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attachée à son corps, le confessa, & lui donna l’abso-lution sur ce qu’il apprit que cette insigne saveur luiavoit été accordée, parce qu’il avoit jeûné tous lesMercredis & tous les Samedis de l’année, en l’honneurde la sainte Vierge, sans avoir jamais fait aucun autrebien.
On a quelquefois aussi confessé des morts. UnMoine Cistercien n’ayant pû faire fa Confession à sonAbbé, selon la coutume de son Ordre, parce queson Abbé étoit absent, & se sentant pressé de mala-die, la fit au Prieur du Monastère, qui lui donnal’absolution. Etant mort peu de tems après, la nuitsuivante il s’apparut à son Abbé, qui, comme l’oneroit, étoit saint Hugues, Abbé de Bonnevaux, lepria avec beaucoup de larmes & de témoignages dedouleur de le confesser; ce qu’il fit, & il lui don-na ensuite l’absolution. C’est Césaire, Moine d’Hei-sterbach, qui raconte (a) cette histoire.
Un Démon s'est autrefois confessé à un Prêtre, sil’on en croit ce même Auteur, (b) II fe mit à ge-noux devant ce Prêtre, il lui déclara ses péchés, quiétoient effroyables & en très-grend nombre. Le Prêtre,après savoir entendu, lui donna pour pénitence defe prosterner en terre trois fois par jour, & de dire encette posture ; Seigneur Dieu , mon Créateur , j’ai sé-ché contre vous, pardonnez,-moi. Mais le Démon ayantrépondu qu’il ne pouvoir fe résoudre à faire cette pé-nitence , le Prêtre indigné lui commanda de fe retirer ;& il disparut au même-tems. Le récit, que font de cesmiracles Bonfinius, Thomas de Canti-pré & Césaired’Heisterbaeh paraît fort (c) suspect. Mais-en tout casces sortes d’avantures extraordinaires & miraculeuses nedoivent pas être tirées à conséquence, ni servir d'e-xemple, ainsi que le remarque fort bien (d) le mêmeCésaire d’Heisterbaeh: & s’il fe présentoir à moi mil-le têtes coupées, mille morts & mille Démons, queje connusse comme tels, pour les confesser, je n’au-rpis garde d’entreprendre de le faire, dans la craintede me rendre coupable de superstition & de sacri-lège.
VI. ]e ferois dans la même crainte, si je me con-fessois à une image , comme fît en 1614. une femmedévote du Pérou, laquelle dans un tems de peste, fesentant pressée de maladie, & ne pouvant avoir de Prê-tre pour se confesser, résolut de se confesser à une i-mage de papier de saint Ignace de Loïola, qui étoitattachée à la muraille de sa chambre, ainsi que le té-moigne (*) le P. Philbert Monet, Jésuite. Pour celaelle fît sortir de sa chambre tous ses domestiques, &ayant détaché cette image, elle fe mît à genoux de-vant elle, & lui fit une Confession générale avec beau-coup de sentimens & de témoignages de douleur,comme si elle eût été devant le Saint même ; puis luiadressant ses voeux & ses prières, afin qu’il lui obtint,ou qu’il lui donnât l'absolution de ses péchés, ellebaissa la tête, comme si elle eût dû recevoir l’absolu-tion; & en cette posture elle rendit l’ame, suivant ceque ses domestiques, qui l’obfervoient par une fentede la muraille de fa chambre, rapportèrent après sàmort. Mais peut-être que la simplicité, l’ignorance,!a bonne foi, ou peut-être aussi l’impuissance de trou-ver un Confesseur, difculpoient cette femme de toutsacrilège & de toute superstition. Quoiqu’il en soit,un tel exemple n’est pas à suivre.
(«) L. Illustr. Mirac. c. if.
(6) Ibid. c. 26.
jc) Pourquoi donc les rapporter ? On peut s’en palier, Ioríqu’ilE question d’édifier des fidelles , parce que la Religion four-nit des sujets plus autentiques d'édification. On peut enfin êtretres bon Catholique fans ajouter foi à ces récits, qui ne serventAvertir des hérétiques & des libertins.
(a) Ibid. c. 17. Miracula non funt in exemplum trahenda.
