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ordonne la même chose. Le Concile Provincial deBourges (a) , en 1584. s’exprime dans le même sens.
Les Evêques viendroient facilement à bout de cetœuvre si importante , si glorieuse & si avantageuse àl’Eglise, s'ils y vouloient travailler sérieusement, oupar .eux-mêmes , ou par les Savans qu'ils peuvent a-voir auprès d'eux, ou dans leurs Diocèses. Mais en ytravaillant ils doivent particulièrement Rappliquer,non seulement à corriger les Oraisons , mais aussi lestitres 8c les préambules des Oraisons qui font très-fouvent plus répréhensibles que les Oraisons mêmes ;étant pour la plupart ou faux, ou accompagnés d’In-dulgences indifcrettes 8c superflues , de vaines pro-messes , de fables , & de circonstances supersti-tieuses.
Ils doivent encore, en y travaillant, avoir particu-lièrement en vue deux fortes d'O raisons pour les pro-poser aux Pidelles : celles qui font tirées de l’Ecritu-re sainte , 8c celles que l’Eglise a adoptées dans sesOssices divins.
Entre celles qui font tirées de l’Ecriture sainte,l'Oraison Dominicale tient le premier rang , tant par-ce que c’est Jesus-Christ lui-même , notre Maître ¬re Sauveur, qui l’a enseignée à ses Apôtres, qu’àcause qu’elle contient tout ce que nous devons de-mander à Dieu. „ Quelle prière (dit saint Cy-„ p rie n (b) ) peut être plus spirituelle que celle qui„ nous a été donnée par celui-là même qui nous a„ envoyé le saint Esprit ? Quelle prière est la plus,, véritable devant le Père , que celle que le Fils,„ qui est la vérité même, a reçue de la propre bou-,, che du Père. Cette prière (dit saint Augustin (c))„ est si parfaite 8c si féconde , qu’elle comprend en,, peu de mots tout ce qu’on peut demander à Dieu,„ soit pour acquérir les biens , soit pour éviter les„ maux, soit pour effacer les péchés.
Après l'Oraison Dominicale le second rang est dûaux Pseaumes, qui sont des prières excellentes & très-propres pour attirer fur nous la grâce de Dieu , fanslaquelle nous ne pouvons rien. ,, Le livre des Pfeau-„ mes (dit saint Basile (d) ) est un riche trésor de,, toute sorte de bonne doctrine , & qui renferme en,, soi tout ce qui peut contribuer à notre salut. 11„ guérit les playes de notre ame , quelque inveterées„ quelles soient, il guérit promtement les nouvelles ;„ il donne la santé aux malades , il conserve les per-„ sonnes saintes ; enfin il éloigne , autant q u'il peut,,, de nos esprits toutes les mauvaises habitudes &„ toutes les mauvaises dispositions dans lesquelles ils,, peuvent être ". Il y a encore quelques autres priè-res dans l’Ecriture sainte qui ont été recueillies en di-vers livres & en diverses langues. Celles que l’Eglifea adoptées dans ses Offices divins sont courtes & faci-les , mais moelleuses , succulentes, pleines de bonsens, d’onction & de l’esprit de Dieu : sur tout cellesdes Dimanches , celles des Mystères , celles des an-ciens Saints 8c des anciennes Saintes , & généralementparlant celles que nous avons dans le Sacramentaire deSaint Grégoire, dans l’Ordre Romain , & dans quel-ques autres livres Ecclésiastiques de même considéra-tion 8c de même poids.
On en trouve aussi dans les Ouvrages des Pérès,Sc de quelques antres Ecrivains Ecclésiastiques, quisont véritablement de leur façon, & qui ont leur mé-rite & leur autorité. Mais souvent on en attribue auxuns 8c aux autres, qui sont indignes d’eux, comme onle peut dire de celles qui sont dans 1 ’Hntidotarius anima de
historiis Sanctorum, aut superstitionibus affine, aut quod aliquaratione âiLixliaam Ecclesiasticam , morumque probitatem labe-factet.
(a) Tit. 1. can. 9. Ut commode & certa ratione omnes orarepoffint , providebunt Episcopi ut Miflàiia, Breviaria, Legenda-ria, Mantialia St codices precum , si defuerint, restituantur, fiemendatione opus habuerint, corrigantur.
(b) De Orat. Domi.
(c) Serra. 18*. de temp.
(d) Homil. 1. in PEl. 1.
S T I T I Q N S.
l’Abbé Salicet, dans V Enchiridion manuale precatíonum, 8 cdansmne infinité d’autres livres de Prières, ou il y ena qu’on donne faussement à Saint Jean l’Evangeliste,à saint Augustin , à saint Léon, à saint Grégoire, àsaint Anselme , à saint Edme , à saint Bernard & àplusieurs Papes.
