DES SUPERSTITIONS.
Absolut ionem peccatorum tmrum (scut rogafii ) autto-ritate Prìncipum Apofiolorum Pétri & Pauli fttlti, quo-rum vice , quamvis indigni fungìmur , tiki mittere di-gnum duxittms.
A Dietsvin, Evêque de Liège: Quia in extremovider ìs postas, fraterna compajfìone duiU , AutloritateB. Pétri Apoflolomm Principis, abfolvimus te a peccatistais , & Dominum pro te exoramus, ut interventu bea-torum Apofiolorum inter eleélos. œternum merearis con-sortium.
A Olaiis, Roi de Norvège: Deus omnipotent, quidives efl in misericordia , meritis & autloritate Apofiolo-rum Pétri & Pauli , & noflrâ per illos nobis , licet indi-gnis, divinitus concejfa, abfolvat te Q" omnes fideles tuosab omnibus peccatis vesris , gr dirigat vos in omnem vo-luntatem fuam , ut in hac vit a vas prornereri faciat quodin eterna beatitudine multipliciter vobis adauEla coronarétribuât.
Au Duc Welfon : Omnipotent Deus meritis Beat aMaria cœlorum Regìm , per autloritatem B. Pétri Apo-flolorum Principis, mihi valde indigno commijfam, tetuasque omnes focios, qui juflitiam amatìs , Q- B. PétriJèdem diligìtis, d cunclis peccatis abfolvat, A- ad vìtamaternam per ducat.
Aux Moines de Marseille: Autloritate B. Pétri, A-poflolorum Principis, nobis valde indignis commijfa, in-dulgent iam omnium peccatorum vestromm promittimus,(f abfolutionem eam beneditlione concedimus.
Et à Alphonse» Roi d’Espagne : Omnìpotens Deus,omnium rerum creator & reclor omniumque dignitatunìineffabilis dijpofitor , qui dat salutem regibus, meritis al -tijjimœ Domina genitricis Dei. Maria , omniumque San-plorum, autloritate beatorum Apofiolorum Pétri & Paulinobis , licet indignis , per eos qualicumque commijfa, tetuosque fideles ab omnibus peccatis abfolvat, detque tibivitloriam de inimicis vifibilibus; Mentem tuam femperìlluminet, ut ejus bonisatem & humanam fragilitatem dì-ligenter perfpicìendo, rnmdi gloriam defpicias, & ad a-ternam beato Petro duce pervenias.
Quiconque voudra se donner la peine d’examinerles mots essentiels de toutes ces absolutions, & les con-fronter avec les anciennes & avec Miferatur tut omni-potent Deus, &c. Dominus nofier JeJus-Chrìflus qui eflsummus Pontifex te abfolvat <&• autloritate ipfius, mihilicet indigno, concejfa, &c. Ego te abfolvo d peccatis tuis,&c. trouvera qu’elles ont beaucoup de rapport entreelles. C’est ce qui sait, qu’encore que je fois per-suadé que les absolutions données par Lettres aux ab-sens font nulles & superstitieuses depuis le Decretde Clément VIII. je n’ose pas prendre la liberté dedire qu’elles le sussent avant ce Decret : parce que jesuis trop prévenu en faveur d’Haincmar, des Prélatsde la fuite de Charles-le-Chauve, & du Pape Gré-goire VII. qui ont donné de ces sortes d’absolutions,pour condamner leur conduite.
CHAPITRE XI.
Des Superstitions qui regardent la Satis-faction.
Se confesser une seconde fois des pêchés donton s'est dé j a confessé, fous prétexte qu’onn’a pas accompli lu pénitence qui a été en-jointe -, Croire que la pénitence n’ejl pasbien conditionnée fi on ne la fait immédia-tement après la Confession-, Me vouloirfaire de pénitence que celle qui plaît -, S’i -magìner qu’il suffit de satisfaire à ‘Dieu,fans être obligé de satisfaire au prochain,lorfqu’on l’a offensé -, Se persuader que^quand on veut travailler tout de bon a
son salut , il suffit de faire la pénitence quia été. imposée par le T r être, fans en faired’autre , c’est: être superstitieux. Mais c’eflêtre Hérétique de dire que la pénitenceconsiste umquement dans le changementde vie, ô’ que les Satisfactions que Jeíus-Christ a offertes à son í Pere pour nos pé-chés font plus que suffisantes pour les effa-cer, fans qu*il soit besoin que nous joi-gnions les nôtres aux fiemtes.
