut quisque aígnolcat temera-rio quorumdam ausufeu potiùs simplicitate, ac zelo qui nonerat secundùm seientiam, inserta hxc Angelico hymno fuislê,Sy* Ecclesiasticam gravitatcm minime redolent, cultumque di-vmum non augent, sed minuunt.

(e) Mieux connu en Latin sous le nom de Walafridus Strabo.

(f) Explication de la Messe fol. 20.

(g) Luc. z.

(h) En ces termes; L. 4. Ration, c. 13. n. 7. Episcopus Be-

thleemitanus.ex atusu omni die & omni Missa, & pro Defun-ctis, dort*™ .^ ant ? t .» P ro eo quod Hymnus illc, Luca

testante, primo m Bethleemitica regione cantatus est.

(i) L. 2. c. ».

lieres à l’Eglise d'Occident. Car en Orient les Prê-tres comme les Evêques, le saluent à l’Autel, en di-sant Pax omnibus, ainsi qu’il est évident par les Li-turgies de S. Basile 8 c de S. JeanChrysostome, & parle témoignages de S. Athanase (k), de saint JeanChrysostome dans une de ses Homilies (l) , 8 c de S.Cyrille d’Alexandrie (m). Selon ces usages différens del’Église d’Orient 8 c de l’Eglise d’Occident, les Evê-ques & les Prêtres Grecs seroient Superstitieux, sidans la célébration des íaints Mystères ils saluoient lepeuple en disant Dominas vobifium, au lieu de Pt*omnibus. Les Evêques Latins le seroient austì, si aulieu de dire Pax vobis, la premiere fois qu’ils saluentle peuple â la Mefle, & qu’ils le doivent dire ( carils ne le doivent pas dire à toutes les Messes, mais feu-lement à celles où ils doivent dire le Gloria in excelfis)ils disoient, Dominas vobificum i ou si lorsqu’ils doi-vent dire Dominus vobificum, ils disoient Pax vobis >comme faisoient autrefois certains Evêques, 8 c quel’hérésiarque Priscillien prétendent que ces Evêquesdévoient toujours faire, ce que le 2. Concile de Bra-gue en 563. condamne par un Canon (n). Car en cscas & les Evêques Grecs & les Evêques Latins iroientcontre la pratique de l’Eglise, 8 c ils tomberaient parconséquent dans la Superstition du culte superflu. L?§Prêtres Latins y tomberaient de même, s’ils disoientPax vobis , au lieu de Diminus vobifium, 8 c si n’ayantqu’une seule personne qui assistât à leur Messe, &qu‘leur servît de ministre, ils affectoient de dire Dominastecum, au lieu de Dominus vobifium , sans considérerce que remarque S. Pierre de Damien ( 0), que les So-litaires peuvent fort bien dire seuls dans leurs cellulesen récitant leur Office, Dominus vobificum, comme ilsdisent Venite exultemus Domino ; Regem Martyram D»"minam venite adoremus , noíle fur gent es vigilemas omneSifimno refertis artubus, Sargamas omnes ocius ; Audite Tr A"tres carijfimi; Oremus, 8 c Benedicamus Domino, puis'que ce qui se sait dans l’Eglise par un seul de s eSmembres, est censé se faire par tout le corps de l'si"glise, qui est gouverné par un seul Chef savoir Jesu S 'Christ; & que ce Ministre, quoique seul, est u ° epersonne publique qui représente tQUte l’Eglise j ^qui répond au nom de toute l’Eglise, Et cum fipT it0tuo, dans l'unité d’une même foi dans la Communiédes Saints.

V. Les Oraisons viennent après le Dominus vobtfeam. Pour n’être point suspectes de Superstition ,fifaut qu’elles soient approuvées de l’Eglise , c’est-à-u 1 're des Conciles, des Papes ou des Evêques, òu aut°'risées par un long usage. C’est pour cela que le ts° J 'siéme Concile de Carthage (p) en 397. ne veut P 35qu’on se serve d’autres Oraisons que de celles qui o0Íété revûes 8 c corrigées par des personnes savantes \ cque le 2. Concile de Miléve (q) en 416. exphùssd’unSynode dans les termes, que je cite ci-deffo aS ’ .les particuliers avoient la liberté de composer des 0) j®.sons, & de les faire lire publiquemuent dans l’ï^ 1 ^

(k) Epist. ad Eustath.’

(/) Homil. 3. in Epist. ad Coloss.

(m) L. 11. in Johan. , tef í

(n) Can. 3. Placuit ut non aliter Episcopi, & aliterpopulum, sed uno modo íàlutent dicentes, Dominus fit ‘t ì0 yJ gtficut in libro Ruth legitur c. 2. 8c ut respondeatur à populocum spiritu tuo : ficut 8c ab ipsis Apostolis traditum omnis rOriens, 8c non ficut Priícilliana pravitas immutavit.

(o) Opuse. Dominus vobiscum c. 7. 8c 13. pi-

(/>) Can. 23. Ut nemo ( dit-ïl ) in precibus vel Patretn P r ç c 0-

lio, vel Filium pro Pâtre norainet. Et cùm altari assisti tur ’,- url díper ad Patrem dirigatur oratio. Et quicumque sibi prçces adeferibit, non eis utatur, nifi priùs eas cum instructionibutribus contulerit. .

(q) Can. 1 ». Placuit etiam 8c illud, ut preces, vel sivefeu Missa; qu* probat* fuerint in Concilío, sive Prassation > ce j e ,Commendationes, sive manus impositiones, ab omnw rU ,brentur. Nec alise omnino dicantur inEcclefia, nifi qu * e r far-dentioribus tractatae, vel comprqbatíe in Synodo fuerint, ,

tè aliquid contra fídem, vel per ignorantiam, yel per Mdium fit compofitum.