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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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TRAITÉ

DES

SUPERSTITIONS,

<TU I REGARDENT

LES SACREMENS.

SUITE de la seconde partie .

L I V R E C I N Q U I E’ M E.

CHAPITRE I.

Des Superstitions qui regardent la Meílè,depuis la Préface jusqu’à la íîn.

Des Préfaces. Les Orientaux n’en ont qu’u-ne pour toutes leurs Liturgies. En Occi-dent il y en avoit autrefois pour chaqueMesse. Elles furent ensuite réduites àneuf j & elles le font aujourd’hui à douze.í Des Tropes du Sanctus & des Supersti-tions qui le regardent. De celles qui con-cernent le Canon de la Messe. Affectationde certains Tr êtres de le dire tout haut ,ainfi que le reste de la Messe. Les Litur-gies , les Conciles , les Ecrivains Ecclé-siastiques , & les Rubriques des Misselscondamnent cette affeCtion. Des additionsqu’on a faites au Canon , & des retran-che mens qu’on y a apportés. Superstitionstouchant FElévation & ce qu’on chantedurant qu’on la fait. Autrefois on n'ychantoìt rien , & on n’y devroit encoreaujourd’hui rien chanter. Des Tropes desAgnus Dci-, faire une décharge de mous-quets dans /’Eglise après le dernier E-vangile , est une vaine observance.

Es Grecs & les autres Orientaln’ont qu’une feule Préface p° urtoutes leurs Liturgies, & il> leur est pas permis d’en dire d’a u 'tres, parce qu’ils iroient contsel’usage de leurs Eglises. Dans ^Missel Ambrosien, outre la commune, qui est ceU edont on se sert dans l’Eglise Romaine, il y en a &particulières, tant pour les Fêtes, que pour les P 1 'manches, & les Féries.

Dans le Missel Mozarabe, dans le Missel Gothíst uedu P. Thomasius, & dans le Sacramentaire de fef.Grégoire, il y en a de propres pour chaque fête. *y en a auffi pour plusieurs jours dans le premier Cfde des Sacremens & dans le Missel de l’Eglise G a .cane du même P. Thomasius, & ce n’est que dep UI *le XIII. siécle qu’on les a réduites aux neuf qui f° nspécifiées dans le Canon Invenìmus , (a) que quelq ueS *uns (b) attribuent â Gélaze, & quelques autres (0 -Pélage II. quoique peut-être il ne soit ni de l'un, ^de l’autre de ces deux Papes. On y en a pourtant fjouté deux autres, savoir la commune, qui est trf Sancienne, & qu’on croit être de Gélase ou de f atGrégoire, & celle de la sainte Vierge. II s’en rroU j eSauísi une douzième qui est celle des noces, dansMissels Chartrains & dans ceux de quelques autreS - neglises. Hors ces douze, un Prêtre de l’Eglise Eatagiroit contre les réglés, & ne seroit pas exemptculte superstitieux, s’il assectoit d’en dire d’autr^.’

(*) De Coníècrat. dist. r.

(í) A ntiqua Edition- Gratíani.(c) Baron, ad an. fyo. & aï».