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à peu la coutume de se confesser assis s’est éteinte dansl’Eglise d’Occident, quoique par une raison contraire,elle s’observe encore aujourd’hui dans l’Eglise d'Orient.
En Angleterre cependant il semble que les Pénitens,à la réserve de quelques prosternations qu’ils saisoientdevant & après leur Confeffion , se confefsoient de-bout. Au moins Ecbert, Archevêque d’Iorc, (a)l’insinuë ainsi dans son Pénitenciel. Quoiqu’il en soit;aujourd’hui, dans l’Eglise Latine, le Confesseur estassis en confessant , & les Pénitens font à genoux,dans tout le tems de leur confession. C’est cet usagequ’on y doit suivre, à moins que quelque raison denécessité n’oblige de se confesser dans une autre postu-re. Les Grecs le pouroient suivre aussi sans supersti-tion, s’ils se confefsoient en Occident, ou à des Prê-tres Occidentaux , comme les Latins pourroient feconformer aux usages Orientaux, s’ils fe [confefsoienten Orient ou à des Prêtres Orientaux. Car ondoit toujours se conformer aux coutumes des Eglisesou l’on fe trouve, si l’on veut ne scandaliser personne,& n’être scandalisé de personne, suivant la (b) maxi-me de saint Ambroise, rapportée par saint Augustin.
Ce seroit autre chose si les Orientaux affectoient dese confesser à genoux, & les Occidentaux assis, &que les uns & les autres sussent dans la pensée queleurs confessions ne feroient pas bonnes , s’ils ne lessaisoient en l’une ou en l’autre de ces situations. Caren ce cas-là cette affectation & cette pensée tiendraientde la superstition de la vaine observance. Mais horsde cela elles n’en tiendraient en aucune maniéré ; & l’onpeut fort bien fans scrupule, étant assis, debout, cou-ché ou prosterné, entrer dans les sentimens d’une vé-ritable pénitence, & confesser ses péchés avec toutel’humilitè & toute la douleur que l’Eglise demandedes Pénitens.
CHAPITRE V,
Suite de la même matière.
Pourquoi autrefois les confessions étoient bienplus rares qu'elle s ne font aujourd'hui.Cinq raisons de cela . Autrefois on com-munioit souvent ; mais il ne paroît pasqu’on fe confessât toutes les fois qu'on com -munioit. Avant le treizième siécle la com-munion des Fidèles a été fixée à certainesfêtes folemnelles. Depuis le treizièmesiécle la confejfion a été fixée de même. Lesanciennes Régies Monastiques ne parlent
cum propter Criminurn declarationem, 8c ad singula ínterrogataresponfionem , tum prxsertim propter pœnitentiae impositionem& illius íècundùm annos distributionem. Laborioíum lànè Scvix tolerabile fuiffet pœnitentem genuftexum , vel prostratumtamdiu manere. Ut igitur tanta molestia vitaretur, neve corpo-ris afllictio Pœnitentis mentem aliò distraheret, visum est ut bistantùm in ea actione genuflecteret, in principio Sc fine, cum vi-delicet à Sacerdote benedicebatur , ut à Dèo auxilium Spiritussancti ad ingénus Sc cum cordis cosnpunctione confitendumimpetraret. Deinde cum actione perfecta iterum benedicebatur,ut idem auxilium ad Pœnitentiam rectè Sc pie peragendam obti-neret. Nunc autem cum Pœnitentia non imponatur amplius ca-nonisa , nec illius executio 'ante reconciliationem amplius postu-letur , frustra inter utramque benedictionem ad íedendum íur-geret Pœnitens, propter breve, quod interest, temporis ípacium.Hinc paulatim in Occidente sedendi in contestions obsolevit con-íùetudo, qu a; in Oriente propter contrariam rationem conservataest.
(«) A la fin du Livre de la Pénitence du P. Morin, Tit. Con-feflio peccatorum , Stc. Inprimis prosterne te humiliter in con-dpectu Dei jn ten-a ad orationem, Sc roga beatam Dei genitricemMariam ut ipsa intercédât, Stc. 8c postea Purge 8c cum fiducia Scvera credulitate die ei, C ui confiteri vis, peccata tua, 8cc. Post-quam de ipn s c ,f fuerit, tune projieite ambo pariter interra, dic ei Ut lpr e 1 ® t > M g a c »lp» , peccavi Domine , &>c.
