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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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„ tente, ci'uns chaîne que bien souvent par après ils„ ont peine de rompre; & tant s’en faut que ladévo-„ tion s’entretienne par semblables discours, qu’au-„ contraire elle s’évapore bien-tôt

Les exemples qui sont rapportés par Césaire d’Hei-sterbach (a ), & par le P. Pierre Rauzane (b) , del’Ordre des Freres Prêcheurs, dans la vie de saintVincent Ferrier, peuvent beaucoup servir â confirmerces Confesseurs dans cette vérité; & ils peuvent ap-prendre de ce que disent le r. Concile de Séville (c),en 619. S. Leandre (d), Evcque de Séville,saint Bo-naventure (e), ou saint Thomas, Alvarus Pelagius (/),le Pere Théophile Raynaud (g ), & quantité d’autresécrivains Ecclésiastiques, que les familiarités qu’il ya entre les personnes spirituelles, les Religieux même'òc les Religieuses, sont extrêmément dangereuses. Ilspeuvent auffi profiter de ce que saint François (&),'disoit si bien à ses Freres, qui étoient trop attachésaux Filles de sainte Claire: J’appréhende, mes Fre-res , que Dieu nous ayant ôté les femmes, le Diablene nous ait donné des Sœurs.

CHAPITRE VI.

Continuation de la même matière.

Impertinente raison des Curés du 'Diocèse deMilan pour ne se point confejser. Le peu-ple de Moscovie y les Diacres & les Sou-diacres Cophtes ne se confejsent point en-core aujourd'hui. Parmi les Grecs les hom-mes mariés se confessoient autrefois en mè-me-tems que leurs femmes , & aux mêmesConfesseurs -j & les Gentils hommes nonplus que les autres personnes de considéra-tion , ne se confessent qu'une , deux y troisou quatre f ois par an. Les Evêques &les Prêtres de Gréce , comme ceux deMoscovie y ne se confessent presque jamais.Les Cophtes ne se confejsent point qu'ilsn'ayent vingt-ans , ou environ. Diversexemples des Confessions faites en présen-ce de plusieurs personnes tout à la f ois. CesConfessions n'étoient point superstitieuses.Si saint Basile approuve que les Religieu-ses se confejsent aux Supérieurs de leursMonastères y en présence de leurs Abbes-ses ? Un jacobin Parisien , nommé Maî-tre Robert, tenant la main fur la tête d'u-ne personne , lui faisoit confejser tout cequ'il vouloit. Cette Confession étoit super-stitieuse.

B ien des gens ou ne se confessent point du tout,ou se confessent en certains tems plutôt qu’end’autres, & d’une maniéré particulière.

I. Dans le tems que saint Charles Borromée futnommé à l’Archevêché de Milan, ce Diocèse étoitdans des désordres effroyables que nous raconte leDocteur Juflàno (î) dans la vie de ce saint Cardinal.Les Curés entre autres ne se confessoient jamais, ne

(a) L. 3. Miracul. c. 10. z. & 1 . 4, c. 41.

{£) L. 1. c. ir.

W C. 11 .

(<0 Regul. c. 1 .

(e) Oprsc. de modo confit. &c. c. 14.

(f) L- *• de Plpctu Eccles. c. 73.

(g) l>. ° e tobrié fréquent, mulier. 8cc. c. 6 . Sc alibi.

{h) Dans le livre du Pere Theoph. Raynaud, Mala è bonis E<

clelìse, in , , n ‘ j' J Ti P aeo > Fratres, ne Deus abstulerit nobuxores, 6c Disbolus ucdcrit nobis Sororcs#

(i) L» r. c, ï«

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croyant pas être obligés de le faire, farce (disoient-ils)qu'ils dormaient labsolution aux autres, C’étoit-là uneignorance crasse, & non pas une superstition.

II* C’est auffi une ignorance crasse aux peuples deMoscovie, de s’imaginer que l'obligation de se con-fesser, ne les regarde en aucune maniéré, mais qu’el-le regarde seulement les Princes, les Nobles, les Sei-gneurs , & les personnes de qualité (k ), ainsi que lerapporte le Baron Sigismond.

III. Les Diacres & les Soâ-diacres Cophtes ( ditsaint Thomas de Jésus (/)) ne se confessent jamais,quoiqu’ils communient tous les jours.

