DES SUPERSTITIONS,
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», dant sa mere à Dieu» en parle auffi comme si elle Antonin, & cette explication est d’âutant plus natu*», n'avoit pas eticofë été jugée, quoi qu’il reconnois- relie que saint Thomas (d) assure, ainsi que font plu*
sieurs autres Théologiens, que l’Enfer (e) est un lieu
», se au même lieu qu’elle l’étoit déja, étant morte„ plusieurs années auparavant. Voici la maniéré dont„ il la recommandé à Dieu (a) Pardonnez, lui, Sei~gneur, les fautes qu elle peur avoir faites âpres son batê-rne. N'entrez, point avec elle en jugement. ,, Cë font
», les mêmes paroles quë l’Eglife dit pour les motts.,, Et comme dans cet ëhdroit de lâ Messe que nousexpliquons , il est dit d’abord ”: Seigneur , délivrez
que l'Lnler (e) est un lieucontigu au Purgatoire» que le feu du Purgatoire estle même qùe celui de l'Enfer j & qu’il purge les Jus-tes dans lë Purgatoire, comme il tourmente les damnésdans l’Enser.
De profundó lacu. L’Ecriture donne quelquefois lenom de lac au Purgatoire, c’est-à-dire aux lieux fous*terains, (f) comme elle fait dans Zacharie» Cela étant
ces âmes de la gueule du lion: Ce saint dit auffi » Que ainsi, puisque cë Prophète (selon les Saint Pérès) par*le dragon ne la sépare point d,’avec vous par fes artifices, le en cet endroit de la descente de Jesus-Christ aux en*ni le lion par fes violences. „ Il ajoute ensuite : Vous au- fers, Sc de la liberté où il mît les âmes des justes qui
„ rez déja fait, mon Dieu, ce que je vous de- étoient prisonnières, l’Eglisë peut avec raison appelles
„ mande, mais vous ne laissez pas d’àpprouver mes le Purgatoire un lac & ùn lac profond, parce que (com*„ vœux. . me le remarque S. Augustin) (g) il y a une profon-
„ II paroît donc qu’il n’y a rien dàrts toute cette deur sèche Sc stérile de misères Sc de douleurs pour», conduite de l’Ëglife qui ne soit digne dë sá sainte- les âmes qui s’y purifient dés souillures & de la boue
», té ; puis qu’outre les raisons que noùs ëst avons rrìar- de leurs iniquités.
„ quées, elle aprend à fes enfans à recommander à Dé ore leoniss Le Lion se prend dans les saintes let*», Dieu les morts eh la même maniéré qu’elle l’a apris très pour la vengeance. Vindicta (dit l’Ecclesiastique)», de ses Peres. (h) fient leo ìnsidiabitur illu II se prend auffi pour le
,, Nous pourions encore ajouter à ceci, pour un démon . Didbolus (dit P Apôtre S. Pierre (i)) tânquaM
», plus grand éclaircilïêment, que l’Eglise parle quel- à rugiëns circuit juèféns quèm devórèi. On peut faire», quefois à Dieu dans la personne des morts, Comme ^application de l’.uri 8c de l’aùtre sens au Purgatoire)», lors qu’ellé dit ", Seigneur délivrez moi dé la mort parcequë c’est-là que Dieu tire vengeance des sauteséternelle: „ Et elle lui représente les prières qu'ils lui íégeres que les justes ont commises, Sc qu’ils n’ont-„ ont faites pendant leur vie, pour touches - fa mifiéri- pas expiées par une parfaite pénitence; Sc parceque„ corde dans la vue de leurs mérites passés. ( selon l’opinion de quelques Pères Sc dë S. Bernard
„ Quelquefois aussi elle parle pour les morts, com- (k) entre autres) ce sont les Démons qui tourmentent-, me lors qd’elle dit à Jesus-Christ”, Délivrez , Sei- lés âmes dans lë Purgatoire. Cela fe peut justifiéegneur les âmes de tous les Fìdelles qui font morts des par ce qùe le vénérable Bede (/) rapporte dë saintpeines de Penser. Et par ces paroles, comme nous Pa- Fúrsi, Sc par le témoignage dë Guillaume Abbé de„ vons déja dit, elle ne demande pas la délivrance des saint Th terri dë Reims, {m) Sc dë Denis le Char-»„ peines de l’enfer, puis qu’elle leur a été assurée trêux. (n) (Test dans ce double sens que P Eglise de-„ dans le jugement particulier; mais les fuites 8c le mande pouf fes»morts, que lèùrs arhês soient délivrées
», fruit de cette délivrance, qui ne peut être achevée de l'á gueule du démon quilëstoùrmenté dans le Pur*
», pendant qu’ils ont encore dés restes de Penser Sc dù gatoire.
