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stu’on la dit avec plus de négligence. Ce fut le PapeDieu-donné (si l’on en croit Anastase le Bibliothéquairedans fa vie ) qui (a) ordonna le premier qu’on diroitune seconde Messe dans le Clergé, (b) Parce que, (ditPierre d’Orviette dans ses Scholies fur la vie de cePape) alors, à l’imitation des Grecs, on ne chan-tait peutêtre qu’une Messe par jour, ce qui étoit deplus grande édification, selon les anciens. Dieu-don-né vivoit au commencement du septième fiécle.
2. Autrefois on disoit peu de Messes dans les Mo-nastères, & on n’y en disoit guéres que les Diman-ches & les Fêtes. Il y avoit huit Prêtres dans lagrande Eglise du Mont-Nitrie en Egypte, qui étoitgouvernée par des Moines ; mais tant que le premiervivoit, les sept autres ne disoient point la Messe, &elle ne s’y disoit que (c) les Samedis & les Diman-ches. Telle étoit auffi la pratique des Moines d’E-gypte, ainsi que le rapporte Cassen (d). Il dit néan-moins ensuite, (e) qu’en Orient les Moines ne disoientqu’une Messe le Dimanche avant le dîner.
Quoiqu’il y eût des Eglises à côté des Monastèresde sainte Paule, saint Jérôme (f) remarque néanmoinsque les Religieuses qui habitoient ces Monastères,n’alloient dans les Eglises que le Dimanche apparem-ment pour y entendre la Messe & pour y commu-nier.
II est parlé deux fois de la Messe dans la Régie desaint Benoît, savoir dans le Chapitre 35. & dans leChapitre 38. & il est aisé d’insérer de ces deux Cha-pitres (dit le Cardinal Bona,) (g) que les Moines nes’assembloient que les Dimanches & les Fêtes, pourl’entendre.
Saint Fructueux Archevêque de Brague, dans faRégie Monastique commune, (h) réordonne aux Re-ligieux de s’assembler pour entendre la Messe, que lesDimanches.
La Régie d’un certain Pere (/) ( Cujusdam PatrisRégula ad Monachos ) leur permet en outre de l’enten-dre les Samedis.
La Régie du Maître (kj)' marque seulement quel’on célébrera la Messe tous les Dimanches & toutesles Fêtes.
Les Chartreux disoient rarement la (l) Messe dansles premiers tems de leur Institut. Guigues leur cin-quième Général le témoigne dans fes Statuts. L’AbbéGuibert, (m) rapporte que de son tems ils ne la di-soient que les Dimanches & les Fêtes : Pierre le vé-nérable , O) Abbé de Cluni, rapporte la même chose,
{a) Hic constituit íècundam Mislàm in Clero.
. {b) Quia tune ad instar Grtecorum non cantabatur in Ecclesianisi forsan una Mislà, quod magis sedificabat secundum antiquos.
(c) L. z. c. 28. Veniunt ad Ecclesiam (dit Pallade Evêqued’Hélénaple ) Sabbatho solùm 8c Dominico, sunt autem octo Pres-byteri qui prseíunt huic Eccleíìx, in qua quamdiu vîvit primusPresbytes hujus Ecclesite nullus alius offert, nec judicat, nec ha-bet sermonem, sed tacite solùm cum eo sedent.
(d) Hist. Lausiac. c. 6 . Exceptis vefpertinis ac nocturnis Con-gregationibus, nulla apud eos per diem publica solemnitas, abs-que die Sabbathi, vel Dominica celebrabatur, in quibus horâ ter-tiâ sacras communìonis obtentu conveniunt.
(e) L. 3. Instit.c. 2. L.ead. 11. Verìhn nehocquidem ignorandumdie Dominico unam tantummodoMiíìam ante prandium celebrari,
(f) In Epitaph. Paul*. Die tantum Dominico ad Ecclesiamprocedebant, ex cujus habitabant latere.
(g) L. 1. Rer. Liturg. c. 18. n. 3. Ex u troque loco colligiturDominicis tantùm 8c festivis diebus ad Miíte sacrificium Mona-chos convenisle.
(b) C. 13. Cuncti fratres, à minimo usque ad maximum die-bus Dominicis in Monasterio uno loco congregentur, ita ut anteMiflàrum solemnia sollicité ab Abbate percunctetur, 8cc - Jugiterjubemus in collecta fratres adesse, 8c non plusquam septem diesintetponere Sc per omnes dies Dominicos, mores pristinos 8c vi-tia emendare.
(jl Ca P\ 3 °.in eod. Regular. In bis conventibus,idest, Sabbathi^ Oommie«, usque ad Gallorum cantus, Missa celebranda est.
(k) G.45. Ibid.
(l) C. 14. n. f. Rarò hic Mislà canitur, quoniam prascipuèstudium Sc propositum nostrum est silentio Sc solitudini celtevacare.
(m) L. 1. de vita íua, c. n. Missas, nisi fallor, Dominica 8cíòlemnibus audiunt.
