D E S S U P E R S T I T I O N 5. t
Celles, puis de saint Rémi de Reims, & enfin Evê-que de Chartres, & digne de gens que l’abondancefend pauvres, & que la clarté du soleil aveugle»
XV. Il y en a d’autres qui bien loin de ne rien di-re , disent trop, soit en Lisant des histoires & desénumérations inutiles, soit en parlant en termes tropgénéraux, en termes hyperboliques Sc ambigus ; soiten répétant des formules superflues, ou qui ne signi-fient rien; soit en faisant des demandes indiscrètes;soit enfin en déclarant un plus grand nombre de pé-chés qu’ils n’en ont commis en effet. Tous ces dé-fauts regardent le faux culte, le culte superflu de lavaine observance ; & le dernier combat directement lafidélité qu’on doit apporter au Sacrement de Péniten-ce, & qui veut qu’on déclare à peu-près les péchésmortels dont on fe sent coupable, & dont on se sou-vient après avoir examiné soigneusement lâ conscien-te (dit le Concile de Trente (a) ), sans en aug-menter le nombre : dans l’assurance que ceux qu onoublie- font renfermés dans la même Confession, com-me ( b) parle ensuite le même Concile, & par consé-quent remis.
CHAPITRE IX.
Suite de ]a même matière.
T) es Confessions par signes, par personnes in-. terposeeSy & par écrit. Si elles font su-perstitieuses. La Confession d’un hommequi sauroit parler , & qui cependant ajsec -teroit de se cons esterpar gestes , ou signes ,ne fer oit pas Sacramentelle , mais supersti-tieuse. Exemple d’un Cordelier hypocrite. qui vouloit se confesser ainsi , pour ne pas. rompre le silence. La Confession d’un muet ,ou d'une personne qui ne saur oit pas la lan-gue de son Confesseur , ne fer oit pas nulle ,ni superstitieuse. Celle d’un ‘Pénitent quiJe confesseroìt par une personne interposée ,pour s'épargner la honte de déclarer lui-même ses péchés , fer oit criminelle & su-perstitieuse. En quels cas on peut fe ser-vir d’interprètes & de signes pour fe con-fesser. 'Trois manières de fe confesser parécrit. Exemples de ces fortes de Confes-sions. Hildéholde , Evêque de Soijfons , &Robert Evêque du Mans , fe confessèrenten cette maniéré. Ce qu’on doit juger deleurs Confessions. Au neuvième siécle ilétoit permis , ó“ cela a aussi été permisjusqu’au siécle où nous sommes, de se con-fesser % & de donner l’absolut ion par Let-tres , au moins dans les cas de nécessité.Cela a été depuis défendu par un ‘Decretde Clement VIII. Sentiment particulierde Suarés , & du P. Théophile Raynauld ,fur la Confession faite sar un absent , &sur Iabsolution donnée à un absent dans u-ne extrême nécessité.
U N Pénitent qui fauroit parler & fe faire enten-dre , & qui néanmoins affecterait de fe con-
(a) Sess. 14. de Pœnit. c. p. Constat nihil alíud in Ecdesia à^«nitentibus exigi, quàm ut postquàm quisque diligentius fe ex-cusserit, ea peccata confiteatur, quibus iè Dominum 8ç Deumsuum mortalités ostendiíse meminerit.
( 4 ) Reliqua autem peccata, qu» diligentes cogitanû non oc-Cu mmt, in univerium cadem confessions inclufà este íntelligun.tur.
fesser par gestes, ou signes, non seulement féroit unpéché mortel, Sc une confession invalide & nulle,mais il tomberoit en outre dans la superstition du fauxculte, & dans celle de la vaine observance, parce queces gestes & ces signes n’auroient en lui aucune vertude produire la rémission des péchés, qui est le fruitdu Sacrement de Pénitence ; & que l’intention & lapratique de l'Eglise sont, que ceux qui savent parlerSc fe faire entendre, se confessent de bouche, cetteconfession donnant plus de honte & de confusion quecelle qui fe fait par gestes,ou signes, & étant par con-séquent plus méritoire. Ainsi e'étoit une véritable su-perstition à ce Cordelier hypocrite, dont parle saintBonaventure (ê) dans la v,ie de saint François, de feconfesser, comme il àvoit accoutumé de faire , pafsignes, de crainte de rompre le rigoureux silence qu’ilgardoit.
