I 2.2.
DES SUPERSTITIONS.
la Résurrection de Jesus-Christ. L’Evangile contientl’histoire de cette Résurrection. La Secrette parle desMystères de la Pâques : Ut Pajchalibtts inîtiata mjste-riis, &c. La Préface est la même que celle du jourde Pâques : In hac potiffimum nocle gloriofitts prœdtcare ,cìtm Pajcha nojbrum immolatus ejl Chrfium. Le Com-municantes de même : NoEtem facratìjjimam célébrantesResurreElionis Uominì nojìri Chrijìi. Aux Vêpresque l’on dit après la Communion du célébrant, on ychante des Alléluia pour Antiennes. Pour l’Antiennede Magnificat , on y chante le commencement de l’E-vangile , Fefpere autem Sabbathi. La Post-communionparle des Sacremens de la Pâque : Ouos SacramentisPafihaltbus fatiafii , &c. Enfin on ajoute des Alléluia.à 1 ’Jte Mijfa efi.
Le plus feur & le plus conforme à l’àncienne pra-tique de l’Eglise seroit auffi de ne point dire de Mes-ses privées le Jeudi Saint, pour deux raisons. L’une,parce que le Fils de Dieu consacra seul ce jour-là, eninstituant la sainte Eucharistie, l’autre-, parce que cejour-là il est ordonné à tous les FideUes, aux Ecclé-siastiques » comme aux Laïques , de communier, àmoins que quelque péché énorme ne les en empêche »suivant le Canon (a).
Les Prêtres entre autres doivent communier ce jour-là. L’Ordre Romain (b) le témoigne par les pa-roles que je cite. Le Cérémonial des Evêques (c)le marque auffií Les Chartreux en usent de lamême sorte , pour se conformer à ce qui se passadans la très-sainte Cène que notre Seigneur célébra a-vec ses Apôtres, comme il est dit dans leur Ordinai-re (d).
Le Pere Baudry » Grand Prieur de l’Eglise Cathé-drale & Régulière de Mallezais, (e) assure que lesPrêtres ne doivent point dire la Messe le Jeudi Saint,mais qu’ils doivent tous communier de lâ main du cé-lébrant, selon s usage de l’Eglise universelle, & quela Congrégation des Rites l’a ainsi décidé, le 27. jourde Septembre 1608. en mémoire de ce que notre Sei-gneur Jesus-Christ communia ce jour-là ses Apôtresde íà propre main.
Enfin Mr. Du Molin, Primicier Sc Chanoine d’Ar-les, parle ainsi de la Communion des Prêtres le JeudiSaint, „dans la Pratique des Cérémonies de l'Eglise»„ selon l’usage Romain, (f) dressée.& imprimée par„ l'ordre de l’Assemblée générais du Clergé de Fran-„ ce". L’Evêque après s’être communié donne en-
(«) D e consccrat. dist. r. In Caena, {ou il fi dis.) In CíenaDomini à quibusdam perceptio Eucharistie negligilur, quae quo-niam in eadem die ab omnibus fidelibus (exceptisiis, quibus progravibus crhninibus inhibiíum est) percipicnda si t, Ecclesiasti-cus ulûs demonstrat : cùm etiam pénitentes eadem die ad perci-pienda corporis & lànguinis Dominici Sacramenta rcconcilien.tur.
( 6 ) Tit. Ordo de Offic. divin, à Céna Domi, 8tc. Schola di-cat, Agnus Dei, absque osculo, & Communtonem, DominusJsfus, cum Píàlmo & glorìa. Fractis autem oblatis, communi-cent Presbyteri primo , postea Diaconi, 8c cseteri omnes, 8c itaperficiatur Miíïà pleniter ordine suo.
(c) En cette maniéré: L. 2. c. 2;. Episcopus antequcm íè pu-rificet, communicat primùm Diacocum 8c Subdiaconum, dein-de omnes Canonicos paratos, 8c alios Sacerdotes de Eccleíîa, quiûolam à collo pendentem supra cottam habere debent, 8c déni-que omnes de Clero.
( d) Cap. 49. n. 6 . Omnes Moriachi, tam Sacerdotes, quàmalii pariter 8c Conversi 8c Donàti, hoc die in eadem Mistà Cor-pus Dominicum de manu Prélat! sumunt: in vivam repraesenta-tionem illius sanctiffimé Cén», quam Dominus noster unà cumíùis Apostolis celebravit.
