DES SUPERSTITIONS.
ctions ~ avec défenses d’en recevoir aucun dans quel-que lieu que ce soit de la Chrétienté , nonobstanttous les- privilèges qu’ils peuvent alléguer au con-traire.
Enfin le Synode d’Orléans en 1664. s’explique encette maniéré fur les Quêteurs (a) ; ,, Nous ordon-„ nous aux Pasteurs des Eglises, de ne se point laisser„ surprendre par les impostures des Quêteurs, & de„ ne pas souffrir qu’ils publient aucunes Indulgences,, accompagnées de quêtes , & de n'en pas publier„ eux-mêmes. Nous les avertissons que toutes ces„ sortes d’Indulgences , pour lesquelles il font don-„ ner des aumônes & qui contiennent en quelque fa-„ çon que ce soit la faculté de quêter , ont été il y„ a long-tems révoquées par le saint Siège , & que„ les pouvoirs qui y font ordinairement annexés,,, comme de se choisir tel Confesseur qu’on voudra,„ par lequel on puisse être absous de tous péchés, &„ même de ceux qui font réservés aux Evêques , de,, relâcher les vœux , de dispenser dans les degrés„ prohibés par le Droit , & ainsi du reste, que ces„ pouvoirs , dis-je , font cassés & de nul effet.,, (i>) Nous leur défendons en outre de jamais pu-„ blier aucunes lettres de quelques autres Indulgences„ que ce soit, dont ils n’ayent vu & lu l’approbation,, que Nous ou notre Vicaire général aurons donnée,, de les publier On trouve de semblables Or-donnances dans un très-grand nombre de Conciles Pro-vinciaux 8 c de Synodes Diocésains. On en trouveaussi touchant l’examen que l’Eglise désire que l’onfasse des Indulgences , & les défenses qu’elle fait deles proposer aux fidelles avant que les Evêques lesayent examinées & approuvées.
Le Concile de Trente (c) veut que les Evêques,conjointement avec deux Chanoines de leurs EglisesCathédrales , les proposent au peuple dans les temsconvenables (ce qui suppose qu’ils les examinent au-paravant) & qu’ils recueillent fidellement & gratuite-ment les charités & les aumônes qui leur seront offer-tes , afin que tout le monde comprenne que ce n’estpoint par intérêt , mais par un pur motif de piété,qu’ils distribuent ces trésors celestes de l'Eglise.
Le Concile Provincial de Cambrai (d) en 1565.défend de proposer aucunes Indulgences nouvelles,ou inconnues , pour les gagner, à moins qu’aupara-vant elles n’ayent été visitées & approuvées par l’Or-dinaire.
Le quatrième Concile Provincial de Milan (e), en1575. & le Concile Provincial d’Aix (/), en 1585.font à peu près les mêmes défenses, lors qu’ils ordon-nent aux Evêques de faire une recherche exacte desIndulgences qui ont été auparavant accordées dansleurs Diocèses , & de celles qui pourront y être ac-cordées à l’avenir ; & après qu’ils les auront fait exa-
(4) Tit. 17. n. 3.
(5) Lifteras aliarum Indulgentiarum nunquam populo propo-nant , quarum non ante viderint , legerintque approbationem àNobis, vel à Vicario nostro generali concessam.
(c) Loc. mox. cit. Indulgentias verò , aut alias spirituales gra-tias , quibus non ideo Christí fidèles decet priva», deinceps perOrdinarios locorum , adhibitis duobus de Capitulo , debitis tem-poribus populo publicandas esse decernit. Quibus etíam eleemo-ïynas, atque oblata sibi caritatis íubsidia , nulla proríùs mercedeaccepta , fidéliser colligendi facultas datur ; ut tandem cœlestesh os Ecclesi® thesauros non ad quxstum , sed ad pietatem exer-cer! , omnes verè intelligant.
(d) Tit. de Indulg. Prohibes sancta Synodus , nequis ullasnoyas, aut ignoras Indulgentias populo commendet , & prome-fcndas o fieras , nisi priùs ab Ordinario visitasse fuerint 8c pro-hatse.
(f) 1. p. tit. 3. de Indulg.
