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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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i j 8 DES SUPERSTITIONS.

Ecclésiastique. Aussi est-il défendu par le Concile gé-néral de Calcédoine (a) aux Evêques, aux Ecclésia-stiques & aux Moines, de fe charger des affaires despersonnes séculières.

VIII. Si les Prêtres déshonorent leur dignité enservant leS séculiers dans leurs affaires temporelles, c’estêtre trop délicat de croire qu’ils la déshonorent, en fai-sant la Cuisine, en frottant, en lavant, en écurant lavaisselle, en servant les malades, & en s'appliquant àde semblables ministères. II y a beaucoup de Commu-nautés Ecclésiastiques, tant séculières, que réguliè-res , où les Prêtres, comme les Diacres, les Sou-Dia-cres & les Laïques, lavent & écurent la vaisselle tourà tour. Beaucoup de Prêtres font leur cuisine eux-mêmes, ou celle de leurs Communautés, s’ils viventen commun. Beaucoup de Prêtres font Infirmiers, &l’exemple de S. François Xavier & de quantité d’au-tres saints Prêtres montre évidemment, que l'oblationpure, ainsi qu’elle est appellée dans Mabrhie (b), duSacrifice non-fanglant de nos Autels, n’est nullementsouillée par les services les plus vils & les plus abjetsque les Prêtres fe rendent à eux-mêmés, ou qu’ils ren-dent aux autres, soit en particulier, soit en public, lors-que la charité & l’humilité Chrétienne les y engagent.

IX. Çe feroit une paresse criminelle, & un sacrilè-ge abominable à un Prêtre de s’endormir à l’Autel endisant la Messe. Ce feroit encore un plus grand crimes’il le faisoit après la consécration au Memento , don-nant lieu par ce moyen aux rats ou aux souris d’em*porter la sainte Hostie & de la manger, comme il estavenu à Jainte Marie , & a Paris au temple S. Mari ,ou Meri , si nous en croyons l’impie Henri Etiennedans l'Apologie d'Hérodote (c).

CHAPITRÉ XV.

Des Superstitions qui regardent les effets dela sainte Messe.

Effets Superstitieux des Messes des Sorciers& des Mal-faiffeurs , de celle du Sabbat h ,de celles du saint Esprit , &c. des Messessèches , des Messes à plusieurs faces , érde quantité d*autres Messes. Celles qu'ondiroit pour les Saints canonises , pour lesInsidelles , les Juifs , les Apostats , lesHérétiques , les Schìfmatiques , ô“ lesExcommuniés , qui fer oient morts , au-roient aujst des effets Superstitieux. Exem-ples des Messes que le ‘Diable fait dire ,tirés du T. Crefpetì & de M. F aïe d'R*peijfes.

L Orsque les intentions avec lesquelles on dit, ouon fait dire la sainte Messe, n’ont pas toute larectitude qu’elles doivent avoir, il arrive assez sou-

{») Act, 6. c. i. & Act. r/, can. ;. Pervenit ad senctam Sy.nodum (dit-il) quòd eorum, qui in Clerum cooptati sunt, qui-dam propter turpe lucrum aliénas posseísiones conducunt, 8c sas-cularia negotia exercent, divinum ministerium négligentes, ís-cularium veto domos subeuntes, 8c eorum facultatum tractatio-nem ac curationem, propter avaritiam suícipientes. Définit ergoûncta Synodus, neminem deinceps, nec Episcopum, nec Cle-ncum, nec Monachum, yel poíseffiones conducere, vel saecula-«dus possessionum administrationibus seipsum ingerere.

(J>) C. i. 7 .

(c) C. 39 . p; e fl. cer t a i n q U e parmi plusieurs choses justementrepri es par cet Auteur, 8c mêlées néanmoins avec une boufon-nene m ecente, on trouve une infinité de récits compilés fur letémoignage une populace animée contre les Ecclésiastiques dontelle venoit ou récemment de se soustraire, ou hazardés sensautre preuve q ruits de halle, ou tirés de livres méprisa-

bles & tombes dans le deen. Maïs. tel est le mauvais penchantdes hommes dans tous les partis, on sc pa y e ou „ 0 j BÍ p4ftout de cette monnoye de mauvais allor. v

vent qu’on en attend des effets pour la productiondefquels ce Sacrifice adorable n’a pas été institué, 8cqui sont par conséquent Superstitieux.

