DES SUPERSTITIONS.
„ peuple, & ce que l’Eglise veut qu’ils ayent reçuj j avant que de l’offrir à Dieu. Il n’y a qu’à lire ce,» qu’ils disent, pour voir qu’ils ne le disent pas enu son lieu & en son tems. Le peuple qui chante sa„ profession de Foi, ne peut pas répondre à l'Orate,, fratres. Le Prêtre est déja bien avant dans le Sacri-„ 6ce, avant que le peuple y soit entré, Sc pourain-j> si dire, il y est fans y être entré lui-même, puis-„ que le Sacrifice ne commence, selon l’esprit de l’E-,, glise, que par l’oblation du peuple.
; „ Je sai bien qu’il n’y a pas d’offrande à toutes les,, Messes basses, mais je sai bien aussi que tout ce3, que le Prêtre dit après l'Offertoire, suppose que„ s’il y a eu quelque oblation à recevoir, il l’a reçue>j durant ou après l’Offertoire. Il ne doit donc point„ presenter à Dieu l’hostie sur la patene, ni le vin &33 l’eau dans le calice, qu’après l’offrande, s’il y en33 a; & lorsqu’il fait autrement, il est aisé de voirs, que ce n’est que pour abréger, ■& pour gagner du33 tems; mais ce n’est pas-là .l’esprit de l’Eglise. Elle3 > ne veut pas qu’il se sépare ainsi de rassemblée , ni,3 qu’il lui indique une priere pendant qu’il en va faire*3 une autre. Car il commence le Credo pour marquer33 aux assistans qu’ils doivent faire avec lui leur pro-,3 session de Foi ; 8 c cependant il acheve son Credo3, tout seul, & il avance fans eux dans les oblations»3 qui ne se doivent commencer que par leur of-33 fraude.
s. Il y en a même qui font toutes ces choses avant33 qu’on fasse au peuple la lecture de l’Evangile; mais3 s ils s’éloignent, comme j’ai dit, de l’ordre du Sa-„ crifice, & je ne croi pas qu’il y ait des rubriques33 qui leur permettent cet usage; j’en sai au contraire„ qui le défendent absolument, & qui le condamnent33 comme un abus. Et cette défense fait voir bien clai-33 rement que l’Eglise ne veut pas qu’on partage ainsi»3 les différentes prières du Sacrifice entre le Prêtre &33 le peuple ; mais qu’elle veut au contraire que tout33 se fasse dans son ordre par les uns & par les au-33 tres”.
Voilà pour le tems auquel le Prêtre doit faire lesablations. A l'égard des oblations, il peut y avoir dela Superstition dans quelques unes.
i. Il y en auroit, si au lieu du pain Sc du vin queles fidelles de l’ancienne Eglise offroient à la Messe, &qui dévoient servir de matière au Sacrifice, ainsi queles Conciles, les Peres, & les Sacramentaires anciensen font foi, si au lieu de cela, dis-je, on y offroit,'°nime on íaisoit autrefois, du lait, du miel, du ci-ou quelque autre boisson capable d’enivrer, deschoses confites, des volailles, des animaux,ou desle-8unies ; parce que le ;. Canon Apostolique défend
le faire, & permet seulement d’y offrir ce que Dieu® ordonné qu’on y offrit, avec les prémices des blés** des raisins, dans la saison, de l’huile pour les lam-P. es de l’Eglise & de l’encens dans le tems de l’obìa-
. Ee Concile du Dôme de Constantinople en 69a.e stnd aussi (b) d’offrir du lait & du miel : ce que leâ' Concile de Carthage (c) en permet néanmoins• e faire le jour de Pâques feulement, parce que cej Ur -là on avoit la coutume de distribuer du lait &
du
miel aux enfans nouvellement batizés ; mais il ne le
í^met qu’à condition que le lait & le miel auront leur
j^í») Si quis Episcopus, vel Presbytes ( dit ce Canon) prseter Do-jjj 1 ? 1 6e sacrificio ordinationem, alia quaedam ad altare attulerit,^ 1 vel ] a c, vel pro vino íiceram, vel confecta, vel aves, velt ^ lr >ialia, vel legumina, prster ordinationem, deponatur, prx-c JNam nova legumina vel uvam, tempore opporturìo. Ne li-Uar autem aliquid aliud ad altare offerre, quàm oleum ad lumi-U\ ^ 'ncensum tempore sanctat oblationis.
; ) Can. py. Quòd ad altare mel, & lac offerre non oportet.
Pil' ' ; _pt in Sacramentis ( dit-il ) corporis Sc íànguinis Domini ni-Vi n ° fteratur quàm quod ipse Dominus tradidit, hoc est, panis 8cdie n 1 a ^ ua mixwm. Primitise veto, feu lac Sc mel, quod unoal t . lemn issimo in infantum mysterio solet offerri, quamvis in\ 1 °ff er antur 5 suam tamen habeant propriam benediótionem,'■s*o% ra yy nt0 Domini corporis Le sanguinis distinguantur.
bénédiction particulière, pour les distinguer du Sacre-ment du corps & du sang de Jesus-Christ. Cette bé-nédiction particulière est peut-être celle qui est mar-quée dans l’Ordre Romain pour le jour de Pâques.
