DES SUPERSTITIONS.
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Oraisons âvec dévotion. Une femme enceinte lesj, disant dévotement enfantera sans aucun péril de,, mort, ni de son enfant. Lès foudres & tonnerres ne„ tomberont jamais fur les maisons óu feront récitées
ces Oraisons avec dévotion. Oui lés dira Ou porte-,, ra, ne mourra fans Confession, & Dieu lui féra la,, grâce d’avoir répeftíànce de ses péchés " Voilà degrands privilèges; mais pour y croire il faut renonceraUX principes de la Religion Chrétienne.
Elles sont toutes deux, cêS Oraisons dans 1 * Antido-tarius anima ; (a) & il y est marqué dans le titre dela première, que quiconque la dira dévotement ga-gnera 3000. jours d’Indulgences pour les péchés mor-tels, te 2,0000. jours , pour lès péchés veniels, ac-cordées par le Pape Jean XXII. Il n’est point parléd’Indulgences dans le titre de la seconde ; & on neïàit pas si les Indulgences extraordinaires qui sontmentionnées dans celui de la premierè, sont Celles quela Congrégation des Indulgences & des Reliques asupprimées. Quoiqu* il en soit 1 * Antidotarìm anima ,ne dit ni de l’une ni dfe l’autrè , qù’elle ait été trou-Véê dans le sépulcre dé Nôtre-Seigneur.
CHAPITRE V.
Suite du même sujet.
Examen de quantité d’O raisons qui p trou-vent dans le Livre intitulé , Antidotâfiusanima: , à dans quelques autres , aux-quelles il y a des Indulgences annexées ,qui font ou fausses , ou aifproportionnées ;de IOraison de la Paillon de Nôtre-Sei-gneur ; De Preeor te atnantiísime DomineJeíii; De celle qui p dit après l’Elcvation;De Deus propitius ésto mihi peccatofi ;
„ De Deus Pater piiffime ; Des trois de laPassion de Nôtre-Seigneur; Dè Gratias ti-bi Domine sàncte ; Des sept dernieres pa-roles du Fils de Dieu ; De celle des cinqplayes de Nôtre-Seigneur; Des sept qu’ondoit dire devant l’ímage de N. D. de Pitié;Des salutations à tous les membres de N.8. J. G. De Celle à tous les membres de laS. V . Un Capucin en a fait d'impertinen-tes fur Ce modèle.
M
Ais puisque l’occasion s*en présente si natu-
_ _ rellement , on ne trouvera pas mauvais que
pour désabuser les simples de la vaine sécurité qu’ilsmettent souvent en certaines Oraisons , j en propose& j’en examine ici quelques-unes de celles qui setrouvent dans la plupart des Heures ou Livres de Priè-res ; qui font accompagnées de préambules , ou desouscriptions qui promettent ou de grandes Indulgen-ces , ou des grâces toutes singulières ; & qui par cesendroits ne sont pas exemtes de superstition.
La premiere est l’Ôraison de la Passion de Nôtre-Seigneur , Domine Jep Chrifte , Creator & resuscitatorgenerishttmani , gratias tibi referimus , esc. L’Abbé Salicetqui la rapporte (b ), dit qu*elle est de saint Ambroise, &qu'elle a été confirmée par le Pape Anastase I. qui donneà ceux qui la diront 500. jours d’Indulgences. Maisiln ’est pas difficile de prouver qu’elle ne fut jamais de saintAmbroise : elle n’est ni de son style, ni de son génie,
(a) Fol. 34. & Notandum quod quicutnque dixerit ora-tionem nlam habebit tria milita dieruni Indulgentiarum crimi-nalium peccatorum , & viginti mìllia dieruni venialium, à Do-xnino Johanne Papa XXT.I.