Enfin quelques particuliers d’une piété Sc d’unecapacité reconnues, se sont donné la liberté d’en faireSc d'en publier depuis un siécle , mais comme ellesn’ont nulle autorité dans l'Eglise, elles ne doivent en-trer dans les Heures Sc les livrés de Prières que les der-nieres de toutes : encore scroit-il plus à propos qu’el-les n’y entrassent point absolument, Sc qu’on n’y ad-mit que celles de l’Ecriture sainte , 8c celles de l’E-glise. Car dans ces deux sortes de prières , il y en apour tous les besoins 8c toutes les nécessités de la vie ,Sc quand on les récite, on est sûr qu’on prie Dieu dela bonne maniéré, de la maniéré dont il veut être prié,Sc on ne craint point de tomber dans l’erreur , ni dansla Superstition du faux culte.
„ On s’est aussi donné la liberté de faire des Lita-,, nies fur plusieurs de nos Mystères , fur la sainte„ Vierge, Sc sur quantité de Saints Sc de Saintes. Le,, Père Thomas Sailly , Jésuite , en a fait un livre,, entier » qui est intitulé Thésaurus Litaniarum ac O-„ rationum Sacer , imprimé à Paris en 1599. On y,, en voit de la Trinité , du Père , du Fils 8c du„ saint Esprit ; des Saints en général ; des SS. An-„ ges ; des Saints qui ont travaillé à la conversion„ des infidelles, des Schismatiques, Sc Hérétiques;,, des Saints 8c des Saintes des Païs-Bas , & qui y„ ont des Reliques ; des Saints Sc des Saintes des,, Gaules 8c dont les Reliques y font honorées ; des,, Saints 8c des Saintes qui ont secouru les Chrétiens,, dans les guerres, Sc des Saints Soldats, Empereurs,„ Rois , Ducs Sc Comtes choisis ; du Nom de Je-„ sus", plus amples que celles qu’on trouve dans lesHeures 8c les Livres de prières ordinaires; „ De Nô-„ tre-Seigneur Jesus-Cnrist , fur fa vie 8c fa Passion,„ pour tous les jours de la semaine ; Du saint Sacre-,, ment , autres que celles des mêmes Heures Sc Li-„ vres de prières; Du sang de Nôtre-Seìgneur Jefus-„ Christ; De la sainte Vierge ; qui sont celles qu’on„ chante dans l’Eglise de Notre-Dame de Lorette ;„ D’autres encore de la sainte Vierge , pour les Lun-,, dis 8c pour les Mardis ; De fa Prédestination, de,, fa Conception, de fa Nativité, de fa Présentation,„ Sc de ses cinq vertus , pour les Mercredis ; de ses,, Epousailles , de son Annonciation, de fa Visita-„ tion , de ses Couches , Sc de fa Virginité perpe-,, ruelle , pour les Jeudis; De fa conversation avec„ son Fils, de son Assomption Sc de son Couronne-,, ment, pour les Vendredis ; Et de ses Eloges, pour„ les Samedis. On y en voit pour les malades Sc les,, affligés ; pour les Fidelles trépassés , Sc enfin pour„ tous les jours de l’année.
Il y a aussi un Livre entier de Litanies en Fran-çois, tirées de l’Ecriture sainte, Sc imprimées àChâ-lons en 1673. parl’ordre de feu Mr. Vialart Evêquede Châlons. A la fin du Pseautier de la B. ViergeMarie, composé par saint Bonaventure, il y en a unetoute particulière de la sainte Vierge. „ Dans la plu-,, part des Heures il y en a de sainte A nne , de saint,, Joseph, du saint Sacrement , de la sainte Vierge,„ du Nom de Jésus, 8c des Saints, on en a imprimé,, à Rennes, de saint Ignace, de S. François Xavier.,, Dans les Instructions pour ceux de l’Archiconfré-,, rie de la Ceinture de S. Augustin Sc de sainte Mo-„ nique , il y en a une de saint Augustin. Dans le,, Recueil des Indulgences concédées par les Souve-„ rains Pontifes à l’Archi confrérie du Cordon du Sé-„ raphique Saint François , Sc confirmées par notre„ Saint Père le Pape Paul V. U y en a de Saint Fran-„ çois. Le R. P. Dom Pierre le Naïn , Sou-Prieur„ de l'Abbaye de la Trappe , si connu des personnes.„ de doctrine Sc de piété par tant de bons livres qu n