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que de mourir. Valentinien II. (a) qui régna 20.ans, mourut fans Ratême, dans le désir néanmoins dele recevoir , si le Tyran Maxime ne l’eut point faitmourir. Saint Ambroise (b) avoit plus de 40. ansquand il le reçut, & il n’auroit peut-être pas pensé àle recevoir si-tôt , s'il n’eut été choisi pour être Ar-chevêque de Milan. Nectaire (c) n’étoit que Caté-chumène lors qu’il fut élu Patriarche de Constantino-ple : il ne fut batifé qu’après son élection & ily avoit une infinité de personnes dans les premiers sié-cles de l’Eglise, qui ne se saisoient batiser qu’au lit dela mort , & qu’on appelloit pour cela Cliniques. Jeconviens que de différer ainsi le Batême , c’étoit unabus , contre lequel les anciens Pérès ont beaucoupécrit & parlé ; mais cet abus a régné long-tems dansl'Eglise , & on voit dans Tertullien (d) & ailleurs,qu’on exhortoit quelquefois les Catéchumènes à diffé-rer leur Batême.
Pourquoi , je vous prie ,. tous ces délais? C’estque la perfection à laquelle on s’engage par le Batê-me épouvantoit la plupart des Cathécumenes, & fai-foit qu'ils s’estimoient indignes de le recevoir. C’est;qu’il falloit un tems considérable pour les instruire,& pour les éprouver dans la foi. C’est que quand ilsavoient péché pendant leur Catéchuménat , commeon ne pouvoit pas les retrancher de la société des fi-delles, puis qu’ils n’y étoient pas encore entrés, (y) onne leur impofoit point d’autre peine que le retarde-ment ou la privation du Batême» Le Concile d’El-vire , en 305. nous en fournit beaucoup de preuvesassez claires. Au Canon 4. il veut qu’on tienne (f)trois ans au rang des Catéchumènes les Prêtres desIdoles , avant que de leur conférer le Batême, &qu’ils s’abstiennent pendant ce tems-là des Sacrifices»Au Canon 7. il ordonne qu’on ne donnera le Batêmeà certaines femmes (g) qu’après cinq ans de Catéchu-ménat , & lorfqu’elles seront dangereusement malades.Au Canon 37. il dit qu’on (b) ne doit batiser ceuxqui sont possédés du démon , qu’à la fin de leur vie.Au Canon 68. il décide qu’on doit différer le Batê-me jufqu’à la derniere extrémité , (i) à une femmeCatéchumène qui aura suffoqué l'enfant qu’elle auraconçu en adultère : & au Canon 73. il défend dedonner le Batême aux délateurs , (k) qui auront faitcondamner quelqu’un à la mort, ou au bannissement,avant cinq ans de Catéchuménat. Ce qui obli-geoit encore les Catéchumènes à différer leur Batême,c'est qu’ils favoient que les sautes qu’ils commettoientaprès leur Batême étoient plus féverement punies queselles qui le précédoient, parce qu’avant le Batême ,ils ne péchoient que (/) contre le vieil homme, ainsique parle le Concile d’Elvire : au lieu qu’après leBatême, leur péché étoit plus grand , par la raisonqu’ils étoient régénérés en Jésus-Christ & consacrés àson service.
Or puisqu’autrefois on différoit si long-tems le Ba-tême qui est la porte des autres Sacremens , & qu’ilfaut par conséquent savoir reçu avant que d'être en
(a) S. Ámbros. orat. funeb. de óbit. Valentini.
(i) Paulin. in vit. Ambros.
(c) Sozom. I. 7. c. 7.
(d) L. de Baptis.
(c) Not. ad can. 10. Eliberit. Non aliâ pœnâ coërcebantur Ca-t«chumení ( dit Mr. de l’Aubefpìne) nisi prorogatione , aut priva-tl °ne Baptismi usque ad mortem. Excommunicari enim nonJ°terant , cùm nondum estent in communione fidelium, nequet°cietate christiana donati.
(/) Flamines, si fuerint Catechumeni, 8c íè à facrificiis absti-” Ue tint , post triennii tempora , placuit ad Baptismum admitti^ebere,
. (?) Intra quinquennii tempora , Catechumena si graviter fue-slt infirmata, dandum ei Baptismum , placuit non denegari.f (b) Eos oui à spiritibus immundis vexantur , si in fine mortis
Iu ttint constituti, baptizari placet._
(') Catechumena, si per adulterium conceperit, 8c conceptumP J *focaverit, placuit eam in fine baptiíàri.
