DES SUPERSTITIONS. t 77
que de qui se sont enrôlées dans le Tiers Ordre des Mini-
Connoît coupable de quelque péché morteldifférer fa confession. Si donc on pèche mortellementtous les mois , tous les quinze jours, toutes les se-maines , deux , trois & quatre sois la semaine > tousles jours, quel inconvénient peut-il y avoir à mettrefa conscience en repos, en se confessant tous les mois,tous les quinze jours, toutes les semaines, deux,trois& quatre fois la semaine, tous les jours?
C’est ce que font les Abiffins, selon le'témoignagedu P. Antoine Fernand, que Godigne Ça) néanmoinsne croit pas être véritable» Ils ne se sentent pas plu-tôt en péché mortel, qu’ils courent à un Confesseur& qu’ils se confessent.
A la vérité il n’y a point de loi Ecclésiastique quioblige les Chrétiens d’en user de la sorte , & de sêconfesser si fréquemment. Mais le bon ordre & làbienséance veulent que les personnes Religieuses lefassent toutes les fois que leurs Régies, ou leurs Con-stitutions le leur ordonnent , à moins qu’elles n’ayentdes raisons légitimes de s’en dispenser : Et quoique leCanon Omnis mrimquesexus , n’oblige indispensable-ment tous les Fi déliés de l’un & de l’autre sexe à lefaire qu’une sois Fan , ils ne font nullement supersti-tieux, lorsqu’ils le font plus souvent.
mes, qú’à communier quatre fois l’année , après s’ê-tre confessées autant dé fois, savoir à Pâques, à Noël,à la Pentecôte & à F Assomption de la Vierge.
Le saint Prêtre Jean d’Àvila (d) , surnommé /* Apô-tre dè VAndalousie , assure qu’tine fille doit se conten-ter d’aller deux Ou trois fois F année à confesse , lorf-qu’elle ne peut pas avoir un Confesseur qúi ait lesqualités nécessaires à un. digne Ministre de Jésus-*Christ. „ Si vous ne pouvez (lui dit-il,) trouver„ un Confesseur d’une vie irréprochable , d’une ré-putation bien établie, & d’un âge avancé , il vous„ seroit bien plus avantageux de ne faire en toute„ Farinée que deux ou trois Confessions & autant de,, Communions , auxquelles vous vous prépareriez,, en vous nourrissant tous les jours de la parole de,, Dieu dans un silence de piété & de solitude ; &„ vous sériez plus de prògrès dans cette sainte absti-„ nence de Sacremens que vous n’en sériez par de,, fréquens usages qui fèndroient suspecte votre in-,, nocence.
Dans la famille de saint Châties , qui étoit assuré-ment des mieux réglées , le Docteur Jussano rappor-te (e) que les Séculiers ne dévoient se confesses
II seroit pourtant à souhaiter qu’on laissât les per- qu’une fois le mois : mais les prétendues dévotes d’a ti-sonnes Religieuses dans la liberté de se confesser, ou jourd’hui croiraient être en voye de damnation si el-de ne se pas confesser si souvent. Car il est à crain- les n’étoient tous les jours pendues , pour ainsi dire »dre qu’en les obligeant de le faire si souvent, elles ne aux oreilles de leuís Confesseurs , & prosternées àsoient pas- toujours dans les dispositions que demande leurs pies. On ne blâme pas pòur cela lës Confessionsune si sainte action ; qu’elles ne s’en fassent unè habi- fréquentes. Elles sont bonnes, elles rt’ónt rien de fu-tude , qui les prive des grâces qui y sont attachées; perstitieuX en elles-rnêmes. Mais il y a des circon-& qu’elles ne commettent des sacrilèges en voulant stances qui les peuvent rendre mauvaises & siipersti-
sauver certains dehors, & garder certaines apparencesde piété, pour se maintenir dans l’estime qu’elles peu-vent avoir acquise en Religion. C’est ce qui fait,pour le dire ici en passant, qu’on ne saurait aprou-Ver la pratique de la plupart des Communautés Ec-clésiastiques , tant Séculières que Régulières, où l’onoblige les Prêtres de dire tous les jours la Messe enquelque état intérieur qu’ils fe trouvent , parce quela rétribution de leurs Messes sert à leur subsistance.Comme si, pour entretenir la vie du corps, il falloitperdre celle de Famé , & que pour avoir dequoi vi-vre , il fallut s’engager dans le plus horrible de tousles crimes.
