DES SUPE
■qu 5 elle lui (a) demande pour chaque mort en particu-lier, de ne point' entrer en jugement avec son servi-teur : Mais dans le second état, (b) elle demande àDieu de remettre aux 6déliés trépassés, ou toute lapeine qui est dûe à leurs crimes, ou au moins unepartie de cette peine; & que c’est pour cette raison
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jours qu’elle prie pour eux. Et comme aux Fêtes derincarnation , de îa Naissance, de l’Epiphanie, de laRésurrection & de í’Ascension de Jesus-Christ, elleprie comme si c’étoit ces jours-là que ce divin Sau-veur dût s’incarner, prendre naissance, se manifesteraux Rois, souffrir Passion, résusciter 8c monter aux
que quand à leurs obsèques elle sollicite sa bonté & sa Cieux, parce qu’elle se figure tous ces mystères com— ' ' ' — J -- me présens; fans dessein néanmoins de demander pré-
cisément à Dieu que son Fils s’incarne, qu’il prennenaissance, qu’il se manifeste aux Rois, qu’il souffrePassion, qu’il résufcite, ni qu’il monte aux Cieux,mais en vue d’appliquer aux Fidelles le fruit de tous,ces mystères; de même dans les prières que cette sain-te Mere fait pour les morts, parce qu’elle renouvellela mémoire de leur mort, elle prie pour eux commes’ils expiraient alors, avec cette intention toutefoisqu'ils soient délivrés de la mort éternelle, de Penser,du lac profond, de la gueule du lion, de la maniéré
miséricorde, de leur pardonner tous leurs péchés, &de les laver de toutes leurs iniquités, elle ne lui de-mande pas de les leur remettre quant à la coulpe, par-ce que si elle n’est que venielle , elle leur est re-mise en Purgatoire, par la charité dont ils sont ani-més.
VII. Le Cardinal Bellarmiti (c) dit que l’Egliíèprie ainsi pour les âmes du Purgatoire, de craintequ’elles ne soient condamnées aux peines de Penser,M abfirbeat eas tartarus : non qu’elle ne croye pasqu’elles n’y seront pas condamnées, mais parce que
Dieu veut que nous lui demandions les choses même qu’ils en peuvent être délivrés, c’est-à-dire, qu’ils neque nous sommes certains qu’il nous accordera. Et soient pas détenus plus long-tems dans les peines duquoique les âmes du Purgatoire ayent déja été assurées Purgatoire, ou qu’ils reçoivent quelque rafraîchissede leur fort, dans le jugement particulier qu’elles ont ment dans leurs douleurs.
subi aussi-tôt après leur mort, & que par là elles soientdéja assurées de ne point souffrir les peines del’Enfer,il leur reste néanmoins à subir le jugement généraldans lequel on kur prononcera une seconde sentence.
Voilà pourquoi l’Eglise demandant à Dieu qu’elles netombent point dans les lieux obscurs & ténébreux, ne terre s’ouvre 8c qu’elle pousse le Sauveur hors de soncadant in obscur a tenebrarum loca, 8c que Penser ne les sein; de même il n’y en peut pas avoir de dire pourengloutisse point au jour du jugement dernier, ne lui ^ es défunts après leur mort: „ Seigneur délivrez leursdemande pas de (d) leur accorder ce qu’il leur a déja „ Wes de la gueule du lion, de peur qu’elles netom
IX. Une derniere réponse de ce Cardinal est, quecomme après 1500. ans il n’y a nulle absurdité de di-re , ainsi que sait encore aujourd’hui l’Eglise pendantl’Avent; „ Que les Cieux' dégouttent d’enhaut, &,, que les nues fassent pleuvoir le Juste”; Q ue la
accordé, c’est-à-dire, l’assurance d'être éternellementbienheureuses; mais ce qu’il doit leur accorder aujour du Jugement dernier, c’est-à-dire, la gloire éter-nelle. Si bien qu’en satisfaisant à l’intention des Fi-delles qui prient Dieu de les délivrer des peines qu’el-les endurent dans Penser, c’est-à-dire, dans le Purga-toire , elle demande aussi à Dieu (e) de les délivrer dela sentence de condamnation qu’il prononcera au jourdu Jugement dernier. _
Mais cette réponse me paraît peu solide. Car si et- ' Erifo) afin qu’il les en délivre, qu’il les tire dele avoir lieu, on pourrait aussi-bien prier pour les a- cette profonde prison, que ces peines ne les confit
„ bent dans les lieux obscurs & ténébreux 1 '.
