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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

ne (st) , en 1511. & la Bulle Summi Magiftri ( b ),appellée Bénédictine , parcequ’elle est de Benoît XII.en i ^ 3 6. à une fois au moins chaque mois ; la Ré-gie des Minimes, & celle des Minimesses (c) de mê-me ; celle de Font-Evrauld ( d) , de l’an 1474. auxMercredis & aux Samedis] de chaque semaine ; & leConcile de Trente (e) ordonne aux Religieuses de seconfesser & de communier une fois le mois au moins,conformément à la Clémentine Ne in agro , & à la Bé-nédictine Summi Aíagijiri.

Depuis le Concile de Trente les Confessons se sontencore multipliées dans les maisons Religieuses , & onne s’y est pas tenu au Règlement que cette sainte as-semblée a fait sur ce sujet. Les Carmélites (/) doi-vent communier (ce qui suppose aussi se confesser)tous les Dimanches règlement, & à certaines Fêtes del’année. Hors de cela elles ne le doivent point faire,quand même leur Confesseur le leur ordonneroit. Par-mi les Théatins (g) , les Prêtres qui disent tous lesjours la Messe , íont obligés de se conseiler plusieursfois la semaine, si même ils ne se confessent pas tous lesjours ; les Clercs & les Laïques, tous les Dimanches& toutes les principales Fêtes de N ôtre-Seigneur, dela sainte Vierge Sc des Apôtres , quand elles arriventdurant la semaine à d’autres jours qu’aux Diman-ches ; & les Novices (h ), trois fois la semaine.

Les Statuts & Décrets de la Congrégation des Bé-nédictins en 160;. leur enjoignent de se confessertous les Dimanches & toutes les Fêtes folemnelles.Les Religieuses de la Congrégation' de Notre-Da-me (/) , du premier Monastère érigé à Nanci doi-vent communier & se confesser tous les Dimanches,& toutes les Fêtes de Nôtre-Seigneur, de la Vierge,de saint Augustin , de saint Ignace, & de la Dédica-ce de T Eglise : & leurs Déclarations (k), ajoutent,toutes les Fêtes des 88. Apôtres , de saint Jean-Bap-tiste , de saint Joseph , de saint Etienne , de saintLaurent , de saint Sebastien , de saint Martin, desaint Nicolas, de saint Manfui , & de sainte Cathe-rine.

Par les Statuts généraux (/) , appelles de Barcelon-ne , de TOrdre de saint François , approuvés dans leChapitre général de Sigovie en 16 21. les Religieuxde cet Ordre, qui ne font pas Prêtres , font obligésde fe confesser au moins deux fois la semaine; les Re-ligieuses du Calvaire , de même, selon leurs Consti-tutions (m), savoir, les Mercredis & les Samedis. LesJacobines doivent communier , & fe confesser parconséquent, si elles ont besoin de le faire , au moinsquinze fois Tan. Saint François de Sales marqueainsi les jours de communion & de confession des Re-ligieuses de la Visitation, dans les Constitutions (n)qu’il leur a données : ,, On distribuera enforte le bé-„ néfice de la communion entre les Sœurs , que tour„ à tour il s’en communie trois tous les jours ; 8 c ou-„ tre cela toutes communieront les Dimanches & Fê-„ tes de commandement , & le jour de Jeudi: sinon„ quand il y aura quelque Fête le Mécredi ou le Ven-„ dredi.

Les Chanoinesses Régulières de saint Etienne deReims fe confessent & communient tous les quinzejours (0) ; les Prémontrés au moins une fois la femai-

(*) Clementina, ne in agro, §. iàne.

(b) C. 27.

(c) C. 4.

(d) C. 21.

.(0 SefT 27. de Regular. &c. c. 10. Admoneantur Sanctimo-nial.es ut íàltem semel íïngulis mensibus Confeffionem peccatorumtaciant & sacroíànctam EucEaristiam suscipiant.y ' *-°nstit. de Carmelit c. 6.

(D h" 9- de leurs Conflit, part. I.

(b) Part. 2. c. *

(<) Fart. ?- de leurs Conflitut. art. 3. Sc 4.

(fr) Sur Fart. ;.

w L. 4 . §-4-

(m) 12 . p. C. 7/- C. 12. de leurs Conflit.

(n) C. î1.

