DES. SUPERSTITION &
Hue; , que ceux qu’elle a fixés pour celle des Laï-ques. II en est de même de la Confession des person-nes Religieuses. Le Code des Régies, publié par Hol-stenius, Bibliothécaire du Vatican , n’en parle en au-cune maniéré , bien qu’en quelques-unes de ces Ré-gies , comme dans celle de saint Paul & de saint E-tienne (a) , & dans celle d’un certain Père (b) , Cu~jusdam patns , il soit parlé de la communion des Re-ligieux , 8 c que dans celle de saint Elréde (c) , Abbéde Riéval, il soit sait mention du Confesseur des Re-cluses.
Quelques autres, comme celle de saint Benoît {d ),parlent bien à la vérité de la Confession publique desfautes communes , exterieures & importantes, qui lefaifoit autrefois & qui se sait encore aujourd’hui de-vant l’Abbé & toute la Communauté, à certains joursde la semaine, dans les Monastères bien réglés. Celled’un certain Père aux Vierges parle (e) aussi de cetteConfession , & assure que les Religieuses la doiventfaire trois fois le jour. Mais pas une ne parle de laConfession Sacramentelle & auriculaire des péchés in-térieurs & considérables ; & on ne sauroit, comme asait (f) le Père Denys de sainte Marthe , expliquerde cette sorte de Confession ces paroles de la Régie desaint Benoît : „ (g) Que si la saute est secrette & ca-,, chée, il la découvrira seulement à l’Abbé , ou à„ quelques Anciens spirituels qui sachent traiter leurs„ propres maux & tenir ceux des autres dans le silen-,, ce”. On ne sauroit, dis-je les expliquer, sans al-ler visiblement contre la pensée de ce Saint Patriarchedes Moines de T Occident : car où est-il ici fait men-tion des Confesseurs ; vlbbati aut spiritualibus feniorì-bm patefaciat ? Autrefois les Abbés n’étoient pas com-munément Prêtres. S. Benoît lui-même ne l’étoitpas, au rapport de Pierre de Blois (h). Les Abbéspar conséquent n’étant pas Prêtres , n’avoient pas lapuissance de lier & de délier : & comme il y avoirautrefois peu de Prêtres dans les Monastères , ainsiqu’on vient de l’observer , il se peut faire que cesAnciens spirituels ne l’étoient pas ; mais s’ils l’étoient,ce n’étoit nullement une Confession Sacramentelle,que leurs frères étoient obligés de leur faire , quandils étoient tombés dans quelque faute sécrété ; maisun aveu & une déclaration où il s’agissoit seulementde faire connoître la disposition de leur cœur , &l’état de leur conscience pour demander les avis dont' ils avoient besoin. C’est ce que saint Benoît appel-le (i) le cinquième degré d’humilité, „ lorsqu’il dit„ que ce degré est de découvrir à son Abbé par une„ confession humble & sincère, les mauvaises pensées„ dont on peut être surpris , & les sautes fecrettes,, que l’on a commises.
Aussi Mr. l’Abbé de la Trappe, dans son Explica-tion de la Régie de saint Benoît (k.) , dit qu’un Re-ligieux qui sera tombé dans une faute intérieure &dont la cause est cachée , „ peut fe découvrir à l’Ab-,, bé ou aux Anciens auxquels l’Abbé lui aura permis,, de parler. Il ne dit pas de se confesser, mais sim-,, plement de leur parler”. Et il est si vrai qu’iln’est point ici question de la Confession Sacramentel-le , qui est la seconde partie de la Pénitence , que S.î>onat, Archevêque de Bezançon , dans la Régie (l)
.W C. ij.
' st) N.
C) C.18.
(d) C. 46.
(e) C. 6. p. 3. Cod. Reg.
(/) Traité de la Confession, i.p. c. 1-3.
(g) Le P. Dom Denys de Sainte-Marthe , Bénédictin de laCongrégation de S. Maur , dans deux Libelles diffamatoires,dont l'un est intitulé , Lettres à Mr. l’Abbé de lit Trappe , l’autre,Recueil de quelques pièces qui concernent les quatre Lettres écrites« A ir. l’Abbé de la Trappe.
st) C. 46.
(r) Epist. 86.
st) Sur le c. 46. , ' , .