(») En ces mots: L. r. de Miracu. c. 28. Festivis tantùm die-
5 T I T I O N S.
6 c’est auffi ce que vient de nous dire Pierre le Chan-tre. Pierre de Blois (0) , dit positivement , Q ueles Chartreux disent rarement la Messe , par la raisonque (p) comme l’affiduité sait naître le mépris , demême la rareté excite la ferveur & la dévotion. En-fin les jours des grandes Fêtes les Chartreux ne disentencore à présent qu’u ne Messe solemnelle, ou tous lesaffistans, Prêtres, & non Prêtres, communient.
Saint François d’Affise étoit prévenu du même sen-timent , lorsque dans l’Epître qu’il a écrite aux Prê-tres de ion Ordre , & qui se trouve dans le 13. To-me de la Bibliothèque des Pères de sédition de Co-logne, il les avertit & les exhorte de ne dire (y) qu’uneMesse par jour dans leurs Convents selon le Ri-te Romain , & de se contenter , en cas qu’il y aitplusieurs Prêtres dans un même Convent, d’affister àla Messe d’un de leurs frères.
Ce sentiment de saint François est reconnu par deuxde ses plus illustres enfans. L’un est Alexandre deHalès, Maître de saint Bonaventure, qui dit dans faLettre (r) à Jacques Roi d’Ecosse, ,, que Saint Fran-„ çois ne vouloit point que l’on dit d’autres Messes„ dans les Convents de son Ordre , qu’une Messe„ publique, à laquelle tous les Frères communiassent.L’autre est Alvarés Pélagius , Evêque de Silves enPortugal , dont voici les paroles (s). „ Le Bien-
„ heureux François vouloit que ses Religieux se con-„ tentassent d’une Messe par jour dans chaque Con-„ vent, jugeant bien qu’ils se voudraient justifier par„ le moyen des Messes, & qu’ils en voudraient faire,, une espèce de commerce , ainsi que nous voyons„ qu’il arrive aujourd’hui. De là vient qu’il disoit,„ (t) Qu’une feule Messe étoit capable de remplir le„ ciel & la terre ” : Pourquoi donc maintenant tantde Messes dans les Communautés Religieuses ? Nousne lisons point (dit Pierre de Blois (y) ) que saintPaul premier Ermite, ni saint Antoine, que les Apô-tres même saint Pierre & saint Paul , & les autresgrands Saints qui ont annoncé l’Evangile avec tant degloire, ayent offert tous les jours à Dieu l’hostie vi-vante de notre salut, (x) On méprise aisément ceque l’on sait d’ordinaire , & lorsqu’on ne célébré k Ssaints Mystères que rarement, on s’en approche avecplus de révérence. Encore à présent les Grecs ne cé-lèbrent qu’une Messe par jour dans chaque Eglise, &ils n’y ont qu’un seul Autel , suivant le témoignagedu Père Goar (y) & du Cardinal Bona (*,) , parce,disent-ils, „ qu’il n’y a qu’un Jésus-Christ , qu’unt„ foi , qu’une Eglise , qu’un sacrifice. Encore*„ présent les Maronites ne célèbrent qu'une Mess e,, dans chaque lieu , selon le rapport du P. Jerôip £„ Dandini Jésuite , dans son Voyage du Mont t- 1 ',, ban ”. Nos usages sont contraires , je l’avouc'mais ne seroit-il pas bon de réformer nos usages , a ^ nde procurer plus de respect au plus terrible de 1105Mystères?
3. Il est impossible d'aimer l’Eglise d’un a 0 ° as
fin-
bus, antiquorum heremitarum aemulatione , ne ab aliis sac risperibus licet dignitate inferioribus impediantur , salutare o0,n '*potenti Deo pro salute sua ac mundi sacnftcium offerunt , jss'Sacris diebus , qui íingulari privilégia à Domino , vel ejus Ifíurrectione, Dominici dicuntdr , ac ipsius , vel Sanctorum e líòlemnitatibus Mislàs célébrant.
(0) Epist. 123. Rarò sacrificat Carthusiensis Ordo.
(p) Sicut enim íòlet generari ex alGduitate contemptus, sic
cenditur ex ipsa raritate devotio. , •
(q) Moneo ( dit-il ) 8c exhortât in Domino , ut in locis in ^bus morantur fratres , una tantùm Mislà celebretur in die,cundùm formam íànctse R amante Eccleíte. Si veto in lo c ° sores fuerint Sacerdotes , sit per amorem caritatis alter con£ £0audita celebratione Sacerdotis alterius.
(r) Apud Eípenfeum de Mislà privât. 8c publi.
(r) L. 2. de Planctu Ecclef. c.
(t) Una Mislà cœlum 8c terram implet.
(v) Epist. 86. ... r-, te-
(x) Frequentia contemtum parit, Sc ex ìpíà raritate crciciverentia.
(y) Not. in Eucholog. Gr«cor. p. 27. 81 18.
(«.) L. i. Rer. Liturg. c. 14- a. Z.