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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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Iv6

D E S S U P E R S T I T I O N S.

re de Rome, qui écrivoit avant l’an 1145. Le secondest du Cardinal Cehcius, & il est écrit l’an n8z.{a) Il y avoit pourtant d’autres Eglises où le jour dePâques on offrait & on benissoit un Agneau , quel’on mettoit fous l’Autel, ou proche l’Autel; Lc c’estcet usage que Walafride le Louche (£) condamne a-vec beaucoup de force, assurant „que c’est une erreur„ qui vient de la pépinière des Superstitions Judaï-,, ques, un rejetton pernicieux & empesté, un cultesu-„ perflu, & opposé à la perfection du ChristianismeComme il ne parle dans le chapitre d’où ces parolesfont prises, que des oblations qui se sont à l’Autel,ainsi qu’il est clair par le titre de ce chapitre, Ouidofferendum st m altari, il n’est pas permis de douterque dans fa pensée, l’Agneau Pascal ne soit une deces oblations, & par conséquent que l’offrande & labénédiction qui s’en font ne soient Superstitieuses.Aussi y paraît il quelque chose de légal ; & c’est peutêtre pour cela que parmi les oblations que les CanonsApostoliques, le 3. Concile de Carthage, & le Con-cile du Dôme de Constantinople marquent qu’on fai-soit autrefois à l’Autel, on n’y trouve point celle deP Agneau. Je ne sai pas si elle se fait encore aujourd’huià Rome, mais je sai bien qu’il n’en est rien dit ni dansY Ordinaire de la sainte Eglise Romaine, du CardinalJaques Cajetan (c), ni dans le livre de Pierre Amé-lius, Evêque de Sinigallia, Des Cérémonies de la sain-te Eglise Romaine (d ), ni dans le Traité des CérémoniesEcclésiastiques de la sainte Eglise Romaine (e), qui estdédié à Léon X. & que Christofle Marcel, Archevê-que de Corfou s’attribue, mais que Paris Crassus,Evêque de Pezaro, & Maître des Cérémonies fousLéon X. assure (f) être d’Augustin Picolomini, Evê-que de Piente : quoique les Cérémonies qui s’obscr-

jacent in cubitis quinque Cardinales, 8c quinque Diaconi, 8c Pri-micerius ad prandium, dato priùs Presbyterio in caméra cumma-nibus, sicut in die Natalis Domini. Surgir inde 8c venir ad lo-cum qui dicitur Cubìtorìum, ubi Agnus assus benedicitur, quembenedicit 8c redit ad prseparatum lectum mens*. Prior Basilicariusíèdet in subsellio ante lectum. Tune Dominiis Pontifex tollit pa-rum de Agno 8c priùs porrigit priori Basilicario, dicens: „Quo<í,, facis, sac citiùs. - . . Sieur ille aeeepir ad damnationem, tu,, accipe ad remissionem ” ; Et mittit in os ejus, qui accipit 8ccomedít. Reliquum Agni dat xi. discumbentibus, 8c aliis, qui.bus places; 8c sic omnes comedunt.

(a) Finita Missa (cesontses mots) coronatur Pontifex, reditquecum proceffione ad palatium. ... 8c acceptis Iaudibus â Cardi-nale sancti Laurentii, ducitur à Primicerio Lc Secundicerio judi-cibus cum mitra in Basilica magna Leoniana, qu* dicitur Casa-major, ubi sunt praeparata xi. icamna circa mensam Pontificis,Presbyteris, Diaconis, Primicerio: 8c lectus ipsius Pontificis ibi-dem solemniter prseparatus in figura xi. Apostolorum recumben-tium circa menlàm Christi. Tranfiens Pontifex per ipsam Basili-cam, intrat cameram: ubi recepto Presbyterio à Camerario inícypho argenteo Lc dato, sicut in nativitate Domini, surgit 8cducitur à Magistro Senescallo 8c Pincerna ad locum qui diciturCubìtorìum , ibique à juniori Presbytero Cardinali Agnus assus be-nedicitur, 8c exinde redit ad prseparatum lectum mens*. Et ac-cipiens idem Pontifex parum de ipso agno porrigit priori Basili-cario sedenti in subsellio ante lectum ipsius, dicens: ,, Quod fa-„ cis, sac citiùs. Sicut ille accepit ad damnationem, tu accipe„ ad remiflionem ”, Reliquum veto Agni distribuit discumbenti-bus 8c aliis circumstantibus.

(b) Voici ses paroles, qui méritent qu’on y fade attention: L.de Reb. Ecclei. C. 18. Pro diverfis íacrificiorum ritibus, simplexoblatio panis Lc vini fidelibus sufficit, qui nonin muìtitudine um-brarum apparituram quaerunt veritatem, sedeam in manifestatio-ne factotum tenent perspicuam. Unde quorumdam simpliciumerror de judaïcarum Superílitionum seminario natus, 8c ad nò-•stra uíque tempera qusedam vetustatis extendens vestigia ‘ jam exmagna parte fìpïentum studio compressus est. Et iicubi adhucperniciosum hujus pestis germen revivilcére fuerit comprobatum,mucrone spirituali radicitus est amputandum. Illum dico errorem ,quo quidam agni cames in Pascha, juxta, vel sub altari eas po-ternes, benedictione propria consecrabant, Lc in ipsa Resurre-ctionis die ante cseteros corporales cibos de ipsis carnibus perci-piebant. Cujus benedictionis fériés adhuc à multis habetur. Quod

m ^ àperyacuum , Lc à Sacramentis Christian* perfectionisabhorrens, facilè perc-ipit, qui veraciter intelligit, quia Paschanostrum immoktus est Christus, Lc vult epulari non in fermenteveterl, sed in azymts sinceritatis Lc veritatis.