(i) C. ai. Si omnes cogitationes malas cordi suo adrementes,Vel mala à s e absconsò commissa per humilem ConfeUionem ie-*uori su* non celaverit.
qu’il a adressée aux Vierges de son Diocèse j leur mar-que expressément que le même degré d’humilité estde découvrir à leurs Anciennes , & non pas aux Prê-tres , par une humble confession toutes les mauvaisespensées & les péchés sécréts qu’elles auront commis ìnon pour en recevoir l’absolution , car ces Anciennesn’avoient nul caractère pour la leur donner * mais pourrecevoir d’elles quelque soulagement & quelque con-solation dans leurs peines.
Codegrand est le premier & le plus ancien Auteur*que je sache , qui ait engagé par sa Régie les Moinesde son Eglise Cathédrale , ( m) à se confesser tous lesSamedis de chaque Sémaine à leur Evêque * ou à leurPrieur. ■ Il vivoit vers le milieu du huitième siécle*Pierre le Chantre (») , qui vivoit après le milieudu douzième siécle * conseille la Confession fréquente& sait mention d’un très-saint Abbé de Long-pont(dont il ne dit pas le tems) qui fe confessoit chaquejour, comme s’il ne fe fut point confessé le jour pré-cédent : & parce qu’il se souvenait chaque jour dequelque péché qu’il avoit oublié dans ses Confessionsprécédentes, il disoit qu’il se confessoit avec plus depureté , de sincérité & d’humilité.
Le P. Caracciole, dans ses Notes fur les Constituétions des Théatins , dit (0) que le Père André d’A-vellino , leur Supérieur Général, qui est mort à Na-ples en odeur de sainteté , se confessoit sur la fin desa vie , quatre & cinq sois par jour , quoique pleindu mérite de ses bonnes œuvres. Mais cet exempleest encore plus singulier que celui de l’Abbé deLong-Pont , & si on le vouloit mettre en pratique,toute la vie fe passeroit ì confesser & à être confessé.
Depuis Codegrand jufqu’au Concile de Trente,bien qu’il y ait quelques Régies & quelques Consti-tutions Monastiques qui n’ayent point fixé le tems nides Confessions des Religieux , ni de celles des Reli-gieuses , comme la Régie de S. Etienne de Gran-mont , celle des Templiers, celle des Carmes, cellede la Merci & celle de S. François , la plupart néan-moins l’ont fixé, les unes à une fois le mois , les au-tres à tous les quinze jours, les autres à toutes les se-maines , les autres enfin à deux fois la semaine.
Les Statuts de Guigues , cinquième Général desChartreux, semblent régler (p) les Confessions de cesReligieux à tous les Samedis de chaque semaine. Maisils ne parlent pas de la Confession Sacramentelle ; ilsparlent seulement de la Confession des coulpes , ainsiqu’il paroît par le Chapitre 7. de la seconde partie dela troisième Compilation des Statuts des Chartreux,où les paroles de Guigues sont raportées & expli-quées.
La Régie (q) qui est faussement attribuée à faineJerôme, fixe les Confessions des Jeronymites à deuxfois le mois, ou plus souvent, & les Uz de Cisteaux (r)à tous les Dimanches ; le Concile général de Vien-ne
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(m) C. 31. Monachi ( dit-il dans fa Régie des Chanoines ) m unoquoque Sabbatho Confessionem faciant cum bona voJuntate,Epiicopo, aut Priori suo.
(n) In verb. abbreviat. c. 144. p. 313. Fréquenter confìten-dum est (ce font les propres termes de cet Auteur) exemplo illiusfanctissimi Abbatis de Longo Ponte, cui dictum est ob exactissi.jnam Sc frequentissimam Confessionem quam faciebat. ,, Quid,, sibi vult, mi Abba , quod ita fréquenter confitemini ? ille ;„ Adeo videtur mihi singulis diebus me priùs non fuisse con.„ fessum ; 8c quia aliquid de oblitis revoco , puriùs etiam & fi n .„ ceriùs in aliquo confiteor , Sc íiepè in majori humilitate quàm„ priùs.
(0) Ad c. 9. §. r. Andréas noster (dit-il) piissimus ille senicu-lus, qui fuperiore anno non sine constant! sanctitatis fama, Nea-poli obiit , in ipfa decrepita State, magnis licet bonorum ope-rum meritis cumulâtes , 8c cœlo atque immortalitati iam proxi-mus, de fe tamen adeo demissé humiliterque sentiebat , ut labe-culas suas (si qus estent) nullum finem faceret confitendi, & cumgemitu , latfrymisque quater quinquiesque’ in dies singulos ad ge-nua Sacerdotis accidendl. 0
(p) C. r- 7 - Omni Sabbatho peccata nostra Priori , rel quibusab eo mjunctum est, confitemur
(q) C. 10.
(r) C. f7. Si 66.
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