DES SUPERSTITIONS. Ml
Mes, ils ne préjudicient à l’Eglise & à l’Etat, lors- les Evêques ne sauroienr dire sans témérité, queti fann„’ilc P n :--- °- sant quelques legers ÍUíFrages, par exemple, en réci-
tant une ou deux fois P Oraison Dominicale, ou encélébrant la Messe sur un certain Autel, on délivreraune ame du Purgatoire, parce que ce seroit une trcs-grande cruauté à Dieu, de détenir dans d’auffi grandssuplices que font ceux du Purgatoire , une ame pourlaquelle il a répandu son sang, à cause qu’on n’auroitpas dit un Pater nofler à son intention. Eftius (kj assureque quand on donne une grande Indulgence' pourune cause légere» toute Plndulgence est inutile & sanseffet, aussi-bíen qu’une petite Indulgence qu’on don-nerait fans cause ; mais malgré toutes ces raisons &tous ces témoignages, combien ne voit-on pas d’In-dulgences disproportionnées ? On en vient de donnerquelques exemples tirés de la Relation du ChevalierEdwin Sandis. Il y en a une infinité dans l’Antido-tarins anima de P Abbé Salicet, à la tête des Oraisonsqui y font rapportées, dans les Heures & dans les Li-vres de Prières, dont on a parlé ci-devant (l). Leslivres des Confréries en font farcis, & on y trouvedes Calendriers ou il y a des Indulgences plenieres, des1000. ans de Pardon , des RemiJJlons de tous les péchés,Sc semblables, pour la plupart des jours de chaquemois de l’année, à ceux qui visitent certaines Eglises,ou qui se confessent & qui communient, ou qui assis-tent à la Messe, ou qui sont dire une Messe, ou quidisent une, deux, trois, quatre, cinq ou six fois le
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qu’ils en auront besoin pour des sujets importants &légitimes. Il décide positivement dans son Opusculede /’abfìlution de la Confession Sacramentelle, que (a)les Indulgences qu’on peut gagner en disant, par exem-ple , cinq Pater nofler devant une Image, Sc sembla-bles, sont impertinentes & superstitieuses.
Soto (h) dit fur ce fondement que si on donnoit ti-ne Indulgence pléniere à ceux qui réciteraient un AveMaria , ou un Pater noster , non feulement cette In-dulgence ne seroit point proportionnée, mais qu’elleseroit contée pour rien, quand même on féroit cesprières pour la conservation de la foi & de la paix deí’Eglise.
André Véga, qui assista au Concile de Trente,auffi-bien que Soto, avec une grande réputation dedoctrine & de probité, souhaite par la même raison(c) qu’on retranche de P Eglise l’abus de donner degrandes Indulgences pour un Ave Maria , un Paternoster-, ou autres menus suffrages, parce qu’il énerveles satisfactions de la Pénitence, qu’il déshonore l’E-glise, qu’il rend les Indulgences méprisables, qu’ildonne lieu aux Hérétiques de les calomnier, & qu’ils’est introduit dans l’Eglise, contre P autorité des an-ciens , & contre le Droit Canon même.
Le Concile Provincial de Cambrai {d) en r;6;.
& le Concile Provincial de Malines O) en 1570. per-suadés de la même vérité, ordonnent aux Curés de
faire entendre à leurs peuples qu’ils ne doivent point Pater Sc Y Ave, ou quelque autre prière
ajouter foi à certains livrets“triviaux, qui pour descauseslégeres, vaines & superstitieuses, promettent desIndulgences exorbitantes Sc démesurées, parce que lesIndulgences ne doivent s’accorder que pour des causespieuses & raisonnables. Le Concile de Malines parleà peu près de la même maniéré.
Le Cardinal Bellarmin (/) dit dans le même esprit,que si on donnoit une Indulgence pleniere à ceux quiréciteraient une sois l’Oraifon Dominicale pour la con-version des Hérétiques, il n’estimeroit pas que la cau-se de cette Indulgence fut juste; parce qu’encore quela conversion des hérétiques soit une chose considé-,rable & plus agréable à Dieu que la pénitence de quan-tité de fidelles, il n’y a cependant aucune Qr) appa-rence que les hérétiques se convertissent par la vertude cette seule Oraison qui est si courte (L). Si on ac-cordait une pareille Indulgence (dít-il ensuite) à ceuxqui donneraient un écu pour la délivrance de la Ter-re-sainte, elle ne paraîtrait pas être fondée fur unecause légitime, parce que cette oeuvre ne seroit passuffisante pour délivrer la Terre-sainte.
Maldonát (r) décide hardiment que ni le Pape, ni
(*) Fatux 8c super stitios* quxdam intitulationes de Indulgen-tes viginti mille annorum, vel tali modo, dixerit quinquePater noster ante talém imaginent.
