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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS

tout-à-sait perdu la parole, il avoir témoigné ou parlui-même, ou par quelqu’autre personne, avant qued’avoir un Confesseur, le désir qu’il auroit eu de seconfesser. C’est ce que noUS apprenons du Rituel Rou-main (a) de Paul V. Nous lisons la même chose dansle Rituel d’Evreux, de i6ri. dans celui d’Angers,de i6r6. dans celui de Baïeux, de 1627. dans celuide Sées, de 1634. dans celui de Beauvais, de 1637.dans celui de Rouen, de 1640.' dans celui de Char-tres, de la même année, dans celui de M eaux , de1645. dans celui de Paris, de 1646. dans celui d’Al-bi, & dans celui de Boulogne, de 1647. dans celuide Maline, & dans celui de Châlon-fur-Marne, de1649. dans celui de Clermont, de r6;6. dans celuide Troïes, de 1660. dans celui de Maïence, deWirsbourg & deWormes, de 1671. & dans plusieursautres. Cette doctrine est conforme (b) au Canon*s£grotantcs , & au 78. (c) Canon du quatrième Con-cile de Carthage, en 398. Venons mantenant à laConfession qui fe fait par écrit.

On peut fe confesser par écrit en trois maniérés ;soit en lisant sa confession à son Confesseur ; soit en lalui envoyant écrite dans une Lettre 4 & c’est cette der-niere Confession qui s’appelle proprement me Confef-Jion Epifiolaire.

La première Confession est en usage parmi les per-sonnes qui savent lire & qui se défient de leur mémoi-re. Elle a l’approbation de tous les Théologiens, par-ce qu’elle n’a rien en foi de vicieux, & que celui quila fait ne se contente pas de la lire comme une histoire,ou un récit, ce qui diminueroit la honte qui doit ê-tre inséparable de la Confession, & qu’après avoir lûdans son papier, ou dans son livre, (d) il confesse debouche ses péchés.

La seconde Confession seroit invalide, si dans lerems que le Confesseur la liroit, le Pénitent n’avouoitpoint ses péchés, & ne donnoit aucune marque dedouleur de les avoir commis. Mais elle pouroit êtrebonne, si au même-tems que le Confesseur la liroit, lePénitent disoit de vive voix, ( e) ou témoignoit parquelque signe, présupposé qu’il n’eût pas l'usage dela parole, qu’il a commis les péchés qu’il lui enten-droit lire, & qu’il en est extrêmement fâché.

U y a eu néanmoins autrefois des occasions extraor-dinaires où Dieu a accordé à des Pénitens la rémis-sion de leurs péchés, quoiqu’ils ne les eussent donnésque par écrit à ceux à qui ils les vouloient faire con-noître, en leur en témoignant de la douleur, fans lesleur déclarer de vive voix. Nous en avons ci-devant

(a) Qui dit: Tit. ordo ministr. Sacram. Pœnitent. Quod si in-ter confitendum, vel etiam antequam incipiat confiteri, vox 8cloquela *grum deficiat, nutibus 8c signis conetur, quoad ejusfie-ri poterie > peccata pœnitentis cognoicere, quibus utcumque velin genere, vei in specie cognitis, vel etiam si conhtendi deside-rium, sive per fe, five per alios ostenderit, absolvendus est.

(b) Qui dit: De consecrat. dist. 4. ALgrotantes si pro fe re-spondere non possunt, cum voluntas eorum testimonium fui di-xerit, baptizentur. Similiter 8c de pœnitentibus agendum est.

(c) Dont voici les paroles: Is qui pœnitentiam in infirmitatepetit, si cafu, dum ad eum Sacerdos invitâtes venit, oppressusinfirmitate obmutuerit, vel in phreneíìm versus fuerit, dent te-stimonium qui eum audierunt, 8c accipiat pœnitentiam. Et sicontinue, creditur moriturus, reconcilietur per manus impositio-nem, 8c infundatur ori ejus Eucharistia. Si fupervixerit, admo-neatur à fupradictis testibus, petitioni fuse fatisfactum ; 8c fub-datur statutis pœnitentis legibus, quamdiu Sacerdos, qui pœni-tentiam dédit, probaverit.

(:/) Selon cette remarque de Soto: In 4. dist. 18. q. r. art. 6.Qui autem in memori* fubsidium proprio ore legit peccata suacoram Sacerdote, citra dubium légitimé confitetur. Non tamendébet merum legentis osticium prœstare; minueret enim vere-cundiam Confeffioni germanam. Sed debet postquam infpexitpa-pyrum ore confiteri.

(«) Ibid. Si quis ( dit encore Soto ) in praesentia Sacerdotis feri-pto confiteatur, fieri potest dupliciter: uno modo ut pœnitensferiptum tradat Sacerdoti qui légat, pœnitente nihil voce, autsigno affirmante. Et hsc quidem Confeffio non est valida, quo-niam per iU as btteras nihil pœnitens affirmât, cùm tamen con-feffio lit actus perfonalis quo homo prsíènti Sacerdoti loquitur.Si verò cùm singula peccata Sacerdos legit, pœnitens dicat fe il-la feeisse, vel nu tu capitis, si mutus est, annuat, tune est veraconfeffio, quia locutioni xquivalet.