(b) Tu ad quam forte fceelesiam venerîs, ejus morem serva, &cuiquam non vis este ìcandaío, nec quemquam tibi.
S T I T I O N S.
point de la confejfion Sacramentelle despersonnes Religieuses , mais seulement decelle de s coulpes. S. Benoit n'en parle pasnon plus dans le 4 6 . chapitre de fa Régie ,quoi qu'en dise le T. de Sainte Marthe.Codegrand , Evêque de Mets , est le pre-mier qui ait obligé les Moines de son E-gltfe à fe confesser une fois la semaine.Exemples singuliers des confessions fré-quentes. Celles des Religieux ò“ des Re-ligieuses fixées depuis Codegrand jusqu'aUConcile de Trente , les unes à une fois lemois , les autres à tous les quinze jours ,les autres à toutes les semaines , les au-tres à deux fois par semaine. Elles fe fontmultipliées depuis le Concile de Trente.Certains Laïques fe confessent aufstsouventque les personnes Religieuses , ér quelque-fois même plus souvent. T)eux raisons quipeuvent rendre fufpeéles de la Superstitiondu culte superflu les confessions fréquentes.Réfutation de ces deux raisons. Les A-bysfins fe confessent aussi tôt qu'ìls fe sen-tent coupables de quelque péché. Ce qu'onpeut justement blâmer dans les confessionsfréquentes. Diverses circonstances danslesquelles elles peuvent être superstitieuses.Combien la familiarité des Confesseurs avecleurs Bénit ente s est dangereuse.
L ’Usage de la Confession Sacramentelle , fectette& auriculaire étoit autrefois aussi rare, qu’il estdevenu fréquent dans les derniers siécles, & particu-lièrement dans celui où nous vivons. On peut ap-porter cinq [raisons de ce changement de discipline.
I. On recevoit autrefois le SBatême fort tard, horsles cas de nécessité. Qyoique le Grand Constantindepuis fa conversion , fût extrêmement zélé pour laReligion Chrétienne, & qu’il en procurât la propaga-tion & la gloire autant qu’il lui étoit possible, cepen-dant il ne fe fit batiser, selon le sentiment le plus vé-ritable des Auteurs Ecclésiastiques, (c) que l’annéemême de fa mort, qui fut la foixante-quatriéme ou lafoixante-cinquiéme de son âge, & la trente-deuxiémede son régné, en comptant pour deux années la finde ;o< 5 . & le commencement de 307. qui n’en fontpas une entiere. Ses trois enfans, Constantin, Con-stance & Constans, ne furent batiíes qu’un peu avantleur mort. Les Historiens ne l’assûrent pas positive-ment du premier; mais Constance étoit encore caté-chumène lorsqu’il assista au Concile de Milan , qu*fut célébré six ans avant fa mort, selon la remarquede Sulpice Sévère, (d) ; & saint Athanase, (e) rap-porte que Constans ne vécut pas long-tems après souBatême. Valens (f) & Théodosc (g) ne se firentbaptiser qu’après qu’ils eurent été élus Empereurs, en-core celui-ci ne se détetmina-t-il à l’étre que par 1*maladie dangereuse dans laquelle il tomba. Théodo-so> (h) son pere, ne fut bâtisse que quelquetems avant
que
(c) Euseb. 1 . 4. de vit. Constant.'c. yz. al 62. Epist. CônesArimin. apud 8. Athanas. 1 . de Synod. S. Ambros. orat. de obi *Theod. S. Hieronym. in Chron. Chronic. Alexandri. Théodore •
1 . i. Hist. Ecoles. c. jo. Socrat. 1 . i. c. 26. Sozom. 1 . 2. c.Evagr. 1 . j. c. 41. Cardin, de Cusa 1 . 1. de Concord Cath. c. *•Eneas Sylvius in Dialog. Le Cardin, du Perron, Repliq. p.de la premiers Edition. Le P. Morin p. 2. de Phist. de la de*-vrance de l’Egl. par l’Emp. Const.si/) L. 2. Hist.
(e) Apolog. ad Constantium. V. Surius au 20. Octob. In 7S. Artemii. , _ , , „ t
(f) Theodoret. 1 . 4. c. n- Socrat 1 . 4 - c. i.Sozom.I.tf.Ç-*-
(g) Socrat. 1 . f - c. 6. Et Sozom. 1 . o. c. o.
(%) Orosius 1 . 7. histor.