(/) Tit. de Indulg. Quaecumque Indulgentiarum quae olim,vel nuper cuivis Ecclesi* perpetuò concefiae sunt, tabulas, Icri-pta, monumentave alia omnis ejusdem generis exilant, ea Epis-copus studioíè conquirenda curet. . . Quae praeterea Indulgentiasfitbis , Disecesisque sux Ecclesiis in posterum perpetuò, vel adcptum tempus concedentur ; ubi primùm ad fie, aut ad Vica-riuni Episcopalem, qui illas recognoscat, delatse sunt, libro cer-to, eo nomine confecto , qui m archivo Episcopali servetur, a-uove notentur.
miner par leurs Vicaires généraux , de les faire inscri-re dans un registre qu’ils garderont dans leurs ar-chives.
Le Concile Provincial de Toulouse (g ), en 1590.ordonne auffi aux Evêques d’examiner avec applica-tion toutes les Indulgences de leurs Diocèses , & deles faire transcrire ensuite dans un registre qu’ils gar-deront dans leurs archives.
Saint François de Sales, Evêque de Genève, étoitpénétré des fentimens de ces Conciles fur ce sujet,lorsqu’il refusa à un Procureur de Confrérie , qui luiétoit recommandé, la permission de quêter & de pu-blier des Indulgences dans son Diocèse. II voulutsavoir quels étoient les pouvoirs qu’il avoit pour ce-la , afin de les examiner avec soin , & il trouva qu’iîn’en avoit aucuns. II explique lui-même cette histoi-re dans une de ses Epîtres spirituelles (h ) , en ces ter-mes :
Monsieur, „ Nous avons vu vos Lettres , par„ lesquelles vous demandiez qu’il fut permis à votre„ Procureur, d'amasser des aumônes des fidelles dans„ notre Diocèse , de publier des Indulgences , &,, d’associer à la Confrérie de votre Maison des gens„ de l’un & de l’autre sexe. Quant à Nous , pouf„ 1 amour de votre Maison, & pour fa belle renom-„ mée, dont la bonne odeur s’étend bien loin, nous,, avons reçu & lu de très-bon cœur ces Lettres (com-,, me elles étoient à la vérité écrites affectueusement),, & non sans grand désir d’accomplir ce dequoi l’on„ nous requérois. Toutesfois quand l’on est venu à„ l’assaire , & que l’on a demandé à celui qui a ap-„ porté les Lettres , un signet , ou une Bulle, oU„ bien un témoignage, par lequel il nous fît apparoî-,, tre de la charge de votre Maison , & de la permis*„ si on des Indulgences , il nous a répondu qu’il n’a-,, voit rien de tout cela. Certes , Monsieur , it,, est défendu très-expressement par les loix des Ca«,, nons & Décrets du Concile de Trente , que per-,, sonne ne puisse publier des Indulgences, principa-„ lement qui font conjointes à la quête des aumônes,„ fans un irréfragable témoignage, & permission d’i-„ celles. La prudence même nous enseigne, qu’il ne,, saut point ajouter foi à toute personne , qui se díf,, amasser des aumônes en faveur des lieux Saints, ni,, même autoriser leurs demandes : dequoi le Saint,, Siège depuis peu de tems Nous a averti particulie-,, rement. C’est pourquoi jusques â ce que Nous„ soyons mieux informez & assurez de la puissance de„ cet homme , qui a apporté les Lettres touchant la„ susdite permission , Nous avons fait défense & in-„ hibition , soit d’amasser les aumônes , soit de pu-,, blier des Indulgences : en intention toutesfois de,, mettre à chef vos désirs , & d’y prêter la main„ pour le contentement de votre Maison , dès auffi-„ tôt que , suivant les Canons des loix Ecclésiasti-„ ques , nous en serons avertis. Je crois que votre„ Seigneurie recevra ceci , non seulement de bon„ cœur, mais encore avec contentement & satisfaction,, aimable, & qu’elle aura souvenance de Nous dans„ ses prières, & dans celles des siens , comme Nous„ l'avons d’elle dans les nôtres.
Monsieur,
Votre très-assectionné serviteur en Nôtre-Seigneur,
E- Evêque de Geneve,
Mr. le Cardinal le Camus, Evêque de Grenoble,
dit
(?) P ? rt ,\. c - Quascumque Diœceseos sii-e IndulgentiasEpiícopi diligenter mspicient , inspectas libro in archivis affer-vando describant.
(h) Lit. 1. Epis, z r.
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