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contre le proverbe qui le défend, Camarimm ne mo-veas. Mais comme ce remuement contribue à la con-fusion & â l’humiliation des pénitens, il leur est avan-tageux & salutaire, s’ils en font un bon usage, en cequ’il produit en eux une nouvelle douleur, 8 c unenouvelle détestation de leurs péchés; & qu’ainsi aulieu de jetter une odeur de mort & qui soit mauvaise,il en jette une de vie qui est bonne & méritoire de-vant Dieu.
En second lieu ils disent, qu’il n’y a nulle obliga-tion aux Fidelles de confesser une seconde & une troi-sième fois les péchés qu’ils ont déja confessés; que lesThéologiens ( a ) & les Sommifles (b) font dans cettepensée ; qu’on n’est point tenu d’obéir à ceux qui esti-ment le contraire ; & que le Pape même (c) ne peutpas faire une loi qui oblige â cette pratique (d). Maisquoi que rien n’oblige absolument les Fidelles de re-nouvelles la Confession qu’ils ont faite de leurs pé-chés, ils ne laissent pas de mériter devant Dieu en larenouvelant, parce qu’ils O) renouvellent en eux-mêmes les fentimens de confusion 8 c de douleur qu’ilsen ont eûs en les confessant la premiere fois. Ensortequ’on peut raisonner de la Confession générale, com-me de la Confession des péchés véniels, qu’il est bon& avantageux de la faire (selon la doctrine du Concilede Trente (/)) encore qu’il n’y ait nulle nécessité desoumettre ces péchés au Sacrement de Pénitence.
Ils disent en troisième lieu, qu’on ne punit pointdeux sois un même crime dans une même personne &dans le même tribunal: Non bis in idem: 8 c qu’il n’ya nulle raison en cela, dit Richard de Moyen-ville (gj.Que c’est néanmoins ce qui se passe dans le tribunal dela Pénitence à l’égard des Confessions générales. Maisquoi qu’on n’en use pas ainsi dans le for extérieur,on le peut faire utilement dans le for intérieur de laconscience, par la raison qu’on vient de dire; & lespécheurs ont d’autant plus de sujet d’efpérer la rémis-sion de la peine due à leurs péchés, qu’ils en rougis-sent, qu’ils en gémissent, & qu’ils les détestent plussouvent devant Dieu , en les confessant plus sou-vent.
En quatrième lieu ils disent, que les péchés quiont déja été confessés, ne sont non plus la matière dela Confession, que l’eau est la matière du Sacrifice.Mais la comparaison n’est pas juste. Jamais l’eau nepeut-être la matière du sacrifice; au lieu que les pé-chés déja confessés peuvent être la matière de la Con-fession, non pas à la vérité la matière nécessaire, par-ce qu’il n’y a aucune loi ni divine, ni Canonique,qui oblige de les confesser, comme on vient de l’ob-server ; mais la matière suffisante. Et comme l’eau, quiest la matière éloignée du Batême, après avoir servi àun Batême, peut sort bien servir à plusieurs autres Ba-têmes ; ainsi les mêmes péchés qui ont servi une foisde matière au Sacrement de Pénitence, en peuvent ser-vir plusieurs autre fois, pourvû que le Pénitent enconçoive une nouvelle douleur, & qu’il en fasse unenouvelle Confession. Car c’est dans cette vue qu’onordonne à ceux qui entrent en Religion de faire uneConfession générale de toute leur vie ; ce qui s’obfer-ve maintenant dans la plupart des Ordres & des Con-grégations, tant Monastiques qu’Ecclésiastiques,com-me on le féra voir tout a 1 heure.
Ils disent en cinquième lieu, que Marc l’Hermite,
(a) Richard, de Med. Vil. in 4. dist. 17. q. 8.
{b) Angélus, Sylvester, &c. V. Confessio. Navar. in Manual.c. 9. n. i.
(c) Petrus de Palud. in 4. dist. ead.
(d) L. 4. Sentent, dist. 17. Nec neceflê est {dit le Maître des Sen-tences) utquod Sacerdoti semel confeffi sumus, iterum confitea-mur: íèd lingui cordis, non carnis, apud verum judicem id ju-giter confiteri debemus.
(e) De Pœnit. dist. 1. Laborat enim mens ( dit le Canon Quempcenitet) patiendo erubescentiam. Et quoniam verecundia magnaest pœna, qui erubescit pro Christo fit dignus miícricordiâ.
(f) Sess. 14. de Pœnit. c.
(?) Loc. cit. Non emm rationabile est, ut pro eadem causane-ceffatium fit hominem bis judicari m eodem foro.