Mais la Confession d’un pénitent qui feroit muet,qui par quelque maladie, ou quelque autre accident,auroit perdu l’usage de la parole, ou qui ne fauroitpas la langue de son Confesseur, & qui cependant feconfeffèroit par signes, ne feroit ni invalide ni nulle,ni superstitieuse, supposé qu’il la fìt de la meilleuremaniéré qu’il lui feroit possible, & qu’il témoignâtde la douleur de son péché; parce que ces signes luitiendroient lieu de parole, Sc que Dieu qui est fau-teur des facremens & des grâces qui y font attachées,ne désire la Confession orale que de ceux qui peuventparler, & qu’il n’oblige personne à l’impoísible.
Celui qui pour s’épargner la honte qu’il devroít â-voir de ses crimes, fe confesseroìt par une personneinterposée, ou par l’entremise de quelqu’un de ses amis,tomberoit auflì dans un grand péché, dans la supersti-tion du faux culte, & dans celle de la vaine observan-ce, & féroit Une Confession invalide, parce que lâhonte sait partie de la rémission, comme parle le Ca-non Ottem pxnitei (d) ; que cet orgueilleux pénitentne se confesseroìt qu’à son ami; que son ami ne seconfesserait à personne ; & que le Confesseur n’auroitaucune vraye certitude que les péchés qui lui ont étédéclarés fussent de lui, puifqu’il pouroit nier ensuitede les lui avoir confessés. C’est pourquoi le mêmeCanon veut, (e) que celui qui fe confesse ait uneparfaite douleur de ses péchés, qu’il fe présente lui-même en personne aux Prêtres, & qu’il prévienne lejugement de Dieu par une bonne Confession.
Il n’en feroit pas de même si un Pénitent ne sachantpar la langue de son Confesseur, fe fervôit d’un in-terprète pour fe confesser. Car en ce cas fa Confessionferoit bonne, & elle ne feroit nullement superstitieu-se , non plus que celle d’un muet qui fe servirait d’untruchement qui entendrait mieux ses signes que nepouroit faire son Confesseur, Sc qui les expliqueraitmieux qu’il ne pourrait faire lui-mêirte à son Confes-seur. Mais si pour avoir moins de confusion dé sortpéché, on íeignoit de ne pas savoir assez la langue deson Confesseur, & de n’être pas en état de lili décou-vrir le fond de son cœur, & que pour cela on fe con-fessât par un truchement, une Confession de cette na-ture feroit criminelle & superstitieuse. Elle feroit bon-ne au contraire, si le Pénitent, dans le tems qu’il soconfesserait, venoit à être privé de l’ufage de lâ paro-le, & qu’il marquât par quelques signes , la douleurqu’il auroit d’avoir offensé Dieu; ou même si ayant
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(c) C. II. §. frater quidam. Fraser quidam erat (dit ce Ose-teur) quantum à loris videbatur, sanctitate prteclarus, conversa"tione iníïgnis, tamen admodum singulariî. Omni tempore ora-tioni vacans, tanta districtiotíe siientium obíervabat, quot j CQ „sueverat non verbis, sed nutibus confiteri. n
{d) De Pœnit. dist. i. Erubescenda ipsa parteffi Eabet remsofionis.
(e) Quem pœnitet. ornnino pœniteat & dolorefn Iacrymis -»-stendat: repradentet vitam iuam Deo per Sacerdotem, przveniatjudicium Deiper Confeffionem. Prascepit enim Dominus mûri-dandis ut ostenderent ora Sacerdotibus, docens corporali prasscrr-tia confitenda peccata, non per nuntium. non pèr íeriptum ma--nifestanda. •
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