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DES SUPERSTITIONS,
t taux & les plus beaux grains ; pour a-•voir du beau tems j pour gagner des pro-tes , dr pour empêcher que des voleurs nes'enfuient. S'il f a de la superstition àdire deS Messes fans aucune intention par-ticulière , ér feulement pour les prémiersqui en demanderont , & à en dire pourdes animaux malades. On ne sauroit fanssuperstition , dire la JVÍeíîè des Pré-sancti-fiés pour les morts. Antiquité de cette■ Messe , & combien de sois elle se dit paran dans l’Eglife Latine & dans ÍEgliseGrecque.
L Ês Messes des Morts ne sont pas les feules donton abuse pour de mauvaises intentions , on a-buse auffi des autres Messes pour diverses pratiquessuperstitieuses. J’en ai donné ci-dèvant (a) des e-xemples en parlant de la Messe du Sabbath , des Mes-ses du Saint Esprit pour guérir des maladies, ou pourinvoquer les démons , & des Messes des Malfaiteurspour des maléfices amoureux. Voici quelques au-tres Messes, ou il y á de la superstition , tantôt dela part de ceux qui les disent , auffi-bien que deceux qui les sònt dire , & ttntôt de la part de ceuxqui les sont dire seulement, soit à cause des circon-stances vaines ou mauvaises dont elles font accompa-gnées , soit à cause qu'on en attend des effets pourla production desquels elles ne font point établies.
I. Le Concile de Selgenstad , (b) en 1022. con-damne de superstition certains Laïques, & particu-lièrement certaines femmes , qui pour deviner quel-que chose se faiíbient lire tous les jours l’Evangile deSaint Jean, ín prìncipio erat Verbum , & des Messes dela Trinité ou de Saint Michel. Ce n’est pas que cesLaïques & ces femmes fussent coupables de supersti-tion , précisément parce qu’ils se faiíbient lire tousles jours l'Evangile de Saint Jean , & qu’ils se sai-soient dire des Messes de la Trinité , ou de SaintMichel , ce qui n’est nullement superstitieux. Maisleur Superstition étoit de se faire lire cet Evangile& de se faire dire ces Messes en vûê de deviner cer-taines choses qu’ils vouloient savoir : parce que nicet Evangile, ni les Messes n’ont pas été instituéespour cela. Il est bon de remarquer icí en passantque cet endroit du Concile de Selgenstad seroit peut-être le plus ancien monument que nous ayons pour ju-stifier la pratique assés ordinaire de se faire dire desEvangiles pour être guéri , ou préservé de quelquemal ; s’il marquoit que les Laïques & les femmes ,dont il parle , se fussent sait dire l’Evangile de SaintJean , ayant le bout d’une Etole sur leurs têtes,ainsi qu’il s’observe dans l'Eglise lorsqu’on ditdes Evangiles à quelqu’un , comme on l'a fait voirclairement dans le quatrième Livre de cette secondePartie, (c)
II. En certaines Eglise de Bretagne les Païsans sefont dire la Messes pour être guéris , ou préservésde certaines maladies , & à ces Messes ils offrent desépingles croches qu’ils mettent fur les Autels , & àïa fin ils se font dire des Evangiles, après quoi ilsvont hocher la tête trois fois dans une armoire , oudans un trou, qui est proche de ces Autels. Ces Mes-ses ne peuvent pas passer pour superstitieuses ; mais
00 L. 4. c. 1.
(£) C. 10. Quidam Laïcorum ( ilit-il ) îc maxime matroaaehabent in consuetudine , ut per fingulos dies audiant Evange-Jium In pnncipio erat Vorbum , & Miflàs peculiares , hoc est , desancta Trinitate , a ut de sancto Michaële : & ideo sancitum estin eodem Concilio , ut hoc ulteriùs non fiat , nisi íuo tempore,St nifi <“ IC I U1S "dehum audire velit pro reverentia sanctse Tritii-taris , non P ro anqua divinatione : Lt si voluerit ut fibi Miíîàecantentur , de eodem die audiant Miflàs, pro salure vivorum ,aut pro desunetis.