(6) Loc. cit. Ëtsi neceisarix essent preccs pro Eccleíìx fi-de aut incolumitate, nihilominus concedere plenariam Indulgen-tiam cuicumque récitant! Ave Maria, vel Pater nofler, profectònullam haberet proportionem ; itno quasi pro nihilo fieret illa am-pliffima remistìo.
(c) L. iz. in CorcìI. Trid. c. ultim. Qua ratione ( dìt-ìl ) 8c a-buíum concedendi pleniffimas Indulgentias propter unum AveMaria, vel unum Pater noster, aut alia lìmilia vehementer cupe-rem de Ecclesia tolli. Enervât enim satisfactiones pœnitentiales,Sc dedecorat Ecclesiam, atque ipsas Indulgentias contemptui ex-Ponit, 8c adversariis nostris c&ulàm calumniandi prxbet, 8c con-tra auctoritatem veterum, 8c contra jus Pontificium est intro-ductus.
(d) Tit. 2î.de Indulg.
(e) Tit. eod. Prxcipit Synodus ( dit le premier de ces Conciles )Ut Parochi populum suum diligenter admoneant, ne circumfora-neis quibusdam , aut etiam impreflìs libellís, temerè fidem adhi-beant, qui ex levibus, vanis, 8c superstitiosis causis exorbitantesIndulgentias pollicentur; cùm Indulgentix non nisi ex piis 8c ra-tionabilibus causis concedi debeant.
(f) L. 1. de Indu!, c. ir. Cauíà non videbitur justa.
(g) Non est probabile convertendos hxreticos per eam solambreviflimamque Orationem.
(h) Non videbitur justa causa tant* Indulgentix, quia opus il-lud non est ejusmodi ut per ipsum Hierosolyma recuperari pos-sit.
(?) To. z. de Pœnit. tit. de Indulgent, 6 . q. in sine. Multo mi-
Tme //.
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,, Voici ce qu’on lit dans la Régie du Tiers Or-,, dre des Pénitens, &c. ensemble les annotations &,, Réglemens faits par le F. L. de Pa, •Capucin: Les», jours des Indulgences des Stations de la Ville de„ Rome, lesquelles par concession du Pape Léon X.,, peuvent être gagnées par les Freres & Sœurs du,, Tiers Ordre, disant ces mêmes jours-là cinq Pater,, nofler Sc. Ave Maria, avec un Gloria Patri à la fin„ de chaque Ave, en l’honneur des cinq playes de„ notre-Seigneur, y ajoutant un Pater un Ave & un„ Gloria Patri , pour fa Sainteté.
„ On lit aussi ce qui fuit dans l’Institution,laRé-„ gle & les Statuts du Tiers Ordre de Saint Fran-„ çois d’Assise, &c. par le R. Pere Apollinaire de,, Vallongnes, Religieux Pénitent: Comme ceux de„ cet Ordre ont par privilège de plusieurs Papes de„ pouvoir gagner les mêmes Indulgences qui se ga-„ gnent, visitant certains jours les Stations de Rome,,, on a marqué en ce Calendrier pour leur commodi-„ té, le jours que l’on peut gagner lesdites Indulgen-„ ces, particulièrement les premieres, en visitant,, quelque Eglise des Ordres de saint François, y„ priant dévotement pour la concorde des Princes„ Chrétiens, l’extirpation des hérésies, l’exaltation,, de la sainte Eglise, Sc pour le Pape, disant au„ moins cinq Pater Sc Ave en état de grâce à cette„ intention.
,, Et dans la Réglé du Tiers Ordre de la Péniten-„ ce, Sec. traduite Sc expliquée de nouveau par le,, R. P. Claude Frassen, &c. L’Ordre des jours Sc„ des Indulgences concédées aux Eglises Sc aux Sta-„ tions de la Ville de Rome, durant le cours del’an-„ née : que les Freres & les Sœurs de la Pénitence„ peuvent gagner en disant six Pater, six Ave, Sc six„ Gloria Patri, Lee.
II y a de pareils préambules dans les Livres des au-tres
nus possunt Papa vel Episcopi injunctis leviffimis suffragii s utcitare Orationem Dominicam scmel, aut iterum, aut cêleb ^sacrum in hoc altari vel illo, animam liberare à Purvarnri,,
Deus eíset profectò crudeliffimus, si propter unam OrationemDominicam, qu* non diceretur, animam pro qua fudit suumlanguinem, detmeret m tantis tormentis. *
(£) In 4. dist. 10. §. 10 . Si pro causa minore detur major In-dulgentia, totus ìlle excessus Indulgenti* carebit caufíi ideoqueinanis 8t inefficax ent, perinde atque Induleentia minor simpli-citer data sine causa. “
(/) Au Chapitre 4. de ce Livre.
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