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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

I G>

mes, comme Albert le Grand (a) croît qu’on les peutfaire dans le cas de. nécessité : mais .hors de cela, je fuispersuadé que ce seroit un sacrilège & une superstitiondu faux culte & de ì’observance des choses sacrées,de se confesser, soit aux Diacres, soit aux Laï-ques.

II. On a fait voir dans le livre précédent (b) , queCeux qui n’étant point Prêtres diroiént la Messe , -serendroient coupables d’un horrible- sacrilège, & de lasuperstition du faux Culte, du culte superflu, dè lavaine observance, de Inobservance des choses sacrées,Le d’une double idolâtrie. On en peut dire à peuprès autant de ces. faux-Prêtres, s’ils confcssoient ; &c’est aussi contre ceux qui disent la Messe sans ca-ractère & fans pouvoir, qu’ont été .données les Bul-les , que nòus avons rapportées dans lé même endroit,de Grégoire XIII. Officìi mjlri , de Paul IV. de Six-te V. & de Clément VIII. Etsi alias.

III. Certaines Abbesses de Gréce ont crû autrefoisqu’elles (c) pouvoient confesser leurs Religieuses,, a-Vec la permission des Evêques. C’est pourquoi elless’adressérent au Patriarche d’Antioche, ainsi que Bal-samon le rapporte (d) , pour lui demander cette per-mission, qu’il leur refusai les assurant que le pou-voir de confesser n’âvoit été donné qu’aux Prêtres.

Ce que Jonas, Moine de Bobio, rapporte (e) desainte Pare, ou Burgondosare, premiere Abbesse déFaremoutier , semble prouver assez clairement quecette Sainte entendoit la Confession de ses Religieuses ,mais on peut croire que ce n’étoit que celle de leurscoulpes, laquelle elles faifoient trois fois chaque jourpour découvrir les mauvaises sensées dont elles pouvoientêtre surprises , & les fautes fecrettes qu'elles avoient com-mises , ainsi que parle saint Benoît dans fa Régie (f) ,& non pas une Confession Sacramentelle. J'en dis au-tant de ce qui est rapporté au Code des Régies d’Hol-sténius, dans la Régie (g) d'un certain Pere pour desVierges , ou il est marqué en trois dissérens Chapitresque les Religieuses se confessaient à leur Abbesse', òssà leurs (h) Anciennes, par la permission de leur Ab-besse , & même fe confcssoient des péchés de consé-quence.

^ (a) ïn 4. dist. 17. art. 58. Hanc potestatem habet Laicus in af-tìculo neceffitatis, 8c mulier similiter.

(ò) Au chap. 14. c. 4.

(c) Le principe de cet usage pouvoit être bon 8c louable. Labienséance pouvoit savoir autorisé. On lit dans l’Histoire Ecclé-siastique du 4. siecle que Nectarius Patriarche abolit (office dePrêtre Pénitencier à cause d’un commerce de galanterie entre unDiacre 8t une Pénitente dont le peuple de Constantinople attribuaPeut-être mal à propos la cause à la négligence du Pénitentier.Voyez cette histoire dans le Tome 4. de Fleury, qui l’a tirée deSocrate Historien Grec.

(d) L. p. Jur. Grxc. Rom. Interrogat. 34. Reípondet Antio-c henus Patriarchaeam potestatem solis Sacerdotibus concestàm esté.

(e) In ejus vit. c. 10. n. 14. if. 8t 16. Sxc. 2. Actor. SS.Ord.

S. Benedict. .

(/) C. 7. grad. 5. homili. Confus® {dttVHistorien , enparlantdés^■digieuses qui avoient violé leur Clôture) Culpas agnoscunt, Matri-ce rever-sx per Confessionem produnt.... Agreffus deinceps aliasduas tentare compulse, primum ne Confestionem veram nequa-quam ab ore promeresit. Erat enim consuetudinis Monasterii ut ter>n die pér Confestionem unaquxque earum mentem purgaret, 8c^Ualemcumque rugam mens fragilitate attraxiffet, pia proditioa Wueret. In hanc ergo labem mentes supradictarum puellarumDiaboli jacula demerserant, ut nulla Confesiio vera ab ore prodi-Iet > feu qux in hoc sxculó commiserant, feu qux quotidiana fra-gilitas attrahebat, vel in cogitatione, vel in fcrmone, vel in ope-ïe . ne vera Confessio per Pœnitentix medicaménta rursus redde-ïet sospitati . . Tanti doloris atque mxroris eventu Mater ur-get, u t p e r Confestionem pandant vitia 8c sacri Corporis corn-^Unione roborentur. At illx audita sacri Corporis mentione, gar-hre dentibus ac frendefe cceperunt 8c stridentes dicere ; Gras , crus;

intérim supradictam vocem repetere, exspetíate, exspeBate,(“Jlinete paululum , sustinete. Inter quas voces extremum halitum^mifcrunt. Quas cum in collegio cœterarum nequaquam Mater :Monasterii sepelire ratum duceret , segregatim humandas in ex-Vettium sepeliendas foris jubet.

(e) C. 6. 7. , . , , .

% 16. Si ex maioribus culpis, quod ad anima: majorem per-Vnet damnationem, aliquam commisent, hoc secretms per pu--Confestionem voleiis fuse manifester Abbatissx: ne dum tem-Jore animi culpam detegere verecustdit, LUM reatu culpas saciem- Ia boli interiùs recondat.

Tome //.

