DES SUPERSTITIONS.
„ per à son hypocrisie infâme de sacrilèges, & ont„ occasion de remercier Dieu qui les veut avertir de,, leur salut, auquel ils ne pensent, par un si notable» avertissement. Car le Diable sert, par la volonté-, de Dieu, pour intimider les consciences qui se fen-„ tent viciées de corruption , à ce qu’elîes ayent„ horreur du jugement de Dieu.
„ Pierre Mamor en son livre des Sorciers, qu’il a,, composé il y a passé six vingt-ans, écrit un sem-,, blable sait de Satan qui se disoit l’ame d’un défunt,„ à Consolan sur Vienne, en la maison d’un nommé„ Caplant, l’an 1458. qui gémissoit comme s’il eût„ souffsrt grande douleur, & admonestoit qu’on fit„ dire grand nombre de Messes & qu’on fît des voya-„ ges, révélant beaucoup de choses occultes & véri-„ tables: mais on lui dît, que s’il vouloit qu’on a-„ joutât foi à ses propos, qu’il prononçât tout au„ long, Miserere mei Deus , &c. ce qu’il ne vouluti, faire.
,, Le plus seur est, quand il se vient présenter, de„ ne lui répondre point, comme on conseilla à une„ fille de la rue saint Honoré à Paris, de laquelle le-, pere étoit Passementier au cheval rouge il n’y a pas„ long-tems. Car étant fur la fosse de son pere, Sa-„ tan se présenta à elle en forme d’homme grand &„ noir, & lui prenant la main l’assura que son pere„ & sa mere étoient en bonne voye, 8c ne restoit plus„ qu’à faire célébrer certaines Messes, & faire quel-„ que voyage à Notre-Dame des Vertus. Ce que la33 fille ayant fait , il lui retourne dire qu’il falloit„ qu'elle allât à saint Jaques : ce qu’elle refusa defai-„ re. Enfin lui demanda de ses cheveux, & lui don-„ na un floquet. Mais enfin il lui persuada de se jet-„ ter en l’eau, ce qu’elle ne voulut faire. Il lui en-„ tortilla une corde au coû pour la penser étrangler ;„ mais elle cria : & comme son oncle sût venu pour„ la délivrer, le Diable le bâtit tant qu’il en fut ma-„ lade quinze jours. Après il se mît en effort de la„ violer,, ce qu’elle refusant, il la bâtit auífi jusqu’à„ l’effusion de sang. Enfin quelqu’un lui conseilla„ qu’elle ne fît plus aucune chose pour lui, & qu’el-33 le ne lui répondit point à tout ce qu’il diroit : ce,, qu’elle fît, & depuis il ne la molesta aucune--, ment”.
Mr. Faïe d’Epeisses nous fournit aussi un exemplede même nature dans son Energumenicus (a) , lors qu’ilparle de Nicole Aubri, fameuse possédée de Ver vins,à qui le Diable, qui s’apparut à elle, demanda uncertain nombre de Messes, l’assurant que l’ame de Joa-chim Willot, son ayeul,seroit délivrée dans trois ans,des peines du Purgatoire, si elles les saisoit dire à sonintention, & si elle y ajoutoit quelques autres suffra-ges , & quelques dévots pèlerinages.
CHAPITRE XVI.
Des Superstitions qui regardent l’alîistanceà la sainte Meíïè.
Ee précepte d'entendre la Mejse les Diman-ches & les Fêtes est fondé fur les Canons.Invention nouvelle , mais superstitieuse ,de s nouveaux Casuistes , d'entendre laMejse en peu de tems. Impertinence d'unPrédicateur du tems de Gerfon , touchantïassistance à la Mejse. Prêtres qui fe font
,(«) Pag. 17.8c suivant. Et détecte capite, Joachimi Willotiivultum referente, obnuntiavit, se illius animam este, quœPur gatoriis quidem ignibus retineretur, sed iis intra triennium^mieretur, si divinam opem Deipara: Virginia sanctorumque^nium suffragationem, certo Missarum numéro alnsque preci-, Us implorari, & votivas insuper aliquot peregristationeí pro s a .sua suscipi curaret.
