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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPER

t ut s & Ordonnances Synodales de la même Eglise (a) ,publiés dans le Synode de Tannée 1577. „ Se pren-,, dra garde le Prêtre étant à Tautel & en proférant le„ saint Canon , de ne lever si haut Thostie devant,, qu’elle soit consacrée, qu’elle soit vue des aíììstans,, & adorée : mais la tiendra modestement au devant„ fa poitrine jusques à tant qu’il aye prononcé ces3, saintes paroles 3 Hoc efi , &c-

V. J’ai vu d’anciens Prêtres (& peut-être en voit-on encore aujourd’hui dans la même pratique) qui a-près avoir prononcé les paroles de la consécration surThostie , la baisoient avant que de Tadorer, & aprèsT élévation. Mais cette observance est vaine & super-flue 3 & saint Bonaventure défend expressément de bai-ser Thostie avant ni après T élévation (b).

VI. Au lieu qu’aujourd’hui le Pretre en disant, Dapropitius pacem in diebus noflris , fait le signe de la croixsur soi avec la patène 3 & baise ensuite la patene ; au-trefois en certaines Eglises , comme il prononçoitces mêmes paroles il baisoit la patène avant quede faire le signe de la croix sur soi ; & en d’autres a-Près avoir baisé la patène , il baisoit auffi le haut &le pié du calice , ainsi que le rapporte Durand (c).Et au lieu qu’aujourd’hui dans les Messes solemnelles,après que le Prêtre a mêlé la troisième partie de Thos-tie avec le sang précieux dans le calice , & qu’il a ditl’Oraison, Domine Jefu Christe qui dixifti Apofiolis mispacem , &c. il baise le Diacre seulement ; autrefois enquelques Eglises , il baisoit premièrement la saintehostie & le calice 3 ou Tautel , puis le Diacre, quilui baisoit ensuite Testomac & étendoit le bras & lamain dont il tenoit la patène , selon le témoignage dumême Durand (d). Mais toutes ces cérémonies pas-seroient à présent pour vaine observance , & pourculte superflu , parce qu’elles ne font plus d’usage,ni conformes aux rubriques des Missels.

VII. La pratique de communier dans T Eglise horsdu tems de la célébration des saints mystères pourroitparoître superstitieuse auprès de ceux qui font passion-nés pour les antiquités Ecclésiastiques. Mais puisquel’Eglise la tolère , on ne peut pas dire qu’elle ait au-cune teinture de superstition. Je conseillerois pour-tant à ceux qui communient dans TEglise, de le faireincontinent après que le Prêtre a communié , & nondevant ou après la Messe.

1. Parce que les Liturgies , les Euchologes, ouRituels , les Cérémoniaux & les Missels anciens té-moignent , qu’autrefois on ne distribuoit point dans^Eglise la communion aux fidelles , hors de factiondu Sacrifice , & qu’on ne la leur distribuoit que deshosties qui avoient été consacrées à la Messe à laquelleds avoient assisté , comme il se pratique encore au-jourd’hui aux Messes solemnelles des Eglises Cathé-drales , & des Monastères où Ton observe religieuse-ment les anciennes cérémonies.

r. Parce que Walafride le Louche 0 ) & Du-r md (f) assurent que le tems propre pour commu-ta) Chap. 7. loc. cit.

ta) Nec post, vel ante elevationem osculentur hostiam.

(c) L. 4. Ration, c. 5-0. n. 4. Quidam prius osculantur pate-cùm dicunt Da propitius pacem , St postea cùm oículatâ pa-_ et >â in ultima clausula , scilicet ab omnì perturbatione Jecuri, le/Suant, quia per crucem , & hoc sacrificium 8c odorem ejus o-tni) b in cœlis St ín terris pacificata denunciant. Quidam quo-^*ì e coní'equenter osculantur summitatem St pedem calicis, quod^•eulum prétendit intimum affeftum ad monumentum , feu se-spUtam Christi , exemplo Magdalen* , quse ex affectu stabatQ monumentum foris plorans.

t . W Ibid. c. 5-3. n. 1. Sacerdos facta commistione & finita ora-a °ne accipit in quibusdam Ecclesiis pacem ab Eucharistia, sive‘Pso corpore Domini , vel secundùm alios ab ipso sepulcro,j> calice vel altari , 8c mox praebet oris oículum ministro,'licet Diacono. Ipíè Diaconus pacem à Sacerdote accipiens,rerentej s e inclinât, 8t pectus osculatur ipsius , secundum mo-quarumdam Ecclesiarum, St patenam extendit.

