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DES SUPERSTITIONS,
la pratique générale de l’Eglise. Car c’est ici parti-culièrement qu’a lieu cette maxime de Saint FulbertEvêque de Chartres, (a) que les personnes & lescauses singulières ne préjudicient point aux loixcommunes & universelles.
Or la pratique générale de T Eglise est de ne pointdire de Messes des morts pour des vivans , & tousceux qui en disent, ou qui en sont dire, ne sontpas exempts de la superstition du faux culte , duculte superflu , Sc de l’observance des choses sacrées,
1. Farce que les Messes des morts étant des chosessacrées & uniquement destinées pour les morts > ellesne peuvent fans superstition être dites pour les vi-vans , selon cette réglé du Cardinal de C usa, (b)qui dit , que c’est une superstition d’employer leschoses sacrées à d’autres usages qu’à ceux auxquelselles sont destinées.
2. Farce que dans la pensée des (c) Théologiens ,le culte extérieur , qui signifie une chose fausse , est
pour les morts. Ils peuvent dire néanmoins en par-ticulier les M esses pour les morts, comme nous rap-prenons des paroles de l’Ordre Romain de Petrus A-melius , (h) Evêque de Sinigallia
Un bon Prêtre Gaulois, dont parle Thomas deCanti-pré , (i) difoit tous les jours la Messe desMorts , son Evêque néanmoins , devant lequel il fûtaccusé , ne le condamna pas pour cela. Au contrai-re il le renvoya absous & lui permit de continuer àson ordinaire.
Saint Pierre de Damien (kfi fait aussi mention d’u«Moine , qui ne difoit jamais d’autre Office que ce-lui des morts , & peut-être point d’autre Messes quecelle des morts, qui fait la principale partie de cetOffice. Et il ajoute (l) que les Diables ayant repro-ché cela, comme un grand crime, à ce Moine après famort , devant le tribunal de Dieu , la Sainte Vierge& les Saints se déclarèrent ses protecteurs , A l’em-
menerent avec eux dans le séjour de la gloire. Mais... - - si
proprement un culte faux, indu & pernicieux , 8 c ces dévotions si extraordinaires Sc si singulières nevoilà justement ce que l'on fait en disant, ou en sont pas à pratiquer ; non plus que celle de cet autrefaisant dire des Messes des morts pour les vivans, Prêtre ignorant du Dioceíè de Cantorberi, qui ne
puisqu’on regarde les vivans comme morts, quoi-qu’ils ne le soient pas, qui est ce que le 17. Con-cile de Tolède , (d) en 694. appelle des vœux faux,des prières fausses, Sc qu’il dit ne fe pouvoir fairefans mensonge.
savoit point d’autre Messe que celle de la Vierge , &qui n’en difoit jamais d’autre, comme le témoignele même Thomas de Canti-pré ; (m) ce que SaintThomas de Cantorberi lui défendit d'abord de faire,mais qu’il lui permit enfin , après qu’il lui eut dé-
;. Parce que l’observance des choses sacrées con- claré une chose fort secrette qui s’étoit passée entresiste dans l’usage qu'on en fait pour produire des la Mere de Dieu & lui , derriere le Chœur de l’E-essets qu’elles n’ont aucune vertu ni naturelle » ni di- glife de Pontigni : Prasul amrnt votis ejtss.
vine , ni Ecclésiastique , de produire. Ce qui arri-ve lorsqu’on dit, ou qu’on fait dire des Messes desmorts pour les vivans , puisqu’elles n’ont point étéétablies pour procurer aux vivans les secours qu’onen espcre.
Je reviens à mon sujet, & je dis qu’on pourroítsans fiction & fans superstition anticiper les prièresque l’on attend de la piété des vivans , je veux di-re , faire célébrer des Messes » ce qui se doit auífientendre des autres suffrages , ou pour soi-même
4. Parce que Pierre, Chantre de l’Eglise de Pa- tandis qu’on est encore plein , de vie , ou pour lesris, (e) condamne ceux qui font dire des Anniver- autres , avant leur mort , pourvu que ces Messes n efaires , ou des Annuels , pour eux pendant leur vie; sussent point des Messes des Morts , & cela en vûéce qu’il assure être contraire aux suffrages & aux O- de mourir dans la grâce de Dieu Sc la persévéranceraisons que l’Eglise a instituées pour les morts ; & finale , d’être purifié de toute souillure en mourant.