2. Il y auroit de la superstition , si on offroit des rai-sins à la Messe conjointement avec du pain & du vin,& qu’on les distribuât ensuite au peuple avec la sainteEucharistie. Cela se pratiquoit autrefois en plusieursEglises; mais le Concile du Dôme de Constantinoplele défend positivement, Sc ordonne qu’on distribueraseulement la sainte Eucharistie au peuple, & qu’onbénira les raisins à part, pour en donner en actions degrâces à ceux qui les auront offerts (d).
Z. U y en auroit aussi, si on offroit au sacrifice del’Autel de la chair & du fromage, dans la pensée quecette offrande seroit un remede à plusieurs maux,comme un méchant homme le persuada autrefois à unArchimandrite, ou Abbé, qui pour cela fut déposé,ainsi que nous l’apprenons de Balsamon (e), témoinoculaire de ce sait.
4. A Rome on offroit autrefois le jour de Pâquesun Agneau que l’on benissoit. Les Grecs reprochoientaux Latins qu’ils le benissoient à la Messe, & qu’ilsl’offroient fur l’Autel avec le corps de Jesus-Christ îce qu’ils traitoient de Superstition Judaïque: & Pho-tius n’a pas oublié de mettre cette bénédiction & cet-te offrande au rang des choses qu’il trouvoit à rediredans l’Eglise Romaine; & dont il envoya une liste anRoi de Bulgarie, que ce Prince envoya ensuite anPape Nicolas I. Enée, Evêque de Paris (/), faitausiì mention de ce reproche dans le livre qu’il a écritcontre les Grecs : mais il le regarde comme calom-nieux, ainsi que fait après lui le Cardinal Bona (g).
Nous voyons en effet dans l’ancien Ordre Romain(b) , que la bénédiction de l’agneau du jour de Pâquesfe faisoit, non à l’Offertoire de la Messe, mais aprèsla Messe,ou au moins après la communion de la Mes-se. Çes paroles d u commencement de cette bénédic-tion en font foi: Post celebratam Domìnìu fanïïi P a -scha solemmtatem , f ost eti'am trmsaiïos jejmiorum dies ,jam anìmabus fpìritmlìbtts dapìbus refeclis de menfa tu*majestatis , ofsterimus famuli mi pro hujtis fragilitate cor-pttfîttli altquanttilum reparattdi , banc asm rnjìro concef-sam creaturam agni , &c. 11 est constant d’ailleurs,
que dans la fuite des tems elle s’est faite, non dansl’Eglife & à la Messe, mais hors de l’Eglise, & a-près la Messe, dans une sale de la Basilique Leonien-ne, ou de la Casa major , appellée Cubìtorum Sc Cubi-torium en Latin, parce qu’on mangeoit assis. En voi-ci deux preuves très-précises, que je titre de deuxOrdres Romains publiés par le Pere Mabillon (ì).
Le premier est de Benoît (kj, Chanoine de S. Pier-re
' (d) Quoníam (dit-il) in dîversis Ëccleíîis intelleximus, uvamiád altare allatam, ex quadam quse invaluit confuetudine, mini-stros, postquam ha n c incruento altaris íàrriíìcio conjunxerunt,’attaque íìmul populo distribuere: fimul etiam esse decernendumpérspeximus, ut nullus Sacerdos hoc amplius facial: sed ad vi«vificationem Sc peccatorum remissxonem solam oblationem popu-lo impertiat: tanquam primitias autem uv* oblationem existi-mantes, Sacerdotes eam íeorlùm benedicentes, petentibus imper-tire, ad fructuum datoris gratiarum actionem: per quos corporanostra divina diípositione augentur Sc aluntur. Si quis autem Lie-ricus prseter haec décréta fecerit, deponatur.
(e) In Can. ;. Apoil. Ego autem ( dit-il) vidi quemdam de-poíìtum, 8c ex venerandi Monasterii regionis cui prarerat, prse-fectura ejectum, quòd caseos Sc carnes ad altare inferret, consiliocujusdam improbi hominis, qui eum íèduxit, Sc dixit hoc mo-de futuram plurimorum morborum medelam.
(f) To. 7. Spicileg. p. 7. Quare agnum simul cum covpore
Christi Sc sanguine in Pascha super altare ponamus, £c more Ju-dxorum offeramus. J ’
(g) L. í ■ Rer. Liturgie, c. 8. n. 5.
(b) Tit. Ordo in die 8. Pasch.
(i) To. 2. Mussi Ital.
(k) Num. 48. Finita Missa (dit-il) Pontiscx coronatur Sc cumprocessione redit ad alatium. . . . judices autem ducunt eum.hodie m Balihcam magnam Leonianam in cameram, ubi suntprxpavata xi. icamna, & unum subsellium circa mensam Domi-ni Pontincis, 8c lectus ejus bene prseparatus in figura xn. Apos-tolorum circa mensam Christí, quando comederunt Pascha. Ibi
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