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qui vivoit fur la sin du quatrième siécle, condamne(h) cette pratique. Mais cet Auteur ne parle (i) nul-lement de la Confession Sacramentelle, ni par consé-quent de la Confession générale que nous examinonsici, mais de la Confession qui se fait chaque jour àDieu dans l’examen particulier de la conscience. Il veutseulement que dans cette Confession journalière les pé-cheurs gémissent devant Dieu en général des péchésde leur vie passée, fans les considérer dans une vuedistincte, & fans trop y attacher leur pensée, parceque le Diable qui leur suscite souvent des tentations,sous prétexte de piété, réveille en eux de fâcheuses i-dées, & jette leurs esprits dans le trouble 8 c la con-fusion, afin de les détourner des exercices de la viespirituelle.
Ils disent en sixième lieu, que quand on se confes-se des péchés dont on s’est déja confessé, on supposequ’ils ont déja été remis par l’absolution qu’on en areçue du Prêtre, après en avoir conçu une douleursincere; & qu’ainsi si on les confesse encore une fois,la forme du Sacrement, Ego te abfòlvo k peccatis tttis ,est fausse. Car outre qu'une seconde absolution estinutile & superflue, elle ne peut pas tomber fur despéchés dont on a été absous auparavant. Mais ils neconsidèrent pas qu’il suffit pour la vérité de la formedu Sacrement, que la grâce qu’elle donne soit capa-ble de remettre les péchés s’ils n’avoient pas déjaété remis. Autrement quand on a eu une véritablecontrition de ses péchés avant que d’en recevoir l’ab-folution dans le tribunal de pénitence, & qu’ils ontcté effacés, il feroit inutile d’en demander l’absolution.Il est certain cependant qu’on les doit soumettre auxclefj. & à la puissance de l’Èglife. .
Enfin ils disent, qu’il n’est nullement parlé desConfessions générales dans les anciennes Régies, nidans les anciennes Constitutions Monastiques ; que cetusage est de l’invention des nouveaux instituts ; 8 c quela curiosité y a beaucoup de part, d’autant que patce moyen les Supérieurs des Maisons Religieuses ontune entiere connoissance de la vie passée de leurs Reli-gieux & de leurs Novices.
La vérité est qu’il n’est parlé en aucune maniéré desConfessions générales dans le Code des Régies qu’Hol-stenius a donne au public, & qui sont pour la plupartles plus anciennes Régies que nous-ayons, parce que»lorfqu’elles ont été écrites, on ne confessait pas si sou-vent qu’on a fait dans les derniers tems, pour les rai-sons qu’on a expliquées dans le chapitre cinquième dece livre. Il y, a néanmoins plusieurs siécles que l’onfait des Confessions générales ; & que l’on oblige tou-tes personnes qui entrent dans l’Etat Religieux de seconfesser de tous leurs péchés passés. Obligation qu*a paru si juste & si raisonnable aux nouveaux Instituts
6 Réguliers, & Séculiers, qu’ils l’ont embrassée avecd’autant plus d’ardeur, qu’ils ont reconnu par expérien-ce les fruits & les avantages qui leur en reviennent.
Sa-
(h) En ces paroles: N. 139. 8c 140. capitulor. de his qu*putant ex operib. íè justificari , to. 4. Biblioth. Maxi. SS.PP. part. 2. Praterita peccata, specie quadam memoria repen-sa , nocent homini in bona spe constituto. Nam cum tristítíaapparentia à spe abducunt: sine tristitia autem sub imagine qua-dam concejrta in animo , veteri inquinatione hominem conta-minant. Cum mens per vitiorum abnegationem 8c renuntiatio-nem spem unicè considerandam apprehenderit, tune ininiicussubConfeflionis pratextu, ante menti impreflâ vitia effingit: ut af-fectus, gratiâ Dei oblivioni traditos, iterum incensos exsuícitet,8c hominem latentes injuria afficiat. Tune enim fi clarus 8c af-fectibus inimicus existât, neceslàriò obtenebrabitur, detentus 2econfusus propter perpetrata vitia. Et fi nebuloíus adhuc 8c vq-luptatum amans fuerit, omninò unâ períeverabit, 8c astecto ani-mo, cum occurrentibus aíFectionibus familiaritatem contrahet, utmentis ancicipatio, talis memoria, 8c non Confessio inveniatur.ltaque si voluerisDea offerre irreprehensibilem confessionem, spe-ciatim errorum ne recorderis (nam valde inquinares animum)verum horum illecebras generosé perferto.
(r) Ces mots le marquent aflëz clairement : Si volueris Deoofferre irreprehensibilem Confessionem : aujp-bien^ que ceux- ctdu paragraphe 142, Scientiâ praedítus, quique veritatem novít.nequaquam memoria rerum factaruiïi* íed patientia rçruni cofl*tingeatium confitetur Deo.