dessupër
toit par ces deux raisons qu’elle se fortifioit , & seconsoloit elle-même. C’est aussi ce qu’a sort bien re-marqué Mr. de Néercassel , Evêque de Casio rie,dans ion excellent Traite du culte des Saints , gr parti-culièrement de la tres-fainte Vierge, (a) La grandeurd’ame de la Vierge (dit-il) ne parut jamais mieux quequand son fils lui dit : femme, voilà- votre fils, & q U ’ildit à S. Jean , voilà votre Mère . Au milieu de sesdouleurs extrêmes elle ne donna aucune marque desoi-blesse, on ne lui vît faire aucun mouvement indécent;elle ne poussa aucun cri, elle ne répandit aucunes lar-mes. Elle étoit triste, mais elle n’étoit point abatuepar la tristesse ; elle étoit affligée, mais avec une gra-vité honnête ; fa douleur étoit sensible aux playes deson fils , mais elle ne fentoit aucun trouble dans soname ; elle aimoit & elle adoroit également la justice& la miséricorde de Dieu, qui a voient destiné par unconseil très-haut la Passion de Jesus-Christ pour le ra-chat des hommes. Ce savant Evêque blâme ensui-te (b) les Peintres & les Sculpteurs qui représententla sainte Vierge pâmée àu pié de la Croix de sonFils,avec des femmes & saint Jean même, qui sont auprèsd’elle pour la faire revenir de fa pâmoison ; & il assu-re qu il feroit du zélé des Evêques de faire ôter desEglises ces fortes de représentations , qui font indi-gnes de la Mère de Dieu. (c) II blâme aussi les li-vres où l’on voir des chansons badines, & des lamen-tations impertinentes & ridicules , qui représentent lasainte Vierge pleurant sa mort &r celle de son Fils,comme pourroit faire une femme outrée de douleur.
Enfin il blâme (d) les Prédicateurs qui ont des scn-timens assez bas de la sainte Vierge, pòur ne pas croi-re qu’ils lui font injure , lors qu’ils la représententdans leurs discours, accablée de douleur, tombant eníìncope d’une façon indécente , & disant des chosesmesséantes à la mère de la Sagesse éternelle.
Ainsi c’est avec beaucoup de raison que Maldo-nat (e) assure que ceux qui soutiennent que la sainteVierge tomba en défaillance près de la Croix de Jesus-Christ , ne méritent aucune créance , & que quel-ques Auteurs estiment que ce sentiment approchebeaucoup de l’erreur, parce qu’il n’est appuyé ni surl'Ecriture sainte , ni sur le témoignage d’aucun Ecri-vain Ecclésiastique qui soit ancien & qui ait quelqueautorité ; & qu’il est certain au contraire par l’Evan-gile (fi) , que cette sainte créature assista à la mortde son fils avec une si grande tranquilité d’esprit, &un sens si rassis , qu’il s’entretint avec elle du hautde fa Croix , ce qu’il n’auroit pas fait si elle eut étépâmée.
(a) Tract. i. ». 7- Et qu» ,m agisíùícipias sublimem Marixanimam. In fantis doloribus nulla in illa imbecillitas ; nulli cor-poris motus indecori ; nulla ejulantium lamenta. Tristem vide-ras ^ deiectamnon videbas : dolebant materni affectus, sed dé-cora’ gravitate- lugebant materna viscera , sed intégra mentis se-renitate Feriêbantur Virginei sensus vulneribus filii , sed imper-turbato spiritu quo amabat 8c adorabat divinam justifiant simul& miserfeordiam , qu* altissimo consilio destinaverant Christi
dolores ad hominum redemptionem. ^
(b) N. 7 x. Ex bis patet , quàm indigne de Maria lentiant ìlli
pictores,' veí sculptures, qui eam exanimem effingunt , & circaeam occupatas feminas , ipsumque Johannem , ut illam ab ani-mi deliquio revocent. Quam justus foret Episcoporum zelus!si ad vindicandum Marix honorcm , istius generis tabulas , autstatuas è templis ejieerent. ,
(c) Et prxsertim ex his constat quam íint prolcribendi e ma-nibus cultorum Virginia istiusmodi libellil quibus referuntur in-sulte nxnix . ineptaque lamenta, quibus instar maliens doloribusdementatx, suam suique filii mortem fingitur deplorare.
(d) Et minus ferendi Eccleiìastx qui tam abjecte de Maria sen-tiunt, ut íè non credant in illam injurios , quand o pro concionecam représentant victam doloribus , deficientis animi motibusindecoram , nec ea loquentem qux décent matrem xtcrnx 8a-
pientix.
(f) In cap. 2. Luc. v. 37. .