(c) Cap. 95 -

(d) Num. 84. § 5 - «c i6x To. z . Mufei Ital.

(e) L. a. sect-r. c. i. Lc 2.

(f) In Diario. apud Mabill. lac. cit. in Append. y

vent par le Pape le jour de Pâques, y soient assez e-xactement décrites.

Enfin en quelque Eglise que se fissent cette offran-de & cette bénédiction, elles ne se faisoient à autreintention, que pour marquer que les fidelles repre-noient à Pâques l’usage des viandes qu’ils avoient quit-tées pendant le Carême, & qu’ils ne vouloient pas lesreprendre, qu’auparavant elles n’eussent été présen-tées à Dieu, & benites par ses Ministres. De-là vientque dans l’ancien Ordre Romain (g) , après la Bénédic-tion de l’Agneau Pascal, Benediélio Agni in Pascha, onvoit celle des autres viandes, Bcnediclio aliarum carnìum •

Tous les ans, le jour de sainte Agnès, à la Messesolemnelle qui se dit dans l’Eglise de sainte Agnès( via Nomentana) on présenté à l’offrande, & on bé-nit des Agneaux blancs fans tache, dont on donne en-suite le foin aux Sôûdiaeres Apostoliques, qui les fontnourrir dans quelque Monastère de Religieuses,, jus-qu’à ce qu’on les tonde , ainsi que le rapporte le Car-dinal Bona ( h). Mais je ne voi rien de Superstitieuxdans toute (ï) cette cérémonie.

j. Quoique de droit les oblations appartiennentauX■Curés, dans le seritiment des .Conciles & des Peres,Geofrai, Abbé de Vendôme, entêté des Privilège?de son Monastère, prétend que les Moines les doi-vent avoir dans les; Eglises qui leur font soumises; &fur ee que Pierre * Evêque de Saintes ; & Goscelseson Archidiacre, les lui avoient ôtées dans l’Eglise pa-roissiale de notre Dame de Surgéres, il leur écrit dansles termes que je cite ci-dessous (k). Les Moines prytendoient autrefois, & prétendent encore aujourd’huila même chose que Geofrai, Abbé de Vendôme, &cette prétention donnoit lieu à plusieurs abus que sesCurés commettraient du tems de Pierre, Chantre dede l’Eglise de Paris, & à deux entre autres. L’un e-toit qu’ils disoient deux Messes en un même jour, u-fin d’avoir les oblations de la seconde, parce queMoines les vouloient avoir de la premiere. L'autre >qu’ils disoient des Mejses a plusieurs faces , en vue d’ a 'voir les oblations du second Offertoire, parce queMoines prenoient celles du premier. Cet Auteur, st 11 *vivoit fur la fin du douzième siécle, marque ce doii'ble abus (l) selon ce que je cite ci-dessous. Ainsi d 1avoit de la cupidité & de la part des Curés, & de 13part des Moines; & les oblations que les uns & ^ eíautres vouloient avoir étoient les matières des Sup^'stitions qui se rencontraient tant dans cette duplse ltede Messes en un même jour par un même Prêtre, <s edans ces Aíejses d pluseurs faces, où l’on diíoitsieurs Offertoires.

. 6. La même cupidité des Curés & des Moines le^fit auffi trouver une nouvelle invention pour a 5 0l .jplusieurs oblations dans une même Messe. Quand 1s’étoit donné une bataille, ou qu’il y avoit euque ville prise, ils disoient des Messes à l’intentio°ceux qui étoient morts dans cette bataille, ou à cSt

prise de ville, afin que les parens & les amis de c

jnort 5

ff) Loc. supr. cit.

(%) L. i. Rer. Litur. c. 14. n. 16. , eS

(r) Voyez la description de cette .Cérémonie Tome U- ,Cérémon. Kelìg. des Cath. p. 136. Si elle n’a rien de superflu 1elle est au moins lucrative.

(k) L. 3. Epist. 40. Si dicitis quod ille oblationem confe* ' e ,habere debet, cui pœnitens confitetur, simili modo dicercstis, ut oblationem altaris habeat à quo Mislà cantatur, 8 e g ^ e (tionem mortui à quo mortuus sepelitur: 8c sic ministet u ^totum accipiat, ut nihil oblationum in Ecclesiis, quibusnocte servimus nobis relinquat. Pro reverentia nostr*_R ell ëhoc injustum non dicimus, íèd justum esse penitus ig n ° rNam lex Moysi non pr*cepit ; Prophet* non pr*dixerun > ^ctum Evangelium inde siluit; autores canonum, aut nodicere, aut oblivioni tradiderunt. .

(!) In Verb. Abbre. c. 29. Exemplum de obventiope P ^ 0Miss* débita quibusdam Monachis, secund* Sacerdotibus, ^talem Sacerdotem conficere bis in die compulit cupiuitas_ jùjjichorum. Exemplum de matrona purifieaiida, qu* ad le Il0 nOffertorium Miss* pro fidelibus obtuht, mstxnctu; - acerd _Ajgí»íad primum, cùm tamen lèderet Monachus in insidtis e Poblationes primi Introitus, ficque deluíus recesiit.