(è) Fol. 3s- Sequitur oratio 8. Ambrosii de Paífione Domini,quam Anastasius . apa prunus confirmavit, dans fingulis eam di-centibus quingeutos dies Indulgentiarum.
non plus qué lés deux Oraisons qui fervent Ordinai-rement de.préparation à la Mefle , & - dont la premie-re est , Summe Sâcerdos & sien Pontifex , &c. & la se-conde , Summa & incomprehenfìbilis nattera , ctr. nítoutes celles qui se rencontrent dans quelques Edi-tions de ce Père. Mais supposé qu’elle sut de lui,quelle nécessité y àuroit-il que le Pape Anastase I. kconfirmât ? les ouvreges de ce saint Docteur ne sont-ils pas assez autorisés par eux-mêmes & par le méritepersonel de leur Auteur , sans qu’ils ayetit besoind’être confirmés pàr un Pape ? D’OÙ sait-on qu’Ana-stase I. a donné 500. jours d’Indulgences à tous ceuxqui diront cette Oraison ? Pàs un des Auteurs quiont écrit la vie de ce Pape n’en parle. Dé son tems,c’est-à-dire , fur la fin du quatrième siécle , on nedonnoit pas ainsi les Indulgences avec profusion.D’ailléurs quelle proportion y a-t-il entre réciter cet-te Oraison & gagner 500. jours d’Indulgences? A lavérité je ft’y troiive aucune erreur; mâis elle est plât-re & màl digeréè.
La seconde est l’Oraison qui se dit à l’ëlevatioh oûàprès l’élevation de la sainte hostie, ou dans un autretems , devant un Crucifix , Se qui commence par,Preeor te amdntijfime_ Domine Je su Chrifle propîer illameximiam càrìtatem , dfc. Elle est dans Y Antìdotarimanima , (c) où il est marqué dans le titre, que le Pa-pe Grégoire III. à la prière de la Reine d’Angleterre,â donné à ceux qui k diront dévotement autant d In-dulgences que Nôtre-Seigneur a reçu de playes fusson corps au tems de fa Passion , c’êst-à-dire , 6666.jours. On n’en dit point l’Auteur , & òn a raisonde né le pas dire, car elle né lui féróit guéres d’hon-fteur , tant elle est mal faite & impertinente en quel-ques endroits , particulièrement òù il ëst dit (d) queJefus-Christ est croix àvoit les sens troublés, la voixenrouée, & des Vertiges au cërveau : te où on prie cédivin Sauveur (e) d’être implacable fur la multitudedes péchés. Or tout celâ se peut-il dire tn vérité téen bonne Théologie ?
La troisième est l’Oraison qui se dit après l’éléva-tion du Corps du Fils de Dieu , Domine Jtfu Chrijie ,qui banc facràtiffinìam târnem , grc. Elle n’est pas mau-vaise en Foi, mais le titre ne m’en plaît pas pour troi*raisons. .
1. Parcè qu’il marque qu’il la faut dire entre (f)l’Elevation du corps du Fils de Dieu & le troisièmeAgnus Dèi: cc qui est une cifconstance vaine & inutile.Car pourquoi ne feroit-il pas aussi bon de la dire àl’Elevation du corps du Fils de Dieu, devant Y AgnusDei, après le premier ou le second Agnus Dei , qu'a-près le troisième ? Cela m’est suspect de la vaine ob-servance , & de l’obfervance dès tems.
2. Pârceque les Indulgences de 20000. jours qu’òslprétend que le Pape Innocent VI. a accordées à kprière de Philippe , Roi de France , à ceux qui di-ront dévotement cette oraison , sont excessives .& dis-proportionnées.
;. Parcequ’il est faux qu’Innocent ait donné cesIndulgences à la prière de Philippe , Roi de France,c’est-à dire, de Philippe de Valois, puifqu’InnocentVI. ne fut fait Pape qu’en 1552. & que Philippe deValois étoit mort deux ans auparavant , savoir l’ast1550. & qu’il n’y a point eu depuis lui de Roi deFrance, nommé Philippe.
Là
(r) Fol. 37. Oratio ia elevatione , vel post, velaliunde, c °'ram imagine crucifixi dîcenda, quam qui dévots dixerit, tot die*Indulgentiarum acquiret, quot fuerunt vulnera in corpore Jesu >tempore Passionis ejus, quSe fuerunt íèx mille íèxcenta 8c foi-agintaíèx, quas Indulgentias Dominus Grcgorius Papa III. cori-tulit ad instantiam Reginae Angliac.
(d) Curn, turbatis senlìbus , cum rauea voce , cum vertigin e
cerebri. ,
(e) Preeor ut fis implàcabilis super muîtitudine peccatorum
(f) Fol. 39. Post Elevàtionem (ce font les fardes de c» tiWdans l 1 Antidotarius anima:) die Orationem sequentem Et notafl'dum quod quicumque inter Elevàtionem corpòris Gbn'sti Lç ter^