DES S U P Ë R S î I fî O N S,
La mêfflé Oraison se trouve ausïì dans les Heures deNotre-Dame k l'usage de Parts, imprimées en 1582.en lettres Gothiques j mais avec ce titre qui est diffè-rent du précédent: ,,Pape Bonisace a donné à tous„ ceux & celles qui diront dévotement cette Oraison„ qui s’ensuit, entre l’Elévation du corps de notre■„ Seigneur & le dernier Agnus Dei, deux mille ans„ de vrai pardon
Ta quatrième est l’O raison Deus propitius eflo mìhipéccatori cuflo's meus fis omnibus diebus & noéitbus vit temex, H-c. On l'attribue à saint Augustin, & on dit q u’eì-îe lui a été révélée par le saint Esprit , mais elle est in-digne de ce saint Docteur, & elle n'est point de lui;Elle est tissue de divers lambeaux de l’Ecriture mal aran-gés ; & les promesses qu’on y fait dans le titre à ceuxqui la diront, qui ^entendront, ou qui la porterontfur eux, font si fort opposées aux réglés de la doctri-ne Chrétienne, qu’on ne sauroit les regarder qU’aVécindignation (a). „ Celui (dit ce titre) qui récitera dé-ï, votement l’Oraison susdite de saint Augustin, qúi,, l’entendra réciter j Ou qui la portera sur soi, ne,, mourra point ce jour-là ni pâr le feu, ni par seau,„ ni dans le combat, ni en jugement, ni de mort su-„ bite; rien de mortel ne lui nuira; il obtiendra de„ Dieu tout ce qu’il lui demandera dè juste; & lors-,, que son ame sera séparée dé son corps, elle n’ira3, point en enfer”. On la peut voir dans Saîicet (b) ,dans l’abominable Enchiridion Manuelle precationum ,imprimé à Rouen, chez Richard s Alternent ,en 1580.(c) parmi les Oraisons qui se disent contre tous lesdangers du monde : & dans les Heures du P. SimonLe Bossu, de la C. de j. vraiment bossues, S’íl est per-mis de parler ainsi, en une infinité d’endroits.
La cinquième est l'Oraison, Deus Pater pììfmè,Chrifle j fefìt dulciffime , Spiritus clementijjìme , nôn eflDeus 0 Rexprner te, Scc. Elle est farcie de répéti-tions inutiles, de mauvais Latin, de mauvaises isth-mes & dè mots obscurs & inconnus, qui lâ tendentsuspecte d’un pacte tacite avec le démon , & par con-séquent superstitieuse. En effet c’est une invocationtacite du démon (dit lé Cardinal Cajétan (d) ) dë seservir de mots ou absolument inconnus, ou dont onne fait pâs le sens : & c’est-là véritablement l’ôuVra-ge du démon. Le Docteur Navarre dit la même cho-se (e) : & le Cardinal Tolet (f). Les Constitutions &Institutions Synodales de saint François de Sales, &de Monsieur d’Aranton d’Alex, Evêques de Genè-ve, ne parlent pas autrement <g). ,, II y a (discnt-el-1, les ) de la superstition si les noms, ou caractères,,, dont elle se sert, sont inconnus ou obscurs, tels que,, font ceux que l’on trouve dans les brevets dont on„ fe sert pour guérir là fièvre, ou autre maladieEnfin les Ordonnances Synodales du Diocèse de Gre-noble (h), déclarent, „ que c’est Une superstition„ damnable dans la pratique, si on sc sert de noms &,, caractères obscurs & ridicules .
Or ne sont-ce pas des noms obscurs & inconnus
tiurh Agnus Í 3 ei eam devotè dixerit > corisequetur Indulgeririamviginti millium dierum , concefíàin à Domino Papa VI. ad.îiip-pîicatkmem Domini Philippi Régis Francise.
(a) Notandum quòd qui supra scriptam Oratioíiem S. Àugu-stini devotè iegerit, vel audicrit, aut circa se porta vêtit, iii illadie non peaibit nec in igné, nec in aqua, nec in prselio, nec irijudicio; nec subitanea motte interibit; nec quid mortiferum einocebit’ 8c quidquid justum à Deo petierit, impetrabit; & cùm«ni ma e’jus exierit de corpore, infernus eam non pois,débit.
(è) Fol. 40. ...
(c) Adversus ornnia mundi pericula.
(d) In Sum. V. ïncarttatio, n. 3. Depreheriditur tacita inVoca-tio dtemonum ex adjunctis nominibus ignotis, vel absolutè, velad quid pertineant. Héc chim dmmonum est ôpús quasi mani-
feíìum.
(e) . In Manual. c. 11. n. 22. Tacita invocatip dìerhonis est ad-jungere causis naturalibus nomina ignota, qu* eo ipso quòd suftttalia tacitè ad dsêmones referuntur.
C/) Instruit. Sacerdot. 1 . 4 - c - * 4 - n - 6 - Observandum tacitaitídaemonis invocationem esse, cùm verba dicuntur m quibus vocesaliqu* non significativ* sunt. *
(F) '- p. ch. n. n . 3.
