des s u p ë r s T I f ï O N s.
que la bonne pénitence consiste Uniquement dans îèchangement de vie, dans une vie nouvelle: car leConcile de Trente (a) a fulminé anathème contre ceuxqui le disent. Si qpsis dixerit optimam pœnitentiam ejfétantùm novam vìtam , anathema fit. Dieu ne veut pasqu’aucun péché demeure impuni. Il le châtie en cemonde, ou en l’autre. A la vérité jefus-Christ a dità des malades qu’il avoit guéris, & à une femme adul-téré, à qui il avôit sauvé la vie : Allez., & ne péchésplus: Mais on ne doit pas inférer de là que cela suffi-se, puisqu’il nous a proposé lui-même l’exemple des•Ninivites pour porter les pécheurs à la pénitence. Cespeuples ne fe contentèrent pas de dire à Dieu, qu’ilsquitteraient le péché, ils pensèrent tout de bon â íêpunir eux-mêmes par un jeune générai & rigoureux,afin d'éviter la punition dont Dieu les menaçoit. Ce-lui qui a dérobé, n’en est pas quitte pour cesser dedérober, il faut qu’il restitue ce qu’il a dérobé; &celui qui par le péché, que l’Ecriture sainte appelleune dette, s'est rendu redevable à la justice de Dieu,doit également travailler à ne plus contracter de nou-velles dettes, & à s’acquitter de celles qu’il a con-tractées. o n s ’ en acquitte par les oeuvres laborieusesde la Pénitence; & par les peines temporelles qu’onveut bien souffrir pour ses péchés, on évite les peineséternelles qu’on â méritées.
C’est encore une hérésie, plutôt qu’úne supersti-tion , de dire que lâ Satisfaéíion que le Fils de Dieua offerte à son Pere éternel pour nos péchés, est plusque suffisante pour les effacer, fans qu’il soit besoinque nous joignions les nôtres à la sienne; puisque cedivin Sauveur nous oblige de les y joindre, & qu’il
(*) Sess. 14. cit. can. 13.
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ne nous applique le fruit de ses souffrances que lors-que nous voulons bien les imiter. Defòrte que fa sa-tisfaction est inutile fans lá notre, lorsque nous pouï.vons satisfaire, & la notre est insuffisante sans la sien-ne; mais toutes deux eníemble opèrent notre salut. 11ne les faut point séparer; il ne saut même rien attri-buer à la notre , puisqiie quand nous faisons dés œu-vres de pénitence, non feulement elles n’ont leur va-leur que par lâ mort de Jefus-Christ : mâi$ c’est enco-re la grâce que Jefus-Christ nôùs a méritée par fa mortqui nous rend capables de les faire, puisque selon ládoctrine du Concile de T rente (£), rte pouvant riende nous mêmes comme de nous-memes, & pouvanttout étî coopérant à la grâce de Jefus-Christ qui nousfortifie, c’est enTui que nous vivons, que nous mé-ritons & que nous satisfaisons.
Ainsi ce n’est pas faire injure áux souffrances dufils de Dieu, que de vouloir souffrir avec lui, puif-qu’en souffrant avec lui ( dit encore le même Conci-le (c) ) nous sommes ses imitateurs, & nous avons parlà des gages très-assurés que nous ferons glorifiés aveclui. Mais c’est faire injure à la vérité de fa parole,que de prétendre fe sauver fans faire pénitence, anrèsqu’il nous a dir (d) si positivement, que Jt nous ne Ufaisons nom périrons tom<.
(b) Serf. cit. c. 8 Neque verò îta liostra est satisfactio h*équam pro peccatis nostris exsolvimus, ut non sit pér ChristuniJesum Nam qui ex nobis. tanquam ex nobis. riihiì poífu nus,eo coopérante qui nos confortât, omnia poffumus, in quo Scvivimus & meremur 8c íarisfacimus.
(r) Ibid. Dum satisfaciendo patimur , prtì peccatis , ChristoJeíu, qui pro peccatis nostris satisfecit , conformes éfficìrhurócertiffimam quoque inde arrham ìhabentes, quod si cotnpatimur z8c conglorificabimur.
{d) Luc. 13. 3,