X. Scortia (g) estime que P Eglise, dans les prièresque nous examinons, parle d'une maniéré métaphori-que; & que quand elle demande à Dieu dans la Mes-se des Morts de délivrer leurs âmes des peines de PEn-fer, du lac profond, de la gueule du lion, de peurque l’Enfer ne les engloutisse, &c. elle ne parle pasdes damnés, mais de ceux qui sont tourmentés dansle feu du Purgatoire ( qui est le même que celui dePEnferl afin au’il les en délivre, nn’il L-
mes des Bienheureux, que pour les âmes du Purga-toire , puisqu’au jour du Jugement dernier on pronon-cera une seconde sentence aux unes 8c aux autres. Onne prie pas cependant pour les âmes des Bienheureux ;Le il est certain d’ailleurs que cette seconde sentence nesera pas différente de celle qu’ils ont subi au Jugementparticulier, mais qu’elle n’en fera qu’une confirma-tion, & une publication qui s’en fera dans la valléetîs J osaphat à la face de tout P univers, qui y sera as-semblé par P ordre de Dieu
ment pas plus long-tems, & qu’après Poblation duSacrifice ils ne retombent pas dans les mêmes suppli-ces, mais q u’étant parfaitement lavées de leurs taches,saint Michel, qui préside à l’assemblée des Fidelles,les place devant le trône de Dieu, dans le séjour desSaints.
XI. Il dit en outre, conformément à la pensée duCardinal Bellarmin, (h) de Suarés, (i) 8c de Henri-qués, (k) que l’Eglise parle de cette sorte en se repré-sentant les âmes des défunts comme dans l’instant
VIII. Le même Cardinal (f) apporte une autre ré- qu’elles se séparent de leurs corps : de la même manieP°nse, qui est, que P Eglise prie véritablement pour re st ue se représentant le tems de l’Avent elle dit: Ro-hs morts en v {j e de demander à Dieu qu’il les délivre rate Cœli déjuger & nubes fluant juftum , Sc c. Cieux
dégouttez d’enhaut, 8c que les nues fassent pleuvoirle Juste, &c.
XII. D'autres se sont imaginés que P Eglise, quoi-
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peines du Purgatoire; mais qu’elle les regardec °mme étant fur le point de mourir, & en danger de^ur salut éternel, parce qu’elle se représente le jourleur décès, & qu’elle en renouvelle la mémoire áux
s») Ecclesia ( dìt-il ) orare potest & solet pro infirmo poil obi-, m - ut liberetur à Purgatorio , vel saltem pœna ei illa remitta-j r - Quod ideo Purgatorium riomine Tartarí intelligit, quia est° c us horrendus , Sc animas quoque dicitur absorbere. Quapro-àr licèt jam tune lata fit sententia , nihilominus Ecclesia lo-^. u ’tur ac lì tune anima effet in judicio. Et ideo inter precesa,t : » Non intres in judicium cum servo tuojsta^) Vel d'cendum q ,J °d & si sententia lata íit, rogat tamen ut
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qu’elle soit assurée que tous les hommes sont jugésimmédiatement après leur mort, fait ces prières pourles défunts; comme si elle ne savoir pas au vrai queceux pour qui elle les fait, sussent effectivement ju-gés. Car étant constant ( difent-ils ) que les personnesqui ont été résisscitées par les Prophètes, par Jesus-Christ, par les- Apôtres, & par les autres Saints, é-toient morts quelque-tems avant leur résurrection; A'opinion assez commune des Théologiens étant, q ue
pamam , vel m totum, vel m partem condonet. Quare jugement particulier a été suspendu depuis
S lc umque in exequns orat ut Deus pius & iriîsericors indulgcat • r ii r n.* r uc puiS iCUk
7 e asiluat quidquid homo peccavit, non intelligit de remiffione mort jusqu à lôui relurrection, ensorte que quoiqueP*: nam si mortalis est , jam —'— - •~ i -— : - l: --— t>amm - 1
Verò
propter propriam carítatem
i c ) F a. de Purgat. c. p.
Non orat pro ea re quam acceperunt, sed pro ea quam ac-Ce pturas stint.
(0 Ut liberentur ilk de pœnis inferni , id est , Purgatorii,íaf S m F rsesen si patìuntur, & postea liberentur à sententia dam-(fTlbid 1 extremo judicio ferenda.
Tome //,
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t anima est in intérim; venialis mortes, elles etotent encore incertaines de ce au’eíksei remittitur in purgatorio. deviendraient dans l’éternité : cela, dis-je, étant con-
stant
(g) L. 2. de Miss. sacrif. c. 2. n. 8.
(h) Loc. cit.
(i) To. 4. p. disput. 48. sect. s , n , „W L. 9. c. 14, n . 3.
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