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fiastiques , & pratique des Chartreux ^ desGrecs & des Maronites , fur cette multi-tude de Messes. Inconvéniens & abus quién arrivent. Les remedes que Pierre leChantre croit qu'on y doit apporter. Cesremedes peuvent paroître violens ô* im-praticables. Ce que doivent faire ceux quidisent , & ceux qui entendent souvent laMesse. C'est une fausse dévotion d'enten-dre tous les jours plusieurs Messes , en fe' dispensant des devoirs essentiels de fa pro-fession.
L Es Prêtres louvoient autrefois dire plusieurs M es-ses en un même jour. Le douzième Concile deTolède, (a) en 681. leur permet de le faire, fans tou-tefois leur en fixer le nombre. Le Concile de Selgen-stad, (b) en i o z z . leur permet d’ën dire trois, maispas davantage.
Walafride le Loûcbe (c ) témoigne que les uns n’endifoient qu’une, & les autres deux, trois, & tantqu’ils vouloient, & que le Pape Léon III. en difoitquelquefois sept, & quelquefois même neuf, quoi-que le Martyr saint Bòniface n’en dît qu’uhe.
Sains Udalric Evêque d’Ausbourg en difoit deux& trois chaque jour, (d) comme faisoit auffi saintNorbert, ( e ) Archevêque de Magdebourg. Saint Liben-tius, ( f) Évêque dê Hambourg, ou de Brême, endît deux le jour de saint Barthelemi, un peu avantque de mourir ; & les Moines Prêtres de Richenaw(g) en difoient trois à la Mort de chaque Moine desaint Gai, comme les Moines Prêtres de S. Gai endifoient autant à la meut de chaque Moine de Ri-chenaw,
L’ancien usage de Rome (ainsi que le remarque leCardinal Bona) (h) étoit qu’un même Prêtre en dîtdeux & trois à certaines fêtes; deux le premier jourde Janvier; trois le Jeudi Saint; deux la veille del'Ascension; deux aux Quatre-tems de la Pentecô-te ; trois le jour de Noël ; autant le jour de Pâ-ques; deux 8c trois le jour des Apôtres saint Pierre& saint Paul ; trois le jour de la Nativité de saintJean Batiste; autant le jour de sainte Félicité 8c lejour de saint Laurent; deux, trois, & quelquefoisplus, selon le nombre des Fêtes qui arrivoient en unmême jour; selon que les Reliques des Saints se trou-voient dispersées en plusieurs Eglises d’un même lieu;selon que l’on faisoit mémoire d'un Saint en diverslieux ; ou selon qu’il survenoit quelque nécessité, ouquelque occasion extraordinaire, qui obligeât de direou une Messe votive, ou une Messe des Morts.
Aujourd’hui la coutume générale de l’Eglife estqu’un Prêtre n’en dise qu’une chaque jour, si ce n’estle jour de Noël, qu’il en peut dire trois, ou que lanécessité ne l’oblige d’en dire plusieurs, comme il fepratique en certains Diocèses, où il y a une si gran-de disette de Prêtres, qu’un seul est souvent contraintde desservir plusieurs Paroisses, & par conséquent dedire plusieurs Messes les Dimanches & les jours deFêtes. Mais hors cette nécessite un Prêtre ne peut pasdire deux Messes en un même jour, 8c s’il les difoit,
(<*) Cap. 6.
(b) Cap. f. Dècretum est ut unusquisque Presbyter m die nonampliùs quàm très MiíTas celebrare praesumat.
(c) L. de Reb. Eccles. ,c. n. Est talis qui semel tantùm in dieMissam celebrare velit; àlius .verò bis, ter vel quoties libet. Fide-lium relatione virorum in nostram usque pervenit notitiam, Leo-nem Papam (sicut ipse fatebatur) una die íèptem, vel noveniMissarum solemnia fepius célébrasse: Bonifacium verò Archie-piscopum Lc Martyrem, semel tantùm Miílàs per diem te-cisse.
(d) Berno Augiens. Ab. in ejus vita.
(e) In ejus vit.
(y) Krantzius 1. 4. Metropo. c. 7.
(g) Libel. de Alamannic» Eccles. fraierait, apud Goldast.tom. í. Alaman. Antiquit.
( h ) In yerb. abbreviat. c. 18.
5 T 1 T 1 o N s.
il pécherait contre lês régies de l’Eglife, qui le lutdéfendent très-expressément & fous de grandes peines :
6 par dessus tout cela il fe rendrait coupable de la Su-perstition du culte superflu.
