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que les premiers Chrétiens communioient tous lesjours. Mais il ne paroît pas qu’ils se confessassent tousles jours avant que de communier.
L’Abbé Apollon faisoit communier tous les joursles frères qui (a) vivoient avec lui, & il leur confeil-loit (dit Rufin (b) ) d’en user de la forte , autantqu’il leur étoit possible , de crainte qu’en s’éloignantdes Mystères de Jefus-Christ , ils ne s’éloignassent deDieu. S. Jerôme (c) témoigne aussi qu’on étoit dansla même pratique à Rome & en Espagne. Les anciensMoines de Syrie , d'Egypte , & d'Orient commu-nioient les uns tous les Dimanches (W), les autres tousles Samedis & tous les Dimanches (e). Mais il n’ya pas d’apparence que ni parmi les anciens Moines, nià Rome , ni en Espagne on allât à confesse toutes lesfois qu’on s’approchoit de la sainte table.
Dans les premiers siécles de l’Eglise, tous ceux quiassistoient à la Messe y communioient. Les Liturgiesde saint Jacques , de saint Clement, de saint Basile,de saint Chryfostome, & de saint Denys, saint JustinMartyr (f) , saint Grégoire le Grand (g) , & l’Au-teur du Microloge (h) , en font foi , & on en voitdes preuves très-précifes dans le Traité de l’Expositiondu saint Sacrement de V Autels que nous avons donnéau public. ,, (/) Il faut savoir (dit l’Auteur du Mi-j, crologe) que selon les anciens Pérès , il n’y avoir„ que ceux qui communioient qui eussent accoutu-„ mé d’affister aux divins Mystères. Deforte qu’a-,, vant l’oblation , conformément aux Canons , on„ commandoit aux Catéchumènes & aux Pénitens de,, sortir de l’Eglife , comme n’étant pas dignes de„ communier. C’est encore ce qui nous est signifié„ par les paroles mêmes de la Liturgie, dans laquelle„ le Prêtre prie non feulement pour fa communion,,, mais aussi pour celle des autres ; & pareillement„ dans l’Oraison appellée Post-communion, qui fem-,> ble n’être que pour ceux qui communient. Et l’on,, ne peut pas dire, à proprement parler, que ce soit,, une communion, s’il n’y a plusieurs personnes qui„ participent à un même sacrifice ”. Mais il n’estpas aisé de se persuader qu’en ces tems-là tous ceuxqui assistoient à la Messe & qui y communioient feconfessassent auparavant : au moins les Pérès ne nousen difent-ils rien.
Au sixième siécle , le Concile d’Agde (kj , en506. veut que les Séculiers communient trois fois l’an,íàvoir à Noël, a,Pâques & à la Pentecôte, s’ils veu-lent passer pour Catholiques. Le Canon Et fi non ( l)leur ordonne la même chose , à moins qu’ils ne soientcoupables de crimes énormes, qui les empêchent de lefaire. C’est aussi ce que dit le troisième Concile deTours (m) , en 815. fans toutefois nommer les troisfêtes, je veux dire, Pâques, la Pentecôte, & Noël.Mais ni ces deux Conciles, ni le Canon Etfi non ne lesobligeoient pas de fe confesser avant que de recevoirl’Eucharistie.
Au huitième siécle, le Concile de Clysf, ou Clo-
(d) Histor. Lausia. c. fi. Qui cum ipso erant sratres (dit Fal-lu de) alimentum non priùs accipiebant, quàm Eucharistie Christicommunicastênt. Hoc autem faciebant horâ nonâ diei.
(b) L. 1. de vit. Patr. c. 7. Sed & hoc monebat , ut, si fieriposter , quotidie Monachi rommunicarent Mysteriis Christi, neforte qui longé fuerit ab his longe fiat a Deo.
(e) Epist. ad Luciní. Bsetic. De Eucharistia, an accipienda quo-tidie quod Romana Ecclelia, & Hispanie observare perhibentur.
(d) Theodoret. vit. Patr. c. 12. Caslìan. collât. 7- c. 34.
(e) Rufin. de vit. Patr. 1 . 1. c. 22. Pallad. hist. Laus. c. 38. Cas.fon. Instit. 1 . f. c. 2 6. collât. 3. c. ». & collât. 18. c. »/.
(/) Apol. ad Sénat. Ro.
so) L. 2. Dialog. c. 23.
W C. sI . S
oW’ C- 17 dela2 ‘ Edit -
(k) Can. 18. Seculares qui Natali Domini , Pascha & Pente-côte non coramunicaverint , catholici non credantur , inec in-ter catholicos habeantur.
