DES SUPERSTITION S.
ditionnée , afin qu’il serve à ceux pour qui ils Cof-frent , s’ils en ont besoin , & que s’ils n’en ont pasbesoin , l’application s’en fasse à ceux qui en ont be-soin. Or comme les enfans batifés, qui meurent avantl’âge de raison jouissent de la gloire étarnelle , il n’yauroit pas moins de superstition à prier , & à direla Messe pour eux , qu’il y en a à le faire pour lesSaints.
On prie cependant à leur sépulture , & on y ditquelquefois des Messes. Mais ces prières & ces Mes-ses ne se disent ni pour la rémission de leurs péchés,puisqu’ils n’en ont commis aucun > ni pour les déli-vrer des peines du Purgatoire , puisqu’ils ne les ontpoint méritées. Elles se disent seulement en action degrâces» & pour remercier Dieu de ce qu’il les a déli-vrés de cette vie misérable pour les faire passer à labienheureuse éternité. Et à l’égard de ces Messes enparticulier on en a usé diversement dans l’Eglife de-puis environ deux siécles. On n’en disoit aucunesen beaucoup de Diocèses, & c’est de là qu’il n’en estfait nulle mention dans les Rituels d'Autrui, de i; o;.& de 1545. dans celui de Bourdeaux de 1596. dans leRomain, de Paul V. dans celui de Poitiers, de 16^7.dans celui d’Albi, de 1647» dans celui de Bourges de1666. dans celui de Mayence, de Wirsbourg & déWormesjde 1677. ni dans celui de Reims, de 1678.lorsqu’il y est parlé de l’inhumation des enfans.
Ee Rituel de Perigueux de i;z 6. celui d’Afras,de 1(72,8. & celui de Malines de 1649. marquentsimplement qu’on en peut dire , fans spécifier ni cel-les qu’on peut dire , ni pour quelles raisons on'lespeut dire.
Le Rituel de Clermont , de i6;6. spécifie cel-les de la Trinité , de la sainte Vierge , des Anges,& du jour » fans rendre raison pourquoi on les peutdire.
Le (a) Rituel de la Province de Reims, de 1585.ceux d’Evreux , de 1606. & de 1621. ceux de Pa-ris , de 1611. de i6;o. & de 1646. & celui deBeauvais , de 1647. assurent fur le témoignage desaint Thomas , qu’on en peut dire , ' non pour la ré-mission des péchés des enfans » ni pour P augmenta-tion de leur gloire > mais pour le soulagement des vi-Vans, pour recommander le mystère de nôtre rédem-ption , pour remercier Dieu des faveurs qu’il a faitesà ces enfans , & pour faire voir qu’ils appartiennentau corps mystique de Jefus-Christ.
Le Rituel de la Province de Reims ne spécifié au-cune Messe ; ceux d’Evreux spécifient celle de la"Trinité avec Gloria in exceljìs , sans Credo ; ceux deTaris, celles de la Trinité, de la Vierge , de l’Angepardien, ou des S S. Anges en général, ou celle duJour; & celui de Beauvais, celles de la Trinité , dela Vierge , des Anges ou du jour , & non celle desTrépassés.
Le Rituel d’Angers, de i6r<5. celui de Bâyeux,oe 162,7. celui de Sées, de 16)4. celui de Chartres,^ celui de Rouen , de 1640. celui de Meaux , de* 5 4C celui de Bologne» de 1647. celui de Châlonu r Marne, de 1649. & celui de Troyes, de 1660.soignent aussi que l’on dit la Mefle en action degrâces, aux funérailles des enfans , & ils spécifientPour la plupart, comme font ceux de Paris & deBeau-, les Messes de la Trinité , de la sainte Vierge,îles Anges, ou du jour, & non celle des Morts. Laïa >son qu’ils en apportent , (b) c’est (discnt-ils) de
(*) Voici les paroles de ces trois premiers Rituels: Si cui libeat; “Tare ut Miffa in fui parvuli obitu celebretur , servabitur quoaddij? ntionem id quod prœscribit D. Thomas 4. dist. 4. in fin. 8ct ' **.q. a, art. 1. 8c q. 2.2,. cum ait ; ,, Miíïà celebratur pro’ Pfvulis baptizatis, non quidem ad redemptionem culpae , nec*’ a< J au gmentum glori*, sed ad solatium vivorum , 8c ad com.’ r^fpdandum redemptionis nostrae mysterium , ad gratiarum' J~j*°nes pro eis, 8c ad ostendendum quod pertinent ad corpus‘ <-hristi mysticum.