(e) Litter. annuis íedis Julidens. apud Theophil. Raynaud. To.Heterocht. ípmt. Sect. z. Punâ. o. n. 65.
S T I T I O N S.
CHAPITRE IV.
Continuation du même sujet.
On fe confesse en différentes postures ; les in-firmes en toutes fortes de postures décen-tes i les Abyssins & les Moscovites de-bout } ceux-ci le visage tourné vers uneimage. Les Confesseurs des uns & des au-tres font auffi deboutLes Grecs fe con*feffoient anciennement & fe confessent en-core aujourd'hui ajsts , <& la tête converte.Leurs Confesseurs font dans la même fi*tuât ion. Autrefois en Occident le Pé-nitent, ér le Confesseur étoient affs. Di-verses preuves de cet usage. En Angle-terre néanmoins il paroît par le Pènìtenr-tiel d'Ecbert , que le Pénitent étoit de-bout. Maintenant le Pénitent est à ge-noux , & le Confesseur assis. Superstitionsqu'il peut y avoir en affeédant de fe con-fesser en me posture plutôt qu'en lou-tre.
O N confesse les infirmes en quelque posture qu’ilsfe mettent, à genoux , courbés , accoudés ycouchés, ou assis, pourvû qu’elle ne soit point indé-cente; & en cela il n’y a nulle superstition, parceque l'Eglise le pratique ainsi, & qu’en le pratiquantainsi elle l’autorise.
A l’égard des personnes qu! ne sont pas infirmes ion les confesse en différentes postures, selon les usagesdes différentes Communions ou elles fe trouvent.
I. Autrefois les Abyssins, ou Ethiopiens fe con-fessaient debout, & les Prêtres qui les confessoientétoient auffi debout : mais le P. Antoine Femand as-sure dans l'histoire de Godigne (f) , qu’ils fe con-fessent maintenant à genoux, leurs Confesseurs étantassis auprès d’eux. Ce que néanmoins Gddigne ditn’être pas véritable, quant au changement d’ufage»sur le rapport du P. Louis Azévédius.
II. Le Baron Sigismond témoigne (g) que les Mos-covites fe confessent âu milieu des Eglises, le vifag®tourné vers une Image qui y est pour cet effet ; qu'enfe confessant ils sont debout, auffi-bien que les Prêtresqui les confessent ; qu’après s’être confessés & avoitreçû une pénitence proportionnée à leurs péchés, lesPénitens comme les Confesseurs font quantité d’incli-nations & de signes de croix fur eux devant cette I"mage, & qu’enfin ils s-écrient en pleurant amèrement»Jeuis-Christ, Fils de Dieu, ayez, pitié de mus : C&c’eít-là leur prière la plus ordinaire. ,
III. II paraît par l’Ordre de la ConfeJJion, dressapar Jean le Jeûneur , Patriarche de Constantinople, ^rapporté par Allatius (h) , qu’autrefois les Grecs en so
con-
ss) L. 1. de Reb. A bassin, c. zy. Annis superioribus íòlitut 1 *confitentem stare, 8í stanti Sacerdoti ad aurem peecata dicere*nunc Sacerdotem more judicis federe, confitentem ad iUius pedflexis inniti genibus. , .
(g) Comment. Rer. Moícovit. Tit. Confeffio. Stat Consens( dit-il ) unà cum Poenitente in medio templo, vultu cornetad Imaginem quamdam ad hoc constitutam. Finita deinsi.one, pœnitentiâque juxta delicti qualitatem injunctâ, snte >?fam Imaginem subinde lèse inclinant, signoque Crucis fro®**pectusque signant; magno denique gemitu clamant, 7 ‘fa c " r '‘-sjpìli Dei miserere mbis. Nam hsçc communia iliorum est
(h) Voici ce qui est marqué dan$ cet Ordre: C. àe EccOccident. & Orient, perpet. consens, c. 17. n. i°* Benedicitcerdoíj. Tum dicit; ,,frifagion, Sanctiffima Trmitas, _„ noster, venite adoremus”; praeterea Plâlmum . &
14, & Plàl 50. fubdit Troparium. ...
Otationem legit: „ Domjne Deus NO er , '„ Pfc fi-
rat ut Pœnitens aperto capfte ter genuflectat, faç.ens &militer. Illum cum resurrexerit,hune m modum instruit, o ^