Tels sont I. ceux qu’on efpéreroit des Messes dontj’ai parlé dans le livre précédent, (d) je veux dire,des Messes des Sorciers & des Mal-faicteurs ; de celledu Sabbath , qui fe dit tous les mercredis & tous lesVendredis; de celles du S. Esprit, qui fe disent oufur un morceau de cuir de bouc, arofé d’eau benite,ou pour guérir certaines maladies, ou pour invoquerle Démon; de celles qui fe disent ou sur une Hostieconsacrée, ou sur une hostie non-consacrée, ou sorun morceau de la coëffe qui couvre la tête des enfanslorsqu’ils sortent du ventre de leurs mères ; de cellesqui se disent pour des philtres ou remèdes amoureuxen mettant sous la nappe de l’Autel ou des mouchescantharides, ou de la pâte en forme de gâteau, ou unepierre précieuse, appellée en hzûncalamìtd; des Messessèches; des Messes d plufieurs faces, ou a plusteurs tê-tes ; de celles de S. Amateur 8c de S. Vincent, des 15 .Auxìliateurs 8c du Père éternel, du Trentain de S. Gré-goire pour les vivans & les morts ; des Messes de grâ-ce, des ployé s , ou des cinq playes de notre Seigneur;de fa Passion , de la Pastìon de fin image, 8c de fisClous ; des Messes de sainte Véronique 8c de S . Longâide celles de la dent , du prépuce, du nombril, 8c de Urobe sans ! couture du Fils de Dieu; de celles qui sodisent pour éviter la mortalité: de celles de la préten-due Sainte larme de Vendôme ; de celles des onzx milleVierges; 8c de celles du Nom de Jésus, selon les préam-bules qui fe trouvent en plusieurs Missels.

Tels seroient en second lieu les effets qu’on atten-drait des Messes qu’on célébrerait, ou qu'on féroitcélébrer, pour les Saints qui règnent maintenant dansle Ciel & qui ont été canonises par l’Eglise ; pour lesInsidelles, les Juifs, les Apostats, les Hérétiques,les Schifmatiques 8c les Excommuniés , après leurmort. Car elles ne sauraient soulager ni les uns, ni lesautres, ni leur procurer aucun des avantages qu’onpouroit fe permettre en les célébrant, ou en les faisantcélébrer à leur intention.

III. Les biens temporels peuvent être des effets dela sainte Messe par voye d’impétratìon seulement; & c’e$en partie pour cela qu’elle s'appelle un Sacrifice ìnrpFtratoire , & que l’Eglise l’offre pour obtenir de DieUdes biens temporels, comme des biens spirituels. Ma ,sil y aurait de la superstition à croire que ce sacrifianous procure de soi, & par fa propre vertu, ou, coter"me parlent les Théologiens, Ex opéré operato, desbiens temporels ; n'étant pas établi pour cela.

IV. On ne peut pas douter que les effets des Mes-ses que le Diable demande 8c qu’il fait dire quelque-fois , pour fe faire obéir, & se faire adorer, ne soi eotsuperstitieux, & le fruit d’une véritable Idolâtrie.

Le P. Crespet nous en donne quelques exemp| eSdans son premier livre De la haine de Satan & ntdû**Esprits contre Vhomme, & de l’homme contré eux ( e )‘„ II n’y a que quatre ans (dit-il) qu’un dé& oti„ commença à faire ses jeux en une ville connue e°r, une Abbaïe de Dames, & fe disoit l'esprit d'u"Abbé qui avoit été diffamé d’impudicité, élevlà-dedans, & parvenu aux états, voire toujosomaintenu en grâce & faveur par mauvais art, c0í flme le bruit en étoit commun: de façon qu’il 1plusieurs mines 8c singeries, & demandoit^ £

„ Messes & suffrages, afin d’abufer auífi-bien âpresmort le monde par fa feinte Religion, comme » *

„ voit fait en fa vie ; enfin fut trouvé mocqueur ap re ,„ plusieurs exorcifmes, & que c’étoit un diable 4 .

„ fe vouloit faire servir à fausses enseignes. Ce 4,» devrait donner horreur à ceux qui se sont laisses P

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(f) Discours^ itl tó't dire de cet Extrait , & de g

:ur* autres dont M. Tbiers allonge son Uvre , qu ils etoKW*»» 4ìes de soa attention.)