(/) loban. 19. r6. Veronmiliora afterunt(ísir-t/)qui non mor-tuam juxta crucem , sed exanimatam fuisse Mariam dicunt. Sedneque hoc ipíúm crèdendum est , 8c est tanquam errori affine ànonnullis notatum auctoribus , cùm neque in Scnptura sacra,nec in ullo antiquo 8c bono auâore legarnus* Contra potius le-gimus , eam Christo moriente juxta crucem tam integris fuissefensibus, ut cum ea de cruce Chriftus loqueretur.
Tome II.
5 T I T I O N S. ii S
On rapporte encore que la sainte Vierge se pâmalorsqu’elle vit son Fils tomber fous fa Croix dans lerems qu’il la portoit au Calvaire , avant qu’on eutcontraint Simon le Cyrenéen de la porter , & qssenmémoire de cette pâmoison on bâtit fur íe lieu mêmeoù elle étoit arrivée, une Eglise qu’on nomma Notre-Dame de Pâmoison ; ce qui dortna lieu ensuite à unefête appellée de la pâmoison dé la sainte Vierge , qui secélebroit depuis le Dimanche de la Passion , jufqu’auDimanche des Rameaux inclusivement. Mais le Car-dinal Cajeran témoigne (g) dans un de ses Opuscu-les , intitulé De Spafino B. Firginìs Maria , que lásainte Vierge n’est jamais tombée en pâmoison ; quecette soiblesse lui est messéante & injurieuse ; qu’ellerépugne à la perfection de la grâce dont elle étoitremplie ; & que si qn en fait une fête , ón la doitfaire en un autre tems , & lui donner un autre nom.
S. Bernardin de Siennes parle (h) aussi dè l’Eglisebâtie a l'honneur de Notre Dame de Pâmoison. 11 ajou-te que lé Fils de Dieu voyant fa sainte M ère pâmée,tomba lui-même en soiblesse , & qu’il fut obligé des’asseoir fur une pierre qu’il trouva fur le lieu même,
6 qu’on y montroit autrefois : dequoi ses boureauxs’étant aperçus, ils contraignirent Simon le Cyrenéende porter fa Croix. Et bien qu’il témoigne avoir luces évenemens dans une certaine histoire digne de foi,il finit cependant ce narré en disant , qu’il saut plu-tôt croire (r) pieusement ces choses, que de les assu-rer témérairement. Si donc, dans la pensée du Car-dinal Cajeran , il est messéant & injurieux à la sainteVierge , de dire qu’elle s’est pâmée en voyant soncher Fils porter fa croix au Calvaire ; il ne lui est pasmoins messéant & injurieux de dire qu’elle s’est pâ-mée près de la Croix de Jesus-Christ OÍJ*
CHAPITRE IX.Continuation de la même matière.
Le Languentibus in Purgatorio est outré enbien de s Versets des anciennes éditions ,Ó" il donne trop à la S. V. Les Indulgentces de /’Ego volo Miíîàm celebrare , pa -roifisent excessives & difiproportionées. Orttrouve six choses à redire au Sacro-sanctaá& individus Trinitati. 11 feroit du devoirdes Evêques de veiller à la révision desHeures & des livres de prières , ainsi queles Conciles le leur ordonnent. Commentils pourraient executer ce dessein . Ils nedevroient proposer aux fidelles que de deuxsortes dê O raison s , celles de l'Ecriture
sain*
(g) To. 2. Tract. 13.
(h) To. i. serm. ft. Faria 6. Parascev, de Fassions Domi. art. .4. c. 2. Legi ( dit-il) in quadam historia íide digna , quoniodo inquodam concursu viarum ipso Jesu portante in humeris fuis sup-plicium Crucis, dulciffima Mater sua, cùm breviorem , ut eu mconspiceret, captasset viam , 8t ex altérations faciei ejus, anxje-tâtes cordis fui 8c duri oppreffionem oneris aspexit, syncopizaflêdicitur prx dolore in conipectu filii fui. Quod conspiciens Scipse totus pietate plenus, manifestis doloribus , sigois atque pal-loribùs in facie prxostenfis , totus angustiatus 8c cordialiter iau-ciatus super lapidem ibi pofìtum , quaíi defuctuoíe 8c dolorosè,resedít. Proinde malefici illi qui ducebant ad mortem eum , siêdeficere advertentes , angariaverunt quemdam Simonem Cyre-nxum venientem de villa, ut tolleret crucem ejus. I n hujus reîtestimonium refert historia illa quòd postea xdificata est Ecclesiain honorera Virginia Matris Dei, qux dicta est Sancta Maria, deSpafmo .- quodque ibi ohm ostendebatur lapis ili e sacratus superquem Chriftus tune resedisse narratur. Qux ta m e n sunt píè ers-denda , magis quam temerarié asserenda.
(i) II vaut mieux croire charitablement qu’un zélé outré qui a fait
inventer cette Histoire, l’a faite aussi rapporter avec plusieurs au-tres pareilles, à M. Th. r ’
(J) Ni moins injurieux à Jesus-Christ de dire que voyant làmère pâmée, il tomb^ lui-même en foibleíîè. 1
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