(e) In Manual. íâcrar. Cérem. p. 4. c. 9. art. r. n. 9. 8c 1».Cùm Sacerdotes (dit-il) sive dignitates, lire Canonici, non de-bcant celebrare, sed Communionem accipere de manu celebran-* ÎS > juxta morem universalis Ecclesié, in memoriam quòd Chri-tus Dominus hac die manu propria Apostolos communicavit,ex iacra Congregatione Rituum , 27. Sept. 1608. Ideo cantatoAgnus Dei , accedunt ad Altare, 8c alii de choro, incipiendo àdignioribus, ibique manent exspectantcs communionem, 8c sto-las capiunt Sacerdotes albas à collo pcndentes, 6 cottâ tantùm u-tantur, vel transverías ante pectus, si albis sint parati, &c. Tumcommunicat primo Diaconum 8c Subdiaconum paratos; deindeSacerdos cum flous ut supra 8c aliòs sccundùm ordincm digni-tatis.
(f) Part. t, c. 4. n. IA.
fuite la Communion ì tous les affistans. „ Le Mai
,, tre des Cérémonies étant allé au Chœur, convie les,, Chanoines, Prêtres, Diacres & Soùdiacres, & tous„ les autres Ecclésiastiques à venir à la Communion»», & marchant deux à deux se présentent devant l'E-,» vêque, & comme les deux premiers ont été com-„ muniés, ils se le vent, Sc s’étant retirés, l’un à la„ droite, & l’autre à la gauche, les deux qui vien-,, nent après s’étant avancés font tous quatre à même-., tems la génufléxion, ceux-ci se mettent à genoux,, pour recevoir la Communion & les autres s’en re-„ tournent au Chœur, l’un d’un côté, & l’autre de„ l’autre, laissans le milieu pour ceux qui vont à la,, Communion, les autres faisans les mêmes génuflé-„ xions que les premiers. Le Maître des Cérémonies„ ayant soin d’avoir des Etoles pour les Prêtres quand„ ils communient ”. Or si les Prêtres sont obligés decommunier le Jeudi Saint à la Messe solemnelle, il estclair qu’ils ne doivent pas dire la Messe ce jour-là. Ily a pourtant bien des Eglises où ils la disent le matin*avant que la Messe solemnelle soit achevée, & que lecorps de Jesus-Christ soit mis dans le tombeau, parcequ’il ne paroît pas qu’il y ait de loi généralement re-çûe qui le défende expressément. Mais ils féroientpeut-être mieux de ne la pas dire; & je n’estime pasque de la dire ce soit une de ces choses où il est per-mis à chacun d’abonder en son sens, pour parler lelanguage de l’Apôtre. Ce n’est pas auffi la pensée deMr. le Cardinal le Camus, (g) Evêque de Grenoble*puis qu’il dit dans ses Ordonnances Synodales, „ (k)„ Qu’on ne célébrera la Messe le Jeudi Saint que dansyy les Eglises publiques, & qu’une seulement, où„ les autres Prêtres communieront de la main du cé-,, lébrant.
C H A P I T R E YI.
Des Superstitions qui regardent les lieux oùl’on doit dire la Mestè.
On ne doit offrir le Sacrifice que dans U*lieux consacrés à ‘Dieu par les Evêques *à moins que la nécessité rìy oblige , auque /cas il rìy a point de superstition de la dÏÏ eailleurs y en pleine campagne y fous de 1tentes y dans des caves y dans des prisons >dans des maisons particulières y fur desAutels portatifs y ou fans Autels. Exerì"pies de Saint Lucien qui consacra surfisestomac , & de Theodoret , qui confacf#fur les mains de ses Diacres. Théologie 5& Canonistes qui croyent qrìil rìeft f* s .permis de dire la Messe fur mer , en ^ íie aque nêcejstté qu'on fe trouve. Durandd'un sentiment contraire. A quelles eonfft ions on peut , fans superstition , la dflsur mer y & sur terre.
L Es lieux consacrés à Dieu par les Evêques, 1 "^les seuls, régulièrement parlant, où l'on d ° J .célébrer les Mystères sacrés, dans le sentiment uns"me des Conciles, des Papes, des saints Pere^>
Théologiens & des Canonistes. Le Canon(i) y est formel, & le Canonise ergoy ( k) auffi
0 "
(?) Rom. 14.5.
(h) Tit. 6. art. î. sect. 4. n. »j. , . ,. fe*i
(i) De consecrat. dist. 1 Miffirum solemnia non ubique.^,
in loris ab Epiícopo coníècratis, vel u 1 ip e pe 1 ’
brandaeste ceniemus. „ ,,_
{k) ln aliis locis sacrificare, 8c Missascelebraie non l^ e pof e-in his, in quibus Episcopus propnus jussem, aut ab LpUcop ..