DBS
SUPE
CHAPITRE VII.
Suite du même sujec.
Des Conférions générales. 11 y en a de deuxfortes , les unes ne font pas sacramentel-les , les autres le font. ‘Pourquoi les pre-mières ont été instituées , & quelles utili-tés il en revient à ceux qui les font. Cesdernieres fe font ou des péchés qui n'ontjamais été confessés , ou de ceux qui l'ontdé j a été. Mais de quelque maniéré , & dequelques péchés qu'elle s fe faffent-, ellesn'ont rien de superstitieux en elles-mèrnes.Raisons qu'on allègue au contraire , & ré-futation de ces raisons. Les Confessionsgénérales autorisées par des exemples an-ciens , par l'usage de plusieurs Congréga-tions Religieuses Ecclésiastiques , & parle témoignage des Papes Clément VIII.& Urbain VIII. Elles peuvent néanmoinsêtre superstitieuses en certains cas que l'onraporte. Deux choses à confìdérer dans lapratique de ces Confessions.
I L ne sera pas malaise de marquer ce qu’il peut yavoir de superstitieux dans les Confessions généra-les, après qu’on aura observé qu"il y en a de deux.sortes; les une? Sacramentelles, les autres qui se lefont pas.
Entre les Confessions générales qui ne font pas Sa-cramentelles , on peut compter.
x. Celle qui se fait par le Prêtre & par les assistans,au commencement de la Messe; car Guillaume Du-rand (d), le Président Duranti (}), Scortia (c), &plusieurs autres Auteurs Ecclésiastiques (d) 1 *appellentgénérale.
2. Celle qui fe fait en récitant, soit dans le tribu-nal de la pénitence, soit hors du tribunal de la péni-tence , les formules de Confession qui se trouvent dansles Pénitentiels, tant Grecs que Latins (e), dansl’Eu-Chològe des Grecs, dans l'Ordre Romain (f), dansles Notes (g), du P. Ménard fur le Sacramentaire desaint Grégoire , dans les livres de prières & ailleurs.Car elle n’est que des péchés en général, & elle n’erispécifié aucun en particulier.
jv Celle qui se faisoit autrefois assez communémentdans l'Eglise Gallicane, & qui s’y fait encore à pré-sent en certains Diocèses, comme à Bourges (h), àReims, & à Paris, le jour de Pâques, & qu’on nom-me ordinairement Abfoâte. Car les anciens & les nou-veaux Rituels l’appellent générale. ,, C’est une sainte„ coutume ( dit le nouveau Rituel de la Province de„ Reims (r), de 1677.)dont nous commandons l’exé-„ cution dans notre Diocèse ; ordonnant à tous les„ Curés de la faire au jour de Pâques, avant leur
rò hxc audientes nitebantur eum interficere; sed raptus à Clero,missus eít in carcerem lapideum perpetualiter incluses. Et quiapatrem & mat rem & alios multos insensés vel culpabiles arte íu-Pradicta ad suam iniquitatem velandam fecerat, Deus ei taíemPcetiam in pratsenti vita inrponere decrevit, il forte a malitia seac t>tivertatur. Jlpy'ès epuoï Mr. Colomics ajoute : Haec Richerius. Lo-cum seppeditavit magnse vit diligenti*, Johannes Pricaius, An.glus.
(«) L. 4. Rational. c. 7. n. r. & 2.
(L) L. 2. de Ritib. Ecoles, c. 12. n. p.
00 L. 3. de sacrifie. MiíT. c. 10.
00 Apud Scortiam loc. cit.
(e) A la fin du livre de la Pemtence du P. Morin, & dans Al-latìo 1 . 3. de Concord. c. > 7 - n - 10,
(f) Tit. Ordo in 4. séria 40. & c -
C?) P. 225. & suivantes.
{h) Selon les derniers Rituels de ces Diocèses.
0 ) P. 10S. & lop.
