DES SUPERSTITIONS.
comme le témoignent Allatio, (a) le Cardinal Bo-na'(^.>, Sr le Pere Goar qui Fa publiée dans l’Eucho-loge des Grecs (c).
La plupart des Grecs croyent que saint Grégoire leGrand en est l’Auteur. Mais Allatio (d) estime qu’el-ïe est bien plus ancienne que ce Pape, & même queles Liturgies de saint Basile, & de saint Jean Chryso-storae. Il en explique sort au long toutes les particu-larités dans fa premiere Dissertation De libris Eccldfiajli-cis Grœcorum, & dans fa Dissertation de Mijfa Pr&fttn-íEficatornm , qui est imprimée à la fin de son livre , deEcclejìœ Occident dis atque Orientdis perpétua cohfen-fione.
Matthieu Galen , (e) Professeur en Théologie &Chancelier de l’Université de Douay, assure que deson teists, c’est-à-dire, avant la fin du dernier siécle,on avoir accoutumé de la dire dans la plupart des Ê-glises de Flandre, aux enterremens des morts. Josephle Vicomte (f) rend le même témoignage : Mais avecla permission de ces deux Théologiens, & sàns bles-ser le respect que j’ài pour les Eglises de Flandre, *jesoutiens qu’on ne sauroit dire la Messe des Pré-sancti-fiés pour les morts, fans tomber dans la superstitiondu faux culte du culte superflu, de la vaine observan-ce, & de l'observance des choses sacrées.
i. Parce que le Concile de Trente (g) ayant définique les âmes des défunts font particulièrement aidéespar le saint Sacrifice de F Autel, il n’a parlé que duvéritable Sacrifice dans lequel le corps du fils de Dieuest véritablement consacré, & non pas d’un sacrificeimparfait, tel qu’est la Messe des Pré-sanctifiés, danslaquelle il ne se fait aucune consécration, mais unesimple oblation du corps de Jefiis-Christ, consacréauparavant. Car encore que, selon quelques Théolo-giens, l’ëssentiel du sacrifice consiste dans l’oblationde l’hostie & dans les prières, auffi-bien que dans la■consécration, néanmoins le sentiment unanime & con-stant de toute l’Eglisc est , qu’il n’y a point de parfaitsacrifice sans consécration. Ce qui sait dire à NicolasCabasilas, (h) qu’il n’y à point de Sacrifice ni devant,ni après la consécration, mais feulement dans le tenisque se sait la consécration. Or comme il ne se fait au-cune consécration dans la Messe des Pré-sanctifiés, el-le n’est pas un parfait Sacrifice : & fi elle s’appellequelquefois Sacrifice, Qvettt, ce n’est que parce qu’elìecontient les restes du Sacrifice précédent. C’est cequi fait dire à saint Thomas, (i) que le VendrediSaint on ne célébré point la consécration du Sacrementde l’Eucharistie, qui est la figure & là téprésentatiôUde la Passion de Jesus-Christ, parce que c’est cejour-là que JesusChrist a souffert réellement & véritable-ment , & que là figure doit cesses en présence de la"Vérité.
Que si la Messe dès Pré-sanctifiés n’est pas un Sa-lifiée parfait, elle nê peut pas apporter aux morts,pour lesquels elle se dit, le soulagement qu’ils pour-
(«)Ibid.
se) L. i. Rer. Liturg. c. iy. b. y.
(e) Pag. 187- Sc feqq.
(d) Diflèrt. 1. de lib. Eccks. Gr*côr.
se) Lib. de sacrif. MííT. c. 9. Ad mystéïia parva admiíli pœní-’ 6 ntes, quòd oblatio lola fieret in funebribus íâcris, non itemCt) tisecratio, quemadmòdiim in Belgicis plerisque Ècelesiis mo-íe ni ptifcum hune etiam nunc vigére cernimus.
. (/) En ces termes: L. 7. de Ritib. Miss. c. 9. ldeo ad Myfté-* la parva admittit (S. Dionyfius) Poenitentes, quòd oblâtio fola"J er et in mortuorum Miffis, non item coníècratio, quàádino-j Ut n in Belgicis plerisque Ecclésiis ètiam nùnc letvari , multi tra-mant.
se) Sess. ry. Decret. de Purgat. Catholicá Eccléfia docèt ani-1 *? as in Purgatorio detentas pótifíimum acceptábili altàris Sacri.fi-
1 5 ï
Clo
JUvari.
s se) Exposit. Liturg. c. ;r. Saerificium neque antequam panis. ai >ctiHcetur, neque postquàm est íànctificatus, peragitur, fed éoP*° tempore quo íanctificatur.