L A prière, le jeune, saumoné, & toutes les au-tres œuvres de piété, de mortification & decharité, font les instrumens de la Sajisfaction que nousdevons faire à Dieu 8c au prochain pour les péchésdont nòus sommes coupables. Qn donne ordinaire-ment le nom de Pénitence à cette Satisfaction, par-ce, qu’elle est comme le fçeau Sc l’accomplissémentde la Pénitence , & qu’elle met comme la dernieremain à l’intégrité de ce Sacrement, dont elle est latroisième partie, ainsi que l’a (a) défini le Concilede Florence. Voici quelques Superstitions qui la re-gardent.
I. Ceux-là tombent dans la superstition du fauxculte 8c dans celle de la vaine observance, qui con-fessent une seconde fois les péchés dont ils fe font déjabien confestés, Se dont ils ont déja reçu l'absolut iondans leur Confession précédente, íe persuadant, parcçqu’ils ont oublié d’accomplir la Pénitence qui leur aété enjointe, que cette Confession est nulle.
Un Pénitent pécherait à la vérité s’il ouhlioit, ous’il négligeoit de faire la Satisfaction qui lui aurait étéordonnée par son Confesseur; mais il ne ferait pas o-bligê pour cela de recommencer sa Confession. Carquoique la Satisfaction soit une partie de la Pénitence,elle n’en est néanmoins qu’une partie intégrante, de lamaniéré que le pié Sc la main ne font que des partiesintégrantes du corps humain, Deforte que comme unhomme qui n’aurait qu’un pié, ou qu’une main, nelaisserait pas d’être essentiellement homme, bien qu’ilmanquât d’une partie qui est de l’integrité de l’hom-me ; ainsi quoique la Pénitence manquât de la Satis-faction, elle n’en ferait pas moins essentiellement unvrai Sacrement ; Sc il n’y auroit nulle raison de la re-commencer , quant aux autres parties qui auraient étébien faites, je veux dire, quant à la Contrition Sc àla Confession; mais il suffirait à un Pénitent de feconfesser du péché dont il se serait rendu coupablepour n’avoir pas accompli la Satisfaction qui lui auroitété imposée, 8c d’y suppléer par une nouvelle Satis-faction.
II. Le scrupule de certaines gens va quelquefoisjufqu’à s’imaginer, que leur pénitence n’est pas bienconditionnée,s'ils ne la font immédiatement après leurConfession, quand même leur Confesseur ne leur au-roit point spécifié le tems auquel ils la doivent faire.Mais cette imagination est superstitieuse, 8c illusoire.Il suffit d’accomplir la Pénitence qui a été enjointe,quand on a la commodité de l’accomplir , pourvuqu’on ne la diffère pas jufqu’à fe mettre en danger del’oublier entièrement, & qu’on ait toujours la volon-té de l’accomplir. Sans cette volonté, l’abfolu-tion qu’on auroit reçue ferait nulle , parce que cettevolonté doit être inséparable de la Contrition, 8c quecelui qui ne l’a pas, ne peut avoir une véritable dou-leur de fes péchés, puisque (comme l'assure saintThomas ( b) ), la Pénitence a cela de propre qu’elle tra-vaille
(a) En ces termes: In Decret. Armenor. Tertia pars Pœniten-tias est Satisfactio pro peccatis, íècundum arbitrium Saçerdotis,cjua; quidem prascipue fit per orationem, jejunium Sc eleemo-
Jb) i ;. p. q. 85, art. 1. In Pœnitentia inventai specialis ratioâCtus laudabihs, ícilieet operari ad deftruâioneni pcceatí» inquafl-tum est offenfit Dei.
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