V*) Delator , si Catechumenus fuerit, post quinquennii tem-P° r a admittatur ad Baptismum.
W Can. 45. p n ve terem homiaesn deliquiílè videtur.
Tome U.
5 T I T I O N S.
état de se confesser , il est aisé d’inférer qu’autresoisles Confessions étoient bien plus rares qu’elles ne lefont aujourd’hui , qu’on batife les en fans ou le jourmême de leur naissance , ou peu de jours après leurnaissance.
II. Les fi déliés des premiers siécles avoient beau-coup plus de foin de conserver l’innocence & la grâcede leur Batême , que n’en ont ceux de ces dernierstems, ou la charité de plusieurs est 6 fort refroidie»Ainsi tombant rarement dans ces péchés qu’unChrétien de bonne foi , & de bonne espérance ne doitpoint connoître, c’est-à-dire, dans les péchés mortels*ils n’avoient pas besoin de së confesser souvent , ayant«Bailleurs d’autres rémedes que la Confession pour ex-pier les péchés veniels dans lesquels ils pouvoient tom-ber. De là vient qu’on ne voit point dans les monu-mens de l’antiquité sacrée, que les Pauls, les Antoi-nes, les Pacômes, les Hilarions & les autres Pérès desMonastères, les Basiles , les Grégoires de Nazianze
6 de Nyífe , les Ambroises* les Chrysostomes, lesJerômes , les Augustins, & tant d’àutres saints per-sonnages que nous révérons dans l’Eglise , sussentsouvent aux piés des Prêtres pour confesser leurs pé-chés , comme il se pratique aujourd’hui parmi nous *où la plupart des Chrétiens font consister le. capital deleur piété à aller souvent à confesse.
III. Autrefois le nombre des Prêtres étoit rare dansles Eglises, & encore plus dans les Monastères , dansla plupart desquels il n’y avoit aucun Prêtre, ou, s’ily en avoit quelqu’un , ce n’étoit pas pour confesserles Religieux, mais seulement pour leur dire la Messe»C’est pour cela que S. Grégoire le Grand (m) écri-vant à Victor, Evêque de Païenne, lui enjoint d’or-donner un Prêtre pour un Monastère de Religieux,non afin de les confesser , mais afin de leur dire laMesse dans le besoin. Si bien qu’y ayant autrefoismoins de Prêtres qu’il n’y en a présentement , il yavoit encore moins de Confesseurs (car tous les Prê-tres ne confessoient pas) & il falloit de nécessité queles Confessions fussent plus rares. Aussi ne trouve-t-on nulle part qu’anciennement les Prêtres fussent atta-chés aux Confessionnaux comme ils le font aujour-d’hui, ni qu’ils y passassent une partie considérable deleur tems.
IV. La Pénitence étoir plus rate dans les premierssiécles de l’Eglise , mais elle étoit véritable & sincè-re, & l’usage des clefs étoit plus public. Mais au-jourd’hui l'usage secret des mêmes clefs est plus fré-quent , pour ne pas dire plus précipité & plus capa-ble de ruiner le fruit & le mérite de la Pénitence. Etc’est ce qui fait qu’y ayant aujourd’hui moins de vé-ritable & de sincère pénitence, on a plus souvent re-cours à la Confession , que l’on substitue à la placede ce Sacrement , comme si elle en étoit la partie lâplus nécessaire , & qu’elle en fît l'essentiel toute seule.
V. Comme dans l’ancienne Eglise on n’imposoitpoint de pénitences que selon la disposition des saintsCanons, suivant la remarque du P. Morin , rapor-tée dans le Chapitre précédent, on différoit souventde plusieurs années l’absolution , & la participationaux Mystères sacrés ; & ainsi on se confessoit rare-ment. Mais aujourd’hui qu’on donne l’absolutionaux Pénitens , & qu’on leur permet de communieraussi-tôt après qu’ils se sont confessés , ils peuvent seconfesser quand bon leur semble , & toutes les foisqu’ils jugent à propos de le faire. Ces cinq raisonsainsi expliquées , voyons présentement en quel tems& combien de fois l’année les fi déliés se eonfessoi entautrefois. Nous aprenons des Actes des Apôtres (n) ,
que
{m) L. 7. Epist. 93. indict. i. Pro sacris Missarum íòlemnibusperagendis, 8rc. Quatenus Congregatio qua sibi eum postulat or-dinari , quotiens necefïe fuerit, ipío Sacrificii íòlernnitatem de-votione débita célébrante, valeat refoveri.
(s) C, 2. 41. Erany persévérantes in doctrina Apostolorum 2ccommunicatione fractionis panis & orationibus.
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