II seroit encore à souhaiter que les Confessions desLaïques ne fussent pas si fréquentes qu’elles le sont,particulièrement celles des filles & des femmes. 11 yen a qui se confessent deux , trois & quatre fois lasemaine ; & les Religieuses les plus exactes ne le fontpas plus souvent. Il y en a qui se confessent tousles jours ; ce qui n’a jamais été prescrit aux Reli-gieux , ni aux Religieuses par aucune régie, ni paraucune Constitution Monastique , & qui est un ra-goût & un rafinement de dévotion qui pourrait biensentir le levain des Pharisiens, dont le caractère est deVouloir se distinguer (b) des autres hommes par desmanières singulières, & pour ne leur être pas semblables.Car enfin ceux qui ont eu foin d’élever les Laïquesdans la véritable piété , & de les y entretenir ne lesOnt pas obligé de fe confesser si souvent. II suffitaux Frères & aux Sœurs du Tiers Ordre de saint Fran-çois , „ de confesser leurs péchés & de recevoir dé-„ votement la sainte Eucharistie , trois fois l’année,
savoir le jour de Noël , de Pâques & de Pentecô-„ te ”, dit leur Régie confirmée par le Pape Nico-las IV. & imprimée à Paris & ailleurs en divers tems.
Saint François de Paule (c) n’oblige les personnes
(a) L. i. de AbaíTm. Reb- c. 35-. Eos (dit-il) qui atìimi fuira tionem h'abent , diebus singulis . qui vero negligentiùs se ge-Niut, bis singulis hebdotnadis ad Sacramentum Confeffionis ac-c ederc. Neminera inter ipíbs reperiri, qualiscumque is fit, quia °n ilatim , si fortè alicujus lethalis fceleris venenum hauserit,a d hoc falutare medicamenturn confugiat.
(£) Luc. 18. n. Non fum ficut cxteri nommes.
.(c) Regul. 3. Ord. c. 3. Saltem quater ( dit-il ) lmgalis annis,Vl di_ïicet in Cœna Domini , vel in ipsius Resurrectione Lr M S,
Tome II,
le mondepour gens de bienfond du
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tieuses. Elles sont de ce gente , 1. lorsqu’eìles fefont par hypocrisie , soit à dessein de passer danspour ce qu’on n'est pas , c’est-à-dire *de bien & de pieté , quoique dans lecœur on n’ait qu’unè probité appa-rente , & une dévotion plâtrée ; soit en palliant sespéchés , en les dissimulant , en les excusant ; ouestles retenant , comme il est à craindre que ne fassentbeaucoup des Religieux & des Religieuses , q u i feconfessent si souvent. AlvaruS Pélagius (f) , qui deCordelier fut Evêque de Silvés en Portugal , & Pé-nitencier de Jean XXII. se plaint de ce désordre estces termes : „ II n’y a point aujourd’hui de péché oà„ les Religieux offensent plus Dieu , que dans les„ Confessions feintes & hypocrites. Ils ne fe con-fessent presque jamais qu’en général ; ils né descen-dent presque jamais dans le détail de leurs crimes;ils disent un jour, ce qu’ils ont dit l’autre, com-me si leuts péchés étoient toujours les mêmes; ilsn’ont presque jamais la volonté de s’en abstenir, 8cde changer de vie ; ils se confessent à la vérité despéchés veniels qu’ils ont commis , comme , parexemple , de n’avoir pas gardé le silence, d’avoirfait de mauvais jugemens, d’avoir murmuré, d’a-voir été trop attachés à leur sensualité , de s'êtrSmis en colère trop subitement , d’avoir dit une pa-role oiseuse, d’avoir oublié un mot en récitant leurOffice, & semblables : mais ils s’accuscnt rarementd’avoir retenu de F argent , d’avoir péché contrél’obéissance , d’avoir eu des familiarités suspectesavec des personnes de l’autre sexe, d’avoir haï leursfrères, de les avoir persécutés, de les avoir câlom-d’avoir brigué les charges & les offices del’Ordre ou de la Maison, d’avoir été hypocrites |mauvais dessein , d’avoir continuellement mentid’avoir perdu une partie considérable de leur tems *d’avoir été orgueilleux, envieux , gourmands, &d’avoir violé fans nécessité les jeûnes de l’Eglife 8£
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jusdem Natali, ac in Pentecôte & iri Áfíìíttíptíône gíori oùt VÙ;ginis Mariae, íacroíancram communionem deyotè silmatis,
(d) In verne. Audi filia, c. 8.
(e) Au 1 . 4. de la vie de saint Charl. c. i,
(f) L. de Pianctu Ecoles, c. 78.
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