R S T I T I O N S. 183
„ Prône, & d’avertir le peuple qui y assiste, que„ cette cérémonie ne les dispense pas de confesser cha-„ cun en particulier les péchés qu’ils ont commis de-„ puis leur Batême, ou depuis leur derniere confess,, sion; & que ce n’est qu’un aveu public que I’E-,, glise sait à Dieu des péchés & désobéissances de ses,, enfans, pour obtenir en s’humiliant devant lui par„ cette confession publique & generale, leur entiers,, conversion , & la grâce de confesser sacramenta-„ lement tous leurs péchés, & de les quitter entie-,, rement.
,, Mais nul ne doit penser ( disent les Rituels de„ Paris de 1615. de 16$o. & de r646.) que cette,, Confession génerale efface aucun péché mortel : car„ ce n’est qu’au Sacrement de Pénitence qu’on reçoit„ l’absolution de ses péchés. Elle a été saintement„ ordonnée par les anciens Prélats & Pasteurs de l’E-„ glise, afin que les Curés, ou autres Prêtres commis,, par eux la prononçant publiquement en ce jour, les„ Fidelles apprissent Tordre & la méthode qu’ils doi-,, vent tenir en fe confessant à Toreille du Prêtre, &„ qu’entendant aussi réciter cette Confession générale,„ ils puissent plus facilement se remettre en mémoire„ les péchés mortels, qu’ils auroient peut-être ou-„ bliés en leur Confession Sacramentelle. Et bien que„ cette Confession générale n’ait vertu dseffacer au-„ cun péché mortel, si est-ce qú’elle peut beaucoup„ pour effacer les péchés véniels, pourvu que Ton y,, assiste dévotement, & que Ton reçoive avec ré-„ vérence la bénédiction générale que Ton donne,, fur la fin ”.
Cependant elle n’a pas laissé d’être entierement abo-lie en bien des lieux, & les (kj) Rituels de Rouen &de Chartres, de 1640. disent expressément qu’elle Taété sagement & pour de j ustes causes, & qu’il est dé-fendu à tous les Curés de la faire.
Elle n’est pas pour cela superstitieuse, non plus queles deux premieres, étant de T institution de T Eglise &d’un grand secours aux fidelles pour la rémission despéchés véniels.
On peut distinguer deux différentes espèces de Con-fessions générales, qui font Sacramentelles; les unes,des péchés qui n’ont jamais été confessés; les autres deceux qui l’ont déja été.
Les premieres regardent toutes les personnes qui nefe font jamais confessées, jeunes, avancées en âge, in-fidelles & hérétiques. Les secondes regardent toutesles personnes qui se sont déja confessées & qui ontdéja soumis leurs péchés aux clefs de T Eglise; & cesdernières étoient autant rares dans les siécles passés,particulièrement parmi les Laïques, qu’elles sont de-venues fréquentes fur la fin du dernier siécle, & danscelui oh nous vivons.
Il ne peut y avoir que îes ennemis déclarés de laReligion Catholique qui blâment les premieres & quiles accusent de superstition; mais il n’en est pas ainsides secondes, & j’ai connu des Catholiques, & desEcclésiastiques même, assez hardis &' allez témérairespour les condamner comme inutiles & superstitieuses,par des raisons qui me paraissent fort petites & fortminces, & qu’il est bon néanmoins de raporter & deréfuter ici.
Ils disent en premier lieu, que confesser des péchésqui ont déja été confessés, & dont on a reçu l’abso-lution, c’est remuer fans nécessité des ordures qui nesentent jamais bon, que c’est remuer (/) la Camarine,
con-
(k) Tit. Abíolutiones qu* fiunt, & 0 . Hinc (disent ces deuxliì-tueis ) Générales illas, vulgari feu Gallico sermone, Confeffiones"qu* in die Paschse, Parocho dictante recitabantur, otim utiles’nunc prudenter justis de cauiis periculofis his temporibus omiffe& abolit* sent, & ne de «tero fiant, Parochis omnibus,& cu-,ram animarum gerentibus prohibitae.
(ô La Camarine, qui étoit un marais de Sicile, ayant été des-sechee, a cause des vapeurs dangereuses qui s’en exhaloient, lesSiciliens du voilinage tomberent dans un plus grand inconvénient,qui fut detre exposés aux insultes continuelles de leurs ennemis.Voila le vrai sens du proverbe.
Zz z