Pierre, Chantre de l’Eglise de Paris apporte qua-torze raisons pour faire voir qu’il suffit aux Prêtresde dire une Messe par jour, & qu’ils n’en doivent pasdire davantage.
1. Comme Jesus-Christ (i) n’a été immolé qu’u-ne fois pour nous, quelle nécessité y a-t-il qu’un Prê-tre le représente plus d’une fois par jour, immolé futnos Autels ?
2. Si le Fils de Dieu ne s’étánt offert qu 4 une feulefois à son Pere a été une hostie & une rançon suffi'santé pour tout le genre humain; ne suffit-il pas à unPrêtre de le représenter une fois le jour souffrant 8 cimmolé ? Ce qui est de plus vient du mal (kj.
5. Ceux qui sacrifient deux fois par jour, cruci-fient de nouveau, autant qu’il est en eux, le Fils deDieu, & (/) l’exposent à l’ignominie.
4. Saint Augustin, ou plutôt l’Auteur du livret)es dogmes Ecclésafliques , (m) qui ne permet aux plusparfaits de communier qu’une fois le jour, bien loinde permettre aux Prêtres de dire deux Messes patjour, aurait fait tous ses efforts, pour les en détour-ner, & peut-être même les auroit-il menacés de l’ex-communication.
5. (n) Tous les Chrétiens peuvent communier,,mais il y en a peu qui puissent célébrer. Et ainsi c-'estquelque chose de plus grand de célébrer que de com-munier. Or s’il est abominable & contre les régies de.communier deux fois le jour, il est encore plus conrtre les régies 8c plus dangereux de célébrer deux foisen un même jour, lors principalement qu’il n’y a rienqui y oblige.
6. Les Israélites (0) pouvoient recueillir tous le?jours autant de manne qu’il leur en fallait pour senourrir pendant un jour; mais ce qu’ils en ramassoiesttau delà de la mesure qui étoit prescrite pour chaqu®personne, se corrompoit, à moins que ce ne fût seVendredi, où il leur étoit permis d’en prendre auffipour le lendemain, qui étoit le jour du Sabbath. P emême il est à craindre que le Sacrifice de l’Autel &tant célébré deux fois en un jour par un même Prêtrene sc corrompe, non pas en foi, mais par la mauvai-se disposition de celui qui le célébré, à cause des cri-mes où il s’engage en le multipliant ainsi.
7. (0) Si la parole de Dieu, bien loin de fairefruit, devient vile lorsqu’on la prêche deux fois p asjour : La Messe devient encore plus méprisable, pl uîennuieuse & plus préjudiciable à la piété quand on sedit plusieurs fois chaque jour,
8. Cet*
(z) Si Christus tantùm semel immolatus est pro nobis; Lr fmel tantùm ab unico ejus vicario in die repraesentetur imU 10 'latus. .
(k) Matth. y. 37. Si Christus semel oblatus sefficiens fuit ».stia 8c redemptio generis humani, sufficit unico Sacerdotipassum, semel in diereprassentare immolatum. Jbuod ar»p^ u! ‘‘ ’à malo est. . f
(0 Hebr. 6. 6. Bis die conficientes rursum sunt cruc‘fit enfibimetipfis filìum Del & oftentui babentes. ,
(m) Cap. yj. Si Augustinus unicam íumptionem in dif .concedit humiliato, & corde contrito, 8c devoto: Numqu‘ d ;íterrogatus conceffiíset alicui bis in die conficere? Absit: sed 1viribus talem repulisset, 8c fortè anathemate percussisset. fj,(») Sumere Eucharistiam est omnium Christianorum, f ^ e .cere paucorum. Ergò majus est conficere quàm íumere. u stestabile est 8c inordinatum nimis in die iterare, ut seilicet c0 s t flDomini in die detur alicui plus quàm semel; ergo inordin 1 ^8c periculosum est, id quod majus est, in die iterare, bislicet conficere, prœsertím cùm nécessitas non cogit. ^ fiE
(o) Exod. 16. Qui ampliùs quàm gomor, 8c ultra quod ^
ciebat ad veseendum collegerat, computruit 8c vermeíceba j,lectum. Ita tinjendum est ne Sacramentum Altaris bis inunico confectum putreseat, non dico in Sacramento , &conseientia coníicientis, propter peccata 8c scelera sua, iduplicantis. . nua ntò
(p) Si praedicatio assidua non fructmeat, ìed ivilelcit, q t jnTOagis 8c hoc Sacramentum iteratum m die Vlle.cit 8c Vtscuum devotionisque detrimentum î