(/) De conftcrat. dist, ,, Et fi non frequentiùs , saltem in an-no ter Laici hommes communicent , nilì forte quis majoribusquibuslibet criminibus impediatur , in Pascha videlicet, Lt Pen-tecôte 8c Natali Domini.
(m) Can. 5.
s T 1 T I o N s.
resho, en 747. ordonne aux enfâns ï qui ont l’ufagede la raison , & aux personnes avancées en âge, decommunier souvent : Ouatenus freqmntìus communicent(dit-if) dans le Canon 2$. & dans le Canon précédentil enjoint aux Curés d’exhorter les peuples qui leurfont soumis , (n) de ne pas être si misérables que defe rendre indignes de la participation de la sainte Eu-charistie , & de ne pas vouloir confesser leurs péchés& s’en, corriger. Mais il ne dit point eh quel temsils doivent communier 8 c fe confesser.
Codegrand, Evêque de Mets, dit ( 0 ) qu’ils doi-vent fe confesser à leurs Prêtres & à leurs Pasteurs,trois fois l’an, savoir aux trois Carêmes > dont le pre-mier étoit avant Pâques, le second avant la fête de laNativité de saint Jean-Batiste , & le troisième avantNoël ; & que ceux qui le font plus souvent fontencore mieux.
Au neuvième siécle , Théodulse Evêque d'Or-léans , dans son Capitulasse , conseille aux fidelles decommunier tous les Dimanches de Carême, le Jeudi,le Vendredi , & le Samedi Saint, & le jour de Pâ-ques , fans néanmoins leur prescrire aucun tems pourfe confesser. Le Pape Nicolas I. conseille aux Bul-gares ( p ) de communier tous les jours de Carême ,s’ils sont en état de le faire , fans leur dire un seulmot de la Confession.
Au douzième siécle, deux Conciles de Toulouse,l’un en 1128. (q) l’autre en 1129. (r) enjoignent-àtous les Chrétiens de l’un & de l’autre sexe , de feconfesser & de communier trois fois l’an , savoir àPâques, à la Pentecôte & à Noël.
A u treisiéme siécle , Odet de Sulli, Evêque deParis , qui mourut en 1208. ordonne aux Curésd’exhorter souvent leurs Paroissiens d’aller à Confesse»& fur tout au commencement du Carême ; & le fa-meux Canon Omnis utrìusque fiexus , qui est le 21. du4. Concile général de Latran sous Innocent III. en1215. (s) régie la Confession & la Communion detous les fidelles de l’un & de l’autre sexe au moinsà une fois l’an: ce qui est d’une obligation très-étroi-te. Et ainsi fe confesser , ou communier plus sou-vent , ce n’est qu’une chose de bienséance & de dé-votion , quoique le Concile Provincial de Paris, oude Sens, en 1429. s’éleve (t) avec beaucoup de for-ce contre ceux qui ne fe confessent qu’une fois cha-que année, & qu’il enjoigne aux Curés de porter lesFidelles à le faire cinq fois, outre la fête de Pâques,savoir, aux fêtes de la Pentecôte, de l’Assomption dela sainte Vierge, de tous les Saints, & de Noël, 8 Cau commencement du Carême.
Au même siécle, le Concile d’Albi (v), en 125 4 'veut , comme les deux Conciles de Toulouse qu’onvient de cijer , que tous les Fidelles de l’un 8 c &l’autre sexe fe confessent & communient trois fois l’ an >savoir à Pâques, à la Pentecôte & à Noël. %
Tous ces réglemens regardent les Laïques , & 3plus forte raison les Ecclésiastiques 8 c les personnesReligieuses , qui doivent les unes & les autres fa jreprofession d’une piété plus exacte. Nous ne trou-vons guéres avant ces derniers siécles, que l’Egliso a . ,tfixé d’autres tems pour la Confession des Ecclésiast 1 '
(n) Nec altaris participationi societur , nec ÍUa curet confi
: emendare peccata. _ rrt-il
(o) Regul. Canon. c. 32. To. i.Spicil. d’Acheri. Hase est y‘,ans fa Régie des Chanoines ) ratio Pœnitentise & Confeffioni s
:rae , quse coram Deo 8t Sacerdotibus ejus à nobis parités ag . st■x lùnt, id est, in uno quoque anno tribus vicibus, id el•ibus Quadragesimis populus fidelis luam Confesiionem luoerdoti faciat, & qui plus fecerit melius facit.
, (p) Ad Consuls. Bulgar. n. 9.
(q) C. 3. To. 2. Spicileg. d’Acheri.
(r) C. 11. Ibid. . . - -«.do-
(s) Confìteatur fidéliser íàltem semel in a ""st,propr 10a „ _
, suscipiens reverenter ad minus in Pascha Eucharisti*
lentum.
(t) C. 28.
(k) C. 9. To. 2. Spicileg. ext