!<■ de Reb. Eccles. c. 22.

1 v) L. 4. cit. c. 3-4. n. 7. Est; autem (élisent ces deux Auteurs)^gititnum tempus communicandi ante ultimam orationem qu*q u ; ad compleudum , quia eius petitio maximè pro eis est

^ 1 communicant.

S T I T I O N s. t,j

nier, est devant la derniere Oraison de la Messe , ap-pellée Post Communion , qui est particulièrement pourceux qui ont communié à la Messe. En effet cet-te Oraison (suivant la remarque de T Auteur du Mi-crologe (g), & de Raoul de Rivo (b) , n’a été in-stituée que pour ceux qui communient à la Messe,à laquelle elle se dit ; & elle ne se dit pas pour ceuxqui doivent communier ensuite , mais pour ceux quiont déja communié. Cela se doit entendre aussi-biendes Laïques qui communient à la Messe, que du Prê-tre qui la dit, ainsi que parlent le Rituel Romain fi)de Paul V. celui d’Angers, de 1626. celui de Sées,de 1654. celui de Beauvais de 1637. celui de Char-tres, de 1640. celui de M eaux., de 1645. celuid’Al-bi , de 1647. celui de Rouen , de 1651. celui deClermont de i6;6. celui du Mans , de 1662. celuides trois Diocèses , de Mayence , de Wirsbour» &de Wormes, de 1671. & plusieurs autres. Desorteque c’est aller contre l’esprit de TEglise dans les priè-res qu’elle ordonne , que de communier devant ouaprès la Messe.

3. Parce que tous les Rituels qu’on vient de ci-ter marquent positivement que la Communion dupeuple se doit faire pendant la Messe immédiatementaprès la (k) communion du Prêtre célébrant, à moinsqu’il n’y ait quelque cause raisonnable qui oblige dela remettre après la Messe. Aussi T usage de commu-nier hors du tems du Sacrifice est nouveau (dit le P.Morin (/) ) & ce sont les Moines Mendians quil’ont introduit les premiers dans TEglise.

4. Parce que, dans la pensée du Cardinal Bona (m) ton ne sauroit communier avant le Prêtre , ni remettrela Communion après la Messe, fans contrevenir nota-blement aux sacrées cérémonies de TEglise.

5. Parce que la Bénédiction que le Prêtre donne à1 a fin de la Messe , & qui est comme le seau du Sa-crifice, marque que tous les mystères font accomplis, 1& que Ton entre après cela dans la vie du ciel & deT éternité bienheureuse , qui est signifiée par l’Evan-gile de saint Jean. Ainsi donner T Eucharistie aprèscette Bénédiction c’est comme si l’on vouloir faireentendre que Ton doit encore recevoir cet adorableSacrement après cette vie.

Enfin parce que communier après la Messe , fansqu’il y ait une bonne raison de le faire , c’est rompreen quelquë façon T unité du festin de Jefus-Christ ,qui n’est qu’un pour le Prêtre & pour le peuple , demême que la sainte Cene ne sut qu’une pour Jesus-Christ & pour ses Disciples : car c’est en faire deuxséparées, Tune pour le Prêtre seul à la Messe, & l’au-tre pour le peuple après la Messe. Comme si dansune même famille le père & les enfans ne dévoient pasparticiper au même festin, & que le Prêtre & le peu-ple n'offrissent pas tous ensemble le redoutable Sacri-fice de nos Autels , & qu’ils ne dussent pas tous en-semble être nourris de Thostie sainte & vivante qui yest immolée.

CHA-

C?) C. 19. 8c 21.

(b) De Observât. Can. propos, rz. Qu# orationes pro íbliscommunicantibus institut* , non pro his qui communicaturisunt, sed qui jam communicaverunt > juxta proprietatem lui no-minis agunt.

(i) Tit. Ordo minist. sacrant commun. Cùm orationes qu* inMislâ post communionem dicuntur non solùm ad Sacerdotem,sed etiam ad alios communicantes spectent.

(k) Communio populi intra Missam statim post communio-nem Sacerdotis celebrantis fieri débet, nist quandoque ex rationa-bili caulà post Miíiàm lit facienda.

(l) h. 8 de Pœnit. c. 9. § 14. n 2. Recens est à MonachisMendicantibus pnmurn mtroducta ìlla consuetudo.

(m) L. r. Rer. Liturg. c. 20. n. 2. Neque (dit-ìl) cum nota-bih factotum rituum transgression usque ad finem Missa: diffé-rencia communio.

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