imaginé qu 1 ils rìétoient pas obligés d'assis-ter à la Mejse les jours qu'ils ne la difoientpoint. Laïques qui voulaient qu'on y ditl'Evangile de saint Jean , & qu'elle fûtde la Trinité, ou de saint Michel, fansquoi ils ne croy oient pas l'entendre. Diver-ses manières superstitieuses d'entendre laMesse , en vûe de deviner les choses à ve-nir , d'être guéri ou préservé de certainesmaladies, &c. Ce n'ejtpas l'entendre com-me on doit y de courir d.' Autel en Autel , &de voir feulement l'Elévation de la sainteHostie. On y peut assister fans voir le Prê-tre & fans entendre fa voix. II n'est pasnécessaire d'être à jeun pour y ajstfler , nique les personnes mariées fe soient abste-nues du devoir conjugal la nuit précé-dente.
L Es Fidelles, qui ont atteint l’âge de raison, sontobligés d’entendre la Messe tous les Dimanches& toutes les Fêtes de l’année, à moins qu’ils n’ayentdes excuses légitimes qui les en dispensent. C’est unprécepte que l’Eglise leur impose par le Canon (b) Ethoc attendendum ejl , par le Canon Omnes fideles , parle Canon Mijfas , par le Canon Oui die stlemni, & parle Canon Curà ad celebrandas.
Mais pour satisfaire à ce précepte, ce n’est pas as-sez d’aflìster de corps seulement â la Messe, il faut yassister avec attention, avec piété, avec respect, dansune posture décente, & ne pas croire qu’en y assistantavec certaines intentions, & en y observant certainespratiques, on obtiendra de Dieu plus facilement cer-taines choses pour lesquelles ce redoutable Sacrificen’est pas établi.
I. Quelques nouveaux Casuistes, du nombre deceux. qu’on appelle commodes y ont mis en question, oupour mieux dire, ont décidé, qu’on satisfait au pré-cepte Ecclésiastique d’entendre la Messe les Diman-ches Lc les Fêtes j 1. Quand on assiste à une partied’une Messe dite par un Prêtre, & à une autre partied’une autre Messe, dite par un autré Prêtre,par exem-ple, depuis le commencement jusqu’à la consécration,& depuis la consécration jusqu’à la fin. 2. Quand onentend d’abord la fin d’une Messe, & ensuite le com-mencement d’une autre. 5. Quand on entend plusieursMesses tout à la fois & qu’on prend de l’une le com-mencement jusqu’à l’Evangile, de l’autre, l’Evangilejusqu’à la Préface, de l’autre, la Préface jusqu’àl’O-raison Dominicale, de l’autre, l’Oraison Dominicalejusqu’à la fin, ajustant si bien ces quatre parties diffé-rentes les unes aux autres qu’on en compose une Mes-se entiere & complété, qu’on peut nommer avecbeaucoup de justice; une Mejse cousue , rapetajfée &■r entrai te. Mr. Pascal explique cette merveilleuse in-vention, & cette admirable méthode d’entendre laMesse, dans une de ses Lettres Provinciales (c ), lors-qu’il y fait parler un de ces Casuistes: On trouve mechos commode dans notre javant Turrianus ( Selell. p. 2,d. 16. dub. 7. ) „ Qu’on peut ouïr la moitié d’une„ Messe d’un Prêtre, & ensuite une autre moitié„ d’un autre ; & même qu’on peut ouïr d’abord la
„ fin
{b) Deconlècrat.dist.i. Ise Canon Omnes fideles, dit: Omnesfideles qui conveniunt m solemnitatibus íàcris ad Ecclesiam 8cScripturas Apostolorum & Evangelium audiant. Qui autem nonpersévérant in oratione, usque dum Miflà peragatur, nec fan-ctam Communionem percipiunt, velut inquietudines Eccleíìsecommoventes convemt communione priva». Le Canon Missasne parle pas moins fricisment : Missas die Dominico secuîaribustotas audire speciah ordure prœcipi mus . j ta ut ante be ne dictionemSacerdous egredi populus non prajs umat , q UO( ì si fecerint, ab E-piícopo pubhce confundantur.
(e) C’est-là A fur la ser.
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