(e) Chap. 9,
cette offrande d’épingles croches , & ce hochementde tête dans une armoire , ou dans un trou , en faitperdre tout le mérite aux personnes qui les sontdire.
III, Pour guérir certains maux particuliers , onmêle quelquefois des Messes avec des remedes natu-rels , que l’ou accompagne d’observances vaines &superstitieuses. Par exemple, j’ai trouvé dans un re-cueil manuscrit de bons & de mauvais secrets , ceremede contre le mal caduc. „ Prenez de la prime-,, vere , feuilles , fleurs 8 c racines ; arrachez-là fans„ la rompre ; mettez-là dans un pot à contre-mont ;,, faites-là bouillir ; après qu’elle aura bouilli , tirez-ù en le jus avec un morceau de toile neuve ; donnez„ de ce jus à boire au malade neuf jours durant en„ même quantité dans un verre neuf ; les trois pre-„ miers jours qu’il en prendra, faites dire trois Messes„ à son intention , la premiere de saint Etienne , U„ seconde de saint Nicolas , & la troisième de saint,, Jean-Baptiste, &qu’a la fin de chacune de ces trois„ Messes, le Prêtre qui les dira, mette son Etole fus„ la tête du malade , & lui dise l’Evangile de saint,, Jean & la Collecte du Saint dont on célébré ce jour-„ là la fête; & lorsqu’il aura pris ce remede , cassez„ le verre , & donnez le morceau de toile à quel-,, qu’un pour l’honneur de Dieu. ” Mais il y a di-verses Superstitions dans ce remède. C’en est unede croire , que la prime-vere ait plus de vertu, é-tant mise dans un pot à contre-mont , qu’autrement#parce que la situation où elle peut être mise dans cepot , est indifférente pour produire l’effet qu’on eflpeut attendre.
C’en est une seconde , de croire qu’il saille tirer lejus de cette herbe avec m morceau de toile neuve; puís-qu’il seroit auffi bon étant tiré avec une presse otfquelqu’autre machine , avec les mains , ou avec u®morceau de vieille toile.
C’en est une troisième , de croire qu’il faille don-ner de ce jus neuf jours durant au malade. Car quandon lui en donneroit dix , onze , ou douze jours du-rant, ou seulement six , sept, ou huit jours durant#cela n’empêcheroit pas qu’il ne guérit du mal caduc#s’il avoit à. en guérir.
C’en est une quatrième, de croire que ee jus doiv®être si justement mesuré que le malade le prenne neu»jours durant en même quantité'. Car je m’assûre qu’dn’auroit pas moins de force quand le malade empren-droit un peu plus , ou un peu moins , un des ne®*jours, que l’autre.
s C’en est une cinquième , de croire qu’il faille bois®ce jus dans une verre neuf plutôt que dans un v £îtequi auroit déja servi.
C’en est une sixième , de croire qu’il saille s a ‘ redire à l’intention du malade trois Mejfes les trois p rí 'miers jours qu’il usera de ce remede. Car si on eIÎfaisoit dire plus , ou moins , à d’autres jours, °Pj“les trois premiers , je n’estimerois pas que ce rem eden fut moins efficace. ,
C’en est une septième, de croire qu’il faille q u£ *premiere de ces trois Messes soit de saint » *
seconde, de saint Nicolas , & k troisième ,Jean-Baptifle. Car quand la premiere seroit de fi 1 ^Jean-Baptifle , la seconde de saint Eftieme , & la tr f 1siéme , de saint Nicolas , le remede à mon sens , npéreroit pas moins. ,
C’en est une huitième, de croire qu’il faillesairement qu’à la fin de chacune de ces trois -
le Prêtre mette son Etole fur la tête du malade, & . .dise l'Evangile de saint Jean & la Collcíìe tla ,^ o j £dont on célébré ce jour-la la fête. Car quand ilun autre Evangile que celui de saint Jean , ou c ^de saint Jean avec une autre Collecte que cel e ^jSaint dont on célébrerait ce jour-là la fête , ° n _srr c ,dirait cet Evangile & cette Collecte avant lale malade ne sc trouverait pas plus mal du reme e *
C’en est une derniere à croire , qu’apres