{h) Tit. 1. art. z. n. 1 1,
que Ruba, Teh, homnogenùs, fobos, elyon, Pântheum ;hyfliton, Jynagion, tiîtheon, pateron, flatimaton, Saday jÉyge, hya , Lavélererarerari, oi, maìonadam , Seda ScDamànascethami, qui font dans cette Oraison? Qui zdit à l’Auteur de cette Oraison (i) qu’Adam étantdans les enfers âu milieu dés peines éternelles, obtintmiséricorde par le moyen du très-saint nom Lavélerera-rerari. Tatien & les hérétiques, nommés Ëncratites 3se sont imaginé qu’Adam étoit damné; mais l'Egliseest d’un sentiment contraire , & son sentiment est ap-puyé sur le témoignage de l’Ecriture (kj) , & des an-,ciens Peres, de saint Irénée (!), de Tertullien {m) ,d’Origênês (n) 3 de saint Epiphane (<>), de saint Am-broise (p) , de saint Jerôme (§) , & d.e saint Augus-tin (r).
Le titre de cette impertinente Oraison est bien re-marquable dâns Salicët (s). Elie y est appellée fortborne , toute superstitieuse qu’elle est ; & on v prometqu’én la disant, ôn obtiendra tout ce qu’on demande-ra dé j ustè. Mais cette promesse est frivole & saris Fon-dement.
La sixième est 1 '«Oraison, óu plutôt les trois Orai-sons de la Passion de Notre Seigneur. La premierécommence, *Domine Jefít Chrifle, fili Dei vìvi , qúi préredemptione noflra , err. La seconde, Auxilientur nobispie Domine Jefu Chrfle omnès Pajjìones, &c. Et la troi-sième , Dominé de Deo, lumen de lumine, &c. La pre-mière &• la troisième sont passables; mais il y á unechose dans la seconde qui n’est pas orthodoxe. C’estlorsqu’elle dit (f) que nous savons qu’à telle heure, oUà'tel joUr quë nous ferons mémoire de la Passion déNotre Seigneur, nous serons sauvés. Si cela étoit ain-si , on auroit le Paradis à bon marché.
Le Titre de toutes lès trois porte (v ), que les Prê-tres les peuvent dire à la Messe au lieu des trois Col-lectes qu’iîs y disent ; quë ceux qui rie sont pasPrêtres les peuvent dire devant & après l’élevation ; &que le Pape Innocent III. a accordé à tous ceuX quiles diront dévotement lâ rémission de tous leurs pé-chés. Voilà une grande Indulgence, une Indulgencepléniere pour peu de chose; mais outre qu’elle esttôut-à-fait disproportionnee, elle n’est fondée que surUn bruit commun, dicitur, sur un on dit.
La septième est l’Oraifon d’actìon de grâces au Pe-rë Eternel pour la Passion de son Fils,, Grátias t ib tDomine fanEle Pater omnipotent xterne Deùs teferat omnúlingua, &c. II lá faut dire après l’élévation de la sain-te hostie. Elle est bonne & dévote, mais le titre (*•)n’en est pas plus Catholique que celui des trois pré-cédentes, puisqu'il marque qu’on gagne de très gran-des Indulgences, & même la rémission de tous ses pé-chés, quand òn la dit avec piété.
La huitième est l’Oraison des sept dernieres parolesque le Fils de Dieu proféra fur lá ctoix, O Dominé
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(i) Adam in Tartaro, cùm e-ífèt in supplicioi, iri irifenii patûbulo, te reclamavitDominum auctorem liium primum, êthabuitpropitium per hoc noirieri sanctáflìmum, quod est Lavélereràsreríiïi.
(k) Sap. io. 1.
(i) L. f. advers. hseres. c. 34. 8c seqq. ‘ ,
(m) L. r. contra Marcio. c. if. 8c in fine Kbri dë Pœnit.
(») Tract. 3p. in Evangel. S. Matth*.
(à) H*res. 46.
(p) L. 10. in Luc. c. 33.
(q) Epi st. 17. ad Malcellam.
(r) Epist. A§. ad Evodi.
(s) Fol. 42. Oratio valde boita, quâ quidquid justum petierís :
iffipetrabis. ’
ft) Sciirius quòd iri quâcumque Kora, vel die, Paslìonis tu*memoriam habuerimus, felvi erimus.
(v) Dans Saiicet, toi 46. A Sacerdote possunt dici i n Missápro collectis : à non verò Sacerdote dici possunt ante & po st elevatiònem sub Missa. Et dicitur quod Dominus Innocentiris Palpa III. conceffit cuihbet ìllas devotè dicenti remiffioneni om-riiiim peccatíwum fuorum.
_ (x) lbid. ss>l-46. 47 . 8c 48. Oratio cum gratiamm aéfíàtte. aëPatrem pro Paffiorie filii dicenda post elevationem corporis Chri-stl in Missa, per qnam procul dtíbio irìaxim* acquiruntur ïndul-genti*, 8c peccátorum omnium remissio, si cum devotione dë-btta aicatur.
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