1,4 DES SUPER
Concile de Trente (a)) est un acte ou une Senten-ce judiciaire qui se passe entre le Pénitent & le Con-fesseur , & où le pénitent est l’accusé , & le Con-fesseur le Juge. Et comme on peut fort bien dansles Tribunaux ordinaires juger un absent , 8 c l’absou-dre ou le condamner , & que cela arrive même assezsouvent, on le peut auffi-bien faire dans le Tribunalde la Pénitence, lors que le Pénitent envoye par écritses péchés à son Confesseur, & qu’il s'en accuse sin-cèrement & avec douleur , & que le Confesseur luien envoye l’absolution par écrit : le commerce de Let-tres (dans la pensée de saint Jerôme (b) ) ayant celade particulier qu’il rend présens les abfens , & qu’ilfait que les uns & les autres s’entretiennent commes’ils se parloient tête-à-tête & de vive voix.
La vérité est qu’il y a beaucoup d’autres anciensScholastiques qui sont d'un sentiment contraire. Maiscette contrariété de fentimens marque qu’il n’y avoitrien de décidé là-dessus dans l’Eglise , 8 c qu’il étoitlibre de croire & de soutenir le pour & le contre.Mais enfin la question a été reglée au commencementdu siécle où nous sommes, par le PapeClement VIILqui a condamné au moins comme fausse , téméraire &scandaleuse , cette proposition ; Oh il e(l permis deconfesser Sacramentellement fis péchés par Lettres ou parpersonnes interposées , a un Confesseur absent , & d'en re-cevoir de lui , aufs absent , l’absolution : 8 c a défendu fouspeine d’excommunication de Sentence prononcée parle seul sait, & reservée au saint Siège, & sous d’au-tres peines arbitraires, de l’enseigner , de la soutenir,de l’imprimer, & de la mettre en pratique. Son Dé-cret qui est du 20. jour de Juillet de l’année i6or.est rapportée dans le troisième Tome du Grand Bul-laire, & l’on peut voir (c) dans la Note ce qu’il con-tient.
Quelques années après ce Décret , Suarés , quimourut le r;. Septembre 1617. selon Alegambe (d) ,ne laissa pas d’écrire 0) qu’en cas de grande & ur-gente nécessité, on pouvoit se confesser Sacramentale-ment par Lettres ou par personnes interposées , à unConfesseur absent , quoi qu’on ne put pas recevoir1 absolution par Lettres, ni par personnes interposées.De maniéré qu’il distingue ces deux propositions , Seconfesser par Letires , ou par perfimnes interposées k un Con-fesseur abfint ; & recevoir /’absolution par Lettres ou parpersonnes interposées , d'm Confesseur abfint. II soutientla premiere dans le cas d’une extrême nécessité , 8 c ilassure que Clement VIII. ne l’a pas condamnée sépa-rément , mais conjointement avec la seconde. Etqu ainsi ces deux propositions étant prises séparémentl’une de l’autre, elles ne sont ni censurées , ni cenfu-rables. C’est ce qu’il confirme en deux façons.
(a) Sess. 14. de Pœnit. c. 6. & can. 9.
( b ) Epis. ad Marcellam. Epistolare officium est quodammodòabsentes inter se praesentes fieri , dum mutuò quid aut velint,aut gestum lit, nuntiant.
(c) Sanctissimus D. N. D. Clemens Papa VIII. &c. Auditisvotis Patrum Theologorum & re cum Ulustriss. 8c Reverendiss.Dominis Cardinalibus , contra Hsereticam pravitatem generalibusInquiíitoribus , mature ac diligenter coníìderatâ , hanc proposi-tionem, ícilicet, >, Licereper lutteras, feu internuntium, Con-„ fessario absenti, peccata Sacramentaliter confiteri, & ab codeur,, absente absolutionem obtinere , ad minus uti faílam , temera-„ riam, 8c scandalosam”, damnavit ac prohibuit, prsecepitquene deinceps ista propositio publicis privatisve ìectionibus, concio-nibus & congreiîibus doceatur , neve unquam , tanquam aliquocasu probabilis, defendatur , imprimatur, aut ad praxim quovismodo.deducatur. Quod si quis illam docuerit, defenderit, im-primi fecerit , aut de eâ etiam disputativè tractaverit (nisi íbrsanimpugnando) vel ad praxim directe , feu indirecte deduxerit,prœter excommunicationem latte sentent! se, quam ipso facto in-currat , 8c à qua non possit (praterquam in articulo mortis) ab. 0 > quacumque etiam dignitate fulgente, etiam S. R. E. Ma-iori ecemtentiario , nisi à pro tempore existent! Romano Ponti-nce, a.biolvi, aliis etiam poenis arbitrio jinfligendis íubjaceat. Ingénéra 1 pn®atione sanctx Roman* 8c universalis Inquisitio-
nIS , ... lta , ln a at '° Apostolico in monte Quirinali, die 10. men-sis Juin 1602. ^
dguìntìlicmm Adrìmus Sot.
