DES SUPERSTITIONS.
morts vinssent faire leurs oblations à ces Messes. Pierrele Chantre parle (a) de cet abus. II dit ensuite quec’est une des maladies de l’Eglise, & par conséquentun faux culte, & que pour le déraciner (b) le sou-verain remede seroit, selon Grégoire VIII. de re-trancher absolument les oblations à d’àutres jours qu’àNoël, à Pâques, à la Pentecôte, à la Fête duPatrondes Eglises, aux enterremens des íìdelles, leurs corpsPresens, & à leurs anniversaires (c).
7. Pour guérir les chevaux encloués, ou pour em-pêcher qu’ils ne s’enclouent, & qu’ils ne boitent, onporte en certains lieux des clous de cheval, qu’onmet fur un Autel, & on en prend ensuite une partiesans conter, on les offre à la Messe, & on remporte lereste pour servir à serrer des chevaux. Cela le prati-que plus ordinairement dans les Eglises, ou Chapel-les où il y a des Images de S. Eloi, ou qui sont dé-diées à S. Eloi, que l’on s’imagine faussement avoirété maréchal. Mais cela est défendu par les Ordon-nances & Constitutions Synodales du Diocèse de Bour-deaux (d) , du Cardinal de Sourdis, Archevêque deBourdeaux, en ces termes : Quant a ce qui a été re-ste sent é , qu on presente des clous superstitieusement kl offrande en certaines Eglises du Diocèse : Ordonnons qu'on*e recevra ci-apres k l’offrande que ce qui est porté par leDroit.
On offre ailleurs des clous à S. Eloi, & on les metsur un Autel, hors du tems du Sacrifice ; mais cetteoffrande., & les cérémonies qui l’accompagnent regar-dent la vaine observance.
8. En certaines Eglises, les pains que l'on bénit auxMesses de paroisses & de Confréries sont quelquefoisprésentés à l’offrande au son des trompettes, des tam-bours, des violons, des hauts-bois, & des flûtes,ornés de banderoles, & accompagnés de gens de-li-vrées. On souffre ces profanations dans nos Eglises,fl'où elles devroient être entierement bannies, parce quefes Curés en tirent quelque profit, 8c qu’ordinaire-
(#) En ces mots : Ibid. Quidam Missam pro strage interfecto-r Um, quasi novorum Martyrum in circuitu Jérusalem prostrato-r um, inveniunt, putantes eam este efficax allectorium ad obla-Uones, propter favorem occisorum.
(b) Psal. 78.
(c) Ad hune morbum multiplicem ab Ecclesia expellendum,summum remedium à Gregorio VIII. deliberatum eílèt amotiooblationum, prxterquam ter in anno, die scilicet Natalis, Pa-scha:, Pentecostes , 8c in die solemnitatis Patroni Ecclesia», 8cprasente cadavere defuncti, Lc indie anniversarii cujuscunque.
(d) Tit. p. pag. 62.
ment cet appateil pompeux est précédé d'un beau cier-ge, garni de quelques pièces de monnoye. Mais jene me connois point en Superstition, si C e n’est paslà porter la vanité jufqu’aux piés des Autels ; donnerl’aumône en Pharisien; faire de l'Eglise, qui est uneécole d’humilité, une école d’orgueil; perdre le res-pect; qui est dû aux Temples du Dieu vivant; trou-bler le divin service, & divertir les fidelles de l'at-tention qu’ils doivent avoir en assistant aux Mistéressacrés: si enfin ce n’est pas-là contrevenir manifeste-ment à ces paroles du 2. Concile général de Lyon (<?)en 1274. du Concile Provincial de sens (f) tenu àParis en 1528. & du Concile Provincial de Rouen (g)en 15-81. Que ceux qui viennent dans les Eglises y fas-sent paroître beaucoup d'humilité & de pieté; quils y de*meurent en paix & dans une posture qui soit agréablek Dieu y qui n incommode personne , & qui édifie les affi-stans. Ou on éloigne entierement de ces saintes retraitestout ce qui peut troubler les Offices divins, ou offenser lesyeux de la Majesté de Dieu , de crainte qu'on ne donneoccasion de pécher, ou qu on ne pèche effeUivement dansles lieux où l’on ne doit jamais s’affembler que pour de-mander pardon de fis péchés.
X. L,es cinq Oraisons qui se disent après l’Offertoi-re, & avant les Secrettes, savoir, Suscipesantte Pater ,&C. Offerimus tibì Domine, &c. F’enisaníìficator , &c.In spiritu humilitatis , Sec. Suscipe sancla Trinitas , Sec.ne sont point dans l’Ordre Romain, ni dans le Sacra-mentaire de S. Grégoire, ni dans Walafride, ni dansAmalaire, ni dans Rupert, ni dans le faux Alcuin,nimême dans Innocent III. Elles n’ont guéres que 500.ans d’antiquité, dit le Cardinal Bellarmin {h); 8cl’Auteur du Microloge remarque (i) , que VeniJanSli-ficator, &c. est de l’Ordre Gallican, & que Suscipesantta Trinitas, 8cc. est de l'usage de l’Église, mais(h) que dans l’Ordre Romain il n’y a point d’Orai-sons entre l'Offertoire & les Secrettes. Cependant cel-les dont nous parlons étant autorisées de l’Eglise, &conformes à ses pratiques, il n’y a nulle Superstitionà les dire.
(e) Cap. i;-.
(/) In Decret. Mor.
(g) Cap. 26. de cuit. divin. n. 9. Ne ubi peccatorum est veníapostulanda, ibi peccandi detur occasio, aut deprehendantur pec-cata committi.
{h) L. 2. de Miílà c. 17.
(0 C. 11.
(K) Romanus Ordo nullam orationem instituit post offerendaft»ante Secretam.
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