(/) rapporté un exemple notable, tiré d’un fragníêsltattribué à S. Amphiloque, Evêque d’Icogne, où ilest fait mention d’une Dame de qualité, qui donna fâConfession toute écrite dans un papier bien cachetteà S. Basile » qui lui óbtitìt l’àbsolution de tous ses pé-chés , hormis du plus considérable, pour lequel il ren-voya à S. EphrénS, Diacre de l’Eglise d’Edesse, quile renvoya ensuite à S, Basile, qu’elle trouva qu’ostportoit en terre: ce qui îi’énipêcha pas qu’ayant jet-té son papier fur le corps de ce grand Saint, sonpéché ne lui fût pardonné.

Une femme de l’Ile de Chypre reçut aussi l’absolu-tion d’un crime énorme, qu’elle donna par écrit àsaint Jean l’Aumônier, n’osant pas le lui confesser debouche, mais elle ne la reçût qu’après la mort de cetillustre Patriarche d’Alexandrie (g) , qui fe leva ex-près de son tombeau pour lui rendre son papier, furlequel elle trouva ces paroles écrites: Procter Joannemservum meum , deletum efi tuum magnum peccatum.C’est ainsi que le raconte (h) Leonce, Evêque deLemissa, ou Némosia, qui vivoit au commencementdu septième siécle.

Un jeune homme, étudiant à Paris, ne pouvant feconfesser de vive voix, fût conseillé par un Prieur deS. Victor, de lui donner fa Confession par écrit (f).Ce Prieur l’ayant lue lui dît, qu’il ne pouvoit paslui seul lui donner les avis qui lui étoient nécessaires ;mais que s’il vouloir, il montrerait son écrit à sonAbbé. Le jeune Ecolier lui ayant permis de lefaire, l’Abbé ne trouva rien écrit fur ce papier : &de-là le Prieur conjectura que Dieu avoir effacé sespéchés, & qu’il les lui avoir pardonnés.

Mais un miracle de cette nature, non plus que lesdeux précédens, ne peut pas être tiré à conséquenceni servir (k^) d’exemple, comme l’alïure le même Cé-saire (l) dans une autre occasion.

II fe trouve quelques faits particuliers dans l’anti-quité Ecclésiastique, qui semblent justifier la troisiè-me Confession, qui est la Confejfíon Epifiolaire.

Vers l’an 871. Hildébolde, Evêque de Soissons,fe voyant malade à l’extrêmité, écrivit une lettre àHincmar, Archevêque de Reims, son Métropolitain,dans laquelle il lui fît une confession de tous ses pè-ches , lui en demandant l’absolution avec beaucoupd instance ; ce que Hincmar lui accorda, comme ilest clair par la lettre {m) qu’il lui adressa fur ce sujet.

L’an

(f) Chap. 7 .

(g) Les Miracles foifonnoient alors en Orient, 8c même , si jel’ofé dire, beaucoup plus qu’en Occident: mais les siécles fuivanîont bien donné revange à nos Légendaires.

(h) In vit. S. Johan. Eleemof circa fin.

, (<) L. r. Miracul. c. 10. Venit Prior ad Abbatem ( dit Césairtd’Hetjlerbach) 8c porrexit fcedulam legendam. . . . mox ut Ab-bas cartulam ad legendum aperuit, totam ejus contínentiam de-letam invenit. ... 8c ait Abbas Priori, Ghiid legam in fctduldisttt, nihil in ta feriptum estï H a: c ut Prior audit, ícedulam sim®cum Abbate reípexit, dixitque ad illum, ,, Sciât profecto Pater-,, nitas vestra, íupradictum juvenem in hac seedula feripsisse pec-,, cata sua, 8c cùm à me fuissent lecta, vobis etiam donavi I e '„ gendam. Sed, ut video, mifericors Deus,qui maximam juve-„ nis contritionem attendit , culpam jam fufficienter punira®„ juste deievit. Deletio si quidem totius feripti abolitionem si*„ gnificat totius delicti”; 8c advocantes fcholarem, ostende®®fcedulam dicentes, ejus peccata divinitus esse deleta.

(Q Puis qu’ils ne íàuroient servir d’exemple, 8c que d’ailleU rSdans ce siécle un peu incrédule, il est difficile de constater l’auto-rité des miracles du bas 8c du moyen âge, il valloit mieux ne l eSpas dire.

(l) L. z. e. 17. Miracula non funt in exemplum trahenda.

(m) Epist. 40. to. 2. operum Hincma. Edit. Paris, an 164.5- P a ë'686. 687. 8c 688. Humilis (lui dit-il) ac lin c erse mentis tu# Con-feffionem relegi, 8cpro tua animas ac corporis falute, per omne®nostram Parochiam Domini mifericordiam implora» popofci- k cquoniam fratrem nostrum Hodonem ad te iturum cognovera® >non putavi neceílè fore ut tibi litteras mitterem, quia ipfe 8c U-nanimitate nostra, 8c ministerio Epiícopali, ea qu* agenda n®^erga infirmum fratrem per fe agere poterat. Sed quoniam ?teS'byterum tuum ad me mittens eumdem breviculum Confeffio”*tu* mihi remisisti, petens ut abfolutorias litteras tibi trans® 1tam, quam devotionem tuam gratanter fufeepi. Scio enim q u .non in me bona mérita, qu* nulla funt, sed virtutem minn eimmérité mihi commiffi attendis. . . . Qua propter sicut pr^.