Du tems d’ínnocent III. iì y avoit dés Abbesses enEspagne* qui, outre qu’eìles confesloient leurs Reli-gieuses* leur donnoient la bériédiction, leur îisoientl’Evangiîe & les prêchoient publiquement-. Mais cesaint Pape dit* que cela est ridicule &c absurde * & ilordonne très-expressément aux Evêques de Valence 8ede Burgos, & à un Abbé de l’Grdre de C'istéaux »d’empécher qu’on ne le fasse à l’avenir* parcs (dit-il), qu’encore que la sainte Vierge fût plus digne &plus excellente.que tous les-Apôtres ensemble, néan-moins son -Fils Jesus-Christ ne lui a pas cònfié lesclefs du cid, comme il les a confiées aux Apôtres,Voyez ici ses propres termes, tirés du Chapitre No*va (i), dans- les Décrétales. C’est ce qui a donné lieuau Concile de Trente (f) de condamner comme faussé& entièrement contraire à la vérité-de l’Evangile l'o-pinîôn de céux qui étendent le ministère des clefs»c’est-à-dire, le pouvoir d’abfoudre les péchés , àd’autres personnes qu’âux Évêques & aux Prêtres.

- IV. On ne sautoir croire , fans superstition , oufans la vaine observance, que les Prêtres ne puissent nife confesser-à ceux qu’ils confessent, ni changer deConfesseur-, à moins que leur Confesseur ordinaire nesoit absent. : ‘

V. Voici des cas bien plus extraordinaires. Bònsi-nius raconté dans son histoire de Hongrie (/) ,' qu’en-viron trois àns après la fameuse journée de Nicopolis,où l’armée de'ì’Empereur Sigis’mond fut défaite patcelle des Turcs, on entendit dans k charnp de batail-le une voix qui répetoit de tems en terrts le nom' deJésus & celui de Marié; qu’on trouva parmi-les corpsmorts une tête qui cria, quelle éteit d’un Chrétienmort dans le combat fans Confession ; que la SainteVierge, qu’il honoroit d-’une singulière dévotion, l’a-voit préservé-des ; peines de l’Enfer, & qu’elle lui -a-voit îaissé l’ufâge de la langue 8t- de la parole-; qù’ên»fuite cette tête ayant crié qtf’on-lùi fit venir Un - Con-fesseur, on fît venir un Prêtre du village le pltis'pro-che, qui h confessa fort bien & qui lui dorihïBab-solution de ses péchés, après quoi elle demeura dansmouvement & ne'parla plus( V

Thomas de Canti-pré rapporte (m) d’un Normandgrand scélérat , & fort impie, que ses ennémis" luiayant coupé la tête fur le penchant d’une montagne,elle roula dans la vallée & cria hautement pendant plu-^fieurs heures, Sainte Ficrge Marie , donne%, moi'tinevéritable Confession i qu’un de ses assassins, avant en-tendu ces paroles, courut au village prochain chercher'un Prêtre, qui après qu’elle eut été réunie & tomme

atta-

fz’) L. y. Tit. 3S. de Pœnit. 8c feniiss Nova quxdani noslríásunt auribus iníìnuata , quod Abbatisix. Moniales proprias benedi-cunt; ipserum qnoque Confessiones in criminibus audiunt, 8c le-gentes Evangelium príesnraunt publicè pfxdicare. Cùm igitur idabsonum sit pariter 8c absurdum , rríandarnus, quatenús. ne idde extero fiat, curetis firmitér inhilîeré. Quia licèt B. Virgo Ma- -ria dignior, 8c excellentior fuerit Apostolis universis, noa tatneu -illi, sed ipíîs Dominus claves regni cœlorum comrnisit.

(k) Sess. 14. de Pœnit. c. 6 . Circà Miftistrum h'ujus ’Sacràfqeh-i'ti (dit-il) déclarât sancta Synodus saisis esté, 8c à veritàtd Evan-gelii penitùs aliénas doctrinas otnnes, qux ad-alios quosvis ho-mines, prxter Episcopos 8c Sacerdotes , clavium ministeriumperniciofë extendunt; putantés verba.iila Domini, fluacumquealligaverìtts, 8cc. Et, Quorum remiserais, 8cc. ad ómnesChristsfideles indifferenter 8c ptomiscuè, contra institutionem. hujus Sà-cramenti ita fuisse dicta, ut quivis potestatem ha beat leiy-ilicntli ^pcccata, publica quidem pér correptionem, fi correptus acquie-verit j secreta veto per fpontaneam Gonfeífionem cuique fa-ctam. , _ - :

(/) L. 3. Hist. Hungar. Decad. %. II est bien remarquable qu cCe mort ait êu seul cette faveur après une si grande défaite.toit-il donc le seul de l’armée qui eut de la dévotion pour l'a 8Vierge, ou le seul qui ne se fut pas confestë? , “

{m) L. 2. de Apib. c. 39. n. 24, Advenit Presbytes sedit »loquente capite compagmato Confestionem illiu-s audivit &c ÓuoSacerdos audito miratus est; 8c statim ubi hoc dicentem St con*fitentem absolvit, spintum defunctus efflavit. C’est déshonorerla S. Vierge que de lui taire sauver un scélérat pour l’amoûr d’d-ne petite dévotion de coutume,qui ne l’empêchoit pas d’oífenscrDieu aussi reguherement qu’il paroissoit honorer la S. Vierge. M,

Thiers auroit du mépriser ces fortes d’histoires forgées dans uatems d ignorance Lc d’aveugle crédulité.

Vv