y, u) 3. Pa rt . q g, art . i. ad. r. Veniente veritatè ceslát figura.”°c autem Sacramentum est figura quaedam Sc excmplunl Domi.«>c* Passionis. Et ideo in die quo ipsa Passio Domini recolitur,^°ut realiter gesta est, non celebratur confeCratio hujus Sâcrá-
roient attendre des Messes où le corps du Fils de Dieuest offert & consacré. Aussi la plupart des Auteurs,qui ont parlé de cette Messe, ne l’appellènt ils qu’uneMesse imparfaite, ou un Sacrifice imparfait. C’est ceque veut dire Nicétas Pectorat (k.) lorsqu’il appellenotre Sacrifice, l’oblation de la Messe parfaite, paropposition à là Messe des Pré-sànctifiés, qu’il n’estimequ’une Messe imparfaite. Le Cardinal Humbert, (i)Evêque de Blanche-Selve, qui l’a réfuté, dit plusnettement, que la Messe ordinaire est un véritable Sa-crifice, & que celle des Pré-sanctifiés ne l’ést pas.Théodore Balsamon (m) dit dans le même sens que laMêsse des Pré-sànctifiés n’est pas le sacrifice non san-glant , maïs feulement l’oblation du parfait Sacrifice SCau mystère sacré qui à été offert auparavant. Siméonde Thessaloniquè (n) appelle auffi notre Messe, uneMesse parfaite, par rapport à celle des Pré-sànctifiés,qui est imparfaite.
Puis donc què la Messe des Pré-sanctifiés est im-parfaite , c’est frustrer les morts des suffrages qu’ils es-pèrent dës vivans, que de la dire pour eux 5 ce quiest tout ensemble un faux culte, un culte superflu,une Vairte observance des choses sacrées.
En second lieu, ce qui fait que cette Messe est su-perstitieuse, lorsqu’on la dit pour les morts c’est quejamais elle n’a été dite pour eux, ni dans 1*EgliseGrecque , ni dans l’Eglifè Latine.
On ne la dit que le Vendredi Saint dans l'Eglise La-tine ; mais ce n’est point pour les morts, & òn -n’yfait nulle mention des morts.
Lé prétendu S. Dehus Aréopagite ( 0 ) marque dansfa Hiérarchie Ecclésiastique, les prières que l’on fai-foit de son tems pòur les morts dans l’Église Grecque ;mais il ne parle en aucune maniéré de la Messe de Pré-fànctifiés. Lé mOt Grec HqH, ou sl^iipk i dont il sesert plusieurs fois, ainsi stue fait 'Georges Pachiméresson Paraphraste, ne signifie nullement cette Messe; &ceux qui Font traduit pat le Latin <Miffa étoient peuversés dâns la connoissance de la langue Grecque : étantcertain qu’il ne veut dire autre chose que les Oraisonsqui se disoient pour les morts à leués funérailles. C’estpour cela quête Gode des Canons de F Église d’Àfri-que Q) pafknt de ces mêmes Oraisons, les appelleîo jgâç. L’auteur du discours (q) pour les morts, attri-bué à saint Jeàn Damâfcéne, se sert du même mot encitant cet endroit de saint Dénis : hfSv sb Il n’est
point
(k) Lib. coritr. Latino. Oblationem perfect* Miss* ( dit-il auxLatins) per omriem dièm Gracos facere in sacris diebus jejumo-rum, sive Sabbatho, íîve Dominico die, unde aflèruistis?
(/J L. advers. Nicèt. Pèctorat. Christus Dominus ( te font fispropres termes ) perfectam commemorationcin fuis Diícipulis tra-didit in pane à íe benedicto & distributo. Non enim benèdixitta'ntùtn & scrvavit frangen’dum in crastinum, nec fregit tantùm
& repóímt, fed fractum statím distribuit.quia. guodlibet
horum trium, si sine reliquis fiat-, scilicet benediétío sine distri-butione, ant fractiò sine benédictione Bc distfibutione, perfêctatnChristi memoriatn non reprîeíèntant » fient distributio nuHa sinebenedictíone 8t fractione.
\m) In Canon. ji. Tr'ull. Prx-sanctì'íìcatorum minisicrium in-crúèntum Sacrifiduin non dicimus, fed oWatîonèm priùs oblati& perfecti Sacrificii, sacrique mystesií.
(w) Respohs. f j. cit. Non ïíaqu'è (dit-il) quòd in aliis jèjuniísPrse-lànctificata lioft fiunt, ea contemhèn'da fiant, fed òbservandapotiùs; cù'm & in magno jejunio, Sabbatho 8c Doïnínico, per-fectam Missam céiebramus, & in aliis esiarii jejuniis, qu* viola-rènéfas, jéjunium nòn folvimus, qiiòd perfecto Sacrificio uta-mur . il p a rle encore de la même maniéré : Sancta & magna Para-feeve non perfectam Missam celebramus, quod tradens séria quin-ta Dominus mystèria in memoriam su* Pàffionis, séria sexta Paf.sionem volens fubiit, 8c per crucem femetipsum sacrificavit, fa-cultatem pr*bens iis qui ipfum morti tradebant. Quapropter ve-lu» in divino ejus corpore, sacrificio per Passionem peracto , nonest Ececk itosife-, ùt nos qu* ad mêmoriam Paflíohis èius fa-ciunt peragamus, càm ipfe tam eam íhbierit : propterëaóué ab-folutum saerificium faceré, eo tempòrë pïoísus tradítuïn non re-éepímHs.
(-) G. 7- . .
(?) ç. 41. Si àliqnomm pomeridiantì tempofe defunct'ohim, 1siveEpucoporum, sive c*teromm, commemorati'o Faci'enda est,sohs oratiombus fiat: M úvdk íwidfoy.
(^) Post. mit.
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