1JO .. DES SUPER
saur aujourd’hui qu’une infinité de Prêtres séculiers& feguliçrs, la plupart assez inutiles àl’EglifedeDieu,subsistent de la rétribution de leurs Messes, ce qu’ilsne souroient faire qu’avec peine, parceque les teinsfont devenus mauvais, que l’iniquité s’est accrue , &que la charité de beaucoup de fi déliés s’est refroidie,selon la prédiction (a) du fils de Dieu. Dans cet é-tat, on demande si des Prêtres, qui ne font pas assu-rés d’avoir tous les jours leurs Messes, & à qui on endemande quelquefois plusieurs à la fois, qu’ils nepeuvent pas dire en un même jour, en peuvent direles jours qu’ils n’en ont point, pour les premiers quileur en demanderont dans la fuite, & s’ils le peuventfaire fans Superstition. Pour moi j'estime que cettepratique est illicite & ne ressent que trop le gain hon-teux, que l’Apôtre S. Paul (b) ordonne aux Diacresd’éviter.
1. Parce que ce feroit en quelque façon imposeraux fi déliés qui demandent des Messes, & frustrerleur intention, qui n'est autre sinon que les Messesqu’ils demandent soient dites dans le têrhs qu’ils les de-mandent, qui est assez souvent le teins présent, &quelquefois le tems à venir, mais jamais le passé, &qu’elles soient dites pour eux & à leur intention, cequi ne sc fait pas lorsqu'on les dit indéterminémentpour les premiers qui les demanderont.
2. Parce que l’intention de T Eglise n’a jamais étéqu’on appliquât le fruit du sacrifice de nos Autels àd’autreS personnes qu’à celles pour qui il est ossertdans le tems' même qu’il est offert.
XII. L’Èvángile veut (c) que nous cherchions avanttoutes choses le royaume de Dieu & fi fiftice. Mais c’estce que ceux qui font dire des Messes pour ces ani-maux malades, n’ont pas toujours en vûe. L’interêttemporel est souvent le premier & même Punique mo-tif qui les sait agir; d’oh il arrive que leur intentionétant destituée de la rectitude qu'elle doit avoir , leurdévotion est mal réglée, & leur encens est une vérita-ble abomination devant Dieu, {d) pour user de l’ex-preffion dé l'Ecriture.
C’est pour celá que le Synode d’Wladiflaw (r),dont ont vient de parler , défend absolument de diredes Messes pour des animaux malades. Mr. Faîe d’E-peisses, Président aii Parlement de Paris, ne voulûtpas aussi qu’qrt en dit pour son mulet, qu’un fameuxMuletier de Boulogne guérit du sarcin, en lui met-tant lâ main droite fur le dos, & en lui marmotantquelques paroles dans lés Oreilles ; ensuite de quoi illui demanda' Pqur toute récompense de faire dire uneMesse dâns l’Eglise de saint Pétrone,à l’Autel de saintJob, ce qu’i! réfusii de flaire C/).
Voilà comme les Sorciers Lc les Enchanteurs fe fer-vent des choses les plus saintes, & demandent que l’onfasse dire des Messes, pour mieux jouer leur jeu, &
(a) Matth. 14. ir. Quoniarfl abundavit iniqnitas, refrigescetcaíìtas rrfultorum.
W. ?• Timoth.- j. A- Non turpe lucrum sectantes.
(r) Matth. 6 . jy.
(d) ITx i.if. Incensum abominatîo est mihi.
(e) Lóc. cit. Missas pro rébus forto sublatis recuperandis, vel
prp infirmis pecudibus íànandis, vel aliis rébus in genus, qu* àíuperstitione non mukum abeflè videntur, celcbrari prohibe-mus. "
(f) Pàjf ïif. 8 c íèqq. Cùm Bononi* ílibstitissenl (dit ce sa-vant Magistrat dans son Energumenicùs) ibìqué famoiissimum ve-terinariuœ nactus, ad generolì T quo tune utebar, midi-, u t potefarcinioíò morbo laborantis , sanationem anirnum adjeciíTem : huicatiterri difficilem curam in se recipient-i, uec idcirco pharmacocollyriove aliquo utenti, i’olùm dextrxmanus palmá seíîili tergoleviter irripactâ, sic in afininas aures insusurranti, ut illico meus“Ç distentiflimis -omnibus membris, quasi pelle forts erupturus,inhorrelceret, huic, inquam, vel exiguam pro hoc opérs pre-Oo, cujus riullurn adhuc exstaret vestigium, mercedem repo-* 5 s ntl . : ?. ® c P ro summa ejus curationis Petroniano templo adDivi j obi altare unius Misss celebrationem injungenti, cùm neu-trum annuiflem : „Sinistram omnem ait, de me suspicionem o-,, mine, ® c $ ln< l c ! u ''- i i bmc mulo actum est diyins virtuti acce-i, ptum refei . imul rudis ac yilloi* pellis cruenta pleraque fo-ramina ostendens, non citms quktn obducia fuerint „Patavi»mattigeris. H*C ergo non temere, ut quatriduo post eventus do-cuit.