en effet les suffrages & les Oraisons que l’on dit auxMesses des morts , soit fe jour de leur décès , soitle jour de leur Anniversaire , soit d’autres jours,supposent qu’on les dit , non pour des vivans , maispour des morts , en faveur deíquels on implore la
d’être affranchi des peines du Purgatoire , & d'êtreadmis dans la Société des Saints incontinent aprè*cette vie. C’est en ce sens que (») Gerson demandaaux Chartreux d’anticiper les suffrages qu’ils lui a 'voient promis après fa mort dans les Lettres de con'
miséricorde de Dieu , afin qu’il les délivre des pei- fraternité & dissociation qu’ils lui avoient données,nés du Purgatoire. Or il est certain , comme onl’a montré dans la premiere partie de cet ouvrage »if} que c’est une superstition du culte superflu ,d'honorer Dieu d’une maniéré qui n'est ni ordonnéede lui, ni prescrite par l’Eglise, ni conforme à lapratique ordinaire de l’Eglise; & il n’est pas moinscertain que c’est de cette maniéré qu’on l’honore endisant , ou faisant dire des Messes des morts pourles vivans , qui est un culte que Dieu n’a point é-tabli, 8 c qui,bien loin d’être prescrit par l’Eglise ,
& d’être conforme à sa pratique ordinaire , est op-posé à ses usages & à fes régies.
Les Papes ne sauraient tomber dans cette supersti-tion lorsqu’ils célèbrent solemnellement & en public,
(g) parce qu’ils n’ont pas accoûtumé de le faire ainsi
(a) Epist. 61. Legi communi & universali singulares person*,rel causie non prxjudicant.
(b) To. 2. Exercit. 1 . 2. Serin. Ibant magi > &e. Si res con-socrat* ad aliud quàm ad proprium usum applicentur, est su-Perstitio,
(0 2. z. q. 95. art, 1. Si per cultum exteriorem (dit saint Tho-Wa f ) aliquid falsum íìgnificetur, erit cultus perniciofus.
W C. 5. Miíîàm pro requie defunctorum promulgatam fallaciPJP v ivis student celebrare hominibus.
(e) Verb. abbreviat. c. 29. Quidam yivi anniveríària pro íè fa-
ciunt celebrari ; quibus obviant fuffragia 8c orationes pro defun-ctis instituts. 6
(f) L. 2. c. ;.
(g) C, 114. tom. 2. Mufe. ital, Notandum (dit le Cardinal Jti-ques Gaétan, dans fin Ordinaire de la s. e. q UO d p^pa non
consuevit celebrare solemniter Mifíàm pro defuncto, quantum-cumque Rege magno, fed facere celebrari solemniter 8c prxdica-
II le fit pour trois raisons qu’il leur explique dao scette Lettre. La premiere & la principale , afin quepar le secours de leurs prières (0) il obtint de DicU
la
ri coram eo per unum Epifcopum vel Presbyterum Cardinale 01 ’vocatis omnibus Cardinalibus.
(h) Cap. 132. 8e i;z. Ibid. Non est de more quòd R orna* 1 *
Pontífices celebrent in Pontificalibus pro defunctis, sed ben? * e 'cretè. / , i(
(i) L. 2. Apum , c. 5;. n. 14. Erat Presbyter quidamcet Auteur) admodum pauper 8c tennis , fed dévot u s valde e fpanimas quse in Purgatorio torquebantmr , adeo ut omnibus úlbus , nullo excepto » Missam pro fidelibus defunctis célébra^.’Accufatus ergo apud Epifcopum , citatus est , Le confeflus ve .tatem fimpliciter , eompellehatur , nt mandato staret Epist^P ’juraretque 8c fidejussores poneret pro emenda. Juravit ergo P 1 .,byter, fed angufiiabatur ubi fidejussores acciperet, qui spondéeNec mora , oculi compelléntis Episcopi sont aperti , &■ PvLquam mille manus in aere , quasi ad fpondendum pro P reS J,tero , vidit extenfas. Quo vifo Prsesul attonitus Presbytère» exit : Sufficientes habes qui fpondent pro te , vade 8c deplacito Christi 8c meo , Miss* officium exerceas sicut prius.
(k) Disput. ad calcem Opuscul. 34. c. f. Sed 8c idemnarra vit Epiícopus, ( dit-ilfur la foi d’un certain Evêque fi)frater quidam non quotidiano , non certè solemni. Sanct° r
fed solo utebatur 8c delectabatur officio defunctorum. e0 ,
(l) Beat* Virginia precibus , omniumque Sanctorum , 1
rum meruit tranlìre consortium. virgi'
(m) Loc. cit. c. 39. n. ir- Qui numquam nisi de B...ne Maria confueverat celebrare propter infufficientiamrum.
(n) Part. r. oper. Gerson. Venit in c°r meum ( e* .
dans une lettre qu’il leur écrit fur ce . ucla P e e or
lemeumque accelerationem me vivente fuÉfragiorum qu pbitum funt oblata.
(a) Movet me considérât!»
pr*cipua, quatenus impetrent^ss^