{d) In Bibliotheca Soc. Jesu.
(e) To. 4. part. Z. disputât. 89. 8c seqq.
5 T I T I O N S.
1. Par ces paroles de Jefus-Christ dans saintMarc ( f) : Si un homme quitte fa femme pour en épou-ser un autre , il commet un adultère k l'égard de sa pre-miere femme. Car il est certain que ce divin Sauveurne condamne pas d’adultére un homme qui quitte fafemme pour une juste cause ; mais seulement qui laquitte pour en épouser une autre.
2. Par cette proposition : L’homme est un animalraisonable , & il a naturellement la grâce de Dieu. Carle premier membre est véritable , & le second héréti-que , 8 c tous les deux conjointement font aussi héré-tiques.
Certe explication , qui a plus de subtilité que desolidité, à terriblement échauffé la bile aux nouveauxThomistes, & particulièrement à Alvarés, à Nugnus,à Candidus , à Cogner , à Avila, à Fay, & à plu-sieurs autres , contre Suarés. Mais le P. ThéophileRaynaud, son confrère , l’a défendu contre leurs at-taques dans la Dissertation qu’il a écrite exprès pourcela , De Consessone Epíslolari , 8 c qui fait partie deson aípopompaus. Dans le vrai ce qu’on vient derapporter d’Hildébolde de Soissons , de Robert duMans, & des autres Evêques qui les ont absous, dePierre de la Palu, de Richard de Moyen-ville , desaint Antonin, & du Pape Adrien VI. est une preu-ve assez considérable , qu’on peut en cas de nécessité
6 sc confesser par Lettres à un absent , 8 c recevoirl’absolution d’un absent par Lettres. Le plus sûr ce-pendant est de s’en tenir au Décret de Clement VIII.& de laisser abonder Suarés 8 c le P. Théophile Ray-naud dans leur sens.
CHAPITRE X.
Des Superstitions qui regardent l’Absolution.
C’est superstition de vouloir recevoir l’absolu-tion à chaque péché que l’on confesse , &de faire confesser ses péchés & d’en rece-voir l’absolution par un autre. Exemplesde la Bienheureuse Lidwine ì & de la mè-re- de saint ‘Pierre le Vénérable sur cesujet. Si dans un danger évident on s’é-toit confessé en attendant un Confesseur ,& que ce Confesseur étant venu on eutperdu l’usage de la parole , on seroit enétat de recevoir l’absolution. On ne peutsans superstition se confesser, à un Prêtre ,& demander l’absolution des péchés qu’onlui a confessés , à un autre Prêtre. Un Con-fesseur t devenu muet , ou qui àuroit perdu Vparole en confessant , seroit superstitieuxs'il donnoit l’absolution par signes. U UConfesseur Grec qui se féroit absoudre putUn Latin , & un Confesseur Latin qui sféroit absoudre par un Grec , tomberaientdans la superstition , à moins que la né-cessité ne les en excusât. C’est ce qui arri-ver oit fi un Grec donnoit l’absolution dansune forme absolue & impérative , & ndLatin dans une forme déprècatoire. L> eSLatins ont depuis quelque tems cessé dedonner l’absolution dans une forme dépre-catoire , & commencé de la donner dansune forme absolue & impérative. Ce qu’ondoit croire des deux absolutions que le fGrecs donnent aux Pénitens. Si depui s
le Décret de Clement VIII. il n’y a point
de
(/) Marc. 10, 11.