„ péché, par la privation de Dieu Sc la souffrance â absorbent êds Tandems. L’enfer, ou,1e lieu lë
», des peines. — P^is profond de l’enfer, s’appelle en Latin Tartarus
», Et cette maniéré de prier est assez- ordinaire à ( a ) du Grec fufivtstv , qui signifié troubler, parce
», l’Eglise, puisque dans le tenís de i’Avent, il sem- qu’en' enfer il n’y r que trouble , que confusion ,», ble qu’elle demande encore l’avenement dù Fils dë qu’horreur , quë désordre, félon le (p) latigage del’E*„ Dieu par les vœux des Patriarches, 8c dans le saint„ Sacrifice, selon l'usage de la Liturgie Grecque Sc», Latine , il semble que même après quë la - consé-», cration est faite, elle demande encore que les dons„ proposés deviennent le corps 8c le sang du Fils dë», Dieu , quoi que par ces prières elle ne demande que»» le fruit 8c les suites de son avènement Sc de son Sa-», crifice”.
XV. La plus juste, la plus naturelle, la plus Clai-r 6, la plus aisée 8c la plus véritable de toutes ces ré-ponses , est celle où l’on dit, que par Y enfer engloutissaut , par les peines, Ou la main de l’enfer, par le lac°bfcur Qr ténébreux , Sc par la gueule du lion, on nedoit entendre autre chose dans un sens métaphorique^c figuré, que le Purgatoire , Sc les peines du Purgaìoi-re ‘ C’est ce qu’il faut expliquer.
De pœnis, ou de manu inferni. Le mot à’enfer (ditsaint Augustin ( b ) ) se prend diversement dans l’Ecrî-îure sainte, par rapport au sens que demande la matie-íe dont elle traite. Mais il se prend particulièrementP°ur fes parties inférieures de la terre, lorfqu’il eststuestson des morts. Deforte que le Purgatoire étant^ lieu sous-terrain, du consentement unanime des£ e res Sc des Théologiens, les peines que les âmes des^delfes y souffrent, peuvent fort bien s’appeller lèsf e ‘nes de Penser. C’est ce que dit (c) positivement saint
L. y. Confess. c. i;.
v®) In Qurest. sup. Numer. q. 29. Notandum, secundùm lo-u m terrenum dictos esté inferos, hoc est, inferiores terra; par-Varié quippe in Scripturis- 8c sub intellecta multiplici, sicut® ru m, dequibus agitur, sensus exigit, nomen poníter infero-f * à maxìmè in mortuis hoc accipi solensV e ) In Sum. z. p. Tic. z r. c.,. §. r. Nec obstaf iUud qaod
cri*
cantatur in Miílk pro defunctis, ubi Ëcclesia òrat dicerts: Liber Aanimas omnium fidelium defunStorum de pœnis inferni. Natn Infer-sumitur ibi largè pro Purgatorio, quod iiifrá est, id est,subterra. Et ciini súbditur: Né ab sot beat eas Tartarus, intelligitur;ne teneat absorptas animas - ,, id ést, deputatas Inferno, id est Pur-gatorio , sed liberenfur.
{d) In 4. dist. 11 1 . art. 1. ad r. Locus Purgátórii est Jocus in*ferno ; corijunctus, ita qiiod idem igrtis fít qui damnatos cruciatin Inferno, Scquijustosin Pui-gatorio purgdt.
(e) Ils le disent auflì hardiment que s’ils avoient vû l’un &l’autre. Cette opinion a même été fortifiée de miracles & de vi-sions, pour mieux la mettre;en crédit. Pourquoi' né pafà croire
, plutôt que l’Enfer & le Purgatoire ne font 'représentés fous' l'idèédu feu, que pour mieux exprimer toute la rigueur des peinesdei-tiriées aux méchans &’aux Fidelles pécheurs?
(f) Lorfquëlle dit ; C. 9. ír. su quoque in fanguinè testa*menti tui emisisti vinctos tuos dé lacu in quo’iíon est aquâ.
(g) L. 18. Civit. Dei, c. j y. Qùid pérhunc laêum voiiiit" in-tellígì? ( dit ce Pesé) ptìííunt diVeríà íèntiri,- etià'm íècúridùm re-ctam»fidem. Mihi tamêri'videtur nori’èò signitìcari melius) aïffhumanté mìfëîite siccam profunditatem qiiòdamhiodó & sterilem ,ubi nòn funt flíiènta justitite, íed iniquitatis lutum. Déhoc quip-pë lacu etiam in Pfalmo dicitur. „Et eduxit me de lacu milèriai,, £c de luto Iimi”.Ps. 39. 3.
(h) C. 27. 31.
(i) t. Petr. §.8. .
(k) Serm. 42. de divers. Vadam (dit S. Bernard) in istam re-
gionem, 8c videbo visioslem hasic griiiden-i, quomodò piu s pa-ter glorificandos filios in manu tentátórís reliriquat, non ad occi-sionem, fed ad purgàtiotièm ; non ' ad iram, fed ad mifericor-diam: nòn ad destructíònem, lëd a’d isistrùctioriem; ut ; am Tíint vasa irx apta iíl interìtum, sed vasa mifeticordiarpiíe parataad regnum. ^ "
(l) L. 3. hist. gent. Anglor. c. 19.
{m) 1. vit. S. Bernar. c. 10.
(n) L. de 4. noviíT. art. 47. & s C nq.
(0) Voy. une Etymologie plus naturelle & plus convenable dece "Là b note de M. le Clerc, fur le vers 119. de 1a Th«^gonie d Hejioae .
(?) nullus ordo, fed íémpîternus horror inhabitatrNn î