'd') Cmsultiœ erit celebrare de Trinitate , de B. Maria , degelis, vel de oíficio diei occurrentis, non auteur de oflicio
peur que le peuple ignorant, & qui ne se conduitque par l’apparence des choses, voyant que l’on offredés sacrifices & que l'on fait des prières à la mort desenfans » ainsi qu’aux obsèques des autres défunts , nés'"imagine qu’ils ont autant besoin qu’eux des suffra-ges de l’Eglise, pour être délivrés des peines du Pur-gatoire.
Enfin le Rituel d’Alet de 1.667» marque qu’onpeut dire des Messes aux enterremens des enfans ,quelles sont celles qu*on y peut dire , & de quellemaniéré on les y doit dire. Il se fait cette question :,, (c) Peut-on dire la Messe sur le corps des petits», enfans ? Et il y répond en ces termes : Oui , car.„ comme la Messe est un sacrifice d’action de grâces»,, on peut l’offrir pour remercier Dieu de celle qu’il„ a faite à ces petits enfans en les retirant à lui dans„ l’état de leur innocence. Que si on la célébré à,, cette intention , si c’est urte fête double , Un Di-», manche , un jour auquel suivant la discipliné de„ l’Eglise il ne soit pas permis de faire l’office d’une», Fête double, on dira la Messe du jour : aux Fêtes„ femi-doubles , simples & aux féries on la pourra», dire votive de la très sainte Trinité » de la sainte,, Vierge ou des Anges ,avec trois collectes au moins»,, dont la seconde sera del’Office du jour» & latroi-», siéme, celle qui devoir être la seconde» Jamais il», ne faut dire la Messe des Morts.
En voilà assez pour les enfans batifés qui meurentavant Page de raison ; venons maintertant aux Cathé-cuménes , c’est-à-dire , à ceux qui n’ont pas encorereçu le Batême , mais qui désirent le recevoir , &que l’on instruit dans la foi » afin de les disposer à lerecevoir , & ì participer ensuite à l’Êucharistie. Lesentiment de saint Jean Chrysostome est , que le sa-crifice de la Mefle ne leur sert de rien» Î1 s en expli-que fort clairement dans une de ses Homélies fur l’E-pître de saint Paul aux Philippiens , (d) oìt après
avoir marqué les grands avantages qui reviennent àceux qui sont morts dans la foi ae jesus-Christ, lors-qu’on célèbre le sacrifice de P Autel à leur intention,il assure que les Catéchumènes, bien loin de jouir deces avantages» font destitués de tout secours» horfmisde celui des aumônes qu’on fait pour eux t
Saint Augustin dit dans le même sens, (V) qu’on népeut pas offrir le sacrifice du corps & du sang de Je-sus-Christ pour ceux qui ne sont pas batifés » tels quefont les Catéchumènes , quelque âge qu’ils puissentavoir : Ce qu’il confirme ensuite en disant, (f) q Ueles sacrifices dont il est parlé dans le livre des Macha-bées auroient été inutiles aux Morts pour lesquelsils ont été offerts , s’ils n’euffent reçu la Circon-cision»
Le second Concile de Brague » (g) en 765» dé-
fend aussi d’offrir le sacrifice & de chanter pour lesCathécuménes qui sont morts fans Batême , quoiquécela se soit autrefois pratiqué par ignorance.
Saint
defunctorum : ne plebs imperita , qux foh sérum ípecie duc Utur , dum vider in infantium obitu sacra & preces fieri perindeat<jue pro alii defunctis, eos etiam putet ad exíòlvendas Purgato-rii pœnas, Ëcclesise suffragiis indigere»
(c) t Part. Inslruct. ió. p. 350.
(/) Homil. 3. in Epist. ad Philip, circa fin. Quomodo Deuní( ’dit-il ) non placabimus pro istis orantes ? Atque id quidem de fisqui in fide decesserunt. Catechumeni verò neque hâc dignanturconsolatione, sed omni auxilio sunt destituti, uno quodam exce-pte. Quale verò hoc ? Licet pauperibus pro ipsis dare } atquèhinc percipiunt aliquid refrigeratiouis.
(*) L. 1. de anima 8t ejus orig. c. 1 t. Salvâ fide Catholicâ *-Ëcclefiasticâ régula, nulla ratione conceditur ut pro non ba »■**tis cujuslibet aetatis hominibus, offeratur Sacrificium comsanguinis Christi, tanquam per hujusmodi pietatem suoru aregnum ccelorum quò perveniant, adjuventur. Um - a “
(f) Ibid. 1 . 2. c.12. Nec illa quai de libfo Machabzorumcommemoravit sacnficia facta pro peccatorihne ™ * • aD *? ru J?quid profuilTent, fi circumcisi tionfuhfent *
Efnnctk P r CU T Ut sJàecumenis, fine rédemptions Bap-tismi defunctis , simili modo neque oblationis commemoratio.
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