IV. Parmi quelques Grecs, les hommes mariés feconfessent au même tems que leurs femmes, & auxmêmes Prêtres; ce que le Pape Clement VIII. dé-fend très-expressèment 8 c traite d’abus, dans l'Instruc-tion (m) qu’il donna le ;i. d’Août 1595. aux Evê-ques Latins qui ont des Grecs, ou des Albanois, dansleurs Diocèses.

V. Les Gentils-hommes & les personnes de marqueparmi ces mêmes peuples se confessent une, deux,troisou quatre fois par an, selon le témoignage de Christo-fle l’Ange (n) dans Allatio (0), où parlant de l’étatde l'Eglise Grecque d’aujourd’hui, il dit ce que jecite ci-dessous. Auffi le quatrième commandementde leur Eglise ( dit Smith (p) ) est de confesser leurspéchés quatre fois l’an à un Prêtre légitimement or-donné. Quand ils ne le font pas quatre fois l’an, ilspèchent contre ce commandement : ils Jseroient su-perstitieux s’ils se persuadoient qu’il ne leur est paspermis de le faire plus souvent, & cette superstitionseroit un faux culte, & une vaine observance.

VI. Leurs Evêques & leurs Prêtres, non plus queles Prêtres de Ruffie ou de Moscovie, ne se confes-sent presque jamais, si nous en croyons (q) Arcudius.Mais c'èst par une pure malice, fondée fur la crainted’être destitués & privés des fonctions de leurs Or-dres, s’ils se confessoient de quelques péchés de lachair, dans lesquels ils tombent aílez fréquemment.La véritable cause de cet abus (dit Arcudius (r)) c’est:que les anciens Canons suspendent pour toujours del’exercice de leurs Ordres les Clercs qui font tombésdans la fornication, & les réduisent en quelque façonau sort des Laïques. De crainte donc qu’ils ne soientprivés de leur ministère & de leur rang, & même queleurs péchés ne soient connus des autres qui pouroientsavoir qu'ils seroient suspens & interdits, ils refusentde se confesser , & vivant ainsi misérablement dansl’impénitence , ils s’engagent tous les jours dans unplus grand nombre de péchés plus énormes.

VÎI. Les Cophtes, au raport de Thomas de Jé-sus

(k) Eh ces termes : Comment. Rer. Moícovit. c. de Confefli 0 'ne. Confeífionem quamvis ex constitutione habent, vulgus ra-me» eam Principum opus este, & prsecipuè ad nobiles Domin° s8c prsestantiores viros pertinere existimat.

(/) De convers. omn. Gent. 1 . 7. part. 1. c. 3. Ministri solù fItsunt viginti annorum, aut circiter ; nunquam Confessionem û>o-rum peccatorum faciunt, etiamsi íingulis diebus communicent.

(m) Bullar. Tollendus abuses ( dit-ìl ) ubi est, ut vir, atque U-xor simul 8c eodem tempore, eidem Presbytère confiteántur.

(0) C. de confeffioHe.

(°) L. 3. de concord. c. 17, n. 9. Soient Graecorum nobil fiSlemel, aut bis, aut ter, aut quater per annum participes fieri '" jnerandi íànguinis 8c corporis Domini. Nihilominus antea con&'tentur peccata sua spirituali Sacerdoti.

(f) Epist. de Eccles. Graec. Statu hodier. p. 117. edit. r- C°Kfiteri peccata quater per annum coram Sacerdote rite ac legiú lBSordinato.

(q) L. 4. de concord. c. z. Pontifices 8c Sacerdotes Gratcortit*ferè numquam confitentur. Quo eodem vitio laborant Rufserui 11Presbyte», Gratcorum videlicet velut haereditario quodain jure* 0omnibus imitatores.

(r) Ibid. Veram causam, ob quam hic abuses irrepsit, haf c

esse reor. Quia nimirum Canones antiqui Clericos in fornicatio*nem lapsos perpetuò suspendent ab exécutions Ordinum, 8c q u< £dammodo in forte m Laïcorum redigunt. Ne itaque Clericí c e .lent ab officio, 8c gradu priventur, imò 8c eorum peccata, ®interdictum ministerium, aliis patefiant, ideo confite» recuSic miserè impoenitentes vivunt, 8c in longe plura 8c in gsaWpeccata dies prolabuntur. ’