DES SUPERSTITIONS.
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soit des Liturgies Orientales , soit du Missel Ambro-fien, soit du Missel Mozarabe, soit du Missel Go-thique, du r. Code des Sacremens, & du Misselde l’Eglise de France du P. Thomasius, soit du 8a-eramentaire de saint Grégoire. Il tomberait encoredans la même faute s’il affectoit d’en dire une, lors-qu'il en doit dire une autre, par exemple celle des A-pòtres, lorsqu’il doit dire celle de la Vierge.
Ceux-là sont sans doute superstitieux qui croyentstue quand on peut dire deux dizaines de son chap-pellet pendant qu’on chante une Préface, on n’a ja-mais le hocquet ; & que quand on demeure à genouxpendant ce tems-là les bras croisés sept Messes desuite, on ne meurt point de mort subite, ni sans con-fession.
Ceux-là ne le font pas moins, qui dans le temsstu'on dit Sursum corda , sont le signe de la croix furleur cou, par la feule appréhension de la corde qu’on®iet au cou des criminels que l’on pend, & dans la pen-sée que par ce moyen on évitera cet accident. Commefi corda en cet endroit signifioit une corde , & que l’al-fission de l’un à l’autre eût un juste fondement.
. II. La Préface est suivie du SanBus , que les Grecsappellent l'hymne triomphale, 8 c qui se dit dans toutesle s Liturgies. C’est pour cela qu’il y aurait de la su?Perstition à ne le vouloir dire qu’aux Messes publi-ques & solemnelles , comme prétendoient autrefoisc ^rtains faux-dévots, que le- deux ou troisième Con-c de de Vaizon en 519. condamne (a).
. On attribue aux Moines l’invention des Tropes duSanBus , auffi-bien que de ceux des Introïte , des Ky-rie eleïfion , & des Gloria in exceljìs ; mais toutes cesnouvelles inventions ne peuvent être qu’un culte su-perflu , à moins qu’elles ne soient autorisées de l’E-glise. Le Cardinal Bona (b) rapporte qu’il a trouvécelui-ci pour les fêtes de notre Seigneur, dans un an-Ç«n Missel:
Cœlefle praconìum
Sonet vox fidelium
Ad Dei magnalia . Sanctus.
Virgo parit filium
Caflitatis lilium
Dei plena gratià. Sanctus.
Cujus natalitiaStella prodit prœvia.
Ottem paterna proprittmVox teflatur filium
Ad Jordanis flumina. Sanctus, & c.
Cujus Jan tla pajfio ,
Mors & Resurreclio
Mundi lavit crimina. Pleni sunt, &c.
Jam in patrie devtera
Sedens saper athera
Régnât super omnia,
Cum paterno numine ,
Et cum fianBo flumine, Osanna in excelsis.Jpfi laus & gloria. In excelsis.
.En voici un autre en rythmes, qui se lit dans la"tessi du saint Sacrement attribuée à saint Thomas.
J ’ Sanctus. SanBum divinum Myfierium fimper de-tar atur ,
Et mens fidelium tumens excaecatur.Firma spes credentium fide roboratur.
>3 Sanctus. Fides efl fummoperé credere in Deum ,
fyj?) Par ces paroles: Can. 3. Placuit nobis ut & in omnibusnV ls > feu in matudnis, feu in Quadrágeíìmalibus, íèu in. illisS* P r ° defunctorùm commemoratione fiunt, íèmper SanBus ,tur Sanílus , eo ordine quo modo ad Miílàs publicas dici-eti ’ ^tei debeat : quia tam sancta, & dulcis, & desiderabilis voxr a ^ ml ì die noâeque poffit dici, fastidium non poterit gene-
C. a. R e r. Lj t> c< l0> n _ .
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Panem fianBum edere, & traBare eum,
Jf ubens dicit fumite , hoc efl corpus meum.
,, Sanctus. Panis priùs cernitur, fied dum conficratur,
Caro Chrifli fie mutatur , quomódo convertit ur ,Deus operatur. Dominus Deus Sabaoth.
De vino fimiliter fi fit benediBum ,
Et tune efl veraciter fianguis Chrifli diBum ,Credamus communiter verum & non filium.
„ Pleni sunt cceli & terra gloriâ tuâ, Osanna in ex-celsis.
Nobis célébrantibus ifiud SacramentHm ,
Judais negantibus fit in detrimentum.
,, Benedictus qui venit, &c.
Voici quelques exemples des Superstitions populai-res & grossières, qui regardent encore le SanBus.
1. Ramasser à terre durant le SanBus de la Messedu Dimanche des Rameaux du buis béni ce jour-là,le faire infuser pendant trois quarts d’heure, ni plus,ni moins, dans un verre d’eau de fontaine, & ava-ler cette eau ensuite, pour guérir de la colique, oudu mal d’estomac.
z. Demeurer la bouche ouverte durant le SanBusde la Messe des Morts, pour être préservé des chiensenragés.
Z. Ecrire le SanBus fur un morceau de parcheminvierge, & le porter fur foi, pour être heureux à lapèche.
4. Fermer les yeux pendant le SanBus de trois Mes-ses, pour guérir de l’onglée.
5. Se tenir prosterné en terre pendant le SanBus,pour gagner de l’apétit quand on l’a perdu.
6. Mettre deux fétus en croix pendant le SanBus,puis les mettre fur un Autel à la fin de la Messe, pourretrouver les choses perdues.
III. Bien què le Canon soit la principale & la plusessentielle partie de la Messe, il n’a pû néanmoins sesauver de beaucoup de superstitions.
1. Les Hérétiques du dernier siécle ont fait un cri-me à l’Eglise de ce qu’on disoit quelque chose en se-cret à la Messe, & ont prétendu que tout s’y devoirdire, même dans les Messes basses, d’un ton de voixhaut 8 c intelligible, fans en excepter les Oraisons, ap-pellées- Secrettes, 8 c le Canon : mais leur prétention esttrès-injuste, parce qu’elle est contraire à l’usage del’Eglise attesté par les anciennes Liturgies, par les Con-ciles, par les Ecrivains Ecclésiastiques, & par lesRubriques des Missels, tant Romains, que des au-tres Diocèses. II est marqué dans les ConstitutionsApostoliques, (c) que l’Evêque célébrant la sainteMesse, fait une prière fecrette 8 c en silence avec lesPrêtres qui l’aflistent à l’Autel.
On voit en divers endroits de la Liturgie attribuéeà saint Pierre ces paroles, Clara voce , alta voce, ouelata voce , qui supposent de nécessité qu’il y a deschoses qui s’y doivent dire d'une voix basse. Ces pa-roles de la Liturgie qui porte le nom de saint Jaques,Exclamatio , exclamât Sacerdos, supposent la mêmechose; & celles-ci Sacerdos apudfi; Sacerdos flans a-pud fie sic dicit , témoignent assez que le Prêtre y saitcertaines prières en son particulier. On voit aussi fre—quemment ces mots, Sacerdos clara voce , dans la Li-turgie de Saint Marc.
La Liturgie de saint Basile, & celle de saint JeanChrysostome font voir bien plus expressément J 8 cd’une manière à n’en pouvoir douter, qu’il y a quan-tité de prières que le Prêtre, qui offre à Dieu le sacri-fice y
(c) L. 8. c. n. Episcopus precatiûnem silentio faciens unàcuraSacerdotibus, & lplendidam vestem indutus stat ad altare, & fa-cto manu in fronte trophxo crucis, dicat, Gratta enmipoteotifVei, &c.
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