S T I T I O N S.
ne pas paroître ce qu’ils sont. A la vérité ce Muletieriie demanda pas certe Messe pour guérir le mulet far-cineux de Mr. k aïe, ni avant que de l’avoir guéri,mais seulement en récompense de ce qu’il l’avoit gué-ri, & après l’avoir guéri. Mais il importe peu qû’ill’ait demandée avant ou après la guérison ; & c’est àce sujet que ce Président rapporte ensuite (g) ,qu’ayant entretenu un Prieur de ses païens, nommeÉtienne Faïe, de cette avanture, ce docte Ecclésiaf-qúe lui dit nettement que son mulet avoit été guérien vertu d’un pacte fait avec le démon, & qU’il n’ap-prouvoit point que l’on dît des Méfiés pour des ani-maux malades, parce (k) qu’il étoit persuadé qu’onrie le pouvoit faire saris profaner les choses sacrées, Scsons se rendre coupable d’une superstition pleine d'im-,piété.
Je ne faurois croire cependant qu’il soit défendu defaire des prières pour des animaux malades : car jetrouve des Oraisons pour la mortalité des animaux »Pro mortalitate animalium dans le Code des Sacre-mens du Pere Thomasius , (i) & pour la peste des a-siimaux, Pro pejle animalium , dans la plupart de nosMissels, quoi qu’il n’y en ait point de semblables danslè Sacramentaire de saint Grégoire. D’ailleurs j'ap-prens de saint Grégoire de Tours (k.) que de son temsles chevaux ayant été affligés d’une maladie fort dan*gereuse en Guyenne, on les menoit à une Chapellede saint Martin ou l’on faisoit des vœux & des priè-res pour eux. J’apprens aussi de saint Paulin (l) quelês Fidelles menoient leurs bestiaux malades au tombeaude saint Félix, Prêtre de l’Eglise de Noie, & qu’ilsles recommandoient à ses prières. Mais quoique saintGrégoire de Tours & saint Paulin marquent qu’ostait fait des vœux & des prières pour des animaux ma-lades, ils ne témoignent pas qu’on ait dit des Messe*pour eux, & le plus seur feroit de n’en point dire»particulièrement à cause du Synode d’Wlàdistaw, q u ‘le défend d’une maniéré si précise.
XIII. La Messe des Pré-ftnctifiés ne se dit qu’u*ne sois l’an dans l’Eglise Latine , savoir le Ven-dredi Saint; mais dans l’Eglise Grecque elle se dittous les jours de Carême, horfmis les Samedis & se*Dimanches, selon les (m) paroles du Concile de LaO“dicee, & le jour de T Annonciation quand il arrivé eftCareme; ainsi qu’il est ordonné dans le Concile duDôme de Constantinople, (n) en 692. Elle ne se dûpoint les autres jours de jeune parce que les Gréesreconnoissent pour véritable jeune, que (0) celui duCarême, qu’ils estiment le principal, le plus foles#”nel, & le plus excellent de tous les jeunes, parce qu ya été établi & gardé par le Fils de Dieu. Elle se dûfuçle soir, & elle fait partie de l’Office des Vefp^’
coiú"
(g) Pag. ii 6. & íèqq. Sibi Magicum videri, nèc veter* n .
illi de se magnificè loquenti, artemque suam àrebus divinisémendaati credendum este. «
(h) Mihi parum arridet ad brutôrum animalium sanitateinnè conducta Miffx celebratio, quam vix quisquam à mera iarum profanatione, nedum impia superstitione astêruérit.
. (/) L. j. Sacrement..Rom. Èccles. p. 114. .
(k) L, z. de Mirac. S. Marti. c. z;. Accedebant adOrat° ríUin 'vota facientes pro equis.
(/) Natal. 6 . sancti Felicis.
Vide a s de rure colonos ,
Non solum gremio sua f ignora ferre faterno ,
Sed pecora egra manu sape introducereseenm,
Et Sancío, quafi conss icuo, emendare lìcenter,
Moxque datam sua cànfisos ad vota mcdelam .
{m) Can. 49. Quod non oportet in Quadragesima panem °^'ferre, nisi in Sabbatho & Dominíca.
(w) Can. f%. In omnibus sanct* Quadragesim* jejuníi die . “fi,pmerquam Sabbatho & Dominica, 8c sancto Annunciat» 0 "’die, fiat sacrum Prte-sanctificatorum ministerium, r
se) Refpons. fy, apud Allatium, in Dissert. de Miss. Prst AÌ , j(ctific. n. 11. Quare Prse-sanctificata non fiunt in aliis jejunbs,Siméon Archevêque de Theffalonique dans une de ses Réponseschel, Métropolitain de Pentapolisí Non fiunt Prat-sanctificata &Uis jejuníi s, quòd inter alia hoc solum primum est & exiwwn'-£c Domini jejunium.