(s) C. 13. art. 1.

de leurs Statuts de ,629;

ne (p) ; les Religieuses du Paraclit tous les Samedis »les veilles des Fêtes , & tous les Mercredis (q) ; leSUrfulines de la Congrégation de Paris , les veilles de'sDimanches & Fêtes de commandement (r) , les Béné-dictines de Montargis., les Mercredis Sc les Samedis í(r) celles de la Réforme d’Auxerre, les mêmes jours;(t) le Cérémonial des Ermites de saint Augustin, dela Province de saint Guillaume (v) , de 1650. veutqu’ils communient tous les Dimanches Sc toutes lesFêtes de commandement , 8 c ainsi qu’ils fe confessentauparavant. Les Pères de la Doctrine Chrétienne (X)se confessent de même ; les Célestins (j) , tous lesDimanches, Sc leurs Oblats , une fois le mois ; lesReligieuses de Port-Royal (z) , tous les huit jours.

A l’exemple des Religieux & des Religieuses, il ya des Laïques de T un & de l’autre sexe , & encoreplus du sexe féminin, qui se confessent, les uns tousles mois, les autres tous les quinze jours , les autrestous les huit jours , les autres trois 8 c quatre fois làsemaine , les autres tous les jours , pour preuve deleur piété, vraye ou fausse, de leur fragilité, ou dupeu de foin & de vigilance qu’ils apportent à fe dé-fendre du péché. C’est à leur occasion , auffi-bienqu’au sujet des Religieux Sc des Religieuses , queTon demande, s’il n’y a point de superstition à se con-fesser si souvent ?

Quelques-uns pourroient s’imaginer que la plupartde ceux qui fe confessent si souvent fe rendent cou-pables de la superstition du culte superflu , eu égardau peu de fruit qu’ils remportent de leurs Confessions.

1. Parce que dans Tancienne Eglise on se confessoitrarement ; que le quatrième Concile général de La-tran n’oblige de le faire qu’une sois Tan ; & que le!dernier Concile général, qui est celui de Trente (a)approuve avec éloge & recommande cet usage. Orfe confesser tous les mois, tous les quinze jours, tousles huit jours , deux , trois & quatre fois la semaine*tous les jours , c’est faire ce qui n'est point ordonnépar TEglife , Sc par conséquent c’est tomber dans leculte superflu , ainsi que saint Thomas 8 c le CardinalCajetan nous l’ont expliqué dans la premiere partie dece Traité (b).

2. Parce que le peu d amendement de vie que l’ostremarque dans la plupart de ceux qui le confessent fisouvent est une grande preuve que leurs confessionsn’ont guéres de raport à la vénération intérieure quiest dûe à Dieu ; qu’elles ne contribuent guéres à éle-ver leurs esprits vers lui ; qu’elles fervent peu â mo-dérer la concupiscence de leur chair ; & qu’ainsi ellestiennent du culte superflu , selon l’idée que nous estdonnent les mêmes Théologiens (c).

Cependant peut-on fans témérité accuser de super-stition ce que TEglife conseille , ce qu’elle autorise»ce qu’elle permet, ou au moins ce qu’elle tolère dansles personnes de piété & qui mènent une vie reglée SCexemplaire ? On fe confessoit rarement dans les pre-miers siécles , pour les raisons qu’on a alléguées astcommencement de ce Chapitre : mais ces raisons ayantcelle dans les siécles suivans & de nos jours , pour-quoi trouver à redire qu’on ait recours à la Confes-sion , toutes les fois que le besoin, la crainte de mou-rir subitement , ou quelque autre motif importantoblige de le faire.

II est plus sûr de se confesser aussi-tôt qu’on fe re "

con-

(f) Dist. i. c. 6. n. 3. de leurs Stat. de 1630.

(q) Selon leurs Conflit, de 1632.

(r) 2. p. c. ii. n. 1. de leurs Conflit, de 1646»

(s) 1. p. c. 22. de leur Cérémonial de 1648.

(t) Selon leurs Conflit, de 1649.

(v) C. 32. n. 1.

(x) Selon leurs Conflit, de 1653. 1 . 2. c. 29.

(y) L, 3. de leurs Conít. de 1664. c. 4. r. p.

(z.) C. 5. de leurs Conflit. . x ■

(а) Quem morem h*c sancta Synodus maxtme probat,&a«i-plectitur tanquam pium Sc meritò retínendum.

( б ) L. t. c. 